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Affaire de Ouadane : « SOS Esclaves n’a jamais triché », rappelle Boubacar Messaoud

L’affaire de l’esclavage  signalée   à Ouadane (Adrar) alimente une polémique entre SOS Esclaves dont la coordination de cette région a révélé l’affaire d’une Haratine offerte en dot et la commission nationale des droits de l’homme (CNDH) qui nie l’existence des faits. Et pour tirer les choses au clair  et éclairer l’opinion nationale et internationale, SOS Esclaves a tenu une conférence de presse ce mardi 6 avril à son siège social, situé à la Socogim PS. Devant un parterre de membres d’organisations  de défense des droits de l’homme, le président Boubacar Messaoud a tenu à préciser que ‘’SOS Esclaves, tout le long de son combat contre l’esclavage et ses pratiques, n’a jamais triché,  elle n'a jamais exhibé  ou dénoncé un cas d'esclavage  sans disposer de preuves;  nous ne sortons pas les gens de la servilité si elles n’en veulent pas, mais nous y contribuons par la sensibilisation et la prise de conscience des victimes.’’

Très choqué par les propos du président de la commission nationale des droits de l’homme, Me Ahmed Salem Bouhoubeyni qui a dépêché une mission d’enquête sur les lieux sans associer SOS, Boubacar Messaoud dira que ‘’la CNDH cherche la notoriété sur le dos de SOS Esclaves, elle veut la détruire, elle  n’y parviendra pas parce que si nous avons résisté à tous les aléas, c’est parce notre combat est juste, c'est parce que nous œuvrons pour une Mauritanie où tous les citoyens vivent égaux devant tout’’. Le président  de la CNDH a montré son véritable visage, déplore Boubacar Messaoud qui rappelle sa fierté d'être descendant d'esclave. "Si certains se gênent ou traînent encore le complexe d'être issus de familles esclaves, moi, j'en suis fier", se réjouit Ould Messaoud.

Ces précisions faites, la parole a été donnée au point focal de SOS en Adrar. Aziza Brahim  a raconté avec certitude et conviction, le processus de révélation de l’affaire en  citant les faits, leur date et  toutes les  personnes impliquée dans l’affaire  du mariage de Ouadane, de Moima, une esclave offerte en dot, conformément  à la pratique courante dans la contrée. Et d’ajouter que ‘’les personnes impliquées dans cette pratique d’esclavage se sont présentées à  nos  locaux d’Atar pour se plaindre de la divulgation  de l’affaire de Ouadane et pour nous affirmer, en présence de témoins, ici présents  que Moima  est leur esclave. Nous n'avons pas nié avoir révélé  cette affaire et sommes prêts à en repondre. Voilà les faits, rien n’a été inventé, et depuis cette visite,  personne d'autre n’est venu nous demander ou enquêter sur cette affairé’’,  conclut  Aziza Brahim.

Source : Le Calame

Affaire des terres de Feralla : Les représentants des propriétaires jugent la solution de l’Etat « partisane »

Le Calame : Les représentants du collectif des propriétaires de la cuvette de Koylal, située dans les encablures du village de Feralla, département de M’Bagne ont déclaré qu’ils rejettent la solution préconisée par le gouvernement parce qu’elle est « partisane ».

Ils tenaient, ce samedi 20 mars, une conférence de presse, au siège du FONADH pour informer l’opinion nationale et internationale de l’expropriation de leur terre par l’Etat mauritanien au profit des prétendus rapatriés du Sénégal, indique d’emblée, Cherif Bâ, porte-parole du collectif.

Dans un exposé introductif, M Cherif Bâ, entouré des membres de la délégation venue de M’Bagne et comprenant Thiam Moussa Mamadou et de Moussa Sabirine, a brossé le processus d’expropriation de la cuvette entamée en 1990 dans la foulée des évènements de 1989. « Pour exproprier les populations, l’Etat avait usé de la présence des rapatriés du Sénégal dans la zone alors qu’il s’agit de populations originaires des villages voisins comme Debay Doubel, M’Bagne, Bakhde, de Hijaj, lesquelles ont partagé avec nous, tout depuis la nuit des temps et qui disposent de leurs propres terres ». Si on a installé ces populations et créé une coopérative dénommée Ibn Khaldoum, c’est pour provoquer les propriétaires traditionnels et semer les germes de la tension », a-t-il ajouté. Il rappelle qu’à l’époque, « personne ne pouvait s’y opposer sans risque d’être expulsé, emprisonné, humilié ou exécuté. »

Poursuivant son propos, il martèle : « la preuve est là, le gouvernement reprend l’aménagement en pleine période de culture grâce au projet PARIIS, financé par la Banque mondiale, sans en parler aux propriétaires riverains. » Comme cela ne suffisait pas, embraye M Bâ, « le représentant du ministère de l’intérieur, Birane Wane vient proposer aux propriétaires traditionnels de partager leurs terres avec la coopérative Ibn Khaldoum qui dispose d’un titre foncier sur la cuvette », avant d’ajouter que « notre position ne favorise pas le consensus, il faut céder une partie de ces terres aux autres, ce que nous avons rejeté catégoriquement », rapporte M. Bâ

Cherif se félicite de la position de la Banque Mondiale, bailleur de fonds du projet PARIIS dont la mission s’est rendue récemment sur les terres en question pour écouter les différentes parties et dont le communiqué va dans le sens de l’apaisement.

Abondant dans le même sens, Thiam Moussa Mamadou et Moussa El Hadj Sabirine ont déploré l’attitude des bénéficiaires du projet en question avec lesquels « nous avons vécu depuis belle lurette et qui n’ignorent pas que les terres nous appartiennent et qui, soutenus par les autorités, sont venus en force de M’Bagne, de Doubel, de Hijaj, de Bakhde comme pour nous provoquer ; nous n’avons jamais eu de problèmes de cohabitation avec les populations Haratines avant les évènements de 1989 et depuis, force est de constater que le pouvoir les instrumentalise pour nous exproprier, ce que nous n’allons jamais accepter, parce que ces terres ont été acquises au prix du sang ; nous disons et répétons que nous nous attendons à tout, cette forfaiture ne passera pas, nous mettons le gouvernement en garde contre les énormes risques de l’escalade qu’il est en train de créer, nous sommes mauritaniens, nous aussi ». Intervenant, un représentant de la communauté de Dar El Barka, venu témoigner sa solidarité aux propriétaires de Koylal a fait avoir que ce qui s’est passé hier à Dar El Barka peut survenir, à tout moment et partout dans la vallée ; il leur a demandé de ne pas céder à provocation du pouvoir qui cherche à créer la zizanie entre les populations de la zone et les Haratine. N’acceptez pas de nous faire diviser, vous qui avez vécu depuis la nuit du temps », a-t-il martelé.

« Alors que beaucoup de partis politiques et de mouvements de la société civile sont venus nous soutenir sur le terrain, nos acteurs politiques et nos élus ont choisi de faire profil bas, ce que nous ne pouvons pas comprendre parce que nous avons toujours répondu à leur appel pendant les élections et avons les mêmes terres et les mêmes problèmes », indique Moussa Sabirine qui appelle les bénéficiaires à ne pas sacrifier les bons rapports presque familiaux, de voisinage et d’entr’aide entre les populations locales.

Créée en 1990, la Coopérative Ibn Khaldoum recense 160 membres, tous rapatriés et issus des villages voisins de la cuvette, affirment les représentants des propriétaires.

A la question de savoir ce que les représentants sont venus chercher à Nouakchott, s’ils souhaitaient rencontrer les ministres impliqués voire le chef de l’Etat, Cherif Bâ répond : « nous n’avons pas besoin de les rencontrer parce que nous connaissons déjà leur position, leur solution est partisane ; nous sommes venus informer l’opinion nationale et internationale. » Dans ce cadre, précise-t-il, nous avons rencontré les partis politiques de la majorité et de l’opposition, certaines chancelleries basées à Nouakchott.

Rappelons que c’est en pleine saison de culture que les responsables du projet PARIIS ont choisi de reprendre les travaux d’aménagement de la cuvette, après près de dix ans d’interruption. Et pour manifester leur opposition, les populations des villages voisins des contrées de Yirlabe et de Hebibaye, propriétaires de ces terres ont choisi de tenir un sit-in sur les lieux lequel a été dispersée la manifestation par les forces de l’ordre. Et depuis lors, elles se battent pour mettre fin à ce qu’elles qualifient d’ « expropriation déguisée», craignant que le site ne tombe sous peu, entre les mains d’agrobusiness.

Il est à regretter que le gouvernement se prend toujours mal avec l’exploitation des terres de la vallée, il y a toujours eu un déficit sinon une absence totale de communication avec les populations locales qui crient à l’« expropriation et à la provocation ». Faire un développement sans les intéressés est toujours contreproductif. « Si vous voulez aider quelqu’un, demandez-lui d’abord ce qu’il veut», disait un grand penseur.

Signalons que la cérémonie s’est déroulée en présence des élus dont Nafissa Bâ, députée de Tawassoul, du maire de Niabina/Garlol, Aliou Sarr, du coordinateur de SPD, Bala Touré et des acteurs de la société civile dont Sarr Mamadou, secrétaire exécutif du FONADH.

Source : lecalame.info

Transport terrestre: 87% des accidents de la route sont causés par un facteur humain (ministère)

Transport terrestre: 87% des accidents de la route sont causés par un facteur humain (ministère)AMI - Un atelier de sensibilisation sur la sécurité routière a pris fin, vendredi matin. La rencontre de deux jours, visait à sensibiliser sur le fait que le facteur humain, représente 87% des causes d’accidents de la route. Selon les organisateurs, l’atelier aura permis d’attirer l’attention sur la nécessité d’éveiller les consciences à travers des sensibilisations.

« Un secouriste dans chaque véhicule », c’est le thème retenu pour cet atelier organisé par l’Autorité de Régulation et d’Organisation du Transport routier, en collaboration avec la Délégation générale à la Protection civile et la Gestion des crises.

Il a réuni autour de la table, des chauffeurs professionnels, des représentants des fédérations, des représentants communaux, des membres de la société civile ainsi que des différents démembrements de l’Etat concernés par la question.

« Cet atelier vise à réduire le nombre d’accidents de la route en Mauritanie », a souligné le conseiller technique du ministre de l’Équipement et des Transports en charge du Transport terrestre, M. Mohamed Lemine Ould Cheikh Abdallahi. Selon lui, « les statistiques indiquent que 87% des accidents sont dues à un facteur humain, d’où la nécessité de mettre l’accent sur la sensibilisation ».

Avant de finir, le conseiller technique a rappelé que cet atelier entre dans le cadre de la stratégie nationale de la sécurité routière du gouvernement. Depuis sa mise en œuvre , « on a constaté durant la période 2019-2020, une nette réduction des accidents » affirme le conseiller. Pour lui, c’est à la conjugaison des efforts de tous les acteurs qu’on doit ce résultat.

Outre l’aspect sensibilisation, le débat a également porté sur la législation et la réglementation. La possibilité d’établir un permis qui fonctionne avec un système de points a été abordé. Il en est de même pour la révision de quelques dispositions du code la route.

En outre, le ministère a annoncé la phase pilote d’un système qui permet à n’importe quel internaute, d’identifier les zones dangereuses sur les routes nationales. Ce mapping se fera sur la base de données, qui seront recueillies, notamment les statistiques qui mettent en exergue le nombre d’accidents qu’il y a eu dans un endroit déterminé.

Enfin, les deux organisateurs se sont engagés à mettre tout en œuvre, afin que les recommandations soient matérialisées en actes.

Source : AMI

Loi sur les associations, fondations et réseaux : Quid des « associations cartables » ?

Loi sur les associations, fondations et réseaux : Quid des « associations cartables » ?Le Calame - Le gouvernement mauritanien a fait approuver par l’Assemblée nationale une loi sur les associations, fondations et réseaux. Le texte a été voté le 11 Janvier dernier. Composé de soixante-douze articles qui définissent l’association, les règles régissant sa fondation, ses engagements et les cas éventuels de suspension de ses activités et de sa dissolution, ce texte entend mettre de l’ordre dans la pléthore de nos associations.

Ce qui avait poussé feu le directeur du Calame, Habib Ould Mahfoudh à parler d’« associations-cartables ». Mais la loi va-t-elle mettre de l’ordre… ou accentuer le désordre ? Les associations de la Société civile ont poussé comme des champignons dans les années 90.

C’était la course au récépissé, perçu comme une espèce de sésame à subventions, aides et autres appuis. Pour pouvoir « octroyer des marchés » à leurs proches et amis, les responsables d’ONG ou projets de l’État les encourageaient à se constituer en associations. C’était très facile.

Le financement se retrouvait ordinairement partagé entre le président de l’association et le responsable du projet bien au fait des mécanismes de suivi-évaluation. Corruption à grande échelle...

S’engager à mettre de l’ordre dans cette fourmilière est une bonne chose. Pourvu que les mécanismes de contrôle et de suivi ne suivent cette corruption et que les nombreuses organisations ne mutent pas comme la COVID 19 : Les Mauritaniens sont très forts en matière de contournement de textes !

Le nouveau texte abroge et remplace la loi 64.098 du 9 Juin 1964 relative aux associations ainsi que ses modifications ultérieures. Il se conforme désormais à l’esprit de la Constitution du 20 Juillet 1991 modifiée.

Parmi les innovations, on peut noter l’introduction du système déclaratif en lieu et place de l’autorisation préalable, le renforcement du contrôle, les voies de recours en cas d’abus de pouvoir, une réglementation complète sur les régimes de nullité, de suspension et de dissolution des associations.

Il permet également à celles-ci de bénéficier, bien évidemment sous certaines conditions, d’appuis techniques publics, privés et étrangers ; notamment pour les associations signataires d’accord–cadre et accord de siège avec l’État.

Les associations étaient jusque là soumises à une autorisation de l’Administration, c’est-à-dire du ministère de l’Intérieur dont les services pouvaient, sans la refuser expressément, laisser les dossiers pourrir dans leurs tiroirs, s’octroyant ainsi la possibilité de sévir en cas d’activités organisées par des associations en attente de récépissé.

L’« appartenance à une association non autorisée » ou participation à « manifestation non autorisée » furent souvent brandies par les autorités administratives et les forces de l’ordre pour interdire et disperser un rassemblement public.

Certaines organisations comme « Touche pas à a Nationalité » (TPMN) et « Initiative pour la Résurgence de Mouvement Abolitionniste » (IRA) en ont fait les frais.

Une avancée

On comprend donc qu’elles se soient réjouies, par la voix de leur président, respectivement Dia Alassane et Biram Dah Abeid, de l’adoption de ladite nouvelle loi. Selon maître Mine Abdoullah, président de l’association « Publiez ce que vous payez » (PCVP), ce texte constitue une avancée qui devrait améliorer le fonctionnement de la Société civile, élément essentiel de tout État de droit. Pour autant que ces associations assument véritablement leur mission : constituer un contre-pouvoir, moyen de pression et voix des sans voix ; et non des outils pour s’enrichir.

La députée Kadiata Malick Diallo reste, elle, très prudente, pour ne pas dire sceptique. Car l’Administration détient toujours le droit d’autoriser ou non les manifestations des associations, restreignant ainsi leur liberté d’expression. Cette crainte a d’ailleurs été exprimée par les députés lors de la discussion du texte.

Ils ont voté les amendements apportés par la commission de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense, sur les articles 2, 9, 10, 23, et 30 du projet de loi, visant, dans l’ensemble, à préciser davantage le contenu de ces dispositions. Parmi les points soulevés par les représentants du peuple, on note ainsi :

- la possibilité pour le gouvernement de retirer le projet en vue de l’améliorer et d’approfondir la concertation avec les acteurs du champ associatif afin de l’adapter aux exigences d’une société civile opérant dans un État démocratique ;

- la problématique des conditions et exigences en matière d’organisation requises par le texte et la dichotomie entre ceux qui y voient un excès préjudiciable vidant la loi de sa substance et ceux, au contraire, qui estiment qu’elle encourage les véritables associations travaillant avec sérieux et constitue un mécanisme approprié contre la dilution de l’action associative ;

- l’éventualité de voir certains concepts et expressions trop vagues (les coutumes, la haine, la menace de l’ordre public, etc.) interprétées de manière à restreindre la liberté d’action des organisations de la société civile ;

- la nécessité de veiller à professionnaliser davantage l’action associative, de l’éloigner de la politique et de ne pas lier les procédures d’application du présent projet de loi aux textes réglementaires qui pourraient porter atteinte à la marge de liberté dont disposent les associations.

DL

En Afrique, un début d’année meurtrier pour les Casques bleus de l’ONU

ONU Info - Les Nations Unies ont condamné les récentes attaques meurtrières perpétrées contre ses opérations de paix au Mali et en République centrafricaine (RCA). Neuf Casques bleus, tous issus de pays africains contributeurs de troupes, ont été tués dans ces deux pays d’Afrique de l’Ouest et centrale depuis le début de l’année.

Les missions de paix onusiennes au Mali (MINUSMA) et en RCA (MINUSCA) ont commencé l’année 2021 en payant un lourd tribut. Cinq Casques bleus sont morts au Mali et quatre autres ont été tués en République centrafricaine au cours des sept derniers jours.

Ces multiples attaques meurtrières ont été fermement condamnées par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Volkan Bozkir, le chef des opérations de paix onusiennes, Jean-Pierre Lacroix, ainsi que par les membres du Conseil de sécurité qui ont tous présenté leurs condoléances aux familles et aux gouvernements des victimes.

Après la dernière attaque meurtrière contre des Casques bleus perpétrée lundi en RCA, M. Lacroix a appelé sur Twitter toutes les parties au conflit à cesser la violence et souligné que « ces crimes ne resteront pas impunis ».

Ce lourd bilan « démontre une fois de plus l’environnement difficile dans lequel les forces de maintien de la paix des Nations Unies s’acquittent de leur mandat de protection des populations et de soutien aux processus de paix », a déclaré Stéphane Dujarric, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, précisant que ces tâches sont devenues plus complexes dans le contexte de la pandémie mondiale.

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies s’est dit consterné par le meurtre de ces neuf Casques bleus de la MINUSMA et de la MINUSCA en moins d’une semaine. « Notre courageux personnel des Nations Unies risque sa vie pour protéger les civils, soutenir les processus politiques, stabiliser les pays en transition et faciliter l'aide humanitaire. Ils ont besoin de notre soutien », a rappelé M. Bozkir.

Malgré les progrès réalisés dans la réduction du nombre de victimes parmi les Casques bleus, ces récents incidents montrent que les menaces continuent à leur égard. « Nos efforts collectifs pour garantir la sécurité des Casques bleus, y compris à travers notre engagement dans l’initiative Action pour le maintien de la paix, doivent se poursuivre avec détermination », a insisté le porte-parole du Secrétaire général.

L’Afrique, premier théâtre d’opération des missions de paix de l’ONU

L’Afrique demeure le premier théâtre d’opération des missions de paix de l’ONU. Six des 12 opérations de paix dirigées par les Nations Unies sont déployées sur le continent africain, en République démocratique du Congo (RDC), en RCA (MINUSCA), au Mali, au Sahara occidental (MINURSO), au Soudan du Sud (MINUSS) et à Abyei, un territoire disputé entre le Soudan et le Soudan du Sud.

La MINUSMA et la MINUSCA font partie des missions onusiennes qui ont connu le plus grand nombre de victimes parmi les Casques bleus : 209 d’entre eux sont morts au Mali et 104 ont été tués en RCA.

Comme le montre la nationalité des Casques bleus tués depuis le début de cette année, les soldats de la paix tués sont principalement issus de pays africains contributeurs de troupes. Les cinq Casques bleus tués au Mali étaient tous ivoiriens tandis que les quatre morts en RCA venait de quatre pays africains : le Burundi, le Gabon, le Maroc et le Rwanda.

Par la voix de son porte-parole, le Secrétaire général de l’ONU a rendu hommage « au service, au sacrifice et à l’altruisme des femmes et des hommes qui servent ou qui ont perdu la vie en servant sous la bannière des Nations Unies dans certains des endroits les plus dangereux du monde ».

Source : ONU Info

Algérie : Les généraux tentent de revenir au Sahel par la porte de la Mauritanie

Algérie : Les généraux tentent de revenir au Sahel par la porte de la MauritanieYabiladi - Les militaires algériens tentent de revenir au Sahel en relançant la Coordination de Tamanrasset, mise en place en 2009. Un objectif qui nécessite l’adhésion des membres du G5 du Sahel lancé par la France.

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’invitation adressée au chef des armées de la Mauritanie à se rendre en Algérie. Le 21 décembre, Nouakchott accueillait la deuxième session de la commission mixte militaire maroco-mauritanienne. Trois semaines après cette réunion, le chef des armées de la Mauritanie reçoit une invitation de son homologue algérien, Said Chengriha.

Le général de division Mohamed Bamba Ould Meguett a commencé son séjour algérien par une visite à une unité industrielle militaire, située à Tiaret, destinée à la fabrication des véhicules multifonctions et tout-terrain.

Ould Meguett s’est réuni, hier, avec son homologue algérien. «Cette rencontre a constitué une occasion pour les deux parties, de passer en revue l’état de la coopération militaire bilatérale et échanger les analyses et points de vue sur les questions d’actualité et d’intérêt commun», indique le ministère de la Défense algérien dans un communiqué.

«Votre première visite en Algérie permettra sans doute le développement de nos relations et constitue une opportunité pour hisser la coopération entre nos deux armées dans les domaines d'intérêts communs, notamment à la lumière de l’évolution du contexte sécuritaire dans la région», a déclaré Chengriha dans une allocution de bienvenue à son invité de marque mauritanien.

Relancer la Coordination de Tamanrasset dans une conjoncture économique difficile

Il a saisi cette occasion pour remettre au gout du jour la Coordination de Tamanrasset, en rade depuis quelques années.

Le cadre idoine, selon lui, «pour faire face aux défis sécuritaires qui s’imposent dans notre région, à travers la mise à profit des mécanismes de coopération sécuritaire déjà existants, notamment le CEMOC (Comité d'Etat-Major Opérationnel Conjoint)» des membres de la Coordination à savoir : l’Algérie, Mauritanie, Mali et le Niger.

Le général Said Chengriha a estimé qu’il est «judicieux de valoriser davantage les mécanismes de coopération sécuritaire déjà existants, à l’instar du CEMOC» mais tout en veillant à faire l’impasse sur le G5 Sahel, mis en place depuis 2014 par la France.

Les généraux algériens tentent de profiter d’une conjoncture marquée par la multiplication de la commission d’attentats de groupes terroristes, au bilan humain très lourd, dans les Etats membres du G5 pour revenir dans la région. La nouvelle constitution, signée le 1er janvier par le président Abdelmadjid Tebboune, autorise en effet le déploiement de troupes hors des frontières.

Si le verrou légal a sauté, le coût financier du projet de retour au Sahel pourrait constituer un obstacle, sachant que la création de la Coordination de Tamanrasset en automne 2009 a coïncidé avec une rente pétrolière au zénith. D’ailleurs, c’est l’Algérie qui finançait les actions et les exercices militaires des armées du bloc régional, jusqu’à ce que le G5 les suspende.

Le souhait des Algériens de revenir au Sahel risque de se heurter à la nouvelle stratégie des Etats-Unis visant à étendre son influence au Sahel, marquée par la nomination en mars 2020 de Peter Pham, envoyé spécial pour le Sahel.

En septembre, cet ancien lobbyiste du Maroc a effectué une tournée en Mauritanie, au Niger et en France. La semaine dernière il a assisté à la cérémonie d’investiture du président du Burkina Faso, Roch Kaboré. Un pays lourdement frappé par le terrorisme des antennes de Daesh et AQMI. Aujourd’hui, Pham se trouve au Ghana pour prendre part à la prestation de serment du président Nana Akufo Addo.

Source : Yabildi (Maroc)

Mali : Alger affirme avoir récupéré une « tranche de la rançon » des otages

L’ex-otage Sophie Pétronin, accueillie en France à son retour de Bamako par Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian.L’armée algérienne assure avoir mis la main sur 80 000 euros issus de la « rançon » versée pour la libération de quatre otages en octobre.

Les négociations qui ont abouti, en octobre, à la libération de quatre otages – dont la française Sophie Pétronin et l’opposant malien Soumaïla Cissé, décédé le 25 décembre – contre 200 prisonniers, avait été très mal accueillies par Alger. Les autorités algériennes ont alors dénoncé le paiement d’une rançon et la libération de jihadistes comme autant de facteurs d’aggravation de la crise sécuritaire qui sévit dans le Sahel. Alger s’est également, à plusieurs reprises, inquiété des conséquences de ces libérations pour sa propre sécurité intérieure.

Ce lundi 28 décembre, le ministère algérien de la Défense a affirmé que l’armée algérienne avait « découvert et détruit cinq casemates pour terroristes et récupéré la somme de 80 000 euros » lors d’une opération menée à Jijel, dans le nord du pays, sans donner plus de détails. Une annonce qui est intervenu quelques heures avant que la présidence française n’annonce la mort de trois soldats déployés dans le cadre de l’opération Barkhane, victimes d’un attentat à la bombe artisanale dans la zone des « trois frontières », dans le centre du Mali.

« Première tranche de la rançon »

Cette somme de 80 000 euros, assurent les autorités algériennes, « s’est avérée être la première tranche de la rançon, objet du marché conclu au Sahel le mois d’octobre passé, et supposée être versée au profit des résidus des groupes terroristes traqués par les services de sécurité. »

Cette opération a pu être menée grâce aux informations obtenues après la capture, le 16 décembre,dans la même localité à Jijel, du « terroriste Rezkane Ahcene », précise par ailleurs le communiqué du ministère algérien de la Défense. C’est dans la même région que trois islamistes armés, des vétérans du jihad en Algérie, ainsi qu’un sergent-chef de l’armée avaient été tués dans un accrochage, début décembre.

Selon la presse algérienne officielle, l’armée aurait ainsi déjoué un plan de redéploiement d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) après la mort de son chef, l’Algérien Abdelmalek Droukdel, tué en juin par les forces armées françaises dans le nord du Mali.

Négociée avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghali, la libération en octobre de 200 prisonniers contre quatre otages, dont une Française, a alimenté les tensions entre Paris et Alger. Craignant notamment le retour de jihadistes sur leur sol, les autorités algériennes ont vivement critiqué les négociations et fustigé des « pratiques douteuses ».

Un jihadiste relâché au Mali en échange des otages et arrêté fin octobre en Algérie avait évoqué le versement d’une rançon de « millions d’euros », dans une vidéo diffusée sur la télévision publique algérienne, sans qu’il soit possible de corroborer ses dires ou de savoir dans quelles conditions les images avaient été enregistrées.

La « grande préoccupation » d’Alger

Début décembre, dans une référence implicite à la France, le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad, avait indiqué que l’Algérie prenait « acte, avec une grande préoccupation, de la poursuite des transferts, au profit de groupes terroristes, de fonds colossaux au titre de rançons pour la libération des otages ».

Cette « démarche sape nos efforts de lutte antiterroriste », avait-il ajouté, selon des propos relayés par l’agence de presse officielle APS.

Les autorités algériennes font état de « résidus du terrorisme » depuis la fin de la sanglante guerre civile (1992-2002) qui a opposé des groupes islamistes aux forces de sécurité et fait au moins 200 000 morts.

L’Armée nationale populaire (ANP) fait régulièrement état de l’arrestation ou de la neutralisation de « terroristes », un terme utilisé par les autorités pour désigner les islamistes armés restés actifs dans le pays depuis le début des années 1990.

Paris nie toute implication

De son côté, la France a toujours démenti avoir été impliquée dans les négociations pour la libération des quatre otages et avoir payé une rançon pour l’otage française, Sophie Pétronin. « Nous n’étions pas partie de ces négociations », a affirmé le 12 octobre le Premier ministre Jean Castex, évoquant un « geste humanitaire » des jihadistes à propos de la libération de la Française.

Les paiements de rançon dans le cadre de libération d’otages occidentaux au Sahel sont réputés courants, sans que les détails ni la véracité de ceux-ci ne soient, dans la majorité des cas, officiellement confirmés.

Source : Jeune Afrique

Loi relative aux associations : Prémices d’une ère nouvelle pour la sociéte civile mauritanienne

Loi relative aux associations : Prémices d’une ère nouvelle pour la sociéte civile mauritanienneAbdallahi Mohamed Abdallahi - Depuis vendredi dernier, la société civile mauritanienne jubile à l’idée de disposer, désormais, d’un cadre juridique et institutionnel garantissant à la fois : (i) la liberté et le droit d’association et d’organisation ; (ii) la pleine participation à la conception, à la mise en œuvre et au suivi-évaluation des politiques publiques.


En effet, nos honorables députés planchent actuellement sur un projet de loi relatif aux associations, aux réseaux et aux fondations, soumis à leur examen par le gouvernement.

Attendu depuis plus d’une décennie, ce projet de loi, composé d’une dizaine de grands titres et d’environ soixante-dix articles, présente les caractéristiques suivantes :

- Il est le fruit d’un dialogue inclusif issu d’une série de concertations entamées fin 2006-début 2007 et qui se sont poursuivies, par intermittence mais sans relâche ;

- Il rompt carrément avec les textes précédents, notamment avec la loi 64-098 et tous ses amendements et réajustements, en instaurant le régime déclaratif (régime de liberté) en lieu et place du régime d’autorisation (régime répressif) ;

- Il définit, clairement et nettement, les concepts, les droits, devoirs et obligations des associations.

La force du présent texte, il la tire surtout du fait qu’il a été soumis, au préalable sous forme d’avant-projet, au débat avec les représentants des OSC par le Département chargé des Relations avec la société civile.

C’était au cours d’un atelier organisé en début d’année, animé par deux juristes ayant travaillé souvent sur le droit relatif aux associations et qui a regroupé une centaine d’acteurs associatifs impliqués dans le processus il y a belle lurette.

Signe de l’intérêt qu’il accordait à cette loi, le Commissaire aux Relations avec la Société Civile ne s’était pas contenté d’ouvrir l’atelier et partir, comme c’est la tradition chez certains hauts responsables de l’Etat. Il avait tenu à suivre les travaux de l’atelier, assisté de tout son staff et s’était donné la peine de prendre part lui-même à la rédaction de la synthèse en collaboration avec les consultants et les rapporteurs, en présence de quelques experts de la société civile.

Ensemble, ils avaient revu et nettoyé le texte avant sa validation, en tenant compte des différents points de vue exprimés par les participants.

Mieux, le Commissaire a mené un plaidoyer soutenu auprès de ses pairs en vue de l’adoption du système déclaratif tel que nous l’avions, tous, recommandé et souhaité.

Aussi, peut-on dire, sans exagération, que ce projet de loi émane bel et bien de la volonté croisée des autorités compétentes et des associations concernées, comme l’a si bien indiqué Monsieur Mohamed EL Hacen Ould Boukhreiss, dit Hassenna, lors d’une émission télévisée mercredi soir.

Par conséquent, il va sans dire que les deux parties en tire des avantages réciproques considérables. En adoptant le système déclaratif, le gouvernement se sera aligné sur les standards universels des libertés publiques en se conformant aux conventions et pactes internationaux.

Il aura également respecté, à la lettre et dans son esprit, sa propre constitution (article 10), ainsi que les clauses de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption adoptée en Conseil des Ministres, le 9 décembre 2010, dont le paragraphe 41 dispose : « la loi sur les associations sera révisée pour faciliter l’action associative dans l’intérêt général. Les associations agrées disposeront d’un accès aux médias audiovisuels pour s’exprimer ».

Les Organisations de la Société Civile (OSC), jouiront, quant à elles, dans le cadre de la nouvelle loi, de plus de liberté et de marge de manœuvre car il est dit explicitement, en son article 5, Titre II : « les associations de personnes se constituent, librement, et sans autorisation préalable ». Or, leurs préoccupations essentielles, exprimées lors de l’atelier de 2015 se résumaient en ces deux points :

1)- l’instauration d’un régime déclaratif ;

2)- l’institutionnalisation de l’implication efficace et effective dans l’action publique.

Une ère nouvelle pour la société civile se pointe alors à l’horizon, surtout que cette loi sera suivie, selon le Commissaire, d’une série de mesures, dont notamment :

- L’élaboration d’une stratégie de promotion de la société civile ;

- La mise en place d’une banque de données relatives au mouvement associatif dans le pays ;

- L’évaluation de la Plateforme des acteurs non étatiques en perspective de l’émergence d’une structure faîtière propre à la société civile ;

- La réflexion autour de la création d’un mécanisme de financement pour la société civile. Autant dire qu’un avenir meilleur se dessine devant les associations nationales qui ont enregistré un développement spectaculaire, ces dernières années, tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif.

Abdallahi Mohamed Abdallahi Dit Bellil

 

 

Rétrospective 2020 : L’année Corona !

Rétrospective 2020 : L’année Corona !Eveil Hebdo - Dans quelques jours, l’année 2020 se terminera comme elle avait commencé, en l’occurrence sous le signe de mesures restrictives partout dans le monde, en général et en Mauritanie, en particulier, à cause du Coronavirus, la COVID 19.

Une pandémie qui aura marquée cette année et dont on se souviendra incontestablement dans les annales de l’histoire, comme « l’année Corona ». Vous l’aurez compris, faire une rétrospective de l’année 2020, risque de se résumer aux différentes péripéties liées à la gestion de cette maladie apparue pour la première fois en décembre 2019 en Chine, avant de se répandre à travers le monde avec les conséquences que l’on connait.

Dans notre pays, dès le mois de mars, les autorités ont pris des mesures pour faire face à la propagation du virus : fermeture de toutes les frontières (aériennes et terrestres), imposition de mesures de distanciation sociale et/ou physique, interdiction de tous les rassemblements, instauration d’un couvre-feu sur tout le territoire national de 18 h jusqu’à 6 h du matin, limitation de la circulation entre les wilayas au seul transport de marchandises...

Parallèlement à cela, des mesures sociales ont été prises pour atténuer les effets de cette crise sanitaire mondiale sur les ménages les plus vulnérables. Le gouvernement a ainsi mis en place des mesures exceptionnelles pour faire face à la propagation du Coronas mais aussi d’en minimiser les conséquences sur les populations.

Le budget alloué à cet effet est d’un montant de 5 milliards d’ouguiyas anciennes pour soutenir 30 000 familles les plus pauvres du pays. Malheureusement, la mise en œuvre de cet ambitieux programme n’a pas été à la hauteur des espérances. L’interventionnisme et le favoritisme ont ainsi conduit à l’exclusion sans aucune explication de milliers de familles remplissant pourtant tous les critères et qui avaient été recensées.

Les déboires de Mohamed Ould Abdel Aziz

Malgré tout, l’année 2020 ne s’est pas résumée chez nous à cette pandémie. La vie a continué à suivre son cours « presque normal ». Ainsi, l’Assemblée Nationale a poursuivi ses activités habituelles et a même mis en place une Commission d’Enquête Parlementaire pour passer au peigne fin la gestion des dix années de pouvoir de l’ex-Président.

Là aussi, ce dossier puise son origine en 2019, lorsque Mohamed Ould Abdel Aziz a voulu reprendre les rênes de l’UPR, quelques mois après avoir quitté le pouvoir. Ce qui n’aurait pas été du goût de son successeur et ami de 40 ans, Ould Ghazouani. Très vite la machine s’est mise en marche. Après des semaines d’audition de plusieurs dizaines de responsables de l’ancien régime, l’enquête a été bouclée et le dossier transmis à la justice.

Et pour la première fois dans l’histoire du pays, un ex-Président de la République s’est retrouvé en garde-à-vue pendant plusieurs jours, interrogé par des hommes qui, quelques mois auparavant, tremblaient à la simple évocation de son nom. D’autres, qui l’adulaient et le suppliaient de se présenter à un troisième mandat, le considérant comme le « sauveur », se sont retournés contre lui en le qualifiant de tous les noms d’oiseaux.

Le plus zélé parmi ces « transfuges » a été incontestablement Sidi Mohamed Ould Maham, ancien chef de file des « députés frondeurs », surnommés « bataillon parlementaire », qui avaient contribué à l’arrivée au pouvoir de Ould Abdel Aziz, ancien ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, ancien secrétaire général de l’UPR, il s’est transformé à une vitesse d’éclair, en un opposant farouche contre celui qui l’a littéralement « créé ».

Création d’une Haute Cour de Justice

Sur le même registre, le Conseil constitutionnel a jugé conforme à la Constitution la création de la Haute Cour de justice (HCJ). Celle-ci complète l’arsenal juridique du pays au moment où l’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz fait l’objet d’une enquête pour corruption et mauvaise gouvernance. Ainsi, le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution, la loi organique du 27 juillet 2020, instituant la Haute Cour de justice (HCJ), à travers un arrêt rendu jeudi 5 novembre.

Le juge constitutionnel avait été saisi pour se prononcer sur la validité de cette loi le 10 août 2020, conformément à l’article 86 de la Constitution. En déclarant conforme la loi organique de juillet 2020, le Conseil constitutionnel a tenu à rappeler dans le dispositif de sa décision, la première du genre dans l’histoire judiciaire, politique et parlementaire du pays, « les règles en la matière fixées par le Code de procédure pénal (CPP), en particulier celles garantissant les droits de la défense ».

La Haute Cour de justice est prévue par l’article 92 de la Constitution mauritanienne adoptée en juillet 1991 et ses différentes retouches. Cette disposition stipule notamment « qu’il est institué une Haute Cour de justice. Celle-ci est composée de membres élus en leur sein par l’Assemblée nationale et des magistrats de l’ordre judiciaire. Une loi organique fixe la composition, les règles de fonctionnement et la procédure applicable devant la Haute Cour de justice ».

Cette juridiction est compétente pour juger le président de la République, en cas de haute trahison, et les membres du gouvernement, pour des infractions d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

Retour des exilés

Comme souvent le « malheur des uns fait le bonheur des autres », les déboires de Ould Aziz sont concomitants au retour d’exil de ses opposants contre lesquels il avait émis des mandats d’arrêt internationaux. Ainsi Mohamed Ould Bouamatou et Limam Chavi ont pu revenir au pays après plusieurs années d’errance à l’étranger. Rentré le 18 octobre dernier à Nouakchott après douze ans d’exil Moustapha Ould Limam Chaavi a même été reçu en novembre par le Président de la République, Mohamed Ould Cheiklh Ghazouani.

Pénurie de Fruits et légumes

La Mauritanie a connu une pénurie sans précédent de fruits et légumes à cause de la fermeture de la frontière avec le Maroc. En effet, la Mauritanie qui importe ces produits à partir du Maroc a été une victime collatérale du conflit entre ce pays et le Front Polisario, dont des éléments ont fermé l’unique point passage entre les deux pays. Ce point de passage, appelé Guergarate, se trouve en plein Sahara Occidental, à 55 kilomètres de Nouadhibou.

Des dizaines de camions marocains, qui se dirigeaient vers la Mauritanie et d’autres pays de l’ouest africain, ont été ainsi bloqués durant plusieurs jours au grand dam des importateurs des pays destinataires. Il a fallu une opération de l’armée marocaine pour que les choses reviennent à la normale. Jusqu’à quand ? En tout cas cet incident a mis à nu la fragilité de notre système économique et l’échec des politiques agricoles mises en œuvre depuis des décennies qui n’ont même pas permis jusqu’à présent de garantir ne serait-ce que notre consommation domestique en fruits et légumes !

Candidature de Ould Yahya à la présidence de la CAF

Il y a encore quelques années, notre pays était un nain dans le monde du football. Sans devenir un géant, nous avons néanmoins franchi de grands pas dans le développement de ce sport dans notre pays. Ce serait donc l’apothéose et une véritable consécration si le principal artisan de ces progrès est élu à la présidence de la Confédération Africaine de Football pour laquelle il s’est porté candidat.

Ailleurs dans le monde

En Afrique, l’année a été marquée par les 3èmes mandats d’Alpha Condé en Guinée et d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, entrainant des manifestations qui ont causé des centaines de morts dans le deux pays. Mais, l’événement le plus marquant à l’internationale cette année 2020 aura été la défaite de Donald Trump aux élections présidentielles en Amérique, et surtout son refus de reconnaitre la victoire de son adversaire Jo Biden.

En effet, un candidat à l’élection présidentielle – président sortant de surcroit – qui refuse de reconnaitre sa défaite et qui crie à la fraude, ses enfants et sa famille qui attaquent son adversaire à travers les réseaux sociaux, ses partisans qui appellent à la mobilisation et parfois même à l’insurrection, des hommes armés dans les rues, des craintes d’une guerre civile de la part de la communauté internationale et des médias... est un scénario auquel on a fini par s’habituer en Afrique, ou dans une quelconque république bananière en Amérique Latine, mais pas aux Etats Unis d’Amérique où Donald Trump semble s’être trompé de continent.

Disparition d’anciens présidents

Cette année 2020 a été enfin marquée par la disparition de plusieurs anciens chefs d’Etats africains qui ont, chacun à sa manière, marqué l’histoire de leur pays : Moussa Traoré, le tombeur de Modibo Keita qui est resté au pouvoir de 1968 à 1991, et Amadou Toumané Touré, initiateur de la démocratie au Mali, Jerry Rawlings au Ghana, Sidi Ould Cheikh Abdallahi premier Président démocratiquement élu en Mauritanie, Mamadou Tandia inventeur d’une « rallonge de mandat » au Niger, Pierre Bouyoya au Burundi.

Sikhousso