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Chronique en Mauritanie

Guerre du Sahara : La bataille de Boulanouar

Guerre du Sahara : La bataille de BoulanouarLe Calame - Le 02 Décembre 1977, vingt-six jours après l’attaque de BirGendouz, le Front Polisario attaque la Base de Boulanouar. La base militaire de Boulanouar, au moment de l’attaque, est composée de deux escadrons statiques et d’un escadron motorisé réduit soit un effectif de cent cinquante-six hommes.

La mission de la base militaire est d’assurer la sécurité du Chantier de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) installé par la MIFERMA sur un forage équipé en charge d’assurer le ravitaillement en eau de Nouadhibou, Zouerate et d’autres chantiers éparpillés sur les six cent cinquante kilomètres de la voie ferrée reliant Zouerate à Nouadhibou.

Le dispositif de défense de la base est articulé en trois positions statiques et deux pelotons motorisés. Les positions statiques, armées de mitrailleuses (Mit 50 et Mit 30)et de mortiers (81m/m et 60m/m) et bien aménagées avec des fortifications à base de rails et de traverses, sont installées sur trois élévations points –clés au nord-ouest, au sud-ouest et au sud-est de la localité, leur permettant de contrôler la quasi-totalité du terrain.

Les positions sont distantes d’un kilomètre de la localité chacune avec des secteurs de tirs qui se recoupent sans angles morts. Les deux pelotons motorisés sont pré-positionnés, respectivement à l’extrémité de la piste d’atterrissage au nord de la voie ferrée et à l’est de la localité.

Le Lieutenant Attih Ould Sid’Ahmed et le Sous-lieutenant Youssouf Ould Mamady, qui venaient de finir la passation de consignes et de commandement, attendaient sur la piste d’atterrissage l’avion qui devait amener ce dernier à Tmeimichatt, son nouveau poste d’affection. Vers dix heures, l’avion passe en battant des ailes comme pour signaler un danger.

Quelques minutes après, l’opérateur du Commandant de Base, le soldat de 2 Cl Dioulde Malick arrive en courant pour les informer que l’avion signale un ennemi en attaque venant du Nord et de l’est. Les deux officiers se rabattent aussitôt sur les positions, le Lieutenant Attih se rend sur la position nord-ouest et le S/lieutenant Youssouf sur la position sud-est.

Terrible méprise

Dans son attaque, l’ennemi a axé son effort, dans un premier temps sur les deux pelotons motorisés qu’il tenait à mettre hors de combat pour détruire le potentiel de mobilité de la base. Le peloton motorisé à l’extrémité de la piste est vite encerclé, toutes ses voies de retraites sont coupées et sera complètement anéanti en moins d’une trentaine de minutes.

Par contre, le deuxième peloton motorisé qui se trouvait à l’est de la localité a réussi à rompre le contact avec l’ennemi et s’est esquivé en direction de la base en passant entre la positon sud-est tenue par le s/lt Youssouf et la position sud-ouest tenu par le brigadier Mohamed Ould Bowbaly.

En l’absence de liaison radio, une terrible méprise fit croire aux deux positions qu’il s’agissait d’un élément ennemi forçant une pénétration du dispositif et elles le prirent à partie, lui interdisant l’accès de la base. Le peloton alors contourne par le sud et s’esquive en direction de Nouadhibou où il arrive vers onze heures.

L’ennemi met à profit le déséquilibre tactique créé par le vide laissé par les pelotons motorisés, qu’il exploite pour exercer sa pression sur les positions en particulier les positions nord-ouest et sud-est, la position sud-ouest étant un ilot imprenable du fait du glacis l’entourant sur plus de cinq cents mètres, sauf à un prix que l’ennemi ne semblait pas disposé à payer dans l’immédiat.

L’artillerie ennemie concentre ses feux sur les positions et les éléments d’assaut multiplient leurs attaques, mais les positions résistent grâce à leurs avantages tactiques, positions bien aménagées dominant le champ de bataille et un terrain mou peu favorables aux mouvements des véhicules, mais qui présente tout de même quelques récifs qui seront mis à profit par l’ennemi pour s’accrocher au terrain.

Devant la détermination des positions, l’ennemi numériquement supérieur joue la carte de l’usure. Pendant plus de deux heures, les positions alternent les tirs des mitrailleuses et des mortiers pour repousser les attaques ennemies et lui interdire l’accès de la localité.

Vers 12 heures, la position nord-ouest que tenait le commandant de base, le LtAttih, qui n’avait plus que six hommes sur la vingtaine qu’elle comptait, perd pied et, bénéficiant de l’appui des armes de la positon sud-ouest, se replie en direction de la position sud-est, tenue par le S/lt Youssouf.

La tactique de « la tâche d’huile » faisait son inexorable œuvre d’enveloppement. La position sud-ouest, malgré son combat farouche, succombe une demi-heure après la position nord-ouest. Le brigadier Mohamed ouldBowbaly sera fait prisonnier avec une dizaine de ses hommes.

Il ne restait plus que la « Citadelle » du sud-est, au milieu des forces ennemies qui l’entouraient sur les trois cent soixante degrés. Entre la soumission et l’anéantissement, les occupants de la position sud-est avaient fait le choix que dictait la dignité : jusqu’à la dernière goutte de sang.

A deux reprises l’ennemi pénètre dans la localité, à deux reprises il est refoulé. Malgré sa supériorité numérique et sa mobilité tout de même réduite par la nature du terrain, l’ennemi n’arrive pas à briser la résistance de l’imprenable « Citadelle ».

Une citadelle imprenable

Les combats font rage. La consommation des munitions est hallucinante. Les rejets de gaz et la poussière s’élèvent en nuages. Les hommes, ayant épuisé très tôt leurs réserves d’eau, suffoquent et se déshydratent. La soif devient insupportable. Il devient impératif de se procurer de l’eau. Les officiers demandent des volontaires pour franchir le déluge du feu ennemi vers la localité pour un ravitaillement en eau.

Le garde de deuxième échelon Bounena Ould Ely Zeine se porte volontaire. Le Brigadier Ahmedou Ould Ely Zeine, l’oncle maternel de Bounena refuse de laisser son neveu partir tout seul et se porte volontaire. Un deuxième combattant, le garde de deuxième échelon, Ahmed Ould M’bareck se porte également volontaire. Les trois hommes, les armes à la main, descendent vers la localité en utilisant le terrain, sous la protection des feux amis.

Une quarantaine de minutes plus tard, les trois hommes reviennent transportant des jerricans pleins d’eau. A une vingtaine de mètres de la position, Ahmed Ould M’bareck est touché. Bounena transportera l’un des jerricans de son camarade et continuera àle soutenir, jusqu’à la position où le garde de 2ème échelon Ahmed Ould M’bareck matricule 3030 rendra son dernier soupir, donnant un exemple sublime du sens élevé du sacrifice et de l’abnégation.

A cause du rythme infernal des combats, les munitions des positions commencent à s’épuiser, leur imposant une drastique économie de consommation. Les tirs amis se réduisent et deviennent de plus en plus sporadiques. L’ennemi, s’apercevant que sa stratégie d’usure commence à produire ses effets, investit la localité et s’avance vers la « Citadelle » qui continue son baroud d’honneur, la prenant en tenaille.

A treize heures vingt, un avion de type Jaguar survole le champ de bataille. Les belligérants étaient si proche les uns des autres et, la confusion était telle que le pilote, ne pouvant distinguer les amis des ennemis, s’abstint d’intervenir. Dès le passage de l’avion, l’ennemi lève le siège et se replie vers le nord, en direction d’Adrar Souttouf. Les hommes de la « Citadelle » ont tenu leur serment.

La colonne ennemie sera rattrapée, vers quinze heures trente minutes, par les jaguars français à Jeloua où ils lui infligeront d’énormes pertes.

De son côté, le bilan de la base militaire de Boulanouar est lourd: 30 morts, 16 blessés et 35 disparus.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de « La Guerre sans Histoire »

 

Guerre du Sahara : L’attaque de Tidjikja (1ère Partie) /par Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Guerre du Sahara : L’attaque de Tidjikja (1ère Partie) /par Mohamed Lemine Ould Taleb JeddouLe Calame - Sortie du néant des Majabatt El Koubra, par cette journée grise du 03 Février 1977, la colonne d’une trentaine de véhicules s’infiltre en passant par Edavre et Lekhcheb. Au niveau du campement de Ehl Elvilali sur le côté Est de l’oued Keyal, un groupe d’hommes tente de s’interposer entre la colonne et le campement.

Le Chef du groupe Baddah Ould Vilali et l’un de ses membres tomberont sur le champ de bataille, alors que les autres seront faits prisonniers. La colonne de véhicules continue son infiltration en passant par Mreiba puis Nouag El Mich pour arriver à Timbahra.

Située sur le plateau du Tagant, la ville de Tidjikja s’est développée de part et d’autre d’une batha dont les deux affluents Arzak et Timbahra se rejoignent à Ndaghak avant de converger avec Iziv et Erchel Mowje à Melga Lebtah. Au nord-est, Tarev Ederg, une longue chaine de montagnes surplombe la ville. Au sud-est, Hnouk Baghdada, des falaises, canalisent l’accès de la ville par la route Tidjikja-Tichitt qui descend de Legréa.

Au sud, la ville est bordée par des récifs dont affleurent deux petits mamelons, JmeilattEdbech traversés par la pénétrante Nouakchott-Tidjikja. Au nord, où se trouve l’aéroport, le terrain est dégagé.

Le Secteur 9 qui couvre tout le Tagant, commandé par le capitaine de la Gendarmerie Jeddou Ould Hakki, est composé de trois escadrons: deux escadrons de la gendarmerie dont l’un est motorisé et l’autre statique à Tidjikja et un escadron amputé de la Garde Nationale dont un peloton est implanté à Tichitt.

L’escadron motorisé est en réserve au niveau du Poste de Commandement (PC) du Secteur 9, au Collège de Tidjikja. L’escadron statique de la Gendarmerie est réparti en trois positions: la première à Breikima (P1), à l’Est de la ville, la deuxième à RoussNoueiligatt (P2) sur TarevEderg et la troisième à Sambatali (P3) au nord-est du Collège.

Elan cassé

Un peloton renforcé de l’escadron de la Garde Nationale, en statique sur JmeilattEdbech, sous les ordres de l’Adjudant Da’ive de son vrai nom Mamadou Harouna Kane, occupe deux positions statiques, l’une à l’Est de la pénétrante (P4) avec une Mitrailleuse 50 et l’autre à l’ouest (P5) disposant d’un groupe de mortiers de 81m/m.

Apres avoir installé son Poste de Commandement Tactique (PCT) au niveau de l’oued Timbahra, l’ennemi déploie sa manœuvre.

L’élément d’appui est installé à l’Est de Tarev Ederg. Un élément de couverture est placé à Ledheim, sur le côté Est de Ndaghak avec pour mission de prendre en enfilade la bathaet d’interdire toute intervention en provenance de Tichitt. L’élément d’assaut progresse jusqu’à sa ligne de débouché, fixée au niveau du mausolée de Limam ElGhazouani, à l’extrémité Sud de Tarev Ederg.

A 16H00, deux éléments ennemis montent l’assaut, l’un motorisé dévalant la plaine à partir du cimetière, l’autre progressant à pied venant de l’embouchure de Timbahra. Lorsqu’ils furent à la portée pratique des armes, la position P1 ouvre le feu et casse net l’élan des assaillants.

Sous l’effet de la surprise et à découvert, les deux éléments ennemis se replient sous le feu intense de P1 et reprennent leurs positions initiales. L’accrochage continue, et l’ennemi, croyant avoir affaire à une seule position manœuvre pour l’occuper.

Un peloton motorisé de la Gendarmerie, commandé par le Quatrième Echelon Konaté Harouna doté de trois Mitrailleuses de 12,7m/m (Mit 50,) intervient au profit de la position sous la pression de l’ennemi. Simultanément, la position P5 déclenche un tir de barrage devant la position P1, devenue très tôt pour l’ennemi un objectif à conquérir au mieux ou au minimum à détruire.

Le peloton d’intervention se révèle particulièrement manœuvrier, changeant en permanence de position et engageant ses véhicules par alternance. L’ennemi, qui continuait son forcing pour effectuer un débarquement sur objectif,recule de nouveau sous l’effet de la boule de feu et campe derrière sa ligne de débouchéinitiale.

La position P1 profite de la neutralisation de l’ennemi et met à profit la couverture feu combinée des tirs tendus et courbes amis pour s’exfiltrer. L’accrochage tourne à la guerre des tranchées, chaque partie se barricadant dans ses positions.

Un groupe d’Ehl Meihimid, dont l’instinct belliqueux a été réveillé par les crépitements des balles et le bruit des explosions, armé de Mas 34 et de Mas 36, dirigé par un ancien sous-officier supérieur de la Garde Nationale à la retraite, Tfeil Ould Meihimid, profite de l’accrochage, pour sortir à pied de la ville par le nord-est de la ville.

Utilisant le maigre couvert végétal, essentiellement à base de Guendvor, pour se soustraire aux vues de l’ennemi, les hommes s’infiltrent par Elbehga à travers Tarev Ederg, en vue d’occuper ce passage stratégique et d’interdire à l’ennemi l’accès de la ville à partir de ce col. En plus de son chef, le groupe comprend Saleck Ould Ely Beibou, Lemdeirmez Ould Sid Elemine, ElMoctar Ould Ely Salem et Soueilem Ould Tfeil.

Instinct guerrier

Vers 13H00, en atteignant la crête topographique du versant Est de la montagne qu’il voulait occuper, le groupe se retrouve à l’improviste en face du Poste de Commandement de l’ennemi, installé dans l’oued Timbahra sous les acacias. N’ayant pas été repéré, il s’installe et s’organise. Le chef du groupe donne des instructions très précises qui seront respectées à la lettre: approvisionner les armes, attendre le signal pour tirer, changer de place après chaque tir.

C’est ainsi que le commandement de la colonne ennemi se trouve inopinément et, à bout portant sous les tirs nourris du groupe qui lui infligent des pertes importantes. Les échanges de tirs entre le groupe et l’ennemi continueront jusqu’au retrait de l’ennemi, juste avant le crépuscule.

L’accrochage n’avait pas duré plus d’une trentaine de minutes entre le groupe d’Ehl Meihimid et l’ennemi que des obus commencent à pleuvoir sur les emplacements de l’élément d’appui de l’ennemi. C’est ainsi que l’ennemi se trouve pris entre deux feux, le groupe d’Ehl Meihimid qui le domine à partir des hauteurs qu’il tient et les coups des obus à grande capacité des mortiers 81m/m qui font de véritables ravages parmi ses rangs.

Le Capitaine Jeddou Ould Hakki, très actif, coordonne et combine les actions de ses différents éléments.

Malgré les quatre roues à plat de son véhicule, le 4e Echelon Konate Harouna, renforcé par les tirs des hommes de la position de Breikima, fixe l’ennemi dans ses positions et lui interdit tout mouvement en direction de la ville. De son côté l’adjudant Da’ive continue le travail dévastateur de son groupe de mortiers.

L’action surprise du groupe d’Ehl Meihimid sur son centre névralgique, à Timbahra, semble avoir perturbé les prévisionsde l’ennemi, qui, attaqué sur ses arrières et bloqué à l’avant, tente de colmater les brèches en modifiant son plan d’attaque initial pour investir la ville, mais en vain.

Après plus de six heures d’accrochage, ne trouvant aucune solution pour investir la ville, l’ennemi se regroupe et s’esquive par son itinéraire d’arrivée. Sur son chemin de retour, il emporte avec lui une quinzaine de citoyens, qui resteront prisonniers à Tindouf jusqu’au retrait de la Mauritanie du Sahara Occidental, et le bétail du campement de Ehl ElVilali qui sera intercepté par les unités du Commandant Mohamed Khouna Ould Haidalla à Boujertala.

Le lendemain de l’attaque, un combattant du Polisario, du nom de Hemine de la tribu Rgueibatt, est trouvé blessé dans l’oued de Timbahra parmi les acacias par Sid’Ahmed Ould Soueilim qui le transporte sur un chameau au PC du Secteur 9, avec quelques armes et des munitions trouvées sur place.

Il s’avère selon les déclarations du blessé, qui rendra son dernier souffle dans l’après-midi de la même journée, qu’il a été laissé sous un arbre par son oncle maternel, le chef de la Katiba, qui lui a notifie de ne pas quitter sa place en attendant son retour. N’étant pas revenu le chercher et convaincu qu’il ne pouvait l’avoir oublié, le blessé en déduisit que son oncle était mort, ce que confirmeront les personnes enlevées ce jour-là après leur libération.

Le bilan du côté ami s’élève à six blessés : Gendarme de 1 échelon Kabrou, Gendarme Stagiaire (G/S) Kébé Ousmane, G/S Bara, G/S Maouloud, G/S Harouna, G/S Ould Talmoudane et le G/S Beina. Du côté civil, deux morts du campement d’Ehl Elvilali, 15 personnes enlevées dont une femme et deux enfants, 11 civils blessés à Tidjikja dont 6 femmes.

De son côté, l’ennemi a laissé sur le terrain, un blessé, quatre morts, des munitions et des armes individuelles et antichar. Au cours de leur ratissage, les unités du Secteur 9 découvriront une tombe collective.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de “La Guerre sans Histoire”

 

Mauritanie : le recul des libertés, une réalité constante du régime de Ould Ghazoauni

Mauritanie : le recul des libertés, une réalité constante du régime de Ould GhazoauniKassataya - La non autorisation d’une marche de l’opposition pour cette fin de semaine à Nouakchott au lendemain du refus des autorités administratives d’un meeting d’un député de l’opposition, la dispersion de la manifestation des islamistes la semaine dernière, sont autant de signaux contre la démocratie du régime autoritaire de Ould Cheikh Ghazouani.

C’est la continuité d’un régime autoritaire qui communique en intimidant et en s’attaquant à la liberté d’expression. En interdisant les manifestations de l’opposition et d’autres marches citoyennes, le régime de Ould Ghazouani s’attaque aux libertés et à la citoyenneté.

Contrairement à ce qu’a annoncé le porte-parole du gouvernement, il s’agit bien d’un recul de la démocratie et une atteinte à la constitution. C’est l’absence d’un Etat de droit qui est pointé du doigt.

Ce verrouillage des libertés est un signal fort à l’opposition qu’il n’y aura pas de dialogue inclusif. Le seul dialogue possible c’est au sein de l’assemblée nationale avec les partis représentés.

Une concertation est envisagée au palais dans les prochains jours avec la coordination parlementaire. Ould Ghazouani est affairé à préparer sa reproduction.

Et il entend bien mener cet objectif à l’abri des critiques de l’opposition et des observateurs. Presque deux ans de gouvernance qui brisent ainsi l’espoir des mauritaniens qui aspirent à la modernité politique, économique et sociale.

Cherif Kane

 

Ghazwani ne se fait pas vacciner contre le Corona

En première ligne dans la lutte contre le coronavirus en Mauritanie, les professionnels de la santé ont reçu, vendredi 26 Mars, les premières doses du vaccin chinois Sinopharm. Amadou Mamadou Ndiaye, figure de la lutte anti-Covid et responsable du site d’isolement du Covid-19,  et le spécialiste en anesthésie-réanimation, Mohamed ould Bebaha,« deux références dans le domaine », ont été les premiers mauritaniens à se faire vacciner, certifiant par la suite que « le vaccin ne présentait aucun danger ».

C’est par contre sans se faire lui-même vacciner que le président Ghazwani  a lancé la campagne de  vaccination. Ce qui a suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion. Pour dissiper d’éventuels malentendus et équivoques, le ministre de la Santé est monté sur ses grands chevaux pour « justifier »cette étonnante attitude. « Le président de la République n’a pas pris le vaccin », estime-t-il dans une interview accordée à la chaîne El Mouritaniya, « par respect aux dispositions du plan de la campagne ».Mohamed Nedhirou ould Hamed a affirmé que la priorité de vaccination sera donnée au personnel médical puis aux personnes âgées, notamment les malades.

Après les professionnels de la santé, la deuxième phase d’immunisation de la population mauritanienne va donc cibler les personnes âgées, les malades souffrant d’affections chroniques et les couches vulnérables. La campagne commencera à Nouakchott et s’étendra sur le reste du pays dans quelques jours.

« Seuls ceux qui le souhaitent seront vaccinés contre le virus », affirmait, fin Janvier 2021, le directeur général de la Santé publique, Sidi ould Zahaf. Et Nedhirou d’attester, lui aussi, que « ce vaccin ne comporte aucun risque pour la santé, n’a pas de complications négatives et son efficacité est reconnue au niveau mondial. Tout le monde doit se rassurer ».La Mauritanie avait reçu, de Sinopharm, un premier lot de vaccins composé de 50.000 doses ARM suffisantes pour vacciner 25.000 personnes. Elle doit en recevoir 800.000 doses dans le cadre de l’initiative internationale COVAX.

Mystère autour de la tentative ratée d’un pirate de l’air

Souleymane ould Sidi Baba, l’homme qui s'est emparé,  jeudi 25 Mars,  d'un avion de type Embraer de Mauritania Airlines International, sur le tarmac de l’aéroport international de Nouakchott-OumTounsy, menaçait d'y mettre le feu. On avait, dans un premier temps, annoncé qu'il s'agissait d'un citoyen américain. En fait bel et bien de nationalité mauritanienne, Souleymane ould Sidi Baba  aurait posé cet acte après plusieurs tentatives infructueuses de se rendre aux États-Unis, révèle sa famille. Animé par ce désir, il aurait, après des années d'apprentissage de la langue anglaise, sillonné beaucoup de pays africains pour trouver un moyen d'aller en Amérique par voie maritime dans une embarcation de fortune. En vain, précise sa famille citée par Alakhbar. Écartant toute piste criminelle, elle a indiqué que « le jeune homme n’était pas armé, mais simplement animé par un fort désir d’émigrer vers les États-Unis d’Amérique. […] Il ne présente aucun trouble mental ».Le ministre de l’Equipement et des Transports avait avancé l’état mental déficient du pirate pour justifier  son acte désespéré.

Selon l’AMI, Souleymane a été maîtrisé sans aucun dégât, grâce à la preste intervention du Groupement d'Intervention et de Sécurité de la Gendarmerie Nationale (GISGN).Selon le site « Essahra », c’est un des ingénieurs en service au département technique aéronautique mauritanien  qui fut le premier à mettre à nu la tentative de piratage déjouée de l'avion, dont tout Nouakchott, voire le monde entier, suit avec suspens les tenants et les aboutissements, pour cerner ses vrais contours.

« Se rendant près de l’appareil, ledit ingénieur s’est étonné de constater que le cockpit était fermé de l'intérieur », indiquent des sources présentes à l’aéroport. « Il a même entendu des bruits inhabituels provenant de l’intérieur de la cabine, ce qui ne peut se produire si l’avion n’est pas électriquement alimenté, d’où le doute qui a commencé à le hanter sur une probable tentative de détournement de l’engin », ajoute la publication. « Il décida alors de débrancher immédiatement les câbles de la batterie, afin que le pirate de l'air ne puisse décoller, et informa aussitôt les services sécuritaires présents à l’aéroport ».

Certains témoignages évoquent l’arrivée de l’intrus le lendemain (mercredi 24 Mars), à l'aéroport de Nouakchott en provenance de Conakry, précisant qu’il était resté sur les lieux, avant de parvenir auprès de l’avion ce jeudi 25 Mars. Une autre version estime que le pirate n’est autre qu’un employé de la société des aéroports, autorisé à entrer après avoir présenté sa carte professionnelle. Une troisième tient plutôt à la thèse du trouble mental et de circonstances d’accès à l’aéroport encore mystérieuses.

L'avion objet de la tentative de piratage avait atterri à OumTounsy la veille à 17h en provenance de Conakry, via Dakar, et il n’était pas prévu qu’il  effectue un vol dans la journée Il s'agit d'un Embraer E175 5T-CLO, bien connu sous le nom de Wompou, selon une source interne de l'aéroport.

Source : Le Calame

La sextape du chef de file de l’opposition secoue la Toile

La vidéo compromettante mettant en scène Brahim Bekaye Messaoud, haut cadre du parti Tawassoul et chef de file de l’opposition démocratique, fait des vagues dans le pays. Les supputations vont bon train sur les réseaux sociaux quant à l’authenticité de la sextape. Selon diverses sources, le Parquet se serait autosaisi de cette affaire en ouvrant une enquête confiée à la police judiciaire. Mais, suivant une politique semble-t-il adoptée ces derniers temps, il n’a publié aucun communiqué à ce sujet. Le journaliste Moussa Bouhli attribue le chantage à des bandes criminelles béninoises qui auraient déjà piégé d’autres personnalités mais c’est la première fois qu’un homme politique mauritanien est pris dans leurs filets.

Pour le leader abolitionniste et député à l’Assemblée nationale, Biram Dah Abeid, le chef de file de l'opposition fait l’objet d’un « ciblage pernicieux et hypocrite. […] Les bonnes et vives consciences doivent se lever comme un seul homme pour que l'État mette fin à ce genre de pratiques, en menant des enquêtes sérieuses et en infligeant des sanctions sévères aux auteurs de ces montages, à ceux qui les véhiculent, ainsi qu’aux responsables des fuites et à ceux qui s’en servent pour nuire et porter préjudice à autrui ».Artifice « fabriqué de toutes pièces », comme le dénonce Biram  suite à la visite rendue à Neteg au chef de file de l’opposition ? Une opinion que partage également le parti Tawassoul, tandis que le principal concerné n’a toujours pas réagi.

Sur sa page Facebook, Ould Bouhli affirme de son côté que la vidéo n'est pas fabriquée. Le président de l'Association des journalistes mauritaniens réitère que le chef de l'opposition a été séduit par un gang international spécialisé dans la cybernétique et qui est passé à l'offensive, suite à un refus de paiement de rançon. Ould Bekaye, conseille-t-il, doit se rendre à la réalité du scandale et l’accepter  dans un esprit sportif. Tenter de surfer sur les vagues compliquerait la question. Un autre journaliste, Ahmedou ould  Weddia, a tenu pour sa part à manifester sa solidarité envers le chef de file de l’opposition, lors d'une visite à son domicile.

Présidence de la CAF : Ahmed ould Yahya se désiste

Ce ne sera donc pas le 12 Mars prochain qu’un mauritanien prendra les commandes de la CAF. Le président de la fédération mauritanienne de football, Ahmed ould Yahya, a en effet annoncé, samedi, le retrait de sa candidature à ladite présidence confédérale, en vertu d’un accord intervenu entre les différents candidats au poste parrainé par la fédération internationale de football (FIFA).

Dans un communiqué publié à l’issue d’une rencontre le même jour à Nouakchott entre les quatre candidats, Ould Yahya s’est réjoui de leur entente à constituer une liste unique et commune pour assurer la gestion optimale de la CAF.« Ma décision », a-t-il précisé,« a été prise en concertation avec les hautes autorités de la Mauritanie et tous les autres soutiens à ma candidature, après une étude pesée des différentes possibilités et une analyse approfondie de la situation ». Et de saluer plus particulièrement l’appui du président Mohamed ould Cheikh El Ghazwani et du gouvernement mauritanien, qui « m’ont soutenu dès le premier jour […]. J’adresse à tous mes sincères remerciements et ma profonde gratitude car ils m’ont offert une grande volonté et une force sans commune mesure. […] Œuvrer pour que le football africain obtienne le respect qu’il mérite dans le Monde, voilà la plus importante aspiration de notre cher continent, et je continuerai à m’y engager sans relâche. »

Le protocole de Nouakchott propose de répartir les postes de président de la CAF au sud-africain Patrice Motsepe, premier et deuxième vice-présidents respectivement à  Augustin Senghor et Ahmed ould Yahya. Celui de conseiller du président à l’ivoirien Jacques Anouma. « Cette alliance historique est le plus grand honneur qu’on puisse rendre à l’avenir de la confédération africaine de football et au football africain », a tenu à saluer Gianni Infantino, le président de la FIFA.

Ségrégation quasi-totale à la SOMELEC

Les feux des projecteurs sont braqués sur la SOciété Mauritanienne d’ELECtricité (SOMELEC), avec  son nouvel organigramme fortement teinté de discrimination. Sur la quarantaine de postes pourvus, un seul est en effet attribué à un noir :un halpulaar chargé de mission. Aucun soninké ni  wolof. La consternation dans les milieux négro-mauritaniens a atteint son paroxysme.

Deux entités distinctes : une direction de production et transport et une autre de distribution et commercialisation, seront mises sur orbite en Septembre prochain. Plus six directions centrales, faisant passer ainsi le nombre de directeurs d’onze à dix-neuf, abstraction faite des postes de directeur général et directeur général adjoint. Le nombre de conseillers passe de six à onze et les chargés de missions de six à dix. Tous sont issus de la même communauté, comme dit tantôt. Ces derniers mois, l’exclusion et la marginalisation se sont accentuées au sein de l’administration ainsi que des forces de sécurité et de défense mauritanienne dont les cadres négro-mauritaniens sont bannis.

TM

 

Mauritanie : le conseil national de l’éducation controversé

Mauritanie : le conseil national de l’éducation controverséKassataya - L’exclusion de la coordination des associations culturelles mauritaniennes au conseil national de l’éducation qui compte 23 membres suscite des interrogations sur la crédibilité de la réforme de l’éducation nationale engagée par le gouvernement de Ould Bilal.


C’est une mauvaise nouvelle pour les défenseurs des langues nationales dans un pays à vocation multiculturelle. Une exclusion considérée par les observateurs comme une volonté politique du gouvernement d’écarter les véritables acteurs de la diversité culturelle en Mauritanie.

Le flop au niveau de la désignation des membres est assez révélateur de la nature du régime de Ould Ghazouani. Trois anciens ministres font partie des conseillers nommés par le président et quatre autres par le premier ministre.

Des nominations dès le départ qui obéissent à des critères politiques et qui ne sont que la face émergée d’une politique éducative à plusieurs vitesses. La proximité de la présidence et de la primature contribue au verrouillage d’un conseil national de l’éducation qui ne garde que le nom en faisant fi à la diversité culturelle.

Entre des formules pas claires pour désigner l’urgence d’une réforme de l’éducation et des intentions du président Ould Cheikh Ghazouani de construire un nouvel état et son ministre de l’éducation nationale dépassé par l’ampleur de la réforme, ce conseil national remet en cause l’école de la république par conséquent la chance à tous les mauritaniens de réussir.

L’exclusion de la coordination des associations culturelles ainsi que celle des enseignants est une erreur de casting politique.

La promesse électorale du président mauritanien d’unité nationale, l’utilisation désormais des langues nationales à l’assemblée nationale débouchant à la création d’un groupe parlementaire pour la défense des langues nationales, l’introduction des langues nationales dans un cycle de l’Ecole nationale d’Administration de la Magistrature et du Journalisme.

Autant de repères qui deviennent un écran de fumée masquant l’exemple de réussite dans la sous-région de l’expérience mauritanienne en matière d’enseignement des langues nationales mené par l’institut des langues nationales.

Cherif Kane

 

 

Autour d’un thé : Impact….nul

Autour d’un thé : Impact….nulLe Calame - Bon, il faut dire que sans être ni de nous ni d’eux, il ya quand même quelque chose : si l’on regarde de près, de tout près, on va croire qu’Octobre passé n’est pas comme Octobre présent. Que même le Premier ministre parti est comme le nouveau venu et que tous les deux ressemblent à la centaine d’autres, voire plus, que le pays a connu depuis son indépendance. Je m’explique.

Par exemple, il y a une semaine, le président de la République est allé en Guinée-Bissau et aujourd’hui au Koweït. Soit dit en passant, il commence à aller. Chaque fois qu’il part et revient, il est accompagné d’une délégation variablement composée, par la direction de son cabinet, de conseillers, chargés de mission et ministres.

Et, à l’aller comme au retour, le Premier ministre escorte le Président jusqu’à la passerelle, ils se disent quelque chose sans qu’on ne sache jamais quoi, puis, juste avant d’entrer dans l’avion, le Président se retourne et fait un grand au revoir auquel le Premier ministre répond par un aussi grand au revoir, balançant sa main dans le sens du vent.

Un protocole universel, paraît-il… Ensuite, le Parlement et ses sessions. Ordinaires sur extraordinaires. Et vice-versa. Examen de projets de lois. Discussions en plénières ou en commissions. Parfois très très chaudes empoignades entre les députés, au point que nous ayons peur qu’ils n’en viennent aux mains.

Surtout qu’ils en sont déjà venus aux bouches. Il paraît aussi que c’est un protocole universel et que les honorabilités sont ainsi dans leur rôle. Vingt-huit ans que les nôtres y sont. Pas toujours exactement les mêmes, certes, même si l’un d’entre eux y est depuis le premier parlement.

Enfin bref, voici, moi, ce que je veux savoir, en fait : quand le Président voyage, le Parlement se réunit ou les ministres « se conseillent », c’est en réalité quoi, en termes d’impact sur la vie des citoyens ? Je sais que ça peut paraître ringard, voire un peu con, de s’interroger de la sorte mais c’est ainsi !

Parce que, nous, le peuple ou une partie du peuple dont moi-même, cela fait tout de même plus d’un an que nous attendons. Nous avons « entendu », comme dit l’adage arabe, « un grand bruit » mais n’avons vu aucune farine.

Nomination d’un gouvernement. Puis renomination d’un autre gouvernement, avec changement de Premier ministre. Puis commission d’enquête parlementaire avec toutes les péripéties qui s’en suivirent : convocations et reconvocations de la junte de la dernière décennie, insultes croisées, manœuvres de dédouanement, accusations des uns aux autres. Toi t’as menti, moi j’ai raison.

Toi grand voleur, toi petit escroc. On dit ici, chez nous, au pays des millions de cités dans le rapport de la CEP, que « beau ton argument, s’il échappe à celui de ton ami ». Nominations. Puis dénominations. Concours d’officiers ou de sous-officiers puis compositions et examens nationaux, fuite encore d’un sujet sans pouvoir en trouver l’instigateur(trice).

L’hivernage bon ici, mauvais là-bas ; vaste mouvement au sein de la police ou dans les régions militaires ; un coordinateur général nommé pour le programme national de la Relance doté de plus de deux cents milliards, et que ceci ou que cela.

Comme quoi les ex-ministres et leur ex-Président se sont copieusement et à qui mieux mieux arrachés les cheveux pour se disculper des lourdes charges dont on les a accablés ou que les ministres et leur cabinet, les directeurs généraux et leur conseil d’administration, les états-majors et leurs généraux, les bureaux de renseignements et leurs maquereaux et bien d’autres encore continuent à faire exactement semblant de bien faire aller les choses.

Mais toujours sans le moindre impact perceptible sur la vie des gens. Le peuple s’impatiente... Salut.

Sneiba El Kory



 

Autour d’un thé : Dîner

Autour d’un thé : DînerLe Calame - « Impossible de faire une omelette sans casser des œufs », dit le vieux dicton français. C’est tellement simple, tellement évident, tellement comme ça que c’est ça. Et si c’est ainsi, comment le Premier ministre pourrait-il donner dîner sans dépenser un sou ? Hé, dîner premier ministériel n’est pas n’importe quel dîner !

Tout comme Messieurs, Mesdames les convives, députés du peuple qui viennent juste d’adopter la politique générale du Premier ministre. « Un cheval incapable d’en retourner un autre n’est pas noble ».

Et « qui ne reconnaît pas le bien qu’on lui fait est un hrami » (un peu comme un bâtard…). Quand un Premier ministre donne dîner, il s’y trouve tout ce qu’«un œil n’a vu, ni une oreille entendu ni passé par l’esprit d’un humain ».

Attention, les cent vingt millions dont parlent certains ou la fameuse facture de quelque cinquante-cinq millions que les services ont fait fuiter, il y a tout là-dedans !

Faites bien vos comptes : boubous et pantalons, retournés ou pas retournés, de tous les députés, opposants et majoritants ; leurs montres, chemises, parfums, caftans ; turban du président de l’Assemblée et ses babouches made in Morrocco ; voiles, robes, colliers, bijoux et autres petites indiscrétions des honorables Mesdames les députées.

Ensuite, les petits quelques choses de tout celui ou celle qui a participé, de près ou de loin, à la préparation dudit dîner. Depuis le secrétaire à quelqu’un de là-bas, en passant par le chauffeur, le planton, le comptable, le directeur administratif et financier, le directeur de cabinet et Madame, plus encore quelqu’autre...

Bref, tout ça pour dire qu’un dîner de Premier ministre, Ce n’est pas n’importe quel dîner. Et je vais vous révéler un gros secret. Bon, en fait un gros secret de Polichinelle.

Vous savez, ce qui a tué la Mauritanie, des indépendances à aujourd’hui, ce qui l’a laissée « sur la trace » des nations, ce qui fait qu’aujourd’hui ses plus grandes villes n’ont pas d’assainissement et nagent honteusement à la moindre intempérie, que nos écoles ne sont plus rien, que nos dispensaires et simulacres d’hôpitaux ne ressemblent à rien de sérieux ou que nos administrations sont exactement comme nous, vous savez c’est quoi ?

Ben justement les dîners, petits déjeuners, déjeuners, thés, cafés, kinkélibas, tisanes, méchouis, couscous, zrig « en chaque bureau, s’il vous plaît ! » Un sandwich-bureau, ça coûte beaucoup, un thé bureau aussi.

Et c’est comme ça sur tout projet de construction de pont, route, école, établissement sanitaire, stade ou digue de rétention des eaux de pluie. Selon vous, combien ont coûté la chemise, le képi griffé Lacoste du président de la République, son pantalon avec lesquels il a visitationné Bassiknou et Adel Bagrou ?

Et sa montre qui ne devait surtout pas craindre de tomber à l’eau ? Chaque président mauritanien a son style, comme il a ses proches, ses hommes et femmes d’affaires, conseillers, amis, confidents…La tradition des dîners officiels, c’est toute une histoire… qui ne date pas que de ce denier Premier ministre.

Cent vingt millions engloutis en boissons, thés, viandes, poissons, poulets, fruits, eaux et l’on ne sait quoi encore…

Ça pèse combien en tables-bancs, masques chirurgicaux, de lits d’hospitalisation, ambulances, forages, camions-citernes, pelles, brouettes, charrettes, ânes, vaches ou chèvres ? Un diner à cent vingt millions ou même juste cinquante-cinq millions, « ça sonne très mal à l’oreille », comme disait feu mon illustre instituteur.

C’est comme un stylo vendu 10 MRU à la boutique du coin qui se retrouve surfacturé outrageusement à 100 MRU par le comptable ou le fournisseur de n’importe quel département. Bon appétit aux convives du dîner du Premier ministre ! Salut.

Sneiba El Kory

Mauritanie : le plébiscite de Ould Djay par la SNIM fait polémique

Mauritanie : le plébiscite de Ould Djay par la SNIM fait polémiqueKassataya - Le conseil d’Administration de la SNIM vient de renouveler sa confiance à son ADG à l’issue de son assemblée générale annuelle dans un contexte politique tendu où Ould Djay est placé en contrôle judiciaire par la police des crimes économiques et financiers.

Pour les observateurs c’est un camouflet au rapport de la commission d’enquete parlementaire qui cite l’ancien argentier de Ould Aziz dans plusieurs scandales financiers et fonciers. Un pied de nez au parquet général qui sait que cet ancien bras droit de l’ancien président est au cœur de l’empire économique de l’ex-president.

C’est l’ancien ministre des finances le plus cité dans plusieurs contrats juteux des marchés de gré à gré dénonces régulièrement par la presse et l’opposition. Les observateurs s’interrogent sur ce blanc-seing des administrateurs de la SNIM qui ne sont pas sans savoir que leur patron est placé sous contrôle judiciaire.

Ce qui a déclenché la suspicion de la Banque européenne d’investissement et le blocage du prêt de 59 millions de dollars. Une enveloppe que le fleuron de l’industrie mauritanienne risque de perdre à moins que son ADG soit lavé de tout soupçon.

Ce renouvellement de confiance suscite même d’autres inquiétudes des observateurs qui pointent déjà après un mois d’enquêtes préliminaires du parquet un blocage juridique qui pourrait relever de la procédure de l’enquête parlementaire.

Cherif Kane

Pandémie Covid-19 Mauritanie : le contrat mirobolant de tricycles de l’intérieur refait polémique

Pandémie Covid-19 Mauritanie : le contrat mirobolant de tricycles de l’intérieur refait polémiqueKassataya - Au moment où la traque des crimes économiques bat son plein à Nouakchott les observateurs ne manquent pas l’occasion de revenir sur un contrat du ministère de l’intérieur en pleine pandémie relatif à l’acquisition de 100 tricycles avec la société Waw international Mauritanie.

Les observateurs sont surpris par la rapidité avec laquelle s’est passée ce contrat juteux de plus de 2 millions nouvelle monnaie l’unité alors que le prix réel est estimé sur le marché à moins de 800 000 nouvelle monnaie.

Malgré ce surcoût la commission de contrôle des marchés publics a donné son feu vert. C’est la gestion des choses publiques qui est pointée du doigt dans un contexte de la covid-19 qui ne cesse de progresser malgré toutes les mesures de prévention.

Cette polémique refait surface au moment où la traque des crimes économiques du régime de Ould Aziz avance à grands pas avec au moins une dizaine d’anciens ministres placés sous contrôle judiciaire.

Comment les nouvelles autorités peuvent-elles faire croire aux mauritaniens qu’elles ont tourné la page de la gabegie et de la corruption avec un contrat aussi juteux de gré à gré qui souffre de transparence.

Le ministre de l’intérieur est appelé donc à donner plus d’explications sur les tenants et les aboutissants de ce marché qui pourrait ternir l’image d’un gouvernement qui se veut propre.

Cherif Kane

Source : Kassataya

Commission… médicale ?

Alors qu’on la croyait morte et enterrée, la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur un certain nombre de dossiers et d’affaires louches qui ont émaillé la dernière décennie refait à nouveau surface. Devant les atermoiements du gouvernement, très hésitant avant de sauter le pas, on avait fini par croire qu’elle ne verrait jamais le jour. Et que les menaces d’Ould Abdel Aziz lors de sa dernière conférence de presse n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. L’ex-Président avait en effet laissé entendre que la mise en place d’une telle commission risquait d’avoir un effet boomerang préjudiciable à beaucoup de monde, y compris parmi ceux qui entendaient fouiner d’un peu trop près dans sa gestion ; catastrophique, soi dit en passant. La commission a été finalement portée sur les fonts baptismaux la semaine dernière, après de longs et houleux débats sur sa composition. L’UPR, le parti ayant la plus forte représentation parlementaire, cherchait à en avoir, non seulement, la présidence mais, aussi, la majorité des membres. Un vœu exaucé (5/9), tandis que la tête de file échoit à Yahya ould El Waghf, frais émoulu de l’opposition. Un choix loin d’être fortuit. Dernier Premier ministre de Sidioca renversé par Ould Abdel Aziz en 2008, Yahya fut en effet envoyé en prison par celui-ci, lors de l’affaire dite du « riz avarié ». Puis libéré sans que sa responsabilité ne soit établie et avant qu’il ne soit jugé dans le cadre d’un arrangement consécutif aux accords de Dakar. Si le moins qu’on puisse dire est qu’il a une vieille dent contre celui qui le jeta en prison et ruina sa réputation, il ne veut pourtant pas voir les choses sous cet angle. Dans une déclaration à la presse, Ould El Waghf tient à préciser que la commission n’a pas vocation à faire le procès de la décennie mais à juste se pencher sur divers secteurs, conformément à la mission du Parlement. Elle ne passera donc au peigne fin que le Fonds des revenus pétroliers, la vente des domaines de l’État à Nouakchott, les activités de la société de pêche Poly Hondong, la gestion de la fondation de bienfaisance de la SNIM, le marché d’électrification publique à partir de l’énergie solaire, celui de la gestion du quai des conteneurs du Port Autonome de Nouakchott et la liquidation de  la SONIMEX. Elle aurait pu s’intéresser aussi à Afroport à qui fut cédé gracieusement l’aéroport de Nouakchott, au foncier de Nouadhibou, au marché de la centrale duale de Nouakchott, au canal d’irrigation de Keur Macène, au barrage de l’Oued Seguelil, à la voirie de Nouakchott, à la liquidation de l’ENER, aux avions de la MAI, etc. La liste est longue des méfaits d’un pouvoir qui, tel un cyclone, a tout ravagé sur son passage, laissant, derrière lui, une ardoise salée – plus de cinq milliards de dollars de dettes ! –dont l’encours risque de grever sérieusement le budget de l’État au détriment des secteurs sociaux.

Les six mois impartis à cette commission pour éclairer notre lanterne seront-ils suffisants ? Aura-t-elle droit à un délai supplémentaire pour finaliser son travail ? Et, dans l’hypothèse où le rapport voit enfin le jour, sera-t-il suivi d’effet s’il s’avère que certains de ceux encore aux affaires ont trempé dans des malversations ? En attendant, prions pour qu’il ne subisse pas le sort des précédents : Cour des comptes et IGE ; qui ont clairement montré du doigt des prédateurs apparemment recyclables. À y voir de près, ce n’est pourtant plus du recyclage mais de…l’acharnement thérapeutique !

Ahmed Ould Cheikh

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Mauritanie : Nouakchott supprime le visa avec les émirats

Mauritanie : Nouakchott supprime le visas avec les émiratsKassataya - La suppression de visas entre la Mauritanie et les Émirats arabes unis est considérée par les observateurs comme une diplomatie gagnante perdante de Nouakchott et une réponse à Abu Dabi pour son aide de 2 milliards de dollars pour des projets d’investissement et de développement.

Pour sa première sortie officielle dans un pays arabe depuis son élection c’est un succès diplomatique pour Ould Ghazouani.Le choix des Émirats arabes unis n’est pas du au hasard. Les relations bilatérales entre les deux pays sont au beau fixe depuis des années.

Et puis Abu Dabi est le plus grand investisseur en Mauritanie avec l’Arabie saoudite. C’est à fois un choix diplomatique et stratégique pour les 2 deux dirigeants.

Dans un contexte où la Mauritanie se trouve dans une impasse économique qui résulte de 11 années de gabegie et de corruption de son prédécesseur l’aide de 2 milliards de dollars des Émirats est un ballon d’oxygène pour faire face aux difficiles réformes déjà engagées par le gouvernement. Une manne financière qui va soulager le trésor public mauritanien quasi vide depuis quelques années.

En contrepartie les émiratis pourront venir en Mauritanie sans visas pour y investir ou y séjourner alors que la carte de séjour est obligatoire pour les ressortissants de l’Afrique subsaharienne. Les observateurs dénoncent une politique étrangère de Nouakchott à deux visages.

Mais c’est surtout le domaine militaire qui intéresse les Émirats qui envisageraient de construire une base militaire au Nord du pays bien que démenti par Nouakchott avant la visite du président. Un vieux rêve d’Abu Dabi qui entend jouer une première place en Afrique saharienne et subsaharienne.

C’est gagnant pour Abu Dabi en quête d’une position stratégique entre la Mauritanie l’Algérie et le Mali et perdant pour Nouakchott qui devra se souvenir de l’Algérie visée par l’installation de cette base et la Tunisie qui se méfie des visées hégémoniques d’Abu Dabi au Maghreb.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

L'Editorial du Calame : Toujours les mêmes

L'Editorial du Calame : Toujours les mêmesLe Calame - Quand le Président entreprenait, il y a trente-six ans de cela, l’une de ses nombreuses visitations, toute la République suivait.

Avec tous ses fonctionnaires : les plus hauts, les plus bas, les plus moyens et les entre-deux ; toute la république, avec tous ses badauds, ses troubadours, ses n’importe quoi et ses n’importe qui, comme disait l’autre, vont tous là où va le Président.

Aujourd’hui encore, c’est toujours la même chose, on va toujours et encore là où va le Président ; en faisant toujours la même chose, exactement comme on faisait, il y a même encore plus de trente-six ans.

En disant toujours la même chose. Les mêmes longues et fastidieuses réunions des quasiment les mêmes cadres se réunissant en quelque hôtel ou chez un quelqu’un de ces mêmes quasiment cadres qui refusent de partir à la retraite, après avoir pourtant culbuté généralement plusieurs fois le "séroual" de leur papa.

Les sempiternelles concertations des ressortissants de la région où doit se rendre le Président, pour lui garantir un accueil chaleureux et lui confirmer un soutien inconditionnel à son programme et à ses grandioses réalisations avant lesquelles le pays n’avait été dirigé que par des moins-que-rien pour qui pourtant ces mêmes ressortissants avaient organisé ces mêmes réunions, leur tenant ces mêmes commérages, maintes fois mâchés et remâchés par les veaux.

Les mêmes rencontres tribales, régionales, départementales, pour qu’à la fin on sache quel cadre, quel groupe, tribu ou communauté a contribué à la réussite de la visite, comme disaient nos regrettables peshmergas dont les plus talentueux et entreprenants se sont recyclés en des secteurs plus porteurs et prometteurs. Les visitations d’hier sont comme les visitations d’aujourd’hui. Exactement comme les responsables d’hier sont les responsables d’aujourd’hui.

Nous connaissons « Be’e’ta » qui était debout et qui s’est rassis. Notre version locale et adaptée de « bonnet blanc et blanc bonnet ». Il ne faut pas chauffer et resservir. Moi, ce que je ne comprends pas du tout est que depuis maintenant sept mois, voire huit, quasiment tous les noms que j’entends promus à quelque chose ne sont pas aussi nouveaux que ça ! Il y en a même qui ne sont même pas aussi blancs qu’on veille nous le faire croire.

Par exemple, je m’explique… Excusez de cette mauvaise formulation, je suis tellement déçu et fâché ; déçu, parce que je dois enfin venir moi, fâché parce que je dois enfin venir ; ou bien je ne suis pas dans la cagnotte aux hommes et femmes providentiels que tous les présidents belotent et rebelotent depuis quarante ans. Bref, suivez le très simple raisonnement suivant.

Les hautes fonctions et juteux strapontins sur lesquels certains et certains tournent et retournent, comme le ministère des Finances ou de l’Économie, la Banque centrale, les ports nationaux, les grosses directions, les pulpeuses institutions, les succulentes administrations sont soit profitables, soit dommageables. Dans le premier cas, moi et mes semblables vont variablement goûter, selon que nous soyons puissants ou misérables, à ces délices interdits.

Dans le second, nous nous portons candidats, moi et mes semblables, à décharger nos prochains d’un si lourd fardeau qu’ils portent depuis un si long moment et de partager ainsi avec eux les dommages injustement subis. Qu’est-ce qui a changé ici ? Les nominations de quasiment les mêmes gens. Les députés qui votent le budget. Le Président va lancer des travaux sur quelques hectares.

Le Premier ministre nomme un ou plusieurs attachés à son cabinet. Des ministres viennent et partent. La crise permanente ajoute une ou deux cordes à son arc, avec une augmentation inédite du prix des denrées de base et une rupture des stocks en carburant parce qu’un bateau n’a pas convenablement accosté. Des oulémas pris à partie par on ne sait quels « mécréants » ; un soit disant mariage de gays qui a défrayé la chronique.

Donnez autant de chèques sans provision à des bandes malhonnêtes ! Dépénalisation totale ! À bas la contrainte par corps ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie : vers une commission parlementaire d’enquête peu probable sur la gestion de Ould Aziz

Mauritanie : vers une commission parlementaire d’enquête peu probable sur la gestion de Ould AzizKassataya - L’invraisemblable feuilleton parlementaire sur la commission d’enquête sur la gestion des 11 années du régime de Ould Aziz revient sur la scène nationale cette semaine avec la promesse que la conférence des présidents des commissions va trancher sur la question avant la fin de la session parlementaire.

Le moins qu’on puisse dire cette proposition des députés de l’opposition pour faire la lumière sur 10 ans de gabegie et de corruption de l’ancien président va connaître son épilogue cette fois-ci pour mettre fin au climat de suspicion au sein de la majorité qui ne donnera aucune chance à l’autre camp d’espérer avoir gain de cause.

Une enquête sur le régime de Ould Aziz reviendrait à révéler des vérités qui pourraient remettre en cause la gouvernance de beaucoup de personnalités en activité au sein du régime actuel dont le plus apparent est le patron de la SNIM ancien ministre de l'économie et des finances.

Les observateurs considèrent que dans cette recherche de vérité la déclaration de l’ancien président de l’UPR dispose à collaborer avec cette commission est une diversion. Peut être que certains députés remontés par la dernière attitude de Ould Aziz de récupérer manu militari le siège du parti vont hésiter à donner leur voix.

Mais ce qui est plus probable c’est la constitution d’une commission sur le contrôle financier de l’assemblée nationale pour une meilleure transparence du quinquennat de Ould Ghazouani.

Les mauritaniens attendent plus que des intentions et surtout la restauration d’un État de droit contre l’impunité et qui respecte la citoyenneté et les libertés.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Autour d’un thé : Faux

Autour d’un thé : FauxLe Calame - Qu’Allah nous révèle le « bien » du faux ! Le faux et l’usage du faux. Il n’y a pas que les faux médicaments et les faux produits alimentaires qui ont fait des ravages en vies humaines. Envahissant, le faux est partout. Tu n’as qu’à ouvrir les yeux et constater.

Et pas seulement les choses fausses : les personnes aussi. De faux médecins plus de faux médicaments, c’est explosif, nocif, triplement mortel, directement PK7 ! Les prestataires de services pour l’enseignement ? Faut les entendre se présenter avec leur prétendu bachot, master ou même doctorat : « J’ai né à Nouadhibou. Moi faire concours pour chercher travail ».

Les faux enseignants, ça existe tout autant que les faux professeurs, les faux avocats, les faux comptables, les faux hommes d’affaires, les faux directeurs, les faux chauffeurs de taxi, les faux marabouts, les faux rappeurs, les faux vendeurs de cure-dents, les faux danseurs de Jaguar, les faux diplomates, les faux militants des droits de l’homme, les faux imams, les faux soutiens du président Ghazouani, les faux opposants, les faux n’importe quoi, les faux ministres et les faux présidents.

Avec, parmi eux, des « totalement » faux, de fabrication locale made in Nouakchott. On compte, des indépendances à nos jours, une dizaine de présidents, un peu moins ou un peu plus. De vrais ou de faux ? Tous vrais ou tous faux ? Peut-être ceci, peut-être cela.

En tous cas, certainement de faux diplômes sur la base desquels présidents et ministres choisissent leurs faux collaborateurs.

Faux diplôme, plus faux fonctionnaire, plus mauvaise moralité, sans un seul grain de civisme, ça donne quoi que ce mélange-là ? Où le pays pouvait-il donc aller ailleurs que là où il en est maintenant ? Et l’on semble prendre les mêmes et recommencer !

Chassez le naturel, il revient au galop. Le saupoudrage, ça ne mène nulle part… puisque, fatalement, les mêmes causes produisent les mêmes effets, tout comme les mêmes hommes produiront les mêmes réflexes.

Le Président est parti. La délégation qui l’accompagne. Liste. Première Dame. Note de service pour untel à la direction générale de tel établissement, après un bras de fer entre untel et untel.

Agence Mauritanienne d’Informations. Le Président est revenu. Réunion du faux conseil interministériel aujourd’hui. Incinération de centaines voire de milliers de tonnes de faux produits alimentaires et de faux médicaments hier.

Ouverture de session de travaux de la commission patati patata avant-hier. Puis encore départ du Premier ministre pour quelque part. Et retour du ministre de ceci ou de cela. Cercle vicieux infernalement infernal.

Le peuple est en orbite. Le gouvernement sur une autre planète. Les vrais problèmes laissés en l’état. Les faux débats mis en exergue. Faux et usage de faux. Faux de continuer à nous abreuver de l’ex-Président.

Faux de continuer à nous demander d’accorder encore et encore du temps au nouveau Président. Faux de continuer à regarder s’enfoncer davantage l’école, sans aucune mesure concrète de nature à entamer un quelconque processus de réforme.

Faux de voir agoniser la SNIM, avec de fausses d’annonce de sa guérison. Faux de continuer à ignorer les conclusions compromettantes du rapport de la Cour des Comptes. Faux de passer sous silence le scandale des livres scolaires dont l’institution en charge de sa production a décaissé des centaines, voire milliards, d’ouguiyas.

Faux de continuer à regarder impuissamment les populations vulnérables mourir à petit feu, de faim, de maladie et d’ignorance. Il est temps de décréter, enfin, la fin du faux et de l’usage du faux ! La fin des fausses annonces. La fin des faux semblants. La fin des fuites en avant.

La fin de la langue de bois. La fin des faux bonds. La fin des fausses promesses. La fin des fausses tendances. La fin des fausses orientations.

Le pays a tellement souffert du faux et des faussaires ! Il est vraiment temps de lui offrir un bon départ. S’il vous plaît, Monsieur… si vous ne voulez pas être un faux président ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie: Ould Ghazouani à l’épreuve du pouvoir

Mauritanie: Ould Ghazouani à l’épreuve du pouvoirKassataya - Depuis 6 mois seulement à la tête du pays le président mauritanien envoie des signaux positifs d’une gouvernance plus lisible et plus dynamique que son prédécesseur. Son gouvernement a pris à cœur les secteurs porteurs d’emploi comme la santé l’éducation les mines et la pêche pour redresser une économie en état de dégradation avancée.

D’autant plus que cet objectif semble rencontrer un terrain favorable de feux verts avec une croissance attendue cette année a plus de 6 pour cent et une inflation soutenue à 3,5 pour cent. Seuls bémols une dette publique avoisinant plus de 80 pour cent du PIB et un chômage visible de plus en plus de jeunes diplômés.

Un quinquennat peut paraître long comme court. Pour l’instant Ould Ghazouani n’y prête pas attention. L’équipe gouvernementale formée de technocrates est à l’oeuvre depuis 6 mois.

La santé semble avoir pris de l’avance par rapport aux autres avec des réformes en profondeur pour lutter contre la pratique médicale illicite. Des pharmacies et des cabinets médicaux sont fermés. Des médicaments périmés et drogues sont incinérés.

Désormais les mauritaniens pourront savoir ce qu’ils mangent grâce à un contrôle systématique des étiquettes. Pour la première fois les déserts médicaux sont pris à bras le corps avec l’affectation de plus de 600 cadres à l’intérieur du pays. En définitive c’est la santé proche des citoyens.

Un autre secteur qui essaie de sortir la tête sous l’eau c’est l’éducation nationale avec la création de deux départements. Le fondamental et la réforme de l’éducation nationale et enseignement secondaire professionnel et technique dont le recrutement de 2000 prestataires éducatifs va combler en partie le déficit d’enseignants dans ce secteur resté longtemps paralysé par une politique d’approximation et de bradage de l’école publique.

Le plus dur reste à venir parce qu’il s’agit d’une refonte d’un système éducatif dont les résultats catastrophiques demandent des concertations techniques à la hauteur de l’ambition gouvernementale.

La pêche et les mines sont les deux secteurs dont les pillages des ressources ont véritablement impacté sur l’économie du pays. Plus de la moitié des ressources halieutiques sont revenues aux chinois depuis de longues années.Beaucoup de bateaux de pêche étrangers continuent de naviguer dans les zones interdites.

Un manque à gagner dans ce secteur qui emploie près de 60000 personnes et dont les recettes en 2018 ont atteint un milliard de dollars avec une production annuelle de plus de 400000 tonnes. La remise en cause des accords de pêche sous Ould Aziz permettra de corriger tous les abus de clientélisme.

Quant au secteur minier en première ligne la SNIM, véritable poumon de l’économie et en même temps vache laitière de l’ État quand il contribue largement au budget, a perdu ses recettes d’exportation à cause d’une mauvaise gestion et d’un bradage au sommet de l’Etat sous Ould Aziz qui a vendu le fleuron de l’industrie mauritanienne à une société australienne et à son gendre.

Un accord qui a été remis en cause et qui va permettre à la nouvelle direction de relever les exportations de ce minerai cher aux mauritaniens avec une production qui pourrait atteindre 12 millions de tonnes cette année.

Et ce vent de changement souffle dans tous les départements. Les observateurs y voient presque un mirage dans un pays fondamentalement miné par la gabegie et la corruption.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : Ould Ghazouani en danger face à la montée de l’intégrisme arabe

Mauritanie : Ould Ghazouani en danger face à la montée de l’intégrisme arabeLe 2ème congrès de l’UPR qui vient de s’achever cette semaine à Nouakchott a mis en place ses nouvelles instances avec un bureau exécutif composé de 31 membres dont un noyau dur de nationalistes arabes. Cette percée d’intégristes nasséro-baathiste est un danger pour la république.

Les signes ne trompent pas. Des députés de la majorité qui demandent l’exclusion du français avec une traduction simultanée de l’arabe aux langues nationales pour la session du budget 2020. Et une semaine après c’est une centaine de militants de l’UPR qui réclament la traduction de la séance inaugurale du congrès seulement dans les langues nationales. Deux faits gravissimes qui risquent de replonger le pays dans l’obscurantisme idéologique panarabe qui a déjà fait ses preuves sous le régime de Ould Taya.

Hier ces mêmes intégristes arabes avaient réussi à étendre leur influence dans tous les rouages de l’Etat et poussé ainsi Ould Taya à fermer l’institut des langues nationales pour arrêter le processus de leur enseignement dans le système éducatif mauritanien.

Aujourd’hui ils réclament à hue et à dia la traduction de l’arabe dans ces langues à la place du français. Un retournement de veste qui cache une nouvelle stratégie d’enfermement des locuteurs de ces langues pour la plupart des francophones.

Cette demande d’exclusion de la langue de Molière est un danger pour la stabilité politique du pays. Pour le président Ould Ghazouani dans un contexte de crise avec Ould Aziz qui n’a pas dit son dernier mot. Cette résurgence intégriste arabe est un danger pour la république.

La montée surtout des nasséristes au sein de l’UPR est un frein au multiculturalisme par conséquent un retour au statu quo la négation culturelle des négro-mauritaniens et Haratines. En brandissant l’étendard arabe-langues nationales les nationalistes arabo-berbères veulent parachever l’arabité de la Mauritanie. L’exclusion du français est un tremplin.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

Autour d’un thé : Peuple de braves

Autour d’un thé : Peuple de bravesLe Calame - Qui vole un œuf, volera un bœuf. Et qui vole un budget, volera quoi ? Certainement une société, une démocratie ou même un État entier. Mais, c’est aussi connu que celui qui n’a rien englouti n’avalera pas un os de travers et qui n’a pas volé n’a pas peur des pisteurs.

De là à dire que nous avons tous peur des pisteurs ou que nous risquons tous avaler un squelette en entier de travers, il n’y a qu’un pas. Un peuple de preneurs de ce qui ne lui appartient pas. Un peuple de braves. Une certaine bravoure qui fait prendre, au planton, des ramettes de papier, quelques paquets de stylos et de registres à revendre au papetier du coin.

Une bravoure qui fait prendre, au comptable, des machines, photocopieurs, agrafeuses ; lui fait détourner une imprimante toute neuve ou surfacturer des dépenses au profit d’un indicible fournisseur qui s’enrichit entre une soirée et sa matinée.

Une bravoure de hauts officiers d’une normalement Grande Muette venus apprendre la nage chez les civils au point d’en devenir capables de les noyauter. Des militaires qui sont partout, sauf là où ils devraient normalement être.

Braves dans les affaires. Braves en investissements dans les secteurs des pêches, des bâtiments, des divers. Braves en avancements intempestifs aux grades militaires jusqu’à la clochardisation d’une si respectable institution. Braves dans la justification de l’injustifiable.

Qui n’a pas encore en tête ces images ridicules et catastrophiques de « nos chefs de guerre » en grosse campagne de dénigrement contre un vieil homme débarqué sans foi ni loi par un chef de bande aujourd’hui voué aux gémonies tant par ses soutiens que par ses détracteurs.

Bravoure d’indélicats députés collaborant au torpillage d’un processus démocratique via débarquement intempestif et sans appel d’un président démocratiquement élu. Et qui manigancent affreusement les budgets, au cours de sessions à huis clos des ministères et institutions, pour on ne sait quelle complicité ?

Bravoure de ministres carnivores, herbivores, dilapidateurs. Qui sans vergogne détournent honteusement l’argent public. Des braves. Des héros. Des audacieux. Qui osent parler. Rire. Danser.

Et même demander des comptes aux autres ! Que serait le procès de Maouiya Sid ‘Ahmed Taya ? Qui n’aura pas la corde à son cou, si un certain ex-dernier Président devrait répondre de ses actes ? Les quotas de poulpe, les attributions foncières, les autorisations de change, les soins à l’étranger, les grosses commissions occultes perçues de conventions et accords avec des sociétés comme Poly Hondong ou des multinationales comme MCM, Tasiast ou autre…

C’est qui dans tous ces coups ? Qui n’est pas dedans ? Qui a mis à genoux la SNIM ? Dans quelles poches ou dans quels comptes sont allées se fourrer les grosses fortunes engendrées du temps où les choses allaient encore excellemment pour ce fleuron de notre économie nationale ? La forêt ne suffit pas pour cacher le poltron.

Frémissez, bande de bandits et de receleurs ! Il faut faire bouger les dossiers de la décennie. Rien à vous voir remuer comme ça, comme cela suffit à comprendre que quelque chose ne va pas ou ne doit plus très bien aller ! Bravoure d’un Président qui comprend que la meilleure façon de se défendre est d’attaquer.

D’aller au fond du camp de l’ennemi, pour se prémunir contre ses potentielles agressions. Qui comprend qu’il faut mener la bataille sur un front loin de ses bases. Très loin de ses bases, pour résoudre les belligérants à rester dans leurs limites. Une stratégie qui a payé contre les groupes islamistes du Nord-Mali (c’est tellement d’actualité !).

Une stratégie qui a payé contre les voraces dévastateurs de la république, complètement affolés par les irrégulières incartades et les imprévisibles sorties d’un président-fondateur permissif à la limite de l’insolence.

Après la Mauritanie nouvelle, une autre Mauritanie nouvelle. Après le Président- fondateur, un autre Président-fondateur. Après la décennie des « réalisations », une autre décennie dont on ne sait encore de quoi sera-t-elle qualifiée. Applaudisseurs, soutiens, majorité et autres initiatives de soutien, groupes et que sais-je encore : Debout, on appareille ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie : l’exclusion du français à l’assemblée nationale fait polémique

Mauritanie : l’exclusion du français à l’assemblée nationale fait polémiqueKassataya - La décision de traduire l’arabe dans les langues nationales sans le français au sein de l’assemblée nationale ouvre le débat sur la place de cette grande langue de communication en Mauritanie. L’histoire retiendra que le français est un acquis pour la Mauritanie.

Son usage dans l’enseignement et dans l’administration est une réalité depuis l’indépendance en 60 mais depuis la mise en place d’une politique d’arabisation à outrance la langue de Molière est en perte de vitesse dans tous les rouages de l’Etat.

Ce statut de seconde langue après l’arabe semble être remis en cause à l’assemblée nationale qui abrite depuis cette semaine une session plénière sur le budget 2020. Désormais le Pulaar, le Sooninke et le Ouolof auront droit de droit de cité dans l’hémicycle avec la création d’un service de traduction simultanée de l’arabe pour les sessions parlementaires excluant ainsi le français.

Ce choix politique ouvre le débat sur la place du français en Mauritanie. Ce qui semble être un acquis historique est entrain de perdre du terrain au profit des langues nationales qui avaient été longtemps reléguées aux oubliettes. Cette nouvelle orientation pourrait remettre au troisième plan la langue de Molière.

Cette aspiration des autorités de Nouakchott confirme l’inquiétude grandissante de l’ambassadeur français à Nouakchott qui comprends que certains mauritaniens n’apprécient pas cette réalité historique pour des raisons identitaires ou politiques selon les propres termes du diplomate français.

Cette crainte de la disparition du français relance le débat sur le plurilinguisme. C’est du moins pour les observateurs la seule voie pour la Mauritanie de sortir de l’extrémisme arabe pour renouer avec son histoire et sa position géo politique de trait d’union entre le monde arabe et africain.

La coexistence de l’arabe, des langues nationales et du français est possible dans le cadre d’une nouvelle politique d’indépendance culturelle qui passe par l’enseignement des langues nationales et l’utilisation de l’arabe et le français comme grandes langues de communication.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

L'Editorial du Calame: Gabegistes sous tous rapports

L'Editorial du Calame: Gabegistes sous tous rapportsLe Calame - Accablants. Et fort révélateurs, les derniers rapports de la Cour des comptes qui ont fuité (à dessein?). Ils ont remis sur terre ceux, très peu nombreux, estimant encore que les slogans de lutte contre la gabegie et les détournements de deniers publics, si galvaudés au cours de la dernière décennie, étaient autre chose que de la poudre aux yeux.

L’étude a révélé, à la face du Monde, que malgré les « bonnes » intentions, aucun ministère ou société publique n’a échappé à cette entreprise de prévarication à ciel ouvert. Tout y est passé : surfacturations outrancières, dépenses incongrues, contrats léonins, marchés de gré à gré injustifiées...

Les contrôleurs de la Cour des comptes en sont restés bouche bée. Seules la Présidence et la Primature ont été épargnées. Savez-vous pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles n’ont pas été contrôlées. Rien n’indique pourtant qu’elles se révèleraient des îlots de bonne gestion dans un océan de forfaitures.

Le mal est beaucoup plus profond qu’on ne le pense. Certes, la presse et les réseaux sociaux n’ont cessé de lancer des alertes sur tel ou tel cas de mauvaise gestion ou de marchés de complaisance mais personne ne pouvait imaginer l’ampleur du gâchis.

Il en serait ainsi resté, si la Cour des comptes n’avait pas publié (par inadvertance ?) ses rapports couvrant dix ans (2007-2017) de gabegie sans nom. La preuve ? Ils ne sont plus accessibles. Comme si l’on voulait réparer une faute, en donnant l’impression qu’elle fut involontaire.

Mais en tout état de cause, elle a douché les ardeurs des plus convaincus partisans de l’ex-Président Ould Abdel Aziz et sans doute de ce dernier qui, après trois mois d’absence, commençait à se faire un peu trop bruyant.

Il fallait bien lui envoyer un signal fort pour lui rappeler qui était aux commandes lorsque les maigres ressources du pays étaient dilapidées par ceux-là mêmes qu’il avait choisis.

Et, à part quelques malchanceux qui ont été épinglés sous son magistère (avant d’être rapidement réhabilités), rien ne donnait l’impression que sa démarche dans la lutte contre la gabegie était empreinte de sérieux. Elle était même très sélective.

Le clan avait droit à tout et ceux qui servaient ses intérêts étaient intouchables. Les rapports de la Cour des comptes ou de l’IGE qui les épinglaient étaient mis sous le boisseau. Certains d’entre eux gardent même (haut) pignon sur rue. D’autres sont encore aux commandes.

Dans n’importe quel autre pays du Monde, de telles révélations donneraient lieu à un branlebas de combat, démissions en cascade, procès à la pelle, peines de prison et fortes amendes.

Mais nous sommes en Mauritanie. Où la superbe, aussi cynique soit-elle, suffit à balayer toute objection. Ainsi le clan d’Ould Abdel Aziz se targue-t-il aujourd’hui d’avoir fondé et dynamisé la Cour des comptes afin d’éradiquer la mauvaise gestion ; mais il omet « naturellement » de citer ce qui s’est passé et se passe autour de son chef.

La réalité était que les « commissions et la corruption furent l’exclusivité d’Ould Abdel Aziz et du clan » : le marché de l’aéroport, les ventes des écoles, celles du stade olympique et de l’école de police, la caserne de la gendarmerie d’escorte, la cite fanfare et... cie, en passant par Polyhondone, Sunrise, sans oublier, bien sûr, les comptes bloqués par les Américains à Dubaï et le pactole caché au Swaziland avec lequel nos rapports se sont subitement réchauffés, alors que rien ne nous lie : ni l’histoire, ni la géographie, encore moins l’économie…

Des « placements » négociables, donc, à l’heure des comptes en Cour ? On en est probablement là.

Ahmed Ould Cheikh
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Autour d’un thé : Ex-président

Autour d’un thé : Ex-présidentLe Calame - Au pays des Nou’z’autres, les gens vivent de rien. De futilités. Sinon comment comprendre que depuis maintenant tout ce temps – je ne sais pas combien – tout le monde : le Président, les ministres, les hauts fonctionnaires, les militaires, les civils, les opposants, les « majoritants », les petits et les grands, les malhonnêtes et les honnêtes, les hommes et les femmes d’affaires, les agriculteurs, les éleveurs, les gens des quatre points cardinaux, les diables et les diablesses et tout ce que chacun de nous peut imaginer ; en sont toujours à parler d’un ex-président ?

Pour dire quoi de lui ? Que c’est un démocrate qui a accepté de faire passer pacifiquement le pouvoir…. « Ya khouti » (Ô mes frères), vous êtes morts de mensonge ! Et vous savez pourquoi ? À blatérer sur cette histoire de décennie qui ne finit pas.

On sait, chez nous, que les retraités passent leurs premiers mois de retraite à radoter, à délirer, à raconter n’importe quoi. Mais que toute une république radote, délire, déraisonne, ha ! Un peuple fatigué qui s’occupe de choses à ce point inutiles !

Le nouveau Président parle bien français : cela ne règle pas les problèmes. Il est bien poli et bien éduqué : est-ce justement cela qu’il nous faut ? Ni la politesse, ni l’éducation, ni encore moins l’intelligence n’ont jamais construit les États. Laissez l’ex-Président dire et faire ce qu’il veut.

Le temps lui apprendra rapidement qu’il n’est qu’un ex-Président. Laissez-le faire ses dîners avec qui il veut et passer ses fins de semaine là où il veut. Laissez-le faire la politique comme il veut. Il saura, à ses dépens, que la fin justifie les moyens et qu’il n’est, en réalité, qu’un ex-Président.

N’insultez pas l’histoire, s’il vous plaît. Les « gens » qui appellent à une commission d’enquête sur la gestion des dossiers de la décennie sont, à quelques personnes près, ceux-là mêmes qui faisaient le panégyrique du Président-fondateur, après avoir appelé à la formation de plusieurs autres commissions, pour éplucher les gestions de bien d’autres ex-Présidents.

Allah fasse que nos connaisseurs meurent ou oublient ! Les « gens de Toueimirtt » se connaissent. Taisez-vous et laissez le temps faire entendre à l’ex-Président qu’il n’est plus qu’un ex- Président. « Ghazouani la twelli » : Ghazouani ne recule pas.

Nos Présidents se suivent et se ressemblent. Moi, je ne comprends pas pourquoi préfèrent-ils toujours réserver leur première sortie médiatique à des organes de presse étrangers. Comme si nos journalistes nationaux étaient comme nos médicaments nationaux : périmés et contrefaits.

Si un peuple n’a confiance ni en sa presse, ni en son système de santé, ni en son système d’éducation, comment cela peut-il aller ? Je ne comprends pas pourquoi faille-t-il appeler un journaliste du Monde pour lui dire que les derniers mouvements au sein de notre armée sont une mesure de routine, qu’il y a effectivement une petite divergence de points de vue entre un nouveau et un ex-président, que l’opposition doit rester l’opposition ou qu’un dialogue politique n’est pas d’actualité et pas si opportun que le pensent certains.

Moi, je suis poli et bien éduqué, si tant est que cela soit important. Je n’irai donc pas jusqu’à dire que nos Présidents sont complexés. Mais, en tout cas, il y a problème. Certes, l’opposition existe, jusque dans la presse.

Tous comme les ennemis, nationaux et internationaux. Ceux-là qui peuvent augmenter, diminuer ou même carrément détourner. Mais il y a, quand même, l’AMI, la Mauritanienne, Radio-Mauritanie. Et c’est avec tambours et trompettes qu’on a fêté, voici à peine quelques jours, notre indépendance ! Souveraineté, souveraineté…

A-t-on jamais vu un Président français annoncer des choses françaises via Le Calame ou Al Akhbar ? Voilà tout un programme, monsieur l’ex-Président : reviens, ils sont en train de nous brader à l’Occident ! Recrutement de quatre cents imams et de quatre cents muezzins ! C’est depuis quand qu’on est payé pour appeler à la prière ou la diriger, dans une République islamique ? Signe des temps… Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)