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Guerre du Sahara : La bataille de Boulanouar

Guerre du Sahara : La bataille de BoulanouarLe Calame - Le 02 Décembre 1977, vingt-six jours après l’attaque de BirGendouz, le Front Polisario attaque la Base de Boulanouar. La base militaire de Boulanouar, au moment de l’attaque, est composée de deux escadrons statiques et d’un escadron motorisé réduit soit un effectif de cent cinquante-six hommes.

La mission de la base militaire est d’assurer la sécurité du Chantier de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) installé par la MIFERMA sur un forage équipé en charge d’assurer le ravitaillement en eau de Nouadhibou, Zouerate et d’autres chantiers éparpillés sur les six cent cinquante kilomètres de la voie ferrée reliant Zouerate à Nouadhibou.

Le dispositif de défense de la base est articulé en trois positions statiques et deux pelotons motorisés. Les positions statiques, armées de mitrailleuses (Mit 50 et Mit 30)et de mortiers (81m/m et 60m/m) et bien aménagées avec des fortifications à base de rails et de traverses, sont installées sur trois élévations points –clés au nord-ouest, au sud-ouest et au sud-est de la localité, leur permettant de contrôler la quasi-totalité du terrain.

Les positions sont distantes d’un kilomètre de la localité chacune avec des secteurs de tirs qui se recoupent sans angles morts. Les deux pelotons motorisés sont pré-positionnés, respectivement à l’extrémité de la piste d’atterrissage au nord de la voie ferrée et à l’est de la localité.

Le Lieutenant Attih Ould Sid’Ahmed et le Sous-lieutenant Youssouf Ould Mamady, qui venaient de finir la passation de consignes et de commandement, attendaient sur la piste d’atterrissage l’avion qui devait amener ce dernier à Tmeimichatt, son nouveau poste d’affection. Vers dix heures, l’avion passe en battant des ailes comme pour signaler un danger.

Quelques minutes après, l’opérateur du Commandant de Base, le soldat de 2 Cl Dioulde Malick arrive en courant pour les informer que l’avion signale un ennemi en attaque venant du Nord et de l’est. Les deux officiers se rabattent aussitôt sur les positions, le Lieutenant Attih se rend sur la position nord-ouest et le S/lieutenant Youssouf sur la position sud-est.

Terrible méprise

Dans son attaque, l’ennemi a axé son effort, dans un premier temps sur les deux pelotons motorisés qu’il tenait à mettre hors de combat pour détruire le potentiel de mobilité de la base. Le peloton motorisé à l’extrémité de la piste est vite encerclé, toutes ses voies de retraites sont coupées et sera complètement anéanti en moins d’une trentaine de minutes.

Par contre, le deuxième peloton motorisé qui se trouvait à l’est de la localité a réussi à rompre le contact avec l’ennemi et s’est esquivé en direction de la base en passant entre la positon sud-est tenue par le s/lt Youssouf et la position sud-ouest tenu par le brigadier Mohamed Ould Bowbaly.

En l’absence de liaison radio, une terrible méprise fit croire aux deux positions qu’il s’agissait d’un élément ennemi forçant une pénétration du dispositif et elles le prirent à partie, lui interdisant l’accès de la base. Le peloton alors contourne par le sud et s’esquive en direction de Nouadhibou où il arrive vers onze heures.

L’ennemi met à profit le déséquilibre tactique créé par le vide laissé par les pelotons motorisés, qu’il exploite pour exercer sa pression sur les positions en particulier les positions nord-ouest et sud-est, la position sud-ouest étant un ilot imprenable du fait du glacis l’entourant sur plus de cinq cents mètres, sauf à un prix que l’ennemi ne semblait pas disposé à payer dans l’immédiat.

L’artillerie ennemie concentre ses feux sur les positions et les éléments d’assaut multiplient leurs attaques, mais les positions résistent grâce à leurs avantages tactiques, positions bien aménagées dominant le champ de bataille et un terrain mou peu favorables aux mouvements des véhicules, mais qui présente tout de même quelques récifs qui seront mis à profit par l’ennemi pour s’accrocher au terrain.

Devant la détermination des positions, l’ennemi numériquement supérieur joue la carte de l’usure. Pendant plus de deux heures, les positions alternent les tirs des mitrailleuses et des mortiers pour repousser les attaques ennemies et lui interdire l’accès de la localité.

Vers 12 heures, la position nord-ouest que tenait le commandant de base, le LtAttih, qui n’avait plus que six hommes sur la vingtaine qu’elle comptait, perd pied et, bénéficiant de l’appui des armes de la positon sud-ouest, se replie en direction de la position sud-est, tenue par le S/lt Youssouf.

La tactique de « la tâche d’huile » faisait son inexorable œuvre d’enveloppement. La position sud-ouest, malgré son combat farouche, succombe une demi-heure après la position nord-ouest. Le brigadier Mohamed ouldBowbaly sera fait prisonnier avec une dizaine de ses hommes.

Il ne restait plus que la « Citadelle » du sud-est, au milieu des forces ennemies qui l’entouraient sur les trois cent soixante degrés. Entre la soumission et l’anéantissement, les occupants de la position sud-est avaient fait le choix que dictait la dignité : jusqu’à la dernière goutte de sang.

A deux reprises l’ennemi pénètre dans la localité, à deux reprises il est refoulé. Malgré sa supériorité numérique et sa mobilité tout de même réduite par la nature du terrain, l’ennemi n’arrive pas à briser la résistance de l’imprenable « Citadelle ».

Une citadelle imprenable

Les combats font rage. La consommation des munitions est hallucinante. Les rejets de gaz et la poussière s’élèvent en nuages. Les hommes, ayant épuisé très tôt leurs réserves d’eau, suffoquent et se déshydratent. La soif devient insupportable. Il devient impératif de se procurer de l’eau. Les officiers demandent des volontaires pour franchir le déluge du feu ennemi vers la localité pour un ravitaillement en eau.

Le garde de deuxième échelon Bounena Ould Ely Zeine se porte volontaire. Le Brigadier Ahmedou Ould Ely Zeine, l’oncle maternel de Bounena refuse de laisser son neveu partir tout seul et se porte volontaire. Un deuxième combattant, le garde de deuxième échelon, Ahmed Ould M’bareck se porte également volontaire. Les trois hommes, les armes à la main, descendent vers la localité en utilisant le terrain, sous la protection des feux amis.

Une quarantaine de minutes plus tard, les trois hommes reviennent transportant des jerricans pleins d’eau. A une vingtaine de mètres de la position, Ahmed Ould M’bareck est touché. Bounena transportera l’un des jerricans de son camarade et continuera àle soutenir, jusqu’à la position où le garde de 2ème échelon Ahmed Ould M’bareck matricule 3030 rendra son dernier soupir, donnant un exemple sublime du sens élevé du sacrifice et de l’abnégation.

A cause du rythme infernal des combats, les munitions des positions commencent à s’épuiser, leur imposant une drastique économie de consommation. Les tirs amis se réduisent et deviennent de plus en plus sporadiques. L’ennemi, s’apercevant que sa stratégie d’usure commence à produire ses effets, investit la localité et s’avance vers la « Citadelle » qui continue son baroud d’honneur, la prenant en tenaille.

A treize heures vingt, un avion de type Jaguar survole le champ de bataille. Les belligérants étaient si proche les uns des autres et, la confusion était telle que le pilote, ne pouvant distinguer les amis des ennemis, s’abstint d’intervenir. Dès le passage de l’avion, l’ennemi lève le siège et se replie vers le nord, en direction d’Adrar Souttouf. Les hommes de la « Citadelle » ont tenu leur serment.

La colonne ennemie sera rattrapée, vers quinze heures trente minutes, par les jaguars français à Jeloua où ils lui infligeront d’énormes pertes.

De son côté, le bilan de la base militaire de Boulanouar est lourd: 30 morts, 16 blessés et 35 disparus.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de « La Guerre sans Histoire »

 

Guerre du Sahara : L’attaque de Tidjikja (1ère Partie) /par Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Guerre du Sahara : L’attaque de Tidjikja (1ère Partie) /par Mohamed Lemine Ould Taleb JeddouLe Calame - Sortie du néant des Majabatt El Koubra, par cette journée grise du 03 Février 1977, la colonne d’une trentaine de véhicules s’infiltre en passant par Edavre et Lekhcheb. Au niveau du campement de Ehl Elvilali sur le côté Est de l’oued Keyal, un groupe d’hommes tente de s’interposer entre la colonne et le campement.

Le Chef du groupe Baddah Ould Vilali et l’un de ses membres tomberont sur le champ de bataille, alors que les autres seront faits prisonniers. La colonne de véhicules continue son infiltration en passant par Mreiba puis Nouag El Mich pour arriver à Timbahra.

Située sur le plateau du Tagant, la ville de Tidjikja s’est développée de part et d’autre d’une batha dont les deux affluents Arzak et Timbahra se rejoignent à Ndaghak avant de converger avec Iziv et Erchel Mowje à Melga Lebtah. Au nord-est, Tarev Ederg, une longue chaine de montagnes surplombe la ville. Au sud-est, Hnouk Baghdada, des falaises, canalisent l’accès de la ville par la route Tidjikja-Tichitt qui descend de Legréa.

Au sud, la ville est bordée par des récifs dont affleurent deux petits mamelons, JmeilattEdbech traversés par la pénétrante Nouakchott-Tidjikja. Au nord, où se trouve l’aéroport, le terrain est dégagé.

Le Secteur 9 qui couvre tout le Tagant, commandé par le capitaine de la Gendarmerie Jeddou Ould Hakki, est composé de trois escadrons: deux escadrons de la gendarmerie dont l’un est motorisé et l’autre statique à Tidjikja et un escadron amputé de la Garde Nationale dont un peloton est implanté à Tichitt.

L’escadron motorisé est en réserve au niveau du Poste de Commandement (PC) du Secteur 9, au Collège de Tidjikja. L’escadron statique de la Gendarmerie est réparti en trois positions: la première à Breikima (P1), à l’Est de la ville, la deuxième à RoussNoueiligatt (P2) sur TarevEderg et la troisième à Sambatali (P3) au nord-est du Collège.

Elan cassé

Un peloton renforcé de l’escadron de la Garde Nationale, en statique sur JmeilattEdbech, sous les ordres de l’Adjudant Da’ive de son vrai nom Mamadou Harouna Kane, occupe deux positions statiques, l’une à l’Est de la pénétrante (P4) avec une Mitrailleuse 50 et l’autre à l’ouest (P5) disposant d’un groupe de mortiers de 81m/m.

Apres avoir installé son Poste de Commandement Tactique (PCT) au niveau de l’oued Timbahra, l’ennemi déploie sa manœuvre.

L’élément d’appui est installé à l’Est de Tarev Ederg. Un élément de couverture est placé à Ledheim, sur le côté Est de Ndaghak avec pour mission de prendre en enfilade la bathaet d’interdire toute intervention en provenance de Tichitt. L’élément d’assaut progresse jusqu’à sa ligne de débouché, fixée au niveau du mausolée de Limam ElGhazouani, à l’extrémité Sud de Tarev Ederg.

A 16H00, deux éléments ennemis montent l’assaut, l’un motorisé dévalant la plaine à partir du cimetière, l’autre progressant à pied venant de l’embouchure de Timbahra. Lorsqu’ils furent à la portée pratique des armes, la position P1 ouvre le feu et casse net l’élan des assaillants.

Sous l’effet de la surprise et à découvert, les deux éléments ennemis se replient sous le feu intense de P1 et reprennent leurs positions initiales. L’accrochage continue, et l’ennemi, croyant avoir affaire à une seule position manœuvre pour l’occuper.

Un peloton motorisé de la Gendarmerie, commandé par le Quatrième Echelon Konaté Harouna doté de trois Mitrailleuses de 12,7m/m (Mit 50,) intervient au profit de la position sous la pression de l’ennemi. Simultanément, la position P5 déclenche un tir de barrage devant la position P1, devenue très tôt pour l’ennemi un objectif à conquérir au mieux ou au minimum à détruire.

Le peloton d’intervention se révèle particulièrement manœuvrier, changeant en permanence de position et engageant ses véhicules par alternance. L’ennemi, qui continuait son forcing pour effectuer un débarquement sur objectif,recule de nouveau sous l’effet de la boule de feu et campe derrière sa ligne de débouchéinitiale.

La position P1 profite de la neutralisation de l’ennemi et met à profit la couverture feu combinée des tirs tendus et courbes amis pour s’exfiltrer. L’accrochage tourne à la guerre des tranchées, chaque partie se barricadant dans ses positions.

Un groupe d’Ehl Meihimid, dont l’instinct belliqueux a été réveillé par les crépitements des balles et le bruit des explosions, armé de Mas 34 et de Mas 36, dirigé par un ancien sous-officier supérieur de la Garde Nationale à la retraite, Tfeil Ould Meihimid, profite de l’accrochage, pour sortir à pied de la ville par le nord-est de la ville.

Utilisant le maigre couvert végétal, essentiellement à base de Guendvor, pour se soustraire aux vues de l’ennemi, les hommes s’infiltrent par Elbehga à travers Tarev Ederg, en vue d’occuper ce passage stratégique et d’interdire à l’ennemi l’accès de la ville à partir de ce col. En plus de son chef, le groupe comprend Saleck Ould Ely Beibou, Lemdeirmez Ould Sid Elemine, ElMoctar Ould Ely Salem et Soueilem Ould Tfeil.

Instinct guerrier

Vers 13H00, en atteignant la crête topographique du versant Est de la montagne qu’il voulait occuper, le groupe se retrouve à l’improviste en face du Poste de Commandement de l’ennemi, installé dans l’oued Timbahra sous les acacias. N’ayant pas été repéré, il s’installe et s’organise. Le chef du groupe donne des instructions très précises qui seront respectées à la lettre: approvisionner les armes, attendre le signal pour tirer, changer de place après chaque tir.

C’est ainsi que le commandement de la colonne ennemi se trouve inopinément et, à bout portant sous les tirs nourris du groupe qui lui infligent des pertes importantes. Les échanges de tirs entre le groupe et l’ennemi continueront jusqu’au retrait de l’ennemi, juste avant le crépuscule.

L’accrochage n’avait pas duré plus d’une trentaine de minutes entre le groupe d’Ehl Meihimid et l’ennemi que des obus commencent à pleuvoir sur les emplacements de l’élément d’appui de l’ennemi. C’est ainsi que l’ennemi se trouve pris entre deux feux, le groupe d’Ehl Meihimid qui le domine à partir des hauteurs qu’il tient et les coups des obus à grande capacité des mortiers 81m/m qui font de véritables ravages parmi ses rangs.

Le Capitaine Jeddou Ould Hakki, très actif, coordonne et combine les actions de ses différents éléments.

Malgré les quatre roues à plat de son véhicule, le 4e Echelon Konate Harouna, renforcé par les tirs des hommes de la position de Breikima, fixe l’ennemi dans ses positions et lui interdit tout mouvement en direction de la ville. De son côté l’adjudant Da’ive continue le travail dévastateur de son groupe de mortiers.

L’action surprise du groupe d’Ehl Meihimid sur son centre névralgique, à Timbahra, semble avoir perturbé les prévisionsde l’ennemi, qui, attaqué sur ses arrières et bloqué à l’avant, tente de colmater les brèches en modifiant son plan d’attaque initial pour investir la ville, mais en vain.

Après plus de six heures d’accrochage, ne trouvant aucune solution pour investir la ville, l’ennemi se regroupe et s’esquive par son itinéraire d’arrivée. Sur son chemin de retour, il emporte avec lui une quinzaine de citoyens, qui resteront prisonniers à Tindouf jusqu’au retrait de la Mauritanie du Sahara Occidental, et le bétail du campement de Ehl ElVilali qui sera intercepté par les unités du Commandant Mohamed Khouna Ould Haidalla à Boujertala.

Le lendemain de l’attaque, un combattant du Polisario, du nom de Hemine de la tribu Rgueibatt, est trouvé blessé dans l’oued de Timbahra parmi les acacias par Sid’Ahmed Ould Soueilim qui le transporte sur un chameau au PC du Secteur 9, avec quelques armes et des munitions trouvées sur place.

Il s’avère selon les déclarations du blessé, qui rendra son dernier souffle dans l’après-midi de la même journée, qu’il a été laissé sous un arbre par son oncle maternel, le chef de la Katiba, qui lui a notifie de ne pas quitter sa place en attendant son retour. N’étant pas revenu le chercher et convaincu qu’il ne pouvait l’avoir oublié, le blessé en déduisit que son oncle était mort, ce que confirmeront les personnes enlevées ce jour-là après leur libération.

Le bilan du côté ami s’élève à six blessés : Gendarme de 1 échelon Kabrou, Gendarme Stagiaire (G/S) Kébé Ousmane, G/S Bara, G/S Maouloud, G/S Harouna, G/S Ould Talmoudane et le G/S Beina. Du côté civil, deux morts du campement d’Ehl Elvilali, 15 personnes enlevées dont une femme et deux enfants, 11 civils blessés à Tidjikja dont 6 femmes.

De son côté, l’ennemi a laissé sur le terrain, un blessé, quatre morts, des munitions et des armes individuelles et antichar. Au cours de leur ratissage, les unités du Secteur 9 découvriront une tombe collective.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de “La Guerre sans Histoire”

 

Mauritanie : le recul des libertés, une réalité constante du régime de Ould Ghazoauni

Mauritanie : le recul des libertés, une réalité constante du régime de Ould GhazoauniKassataya - La non autorisation d’une marche de l’opposition pour cette fin de semaine à Nouakchott au lendemain du refus des autorités administratives d’un meeting d’un député de l’opposition, la dispersion de la manifestation des islamistes la semaine dernière, sont autant de signaux contre la démocratie du régime autoritaire de Ould Cheikh Ghazouani.

C’est la continuité d’un régime autoritaire qui communique en intimidant et en s’attaquant à la liberté d’expression. En interdisant les manifestations de l’opposition et d’autres marches citoyennes, le régime de Ould Ghazouani s’attaque aux libertés et à la citoyenneté.

Contrairement à ce qu’a annoncé le porte-parole du gouvernement, il s’agit bien d’un recul de la démocratie et une atteinte à la constitution. C’est l’absence d’un Etat de droit qui est pointé du doigt.

Ce verrouillage des libertés est un signal fort à l’opposition qu’il n’y aura pas de dialogue inclusif. Le seul dialogue possible c’est au sein de l’assemblée nationale avec les partis représentés.

Une concertation est envisagée au palais dans les prochains jours avec la coordination parlementaire. Ould Ghazouani est affairé à préparer sa reproduction.

Et il entend bien mener cet objectif à l’abri des critiques de l’opposition et des observateurs. Presque deux ans de gouvernance qui brisent ainsi l’espoir des mauritaniens qui aspirent à la modernité politique, économique et sociale.

Cherif Kane

 

Ghazwani ne se fait pas vacciner contre le Corona

En première ligne dans la lutte contre le coronavirus en Mauritanie, les professionnels de la santé ont reçu, vendredi 26 Mars, les premières doses du vaccin chinois Sinopharm. Amadou Mamadou Ndiaye, figure de la lutte anti-Covid et responsable du site d’isolement du Covid-19,  et le spécialiste en anesthésie-réanimation, Mohamed ould Bebaha,« deux références dans le domaine », ont été les premiers mauritaniens à se faire vacciner, certifiant par la suite que « le vaccin ne présentait aucun danger ».

C’est par contre sans se faire lui-même vacciner que le président Ghazwani  a lancé la campagne de  vaccination. Ce qui a suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion. Pour dissiper d’éventuels malentendus et équivoques, le ministre de la Santé est monté sur ses grands chevaux pour « justifier »cette étonnante attitude. « Le président de la République n’a pas pris le vaccin », estime-t-il dans une interview accordée à la chaîne El Mouritaniya, « par respect aux dispositions du plan de la campagne ».Mohamed Nedhirou ould Hamed a affirmé que la priorité de vaccination sera donnée au personnel médical puis aux personnes âgées, notamment les malades.

Après les professionnels de la santé, la deuxième phase d’immunisation de la population mauritanienne va donc cibler les personnes âgées, les malades souffrant d’affections chroniques et les couches vulnérables. La campagne commencera à Nouakchott et s’étendra sur le reste du pays dans quelques jours.

« Seuls ceux qui le souhaitent seront vaccinés contre le virus », affirmait, fin Janvier 2021, le directeur général de la Santé publique, Sidi ould Zahaf. Et Nedhirou d’attester, lui aussi, que « ce vaccin ne comporte aucun risque pour la santé, n’a pas de complications négatives et son efficacité est reconnue au niveau mondial. Tout le monde doit se rassurer ».La Mauritanie avait reçu, de Sinopharm, un premier lot de vaccins composé de 50.000 doses ARM suffisantes pour vacciner 25.000 personnes. Elle doit en recevoir 800.000 doses dans le cadre de l’initiative internationale COVAX.

Mystère autour de la tentative ratée d’un pirate de l’air

Souleymane ould Sidi Baba, l’homme qui s'est emparé,  jeudi 25 Mars,  d'un avion de type Embraer de Mauritania Airlines International, sur le tarmac de l’aéroport international de Nouakchott-OumTounsy, menaçait d'y mettre le feu. On avait, dans un premier temps, annoncé qu'il s'agissait d'un citoyen américain. En fait bel et bien de nationalité mauritanienne, Souleymane ould Sidi Baba  aurait posé cet acte après plusieurs tentatives infructueuses de se rendre aux États-Unis, révèle sa famille. Animé par ce désir, il aurait, après des années d'apprentissage de la langue anglaise, sillonné beaucoup de pays africains pour trouver un moyen d'aller en Amérique par voie maritime dans une embarcation de fortune. En vain, précise sa famille citée par Alakhbar. Écartant toute piste criminelle, elle a indiqué que « le jeune homme n’était pas armé, mais simplement animé par un fort désir d’émigrer vers les États-Unis d’Amérique. […] Il ne présente aucun trouble mental ».Le ministre de l’Equipement et des Transports avait avancé l’état mental déficient du pirate pour justifier  son acte désespéré.

Selon l’AMI, Souleymane a été maîtrisé sans aucun dégât, grâce à la preste intervention du Groupement d'Intervention et de Sécurité de la Gendarmerie Nationale (GISGN).Selon le site « Essahra », c’est un des ingénieurs en service au département technique aéronautique mauritanien  qui fut le premier à mettre à nu la tentative de piratage déjouée de l'avion, dont tout Nouakchott, voire le monde entier, suit avec suspens les tenants et les aboutissements, pour cerner ses vrais contours.

« Se rendant près de l’appareil, ledit ingénieur s’est étonné de constater que le cockpit était fermé de l'intérieur », indiquent des sources présentes à l’aéroport. « Il a même entendu des bruits inhabituels provenant de l’intérieur de la cabine, ce qui ne peut se produire si l’avion n’est pas électriquement alimenté, d’où le doute qui a commencé à le hanter sur une probable tentative de détournement de l’engin », ajoute la publication. « Il décida alors de débrancher immédiatement les câbles de la batterie, afin que le pirate de l'air ne puisse décoller, et informa aussitôt les services sécuritaires présents à l’aéroport ».

Certains témoignages évoquent l’arrivée de l’intrus le lendemain (mercredi 24 Mars), à l'aéroport de Nouakchott en provenance de Conakry, précisant qu’il était resté sur les lieux, avant de parvenir auprès de l’avion ce jeudi 25 Mars. Une autre version estime que le pirate n’est autre qu’un employé de la société des aéroports, autorisé à entrer après avoir présenté sa carte professionnelle. Une troisième tient plutôt à la thèse du trouble mental et de circonstances d’accès à l’aéroport encore mystérieuses.

L'avion objet de la tentative de piratage avait atterri à OumTounsy la veille à 17h en provenance de Conakry, via Dakar, et il n’était pas prévu qu’il  effectue un vol dans la journée Il s'agit d'un Embraer E175 5T-CLO, bien connu sous le nom de Wompou, selon une source interne de l'aéroport.

Source : Le Calame

La sextape du chef de file de l’opposition secoue la Toile

La vidéo compromettante mettant en scène Brahim Bekaye Messaoud, haut cadre du parti Tawassoul et chef de file de l’opposition démocratique, fait des vagues dans le pays. Les supputations vont bon train sur les réseaux sociaux quant à l’authenticité de la sextape. Selon diverses sources, le Parquet se serait autosaisi de cette affaire en ouvrant une enquête confiée à la police judiciaire. Mais, suivant une politique semble-t-il adoptée ces derniers temps, il n’a publié aucun communiqué à ce sujet. Le journaliste Moussa Bouhli attribue le chantage à des bandes criminelles béninoises qui auraient déjà piégé d’autres personnalités mais c’est la première fois qu’un homme politique mauritanien est pris dans leurs filets.

Pour le leader abolitionniste et député à l’Assemblée nationale, Biram Dah Abeid, le chef de file de l'opposition fait l’objet d’un « ciblage pernicieux et hypocrite. […] Les bonnes et vives consciences doivent se lever comme un seul homme pour que l'État mette fin à ce genre de pratiques, en menant des enquêtes sérieuses et en infligeant des sanctions sévères aux auteurs de ces montages, à ceux qui les véhiculent, ainsi qu’aux responsables des fuites et à ceux qui s’en servent pour nuire et porter préjudice à autrui ».Artifice « fabriqué de toutes pièces », comme le dénonce Biram  suite à la visite rendue à Neteg au chef de file de l’opposition ? Une opinion que partage également le parti Tawassoul, tandis que le principal concerné n’a toujours pas réagi.

Sur sa page Facebook, Ould Bouhli affirme de son côté que la vidéo n'est pas fabriquée. Le président de l'Association des journalistes mauritaniens réitère que le chef de l'opposition a été séduit par un gang international spécialisé dans la cybernétique et qui est passé à l'offensive, suite à un refus de paiement de rançon. Ould Bekaye, conseille-t-il, doit se rendre à la réalité du scandale et l’accepter  dans un esprit sportif. Tenter de surfer sur les vagues compliquerait la question. Un autre journaliste, Ahmedou ould  Weddia, a tenu pour sa part à manifester sa solidarité envers le chef de file de l’opposition, lors d'une visite à son domicile.

Présidence de la CAF : Ahmed ould Yahya se désiste

Ce ne sera donc pas le 12 Mars prochain qu’un mauritanien prendra les commandes de la CAF. Le président de la fédération mauritanienne de football, Ahmed ould Yahya, a en effet annoncé, samedi, le retrait de sa candidature à ladite présidence confédérale, en vertu d’un accord intervenu entre les différents candidats au poste parrainé par la fédération internationale de football (FIFA).

Dans un communiqué publié à l’issue d’une rencontre le même jour à Nouakchott entre les quatre candidats, Ould Yahya s’est réjoui de leur entente à constituer une liste unique et commune pour assurer la gestion optimale de la CAF.« Ma décision », a-t-il précisé,« a été prise en concertation avec les hautes autorités de la Mauritanie et tous les autres soutiens à ma candidature, après une étude pesée des différentes possibilités et une analyse approfondie de la situation ». Et de saluer plus particulièrement l’appui du président Mohamed ould Cheikh El Ghazwani et du gouvernement mauritanien, qui « m’ont soutenu dès le premier jour […]. J’adresse à tous mes sincères remerciements et ma profonde gratitude car ils m’ont offert une grande volonté et une force sans commune mesure. […] Œuvrer pour que le football africain obtienne le respect qu’il mérite dans le Monde, voilà la plus importante aspiration de notre cher continent, et je continuerai à m’y engager sans relâche. »

Le protocole de Nouakchott propose de répartir les postes de président de la CAF au sud-africain Patrice Motsepe, premier et deuxième vice-présidents respectivement à  Augustin Senghor et Ahmed ould Yahya. Celui de conseiller du président à l’ivoirien Jacques Anouma. « Cette alliance historique est le plus grand honneur qu’on puisse rendre à l’avenir de la confédération africaine de football et au football africain », a tenu à saluer Gianni Infantino, le président de la FIFA.

Ségrégation quasi-totale à la SOMELEC

Les feux des projecteurs sont braqués sur la SOciété Mauritanienne d’ELECtricité (SOMELEC), avec  son nouvel organigramme fortement teinté de discrimination. Sur la quarantaine de postes pourvus, un seul est en effet attribué à un noir :un halpulaar chargé de mission. Aucun soninké ni  wolof. La consternation dans les milieux négro-mauritaniens a atteint son paroxysme.

Deux entités distinctes : une direction de production et transport et une autre de distribution et commercialisation, seront mises sur orbite en Septembre prochain. Plus six directions centrales, faisant passer ainsi le nombre de directeurs d’onze à dix-neuf, abstraction faite des postes de directeur général et directeur général adjoint. Le nombre de conseillers passe de six à onze et les chargés de missions de six à dix. Tous sont issus de la même communauté, comme dit tantôt. Ces derniers mois, l’exclusion et la marginalisation se sont accentuées au sein de l’administration ainsi que des forces de sécurité et de défense mauritanienne dont les cadres négro-mauritaniens sont bannis.

TM

 

Mauritanie : le conseil national de l’éducation controversé

Mauritanie : le conseil national de l’éducation controverséKassataya - L’exclusion de la coordination des associations culturelles mauritaniennes au conseil national de l’éducation qui compte 23 membres suscite des interrogations sur la crédibilité de la réforme de l’éducation nationale engagée par le gouvernement de Ould Bilal.


C’est une mauvaise nouvelle pour les défenseurs des langues nationales dans un pays à vocation multiculturelle. Une exclusion considérée par les observateurs comme une volonté politique du gouvernement d’écarter les véritables acteurs de la diversité culturelle en Mauritanie.

Le flop au niveau de la désignation des membres est assez révélateur de la nature du régime de Ould Ghazouani. Trois anciens ministres font partie des conseillers nommés par le président et quatre autres par le premier ministre.

Des nominations dès le départ qui obéissent à des critères politiques et qui ne sont que la face émergée d’une politique éducative à plusieurs vitesses. La proximité de la présidence et de la primature contribue au verrouillage d’un conseil national de l’éducation qui ne garde que le nom en faisant fi à la diversité culturelle.

Entre des formules pas claires pour désigner l’urgence d’une réforme de l’éducation et des intentions du président Ould Cheikh Ghazouani de construire un nouvel état et son ministre de l’éducation nationale dépassé par l’ampleur de la réforme, ce conseil national remet en cause l’école de la république par conséquent la chance à tous les mauritaniens de réussir.

L’exclusion de la coordination des associations culturelles ainsi que celle des enseignants est une erreur de casting politique.

La promesse électorale du président mauritanien d’unité nationale, l’utilisation désormais des langues nationales à l’assemblée nationale débouchant à la création d’un groupe parlementaire pour la défense des langues nationales, l’introduction des langues nationales dans un cycle de l’Ecole nationale d’Administration de la Magistrature et du Journalisme.

Autant de repères qui deviennent un écran de fumée masquant l’exemple de réussite dans la sous-région de l’expérience mauritanienne en matière d’enseignement des langues nationales mené par l’institut des langues nationales.

Cherif Kane

 

 

Autour d’un thé : Impact….nul

Autour d’un thé : Impact….nulLe Calame - Bon, il faut dire que sans être ni de nous ni d’eux, il ya quand même quelque chose : si l’on regarde de près, de tout près, on va croire qu’Octobre passé n’est pas comme Octobre présent. Que même le Premier ministre parti est comme le nouveau venu et que tous les deux ressemblent à la centaine d’autres, voire plus, que le pays a connu depuis son indépendance. Je m’explique.

Par exemple, il y a une semaine, le président de la République est allé en Guinée-Bissau et aujourd’hui au Koweït. Soit dit en passant, il commence à aller. Chaque fois qu’il part et revient, il est accompagné d’une délégation variablement composée, par la direction de son cabinet, de conseillers, chargés de mission et ministres.

Et, à l’aller comme au retour, le Premier ministre escorte le Président jusqu’à la passerelle, ils se disent quelque chose sans qu’on ne sache jamais quoi, puis, juste avant d’entrer dans l’avion, le Président se retourne et fait un grand au revoir auquel le Premier ministre répond par un aussi grand au revoir, balançant sa main dans le sens du vent.

Un protocole universel, paraît-il… Ensuite, le Parlement et ses sessions. Ordinaires sur extraordinaires. Et vice-versa. Examen de projets de lois. Discussions en plénières ou en commissions. Parfois très très chaudes empoignades entre les députés, au point que nous ayons peur qu’ils n’en viennent aux mains.

Surtout qu’ils en sont déjà venus aux bouches. Il paraît aussi que c’est un protocole universel et que les honorabilités sont ainsi dans leur rôle. Vingt-huit ans que les nôtres y sont. Pas toujours exactement les mêmes, certes, même si l’un d’entre eux y est depuis le premier parlement.

Enfin bref, voici, moi, ce que je veux savoir, en fait : quand le Président voyage, le Parlement se réunit ou les ministres « se conseillent », c’est en réalité quoi, en termes d’impact sur la vie des citoyens ? Je sais que ça peut paraître ringard, voire un peu con, de s’interroger de la sorte mais c’est ainsi !

Parce que, nous, le peuple ou une partie du peuple dont moi-même, cela fait tout de même plus d’un an que nous attendons. Nous avons « entendu », comme dit l’adage arabe, « un grand bruit » mais n’avons vu aucune farine.

Nomination d’un gouvernement. Puis renomination d’un autre gouvernement, avec changement de Premier ministre. Puis commission d’enquête parlementaire avec toutes les péripéties qui s’en suivirent : convocations et reconvocations de la junte de la dernière décennie, insultes croisées, manœuvres de dédouanement, accusations des uns aux autres. Toi t’as menti, moi j’ai raison.

Toi grand voleur, toi petit escroc. On dit ici, chez nous, au pays des millions de cités dans le rapport de la CEP, que « beau ton argument, s’il échappe à celui de ton ami ». Nominations. Puis dénominations. Concours d’officiers ou de sous-officiers puis compositions et examens nationaux, fuite encore d’un sujet sans pouvoir en trouver l’instigateur(trice).

L’hivernage bon ici, mauvais là-bas ; vaste mouvement au sein de la police ou dans les régions militaires ; un coordinateur général nommé pour le programme national de la Relance doté de plus de deux cents milliards, et que ceci ou que cela.

Comme quoi les ex-ministres et leur ex-Président se sont copieusement et à qui mieux mieux arrachés les cheveux pour se disculper des lourdes charges dont on les a accablés ou que les ministres et leur cabinet, les directeurs généraux et leur conseil d’administration, les états-majors et leurs généraux, les bureaux de renseignements et leurs maquereaux et bien d’autres encore continuent à faire exactement semblant de bien faire aller les choses.

Mais toujours sans le moindre impact perceptible sur la vie des gens. Le peuple s’impatiente... Salut.

Sneiba El Kory



 

Autour d’un thé : Dîner

Autour d’un thé : DînerLe Calame - « Impossible de faire une omelette sans casser des œufs », dit le vieux dicton français. C’est tellement simple, tellement évident, tellement comme ça que c’est ça. Et si c’est ainsi, comment le Premier ministre pourrait-il donner dîner sans dépenser un sou ? Hé, dîner premier ministériel n’est pas n’importe quel dîner !

Tout comme Messieurs, Mesdames les convives, députés du peuple qui viennent juste d’adopter la politique générale du Premier ministre. « Un cheval incapable d’en retourner un autre n’est pas noble ».

Et « qui ne reconnaît pas le bien qu’on lui fait est un hrami » (un peu comme un bâtard…). Quand un Premier ministre donne dîner, il s’y trouve tout ce qu’«un œil n’a vu, ni une oreille entendu ni passé par l’esprit d’un humain ».

Attention, les cent vingt millions dont parlent certains ou la fameuse facture de quelque cinquante-cinq millions que les services ont fait fuiter, il y a tout là-dedans !

Faites bien vos comptes : boubous et pantalons, retournés ou pas retournés, de tous les députés, opposants et majoritants ; leurs montres, chemises, parfums, caftans ; turban du président de l’Assemblée et ses babouches made in Morrocco ; voiles, robes, colliers, bijoux et autres petites indiscrétions des honorables Mesdames les députées.

Ensuite, les petits quelques choses de tout celui ou celle qui a participé, de près ou de loin, à la préparation dudit dîner. Depuis le secrétaire à quelqu’un de là-bas, en passant par le chauffeur, le planton, le comptable, le directeur administratif et financier, le directeur de cabinet et Madame, plus encore quelqu’autre...

Bref, tout ça pour dire qu’un dîner de Premier ministre, Ce n’est pas n’importe quel dîner. Et je vais vous révéler un gros secret. Bon, en fait un gros secret de Polichinelle.

Vous savez, ce qui a tué la Mauritanie, des indépendances à aujourd’hui, ce qui l’a laissée « sur la trace » des nations, ce qui fait qu’aujourd’hui ses plus grandes villes n’ont pas d’assainissement et nagent honteusement à la moindre intempérie, que nos écoles ne sont plus rien, que nos dispensaires et simulacres d’hôpitaux ne ressemblent à rien de sérieux ou que nos administrations sont exactement comme nous, vous savez c’est quoi ?

Ben justement les dîners, petits déjeuners, déjeuners, thés, cafés, kinkélibas, tisanes, méchouis, couscous, zrig « en chaque bureau, s’il vous plaît ! » Un sandwich-bureau, ça coûte beaucoup, un thé bureau aussi.

Et c’est comme ça sur tout projet de construction de pont, route, école, établissement sanitaire, stade ou digue de rétention des eaux de pluie. Selon vous, combien ont coûté la chemise, le képi griffé Lacoste du président de la République, son pantalon avec lesquels il a visitationné Bassiknou et Adel Bagrou ?

Et sa montre qui ne devait surtout pas craindre de tomber à l’eau ? Chaque président mauritanien a son style, comme il a ses proches, ses hommes et femmes d’affaires, conseillers, amis, confidents…La tradition des dîners officiels, c’est toute une histoire… qui ne date pas que de ce denier Premier ministre.

Cent vingt millions engloutis en boissons, thés, viandes, poissons, poulets, fruits, eaux et l’on ne sait quoi encore…

Ça pèse combien en tables-bancs, masques chirurgicaux, de lits d’hospitalisation, ambulances, forages, camions-citernes, pelles, brouettes, charrettes, ânes, vaches ou chèvres ? Un diner à cent vingt millions ou même juste cinquante-cinq millions, « ça sonne très mal à l’oreille », comme disait feu mon illustre instituteur.

C’est comme un stylo vendu 10 MRU à la boutique du coin qui se retrouve surfacturé outrageusement à 100 MRU par le comptable ou le fournisseur de n’importe quel département. Bon appétit aux convives du dîner du Premier ministre ! Salut.

Sneiba El Kory

Mauritanie : le plébiscite de Ould Djay par la SNIM fait polémique

Mauritanie : le plébiscite de Ould Djay par la SNIM fait polémiqueKassataya - Le conseil d’Administration de la SNIM vient de renouveler sa confiance à son ADG à l’issue de son assemblée générale annuelle dans un contexte politique tendu où Ould Djay est placé en contrôle judiciaire par la police des crimes économiques et financiers.

Pour les observateurs c’est un camouflet au rapport de la commission d’enquete parlementaire qui cite l’ancien argentier de Ould Aziz dans plusieurs scandales financiers et fonciers. Un pied de nez au parquet général qui sait que cet ancien bras droit de l’ancien président est au cœur de l’empire économique de l’ex-president.

C’est l’ancien ministre des finances le plus cité dans plusieurs contrats juteux des marchés de gré à gré dénonces régulièrement par la presse et l’opposition. Les observateurs s’interrogent sur ce blanc-seing des administrateurs de la SNIM qui ne sont pas sans savoir que leur patron est placé sous contrôle judiciaire.

Ce qui a déclenché la suspicion de la Banque européenne d’investissement et le blocage du prêt de 59 millions de dollars. Une enveloppe que le fleuron de l’industrie mauritanienne risque de perdre à moins que son ADG soit lavé de tout soupçon.

Ce renouvellement de confiance suscite même d’autres inquiétudes des observateurs qui pointent déjà après un mois d’enquêtes préliminaires du parquet un blocage juridique qui pourrait relever de la procédure de l’enquête parlementaire.

Cherif Kane