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Mali, le château de paille militaire vacille

Mali, le château de paille militaire vacilleLa Croix - Incapables de résister seules aux katibas islamistes, les forces armées maliennes ont été submergées, lundi 30 septembre, par un groupe armé. Elles ont repris leur position avec l’aide déterminante de la force Barkhane, le 1er octobre.

À bien des égards, ce qui vient de se passer rappelle le début de l’année 2012, l’époque des batailles perdues par les Forces armées maliennes (Fama) contre les groupes armés du nord du Mali. Sans l’appui des forces françaises de Barkhane, sans le soutien des casques bleus, elles auraient à nouveau été balayées comme fétu de paille, du fait de la détermination de leurs ennemis.

Les Fama ont été submergés dans leur base

Cette fois, la confrontation a eu lieu dans leur camp de Boulkessi et au poste militaire de Mondoro, dans la région de Mopti, lundi 30 septembre et mardi 1er octobre.

Les Fama ont été incapables de repousser les deux opérations, abandonnant leur position aux assaillants. Il a fallu l’intervention de l’aviation française et des forces internationales pour qu’elles reprennent pied chez elles.

À quel prix ? Officiellement, les Fama ont perdu 25 hommes. Un bilan encore provisoire, daté du 1er octobre, qui ne tient pas compte des dizaines de soldats portés disparus : 60, selon plusieurs sources. Côté djihadistes, le nombre de tués s’élèverait à 15, selon le même communiqué officiel.

La culture du mensonge et de la défiance

Des chiffres à prendre avec précaution tant les autorités du Mali ont pris l’habitude de taire ou de minorer leurs pertes : une règle qui nourrit la défiance et le ressentiment des Fama. À la veille de la présidentielle de 2018, déjà, les observateurs s’inquiétaient du vent de révolte dans l’armée contre le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Une habitude dans ce pays à l’histoire rythmée par les coups d’État : le dernier, du capitaine Sanogo, avait renversé le prédécesseur d’IBK, Amadou Toumani Touré (ATT), en mars 2012.

Une vérité qui dérange

Si le bilan se confirme à la hausse, cette double attaque dans la région de Mopti serait l’une des plus meurtrières depuis la reconquête du nord du pays par l’armée française, en 2013. Elle livrerait une vérité que les autorités maliennes, françaises et européennes tentent de minorer publiquement : leur incapacité à gagner la guerre contre le terrorisme dans le Sahel.

L’identité des assaillants, le groupe burkinabé Ansarou Islam, jette une lumière encore plus crue sur l’échec de l’architecture sécuritaire mise en place par la France sous François Hollande et poursuivi par Emmanuel Macron. En effet, le voilà capable de frapper loin de ses bases et de son terrain favori, au Burkina Faso.

Violence au Mali, la spirale infernale

Plus grave est la nature des éléments défaits à Boulkessi : le bataillon malien du G5 Sahel (la force conjointe formée par le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad). Sa déroute représente aussi un échec pour l’Union européenne et la France, engagées, depuis 2013, dans la rénovation de l’armée malienne, la mission de formation de l’UE au Mali (EUTM Mali).

Présentée depuis 2013 comme la solution à la faillite de 2012, l’EUTM Mali apparaît de plus en plus inadaptée à la réalité sociale, politique et historique du pays. Comme toutes les formations militaires engagées par la France depuis les années 1960, ou par les États-Unis, depuis les années 1990.

Sept soldats maliens tués le 26 septembre

L’échec, répété d’année en année, nourrit le scepticisme international quant à la réussite du G5 Sahel : même la France, qui a présidé à la constitution de cette force sous François Hollande, doute de plus en plus ouvertement sur ses chances de réussite.

Ces attaques du 30 septembre et 1er octobre s’ajoutent à celle du 26 septembre : un convoi de transport d’engrais escorté par les Fama, entre Douentza et Sévaré, a été stoppé par un engin explosif artisanal, puis attaqué par les djihadistes. Sept soldats maliens sont morts.

« Nous sommes en train de perdre du terrain », s’alarme l’ONU

Lors d’une réunion de haut niveau consacrée au Mali et au Sahel, mercredi 25 septembre en marge de l’assemblée générale de l’ONU, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres s’était alarmé de « l’escalade continue de la violence au Sahel et son expansion vers les pays du golfe de Guinée ».

Djihadisme, la peur s’étend dans le nord du Bénin

« Soyons clairs, nous sommes en train de perdre du terrain face à la violence et au terrorisme », avait-il admis. Dans les pays du G5 Sahel, « le nombre de morts civiles entre 2012 et 2018 a été multiplié par quatre », a-t-il dit. « Plus de cinq millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, plus de quatre millions ont été déplacés, trois millions d’enfants ne sont pas scolarisés et près de deux millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire ».

Source : La Croix (France)

 

 

Sahel: les groupes terroristes ensemble pour prendre le Burkina Faso

Sahel: les groupes terroristes ensemble pour prendre le Burkina FasoRFI Afrique - Plusieurs groupes terroristes seraient à la manœuvre dans les récentes attaques au Mali et au Burkina Faso, ce qui pose aujourd’hui la question de leur collaboration.

« Les terroristes ont aussi leur G5-Sahel. Ansar Dine, Front du Macina, al-Mourabitoune, AQMI, Ansarul Islam, État islamique dans le Grand Sahara : ça fait un G5 », ironise le chef d'un groupe d'anciens rebelles du nord-est du Mali.

Pour ce combattant, depuis la déroute de l'État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) dans l'est du Mali et de la Katiba Macina (affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, GSIM) au centre, les jihadistes se sont retranchés au Burkina Faso pour se recomposer. Des connexions ont même été établies entre eux.

Ce serait le cas notamment pour la récente attaque de Boulkessi, attribuée par la force conjointe du G5 Sahel aux terroristes burkinabè d’Ansarul Islam. Une version qu'interrogent des sources sécuritaires et politiques au Burkina. « Les combattants d'Ansarul ne sont pas à la hauteur d'une attaque de ce genre, observe un analyste sécuritaire. Mais une collaboration avec le GSIM ou l’EIGS – car nous sommes dans leur zone d’action – est envisageable ».

Partenariats de circonstance

Ce type de partenariat de circonstance ne serait pas une première. Une note des renseignements burkinabè datée du 30 août 2019 explique notamment que l'attaque de Koutougou, dans le nord du Burkina, revendiquée par le GSIM, aurait finalement été menée par des hommes de l'EIGS.

« Il y a une porosité entre les groupes. Ils s’échangent parfois des combattants, travaillent ensemble ou se partagent les tâches », explique une source bien informée au Burkina Faso. « Boulkessi est à la frontière du Burkina Faso. On peut parfaitement imaginer qu’Ansarul Islam fait le travail de renseignement et que les combattants viennent ensuite de groupes plus habitués et formés aux opérations complexes. »

« Les terroristes veulent faire de la région Sahel du Burkina leur nouveau bastion, poursuit l'analyste. Pour l'heure, ils sanctuarisent la zone ensemble, et régleront leurs différends plus tard ».

Un carrefour stratégique

Depuis plusieurs mois en effet, le nord du Burkina fait l’objet d’assauts dont la logique semble se dessiner aux yeux des experts. Les terroristes ont d'abord fait sauter des infrastructures, comme les ponts autour de Djibo et Arbinda, coupant ainsi du reste du monde les deux principales villes de la région. Les attaques à un mois d’intervalle de Koutougou, au Burkina Faso, puis de Boulkessi, au Mali, ont ensuite libéré momentanément l’espace frontalier des forces militaires régulières.

La région du Sahel, au nord du Burkina, est un carrefour stratégique. Située à la frontière avec le Mali et le Niger, elle n'est séparée de la capitale Ouagadougou que de quelques centaines de kilomètres. Et le Burkina constitue aujourd’hui le dernier verrou avant d’atteindre les pays côtiers comme le Togo et le Bénin, voire la Côte d’Ivoire. Un verrou qui apparaît aujourd’hui bien fragile aux yeux des partenaires européens et régionaux.

Par Gaëlle Laleix

Source : RFI Afrique

 

 

Mali : Deuil national et manifestations de colère après un lourd revers militaire

Deuil national et manifestations de colère après un lourd revers militaire VOA Afrique - Des centaines de jeunes Maliens et de femmes de soldats en colère ont manifesté mercredi après-midi à Bamako pour réclamer la vérité sur le lourd revers infligé en début de semaine à l'armée par les jihadistes dans le centre du pays en guerre, ont rapporté les correspondants de l'AFP.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a "déclaré un deuil national de trois jours, à compter de jeudi à zéro heure", selon un communiqué.

Plusieurs centaines de femmes se sont rassemblées devant un camp de parachutistes pour exprimer leur exaspération après la mort d'au moins 25 soldats dans des combats avec les jihadistes lundi et mardi, selon un bilan gouvernemental provisoire.

Une soixantaine d'autres soldats avaient été portés disparus après ce qui constitue le coup le plus dur essuyé par les forces maliennes depuis mars. Les opérations de "ratissage" de la zone, "qui se poursuivent", ont permis à 11 d'entre eux de regagner leur base, a indiqué dans la soirée l'armée malienne.

"Nous sommes sorties parce que le gouvernement ne dit pas la vérité sur le nombre des morts", a déclaré l'une des manifestantes à l'AFP. "Ce sont nos maris bérets rouges qui sont à Boulkessy", l'une des positions attaquées par les jihadistes.

"Nous exigeons que le nombre exact des morts soit communiqué", a-t-elle ajouté en larmes, répercutant les doutes circulant sur la réalité du bilan gouvernemental.

Au même moment, quelques centaines de jeunes incendiant des pneus ont bloqué l'avenue donnant accès au rassemblement des femmes et stratégiquement située sur la route menant à la résidence présidentielle. Quelques dizaines d'autres ont manifesté sur une route menant, elle, au palais présidentiel.

"Mon père est militaire, il est à Boulkessy, et je n'ai pas de nouvelles. On nous ment, l'armée n'est pas équipée", a dit l'un de ces jeunes, Ali Oumar Diakité, 15 ans.

"Depuis le 23 septembre nos papas (attendaient) du renfort" alors qu'ils savaient qu'ils seraient attaqués, a dit un autre fils de soldat. "Nous voulons la vérité et nous demandons aux autorités de nous dire qui est mort, qui est vivant".

Deux jours d'intense bataille autour des camps de Boulkessy et Mondoro, près du Burkina Faso, se sont soldés par la mort d'au moins 25 soldats maliens, selon un bilan officiel provisoire.

Quinze jihadistes ont été tués, selon le gouvernement malien.

Le ministre française des Armées, Florence Parly, a salué "la réaction des forces maliennes qui ont très rapidement dépêché des unités en renfort pour pourchasser les groupes terroristes et reprendre le contrôle des deux postes avec l'appui d'avions de chasse et d'hélicoptères Tigre de la force (antijihadiste française) Barkhane". "La détermination de ces unités a permis de rétablir une situation délicate et compromise et d'infliger des pertes aux terroristes", a-t-elle ajouté.

Motif supplementaire d'alarme: les assaillants se seraient emparés d'importantes quantités d'armes, de munitions et de matériel, l'un des objectifs présumés de leur offensive.

Impuissance


Ces hostilités sont une nouvelle illustration de la dégradation continue de la situation dans le pays en proie depuis 2012 aux insurrections indépendantistes, salafistes et jihadistes et aux violences interethniques meurtrières.

Elles mettent une fois de plus en lumière l'incapacité du pouvoir central à contrôler de larges pans du territoire, malgré l'appui de missions armées française, africaine et onusienne. Et elles alimentent les accusations répandues parmi les Maliens de faillite de leur Etat.

Les forces maliennes n'avaient pas connu un tel bain de sang depuis le 17 mars quand une attaque jihadiste contre un camp de l'armée à Dioura (centre) avait fait près de 30 morts.

C'est aussi une claque pour la Force conjointe du G5 Sahel, créée en 2017 par le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, avec le soutien de la France, pour faire face à la propagation de la menace à travers la sous-région.

Le bataillon malien attaqué à Boulkessy relevait de cette Force conjointe encore embryonnaire. Cette dernière n'avait encore jamais subi d'aussi lourdes pertes.

En mars, l'attaque jihadiste contre le camp militaire de Dioura, suivie une semaine après par le massacre de 160 villageois peuls au cours de violences intercommunautaires, avait débouché sur le limogeage des principaux chefs d'état-major. Le gouvernement avait démissionné en avril sous la pression de manifestations contre l'impuissance de l'Etat.

En 2012, l'inaptitude imputée au pouvoir à défendre le pays face aux insurrections émergentes dans le nord avait donné lieu à un coup d'Etat conduit par des officiers. Le renversement du gouvernement avait précipité la plongée du Mali dans la crise toujours en cours.

Les solutions sécuritaire et politique à la détérioration paraissent pour l'heure introuvables. Les violences jihadistes persistent et se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant à des conflits intercommunautaires qui ont fait des centaines de morts.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a encore déploré la lenteur des réformes politiques et sécuritaires au Mali dans un rapport trimestriel remis cette semaine au Conseil de sécurité et rédigé avant les événements de lundi et mardi.

Avec AFP
Source : VOA Afrique

 

Mali : au moins 25 soldat tués dans l’attaque de deux camps militaires dans le centre du pays

Mali : au moins 25 soldat tués dans l’attaque de deux camps militaires dans le centre du pays Jeune Afrique - Au moins vingt-cinq soldats maliens et une quinzaine de jihadistes ont été tués lundi et mardi, lors d'intenses combats pour le contrôle de deux camps militaires à Boulkessy et Mondoro, dans le centre du pays.

C'est l'attaque la plus meurtrière pour les forces armées maliennes, depuis le 17 mars denier, lorsqu'une attaque jihadiste contre un camp de l'armée à Dioura avait fait près de 30 morts. C’est l’un des coups les plus durs essuyés depuis des mois par l’armée malienne et la force des pays du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad et Niger), dont relève l’un des bataillons maliens attaqués lundi.

Au moins vingt-cinq militaires ont été tués, et une soixantaine de soldats maliens sont portés disparus. L’armée a essuyé de lourdes pertes en matériel, a ajouté le gouvernement dans un communiqué.

Les forces armées sont cependant parvenues à reprendre et conserver le contrôle des positions attaquées, à Boulkessy et, à une centaine de kilomètres de là, à Mondoro, ont indiqué les autorités, ajoutant que les combats se poursuivaient et qu’une opération « d’envergure » des forces maliennes mais aussi burkinabè, appuyées par la force française antijihadiste Barkhane était en cours pour neutraliser les assaillants.

Ces hostilités sont une nouvelle illustration de la dégradation continue de la situation sécuritaire dans le pays en proie depuis 2012 à des insurrections indépendantistes, salafistes et jihadistes, et à des violences interethniques meurtrières. De larges pans du territoire échappent au contrôle du pouvoir central malien.

Déroulés des attaques

Lundi, des éléments appartenant au groupe Ansaroul Islam –accusé de semer la terreur dans le nord du Burkina– ont, selon la Force du G5 Sahel, lancé l’offensive contre le bataillon malien de la force à Boulkessy, près de la frontière avec le Burkina Faso.

Au même moment, le détachement de l’armée malienne à Mondoro a lui aussi été attaqué. Les informations en provenance de la zone très difficile d’accès sont rares, mais celles qui en parvenaient faisaient état de violents affrontements et de lourdes pertes –y compris des civils– sur lesquelles les autorités maliennes ont gardé le silence jusqu’à mardi soir.

Frappes aériennes

Les positions de Boulkessy sont tombées entre les mains des assaillants. De lourds moyens, y compris aériens, et des forces spéciales ont été engagées pour les reprendre, a indiqué une source militaire.

Après le déploiement des forces spéciales, les forces maliennes, « malgré les tirs de harcèlement des terroristes, ont pu réoccuper le camp de Boulkessy ce mardi soir », a déclaré le gouvernement. Quant à Mondoro, la reprise de contrôle par les forces maliennes y étaient confirmées mardi matin.

Les forces maliennes n’avaient pas connu un tel bain de sang depuis le 17 mars, quand une attaque jihadiste contre un camp de l’armée à Dioura (centre) avait fait près de 30 morts. à lire Mali : la principale alliance jihadiste du Sahel revendique l’attaque contre l’armée à Dioura

L’impuissance face à la propagation des violences au Mali et au Sahel faisait dire il y a une semaine au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, que la communauté internationale était « en train de perdre du terrain face à la violence et au terrorisme ».

« Le nombre de morts civiles entre 2012 et 2018 a été multiplié par quatre » dans les pays du G5 Sahel, avait également souligné M. Guterres lors d’une réunion de haut niveau consacrée au Mali et au Sahel, en marge de l’assemblée générale des Nations unies.

Source : Jeune Afrique (Par AFP)

 

 

Mali: attaque de deux camps de l'armée dans le centre du pays

Mali: attaque de deux camps de l'armée dans le centre du paysRFI Afrique - De présumés jihadistes ont mené dans la nuit de dimanche à lundi une double attaque dans la région de Mopti au centre du Mali.

Dans la localité de Mondoro, c'est une position de l'armée malienne qui était visée, alors que dans la localité de Boulikessi, c'est une position du bataillon malien de la force conjointe G5 qui a été visée. Si à Mondoro, deux civils ont été tués, on ne connaît pas encore exactement le bilan de l'attaque de Boulikessi où comme à Mondoro, du matériel militaire a été emporté par les assaillants.

Environ 150 kilomètres séparent les localités de Boulikessi et de Mondoro. De sources concordantes, ce sont de présumés jihadistes du groupe Ansaroul Islam qui ont mené de manière coordonnée les deux opérations.

À Mondoro, il semble que l’un des objectifs des assaillants était notamment de faire des provisions de vivres. En effet, outre au moins deux véhicules enlevés, ils sont repartis avec deux chameaux et des chèvres. Sur place, une position de l’armée malienne a été également attaquée.

Des balles perdues ont tué au moins deux civils. Trois autres ont été blessés, d’après nos informations.

Lourdes pertes matérielles

À Boulikessi, à l’ouest de la frontière avec le Burkina Faso, c’est le bataillon malien de la force conjointe G5 qui a été visé. Un communiqué officiel parle de lourdes pertes en matériel et de dégâts importants.

Les assaillants présumés jihadistes étaient, selon plusieurs sources, lourdement armés. Dans cette localité, le sort d’au moins cinq soldats évoluant sur place et sous le commandementG5 est pour le moment incertain.

Source : RFI Afrique

 

 

Bataille de drones dans le ciel libyen

Si les combats se poursuivent au sol, au sud de Tripoli, une autre bataille fait rage depuis quelques mois dans le ciel libyen entre drones turcs et émiratis, sans pour autant changer l'équilibre des forces, selon des analystes.

Depuis le début le 4 avril de l’offensive de l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, sur la capitale Tripoli, siège du gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU, les lignes de front ont peu bougé.

Face au statu quo, les camps rivaux se sont tournés vers des armes plus sophistiquées, dans l’espoir de prendre le dessus dans cette bataille qui a déjà fait plus de 1.000 morts et forcé 120.000 personnes à quitter leurs foyers, selon l’ONU.

La Libye est « probablement le plus grand théâtre de guerre de drones au monde », a déclaré cette semaine l’émissaire des Nations unies, Ghassan Salamé.

Cité par les services de presse de l’ONU, Salamé a relevé une « utilisation beaucoup plus intense des drones », à 600 reprises par un camp et 300 de l’autre, sans préciser de quels camps il s’agissait.

Les drones sont entrés en jeu en juin, malgré un embargo sur les armes imposé par l’ONU à la Libye depuis la révolte de 2011 qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi.

Les « sponsors » s’engagent

« Ne voulant pas rester sans puissance aérienne, Haftar et le GNA semblent s’être tournés en urgence vers un autre type d’engin: les drones », explique-t-il.

Selon des analystes et experts, le maréchal Haftar s’est procuré des drones Wing Loong de fabrication chinoise auprès de son principal allié, les Emirats arabes unis.

En face, le GNA s’est tourné vers Ankara, qui soutient de moins en moins discrètement ses forces, pour s’équiper de drones turcs de type Bayraktar.

Depuis, l’objectif de chaque camp a été de détruire les drones de l’adversaire et leurs centres de commandement.

Ainsi, les forces du maréchal Haftar ont mené à plusieurs reprises des raids aériens contre l’aéroport de Mitiga, le seul fonctionnel de la capitale libyenne mais actuellement fermé, affirmant à chaque fois viser des drones turcs ou le centre de commandement de ces appareils.

« Cette guerre aérienne est devenue un engagement direct entre les deux principaux sponsors de l’ANL (Armée nationale libyenne autoproclamée par le maréchal Haftar) et du GNA », respectivement Abou Dhabi et Ankara, indique Delalande.

Ahmad al-Hasnaoui, un général libyen à la retraite, estime que du côté du camp Haftar, les drones soutiennent les forces terrestres et jouent « un rôle important pour affaiblir les forces et les lignes de ravitaillement » des pro-GNA. Et vice-versa.

Une intensification des raids

L’analyste libyen Jalal al-Fitouri souligne également le « rôle crucial » des drones dans la bataille de Tripoli, et note une « intensification » depuis fin juin des raids aériens contre les bases de décollage de drones des deux camps rivaux.

« Les Wing Loong des Emirats arabes unis traquent les pistes de décollage des Bayraktar afin de détruire le potentiel aérien du GNA, mais n?y parviennent pas », selon Delalande.

« Les Turcs ont diversifié leur mode d’action en utilisant des routes pour faire décoller leurs appareils et en éparpillant des antennes relais sur l’ensemble de la zone entre Tripoli, Misrata et al-Jufra (centre) pour augmenter le rayon d’action de leurs drones », ajoute l’expert.

Wing Loong ou Bayraktar? Indépendamment de qui l’emportera, « les drones ne sont pas une fin en soi » si les forces terrestres ne progressent pas, relève Delalande.

Face au statu quo sur le terrain, l’ONU encourage les belligérants libyens à faire taire les armes et relancer un processus politique compromis depuis le déclenchement de l’offensive du maréchal Haftar.

Mais pour Delalande, ce dernier « pousse les Emirats arabes unis à s’engager encore davantage ». « Des frappes de Mirage (utilisés par les forces aériennes émiraties) ne sont pas à exclure dans les prochaines semaines », dit-il. En face, Ankara « ne cache plus son soutien à Tripoli, sans pour autant engager directement son potentiel aérien ».

Début septembre, Salamé, avait lancé un nouvel appel à la communauté internationale pour mettre fin au conflit, craignant « une intensification des soutiens militaires » à l’une ou l’autre partie qui « plongerait l’ensemble de la région dans le chaos ».

Source : jeuneafrique.com

 

Burkina : cinq soldats tués dans une embuscade dans le nord-ouest

Cinq soldats burkinabè ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'une embuscade dans le nord-ouest du Burkina Faso, tout près de la frontière malienne, et un pont sur un axe stratégique du Nord a été détruit à l'explosif.

« Une patrouille militaire a été attaquée hier (jeudi) dans la nuit lors d’une embuscade menée par des individus armés aux environs de Toeni (localité située dans la province du Sourou). Cinq soldats sont décédés et un autre élément a été blessé », selon une source sécuritaire.

« La riposte a aussitôt été apportée par les éléments (loyalistes) et un renfort a été déployé en vue d’assurer un ratissage », a indiqué une deuxième source sécuritaire, qui a confirmé l’attaque sans donner de bilan.

Mi-août, quatre militaires avaient été tués sur l’axe Toéni-Loroni, dans la province du Sourou.

« Coup dur »

Egalement dans la nuit de jeudi à vendredi, le pont de Boukouma, sur la route reliant Djibo à Dori, deux des grandes villes du nord du Burkina Faso, a été détruit à l’explosif, selon des habitants joints par l’AFP.

« Le pont reliant Arbinda (entre Djibo et Dori) à Dori a été détruit partiellement. Des individus armés ont tenté de le faire sauter à l’aide d’engins explosifs », a dit sous couvert de l’anonymat un élu local, joint par l’AFP depuis Ouagadougou.

« C’est un coup dur car c’est le principal axe empruntée par les populations, les autorités et même par les FDS (Forces de défense et sécurité) lors des patrouilles. D’autres routes existent pour relier les deux localités, mais elles sont moins sûres et souvent plus longues », a-t-il souligné, rappelant que des jihadistes présumés avaient déjà tenté de détruire un pont sur la route Inata-Tièmbolo, dans le Soum (Nord).

Couper le Nord du reste du pays

Selon une source sécuritaire, après avoir récemment attaqué des convois de vivres, les jihadistes pourraient être en train de tenter de couper le Nord du reste du pays et de créer des enclaves facilitant leur contrôle de certains secteurs.

La zone autour de Djibo et Dori est particulièrement touchée par les attaques jihadistes qui ont entraîné la fuite de milliers d’habitants.

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, en visite à Bobo-Dioulasso (deuxième ville du pays, dans l’Ouest) a évoqué vendredi l’attaque de Toeni : « Il est important qu’au niveau de l’ensemble du peuple burkinabè nous soyons conscients que nous avons notre part à jouer dans cette lutte-là (contre les jihadistes) (…) Nous devons nous armer de courage et de détermination pour en arriver à bout ».

La semaine dernière, le Burkina avait accueilli un sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) sur « la lutte contre le terrorisme ». Les Etats, qui craignent que les attaques jihadistes ne s’étendent du Mali, Burkina et Niger aux autres pays, sont convenus d’un plan d’un milliard de dollars de lutte contre le jihadisme sur cinq ans.

Source : jeuneafriquer.com

 

Situation pluviométrique: Les déficits persistent

« La première décade de Septembre a été marquée par une baisse de l’intensité des pluies par rapport à la décade passée. Elles ont été majoritairement faibles à moyennes », annonce le Bulletin Agrométéorologique Décadaire (BAD) du Service agrométéorologique de la Direction de l’aménagement agricole du ministère du Développement rural. « Cinq  jours de pluies ont été enregistrés dans la majeure partie des wilayas de la zone agropastorale  mais 40% des stations et postes suivis n’en ont enregistré aucune, sinon très faibles », relate le bulletin. La répartition spatiotemporelle reste toujours mitigée (bonne dans certains endroits et mauvaise dans d’autres).

Comparés à l’année dernière et à la même période, environ 75% des postes et stations suivis présentent une situation pluviométrique déficitaire. Les déficits les plus importants sont enregistrés dans les localités suivantes :

Hodh El Charghi : NBeikett Lahwach,- 292 mm ; Bousteilla, - 203 mm; Néma, - 149 mm ; Aouinatt Z’Bel, - 132 mm ; Amourj,- 165 mm ;

Hodh El Gharbi: Gogui Zémal, -189 mm ; Touil, - 176 mm ; Voulaniya- 125 mm;

Assaba : Tenaha, -150 mm ; Boumdeid,- 201 mm ; Hamod,- 112 mm;

Guidimakha : Harr,- 301 mm ;Diaguily,- 113 mm ; Wampou,- 112 mm ; Ghabou,- 101mm ; Gouraye,- 99 mm ;

Tagant : Moudjeria,- 105 mm ;

Brakna : Bababé, -231mm ;Niabina,- 112 mm ;

Gorgol : Monguel,- 99 mm ; Lexeiba,- 98 mm;

Trarza: Méderdra,- 146 mm.

Par rapport à la normale 1981-2010, environ 38 % des postes pluviométriques suivis présentent une situation normale à excédentaire. Les plus importants déficits sont enregistrés dans les zones suivantes :

Hodh El Charghi : Bousteilla,- 93mm ;

Hodh El Gharbi : Touil,- 105 mm ;

Guidimakha: Bouly, -263 mm ; Harr,- 197 mm ; Gouraye,- 173 mm ; Ghabou,- 144 mm; Wompou,- 140 mm;

Tagant : Moudjeria,- 95 mm;

Gorgol : Toufounde Civé,- 101 mm ; Monguel,- 107 mm.

Depuis le début de l’hivernage, les plus importants cumuls sont enregistrés dans les localités suivantes :

Hodh El Charghi: Adel Begrou, 367 mn en 18 jours ; Djigueni, 219 mn en 15 jours ; Amourj, 260 mm en 21 jours ; Bassiknou, 295 mm en 18 jours ; Timbedra, 230 mm en17 jours ; Bousteilla, 172 mm en 14 jours ; Aouinat Z’Bell, 192 mm en 11jours ; Fassala Néré, 200 mm en 20 jours ; Néma, 164 mm en 10 jours ;

Hodh El Gharbi: Medbougou, 440 mm en 20 jours ; GoguiZémal, 331 mm en 16jours ; Touil, 200 mm en 11 jours ; Koubenni, 267 mm en 15 jours ; Voulaniya, 212 mm en 18 jours ; Aïn Farba, 174 mm en 13 jours ; Aïoun, 174mm en 12 jours ;

Assaba: Kiffa, 265 mm en 13 jours ; Kankossa, 239 mm en 13 jours ; Hamod, 227 mm en 14 jours ; Barkéol, 210 mm en 8 jours ; Guérou, 194 mm en 9 jours ; Ténaha, 124 mm en 6 jours ;

Guidimakha: Sélibaby, 321 mm en 12 jours ; Ould Yengé, 302 mm en 17 jours ; Ghabou, 267 mm en 15 jours ; Gouraye, 226 mm en 17 jours ; Diaguily, 189 mm en 12 jours ; Wampou, 212 mm en 13 jours ;

Tagant: Achram Sonader, 95 mm en 8 jours ; N’Beika, 77 mm en 3 jours ;

Brakna: M’bagne, 204 mm en 8 jours ; Aleg, 161 mm en 6 jours ;Boghé, 168mm en 7 jours ; Male, 136 mm en 5 jours ;

Gorgol: Maghama, 318 mm en 16 jours ; Djadjibine, 271 mm en 16 jours ; Kaédi, 253 mm en 9 jours ;  M’Bout, 226 mm en 14 jours ;

Trarza : Tékane, 140 mn en 3 jours ; Keur Macène, 111 mm en 4 jours ; R’kiz, 86 mm en 4 jours ;

Inchiri : Benichab, 213 mm en 4 jours ; Akjoujt, 70 mm en 5 jours.

Situation phytosanitaire

« Globalement la situation est calme », note le BAD. « Aucune signalisation ni attaque d’ennemis des cultures n’a été fait cas. Malgré la situation calme observée, une attention particulière doit être apportée à la surveillance du criquet-pèlerin, au vu des pluies enregistrées ces derniers jours dans les zones grégariennes qui peuvent contribuer à l’amélioration des conditions écologiques favorables à sa reproduction et à son développement ».

 

Situation pastorale

« Suite aux bonnes pluies enregistrées, l’amélioration de la situation pastorale amorcée depuis la décade précédente, se poursuit dans la plupart des zones », renseigne le bulletin. « La végétation continue à se développer normalement même dans les zones qui avaient connu des débuts de stress hydrique ».

La situation se présente comme suit:

Hodhs: bon développement du tapis herbacé, aussi bien pour les espèces ligneuses qu’herbacées ; plus homogène dans les zones bien arrosées depuis le début de l’hivernage.

Axe Brakna-Gorgol-Trarza: bon développement de pâturages, malgré quelques poches parfois non homogènes. On note quelques zones non encore pourvues, entre le Brakna et le Trarza.

Axe Tagant-Assaba-Guidimakha: hormis la situation un peu difficile au Guidimakha, suite aux fortes pluies enregistrées la décade passée qui ont ravagé une bonne partie des pâturages, on note un bon développement dans une partie de l’Assaba (Barkéol, Kankossa) et au Tagant. Les conditions d’abreuvement dans l’ensemble se sont nettement améliorées. Le remplissage des points d’eau se poursuit avec l’apport des pluies enregistrées au cours des deux dernières décades.

Trarza: La situation sanitaire du cheptel est marquée par des entérotoxémies chez les petits ruminants et des misères physiologiques chez les bovins.

 

Cultures irriguées

Au Trarza, 508 demandes ont été enregistrées pour environ 30 000 ha déclarés. A cette décade, 187demandes ont été traitées, pour environ 12 000 ha.

Au Brakna, environ 3300ha sont déclarés pour la campagne en cours. Actuellement, 1050 ha sont emblavés. Les activités (semis direct, repiquage et préparation des pépinières) se poursuivent dans toutes les wilayas concernées (Gorgol, Brakna et Trarza) et varient suivant les localités. Le stade phénologique dominant des cultures est le semis-levée-tallage.

 

Cultures pluviales

« Les cultures poursuivent normalement leur développement dans toute la zone agropastorale », informe le bulletin. Le stade phénologique varie suivant les wilayas et se présente dans l’ensemble comme suit:

Sorgho: semis, levée, tallage; Niébé et pastèque: tallage - floraison par endroits ; petit mil: tallage.

L’indice de satisfaction des besoins en eau des cultures reste globalement satisfaisant. Il est à signaler que les différentes wilayas ont reçu une dotation en semences traditionnelles en cours de distribution au profit des agriculteurs.

 

Situation des barrages

Dans la plupart des zones, les barrages, digues et diguettes continuent à se remplir, suite aux différentes pluies enregistrées. Le taux de remplissage varie suivant les wilayas.

50-80% aux Hodhs

10-70% Brakna-Gorgol

10-70% Assaba-Tagant

Synthèse THIAM Mamadou

 

Boubacar Ould Messaoud de retour au pays

Le président de l'organisation des droits de l'homme SOS Esclaves, Boubacar Ould Messaoud est rentré au pays, ce Mercredi 18 septembre 2019, aux environs de 23 heures. L'emblématique militant des droits  de l’homme et grand anti-esclavagiste a séjourné depuis plusieurs mois à l'hôpital de Beauvais en France, où il se soignait après avoir été évacué par le Centre national de cardiologie où il a passé plusieurs semaines. Après une visite de l'ancien ministre de la santé Kane Babacar, les autorités mauritaniennes, du temps du président Mohamed Ould Abdel Aziz, ont donné des instructions pour que le traitement du président Boubacar Ould Messaoud soit pris en charge par le gouvernement mauritanien.

Ingénieur architecte de formation, Ould Messaoud a travaillé comme cadre du ministère de l'habitat, où il a été Conseiller avant d'être nommé, du temps d'Ould Taya, Directeur général de la Société de construction et de gestion immobilière (Socogim), d'où il fut relevé. Il décide alors de se consacrer aux droits de l'homme, en général, et à la lutte pour l'éradication de l'esclavage, en particulier. Pour cela, il créera en 1995 SOS Esclaves, dont feu Habib Ould Mahfoudh sera le premier Secrétaire général, et qui ne sera reconnue que dix ans après, en 2005, juste quelques mois avant la chute du président Maouiya Ould Sid'Ahmed Taya.

Boubacar Ould Messaoud n'est pas, comme le croient beaucoup, membre fondateur du mouvement pour l'émancipation des Harratines El Hor, créé le 5 mars 1978, dont il est, néanmoins, l'un des symboles, puisqu'il rejoindra le mouvement six mois après sa création, et en deviendra même le président. Il fait partie de ses cadres avec Boydiel Ould Houmeid et les autres qui seront jugés à Rosso, en 1980, dans la célèbre affaire du dossier" Boubacar Ould Messaoud et consorts" qui a suivi les manifestations contre la vente de l'esclave M'barka au marché d'Atar, en 1980, et dont les rebondissements ont motivé les militaires à prendre l'ordonnance 034/81 abolissant la pratique de l'esclavage en République Islamique de Mauritanie.

Le président Boubacar Ould Messaoud est membre du Mécanisme National de lutte contre la torture et récipiendaire de plusieurs distinctions pour son combat pour la défense et la promotion des droits de l'homme.

Source : lecalame.info (Mauritanie)