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Présidentielle à Djibouti : les électeurs appelés aux urnes dans un contexte tendu

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Une femme rentre dans l'isoloir d'un bureau de vote de Djibouti, en avril 2016. (image d'illustration)

Élection présidentielle à Djibouti ce vendredi 9 avril. Le chef de l’État, Ismaël Omar Guelleh, est candidat à un cinquième mandat. L’opposition qui conteste le processus électoral a boycotté. Face au président, au pouvoir depuis 1999, il n’y a donc qu’un seul candidat : Zakaria Ismail Farah, un entrepreneur quasi inconnu qui se présente en indépendant. Les Djiboutiens sont appelés aux urnes dans un contexte tendu.

Le vote se déroule dans le calme. C’est même très calme, sous-entendu il n’y a pas foule. Plusieurs habitants racontent qu’il n’y a pas de file d’attente, autant dire pas tellement d’engouement. Une source proche du pouvoir explique que c’est parce qu’on est vendredi, et que les électeurs se déplaceront plus tard dans la journée, après la prière.

Depuis plusieurs mois, l’opposition avait appelé les gens à ne pas voter et même à ne pas retirer leurs cartes d’électeurs. Et plusieurs témoins ont constaté ce matin que beaucoup de cartes attendaient encore d’être récupérées dans les bureaux. Pour l’opposant Abdourahman Guelleh, du parti Radde, « les Djiboutiens sont fatigués et ne veulent plus cautionner une mascarade électorale » puisque selon lui, les élections sont toujours entachées de fraude pour permettre la réélection du président.

D’ailleurs ce matin, le candidat Zakaria Ismail Farah s’est plaint que ses représentants n’aient pas pu accéder à plusieurs bureaux de vote. « Les délégués sont là pour s’assurer que le scrutin se déroule normalement. Sans eux, comment le vote peut-il être vérifié ? », s’est interrogé l’entrepreneur.

Contexte sécuritaire tendu

La présidentielle se tient dans un contexte sécuritaire qui s’est dégradé ces derniers mois. Les affrontements entre l’armée et les rebelles du Frud se multiplient depuis une série d’attaques à Tadjourah dans laquelle un gendarme avait été tué mi-janvier. Ces derniers jours, le groupe politico-militaire et les soldats djiboutiens se sont encore fait face. Fin mars à Aslé, lundi dernier à Biladiti Goda et enfin mardi à Daoudawya, où le camp militaire a été attaqué.

Dans le même temps, le pays connaît des manifestations chaque semaine, et ce depuis plusieurs mois. Un mouvement pour s’opposer à un cinquième mandat d’Ismaël Omar Guelleh, lancé par le parti Radde et poursuivi par d’autres mouvements d’opposition.

Les adversaires du chef de l’État qui se sont en partie alliés. Fin mars, trois partis politiques, les rebelles du Frud, quatre ONG et une douzaine d’activistes ont signé la Charte pour une transition démocratique. Ce document vise à organiser un nouveau pouvoir et des réformes démocratiques pour lorsque le régime d’IOG tombera.

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Car ces opposants sont convaincus, plus le chef de l’État s’éternise au pouvoir, plus le risque d’instabilité grandit. Tous répètent ne pas vouloir que Djibouti sombre dans le chaos, mais l’opposition pense qu’un risque de « somalisation » du pays existe bel et bien.

Le président sortant face à un entrepreneur quasi inconnu

Comme en 1999 et 2011, seuls deux candidats sont en lice. Et difficile de trouver des profils aussi diamétralement opposés. D’un côté, Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 22 ans. Même s’il a plusieurs fois annoncé sa volonté de passer la main, le président de 73 ans a décidé de rempiler.

Ce cinquième mandat pourrait être le dernier puisque la réforme constitutionnelle de 2010 a instauré une limite à 75 ans. Malgré le faible enjeu, le chef de l’État a parcouru le pays durant la campagne, vantant la construction de logements, de ports, d’infrastructures logistiques…

Face à lui, Zakaria Ismail Farah, 56 ans. Cet ingénieur de formation est en fait un neveu du président. Chef d’une entreprise spécialisée dans la désinfection, il se présente en indépendant. Inconnu sur la scène politique, l’homme d’affaires a organisé quelques petits rassemblements pour mettre en avant sa « vision lucide et républicaine », dit-il. Zakaria Ismail Farah se veut le porte étendard des laissés pour compte, des Djiboutiens d’en bas.

Mais durant la campagne il s’est plaint notamment de ne pas avoir de service de maintien de l’ordre. Le 28 mars il s’est présent les poings liés et la bouche recouverte d’un ruban adhésif pour dénoncer « l’inégalité de traitement dont il est victime ». Depuis, il n’est pas réapparu en public.

Source : RFI