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Tribune: Le passé est devant nous | Par Isselmou Ould Abdel Kader

Tribune: Le passé est devant nous | Par Isselmou Ould Abdel KaderInitiatives News - Les Mauritaniens, du moins ceux qui ont encore des yeux, savourent le plaisir d’observer la lueur d’un jour prometteur. Illusion ou vérité, cette lueur réconforte en attendant qu’elle s’avère légitime ou, qu’à Dieu ne plaise, s’éteigne dans l’amère réalité d’une fatale déception.

Dans le pays, les effets accumulés des erreurs du passé sont arrivés à un stade où la société, boiteuse au départ à cause de ses anachronismes, campe depuis quelques années aux abords de la dislocation.

Le fossé s’est notablement élargi entre le discours des acteurs politiques, y compris l’Etat et la réalité économique, culturelle et sociale, entre les riches et les pauvres, entre anciens maitres et anciens esclaves, entre le Nord et le Sud du pays, entre les hommes et les femmes, entre la génération du couscous et celle du hamburger.

Le sable mouvant menace à tout moment de dévoiler tant d’amertume et d’horreurs, de disparitions « arrangeantes » et mystérieuses, de privations et de pratiques indicibles que notre insouciance et notre naïve et pusillanime complaisance ont permis d’ensevelir.

40 ans de pillage…

Durant les quarante dernières années, les richesses du pays ont été pillées tantôt pour être rapatriées à l’extérieur par les gouvernants, les sociétés étrangères et leurs compradores, tantôt pour financer notre pseudo démocratie qui constitue désormais la source idéologique de la consécration de l’impunité et de l’usage du faux dans tous les domaines.

Les nouveaux gouvernants doivent avoir sous les yeux ce tableau sombre que personne ne doit, cependant, évoquer pour remuer le couteau dans la plaie. Ils se rendront ainsi à l’évidence que le pays est arrivé au seuil de l’intolérable et que le silence devant cet effroyable paysage n’est une bonne chose que lorsque derrière le rideau, une main sure se met à changer réellement l’essentiel.

Aussi, comprendront-ils que pour produire ce nécessaire changement, il est impérieux de créer les conditions d’une unanimité sans faille des Mauritaniens autour de principes cardinaux qui paraissent évidents et sans le respect desquels aucun obstacle ne sera surmonté sur le chemin du salut national.

Juste répartition des richesses, dissolution des écoles d’excellence…

Toute entreprise de refondation de l’Etat sur des bases pérennes doit commencer par une juste répartition des richesses nationales entre les citoyens et une mise en œuvre concertée de mécanismes concrets et efficaces garantissant, entre eux et sans aucune forme de discrimination, l’égalité absolue des chances.

C’est la condition la plus importante et, malheureusement, la plus difficile à réaliser, car elle suppose entre autres leviers, une politique d’aménagement du territoire pertinente, une maitrise de la politique de l’Emploi restaurant l’ancien service de placement, une suppression de l’enseignement privé fondamental et secondaire, une dissolution des écoles d’excellences qui sont devenues un instrument ségrégatif pour perpétuer la hiérarchie sociale et militaire et, enfin, une instauration d’un système assurant la gratuité de la santé pour tous.

Par le respect de ces options, on aura prévenu la plupart des conflits et comblé les schismes tant verticaux qu’horizontaux qui ont pour sources l’inégalité, la vénalité des charges publiques, la privatisation des services sociaux et le détournement de la rente du pouvoir à tous les niveaux.

« Une démocratie clonée consolide des pouvoirs millénaristes opposés à toute évolution sociale »

C’est, diront certains, un système socialiste que l’on nous propose ici et que Histoire aurait mis en cause. Mais qu’avons-nous d’autre à suggérer lorsque les privatisations au titre d’un ajustement structurel visant à instaurer un système soi-disant libéral aboutissent à enrichir ceux que la rente esclavagiste et féodale a déjà enrichis, lorsqu’au versant de ce système, une démocratie clonée consolide des pouvoirs millénaristes opposés à toute évolution sociale et lorsqu’il n’existe aucune cloison entre les entreprises privées et les institutions de gestion des ressources publiques ?

Restitution des biens pillés

La plus difficile des actions à entreprendre dans ce domaine sera l’indispensable restitution des biens pillés depuis l’indépendance par des personnes militaires et surtout civiles bien connues, dont il est facile d’établir la liste.

Pour assurer le succès de cette action plus que salutaire, il serait nécessaire de promulguer une loi qualifiant de crimes imprescriptibles les infractions de détournement des biens publics de toutes natures.

Il est également utile de créer une juridiction spéciale pour la restitution de ces biens suivant des instruments procéduraux et processuels s’appuyant sur une commission d’enquêté formée d’anciens commissaires de Police et officiers de Gendarmerie nationale.

Tous les anciens hauts responsables et leurs épouses, en l’occurrence les présidents, les premiers ministres, les ministres, les ambassadeurs, les gouverneurs de la Banque Centrale de Mauritanie et leurs adjoints, les Commissaires à la Sécurité Alimentaire, les Directeurs de cabinet du Président ou du Premier ministre, les Secrétaires généraux des ministères, les directeurs d’établissement publics, les chefs d’Etat major de l’Armée, de la Garde nationale, de la Gendarmerie nationale, les directeurs des Douanes, du Budget, du Trésor, les walis, ainsi que les principaux hommes d’affaires, devront envoyer la liste de leurs biens et se tenir prêts à les justifier devant la commission d’enquête.

C’est une tâche immense et d’autant plus difficile qu’elle pourrait inquiéter de nombreuses personnes craignant d’être l’objet de règlement de comptes ou ayant créé une base sociale grâce au vol des biens publics, alors qu’elles sont sans racine dans leur propre milieu.

Elle est également difficile parce qu’elle semble contraire au tempérament d’un Président détestant le sensationnel et pouvant se réfugier derrière le proverbe guerrier selon lequel « la dignité est un mauvais sort ».

Mais Monsieur le Président devra interroger les derniers arbis d’une époque révolue où la magnanimité avait un sens, pour s’assurer que ce proverbe ne signifie nullement que la dignité doive voler au secours de l’ignominie, du vol au grand jour et du viol manifeste des consciences. Elle signifie qu’on doit se résigner parfois à perdre la vie au lieu d’abandonner un ami sur le champ de bataille.

Or, dans notre cas, il ne s’agit pas d’un ami qu’on abandonnerait, mais d’un peuple tout entier qu’on laisserait gésir sur le champ du mépris et de la famine, après avoir été spolié au grand jour de toutes ses richesses.

Peur de la déception

Les Mauritaniens dont une grande majorité se voit dans le miroir du nouveau régime après avoir perdu l’espoir d’un retour aux sources de leur pays, ont peur d’être déçus et surtout d’être obligés d’imposer par la force, comme d’autres peuples l’ont fait ailleurs, la restitution de leurs richesses spoliées.

Il est certes désagréable et douloureux de s’affronter à un régime dirigé par des hommes dignes d’estime et de confiance, mais hélas, on ne peut que choisir la survie de tout un peuple plutôt que celle d’un régime lorsqu’il s’entête à couvrir de son propre manteau, la trace des voleurs de grands chemins.

Faut-il alors oublier que notre passé est bien devant nous et qu’il demeure aussi incontournable qu’impitoyable ? Doit-on laisser aux assauts de la colère le soin de défoncer notre porte au lieu de l’ouvrir, nous-mêmes, sagement en nous mettant à l’abri des éclats imprévisibles de l’anarchie ? Faut-il continuer à se fier au repos des écumes, comme l’ont fait, en leur temps, les dirigeants algériens, tunisiens, iraquiens et libanais en pariant sur l’hypothétique insensibilité sans limite de leur peuple ?

Nous n’avons pas besoin de réponse à ces questions en laissant le soin de le faire au tsunami universel qui secoue déjà l’Amérique Latine, l’Afrique du Nord, l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient.

Isselmou Ould Abdel Kader
Source : Initiatives News (Mauritanie)

 

Quelles perspectives pour la Force Conjointe des pays du G5 Sahel? Par Colonel (R) Mohamed Lemine Taleb Jeddou

Quelle perspectives pour la Force Conjointe des pays du G5 Sahel? Par Colonel (R) Mohamed Lemine Taleb JeddouAdrar Info - Ayant vu le jour au forceps en 2017, la FC-G5S qui avait suscité un enthousiasme débordant à ses débuts, semble être restée au stade de gestation.

En fait, dès sa conception, avec les divergences internes de ses membres, l’absence de concepts opérationnels, un financement qui tarde à venir et le refus de l’octroi d’un mandat international par la communauté internationale, la FC-G5S portait déjà en elle des insuffisances congénitales qui se révéleront fatales à son évolution, auxquelles vont venir s’ajouter d’autres facteurs exogènes qui risqueront d’accélérer sa descente aux enfers.

En effet, dès le début, les divergences internes des membres de la force étaient manifestes quand aux choix stratégiques à adopter pour faire face aux très mobiles groupes armés terroristes.

Le choix de la stratégie des fuseaux qui n’a pas fait l’unanimité des membres a eu pour conséquence les réticences à l’engagement de certains membres. En réalité, ce choix s’avérera catastrophique, d’abord parce que c’est précisément sur sa base que la communauté internationale va refuser à la force l’octroi du bénéfice de l’article VII de la Charte des Nations Unies, ensuite, une lutte efficiente contre le terrorisme au sahel nécessite la mise en œuvre de formations panachées agissant dans un cadre transnational ou du moins la planification d’opérations conjointes.

Par ailleurs, l’absence de concepts opérationnels a influencé négativement le déroulement des opérations menées par la FC-G5S. Cette absence de vision s’explique largement par le fait que dans sa conception initiale, les opérations de la force n’avaient pas un caractère offensif. Cette carence de vision a été aggravée par un bilan mitigé qui a fini par entacher la crédibilité de la force.

Un facteur important qui n’a pas manqué d’affecter la volonté des pays du G5 et qui a constitué un point de discorde avec les partenaires est le refus de l’octroi à la force FC-G5S du parapluie de l’article VII, ce qui n’a pas manqué de tempérer l’engouement des pays du G5 pour l’engagement de leurs forces.

A Bruxelles, le président mauritanien a été on ne peut plus explicite sur ce point: La viabilité de la FC-G5S est tributaire, avant tout, d’un mandat clair et précis en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, en complément des résolutions précédentes pour donner à l’action de la force conjointe toute la légitimité et la visibilité requises. Du côte des Nations c’est le niet catégorique à la requête, malgré le soutien de la France et du Secrétaire Général des Nations Unies en faveur des pays du G5.

Pendant que Les deux camps restent barricadés dans leurs positions respectives, la situation sécuritaire au sahel continue d’empirer jusqu’a devenir alarmante. Avec la moitié de la Boucle du Mouhoun et les deux tiers du Centre-Nord échappant a son contrôle, l’armée Burkinabé sous-équipée et démoralisée par les attaques quasi quotidiennes des groupes armés terroristes, est au bord de l’effondrement. Au Mali, l’armée ne tient que grâce au doping et à l’assistance de la Force Barkhane. Plus de quatre cents incidents violents depuis 2016, plus de 600 morts, la haine et la peur un peu partout font dire au Secrétaire Général de l’ONU sa terrible phrase: « Nous ne sommes pas en train de gagner la guerre au Sahel ».

Les terroristes galvanisés par le déferlement vers eux des groupes de jeunes, sont aux portes des pays de l’Afrique de l’Ouest, jusqu’ici épargnés (Togo, Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana). Dans cette confusion indescriptible, le CDS, réuni à Nouakchott, peine à rendre sa voix audible, et son président, le général Moise Minoungou ne cache plus son inquiétude quant à la situation sécuritaire au sahel et son scepticisme concernant la capacité de la FC-G5S à renverser la vapeur.

Il est maintenant plus qu’évident pour les parrains des pays du G5, que la FC-G5S, qui jusqu’a la n’a pu montrer sa capacité operationnelle, n’est plus à même de contenir la menace, si jamais elle l’a été un jour. D’ailleurs, le 24/8/2019, au sommet du G7, Biarritz lorsque Merkel note la détérioration progressive de la situation au Sahel et que Macron appelle à "changer de méthode et d’échelle" en «élargissant» la Force G5 à d’autres pays, le glas de la FC-G5S semble avoir sonné.

Profitant de cette situation délétère, les pays de l’UEMAO saisissent l’occasion pour se mettre en orbite. La voix en sourdine du Sénégal depuis "la quatrième édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique" pour être associé aux pays du G5, reçoit en écho celles des pays de l’ UEMAO, réunis à Ouagadougou avec le Tchad et la Mauritanie.

Avec leurs économies plus riches, les pays côtiers sont maintenant en mesure de mieux attirer les bailleurs internationaux » pour la sécurité comme pour le développement, déclare M. Savadogo, un expert de la sécurité au sahel. La réunion des chefs militaires des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), prévue en novembre, pour le déploiement dès la fin du mois de Novembre de bataillons au Mali, au Burkina faso et au Niger pour lutter contre les groupes jihadistes, signera vraisemblablement le certificat de décès de la FC-G5S ou au mieux la verra se faire phagociter par les forces de l’UEMOA.

Une décision accueillie favorablement par le Mali, le Burkina et le Niger qui permettra d’occuper l’espace, réduire l’espace des terroristes et faire souffler les armées des pays des fuseaux centres.

Avec une crédibilité fortement ébranlée et l’apparition de nouveaux protagonistes au Sahel, la FC-G5S ne semble plus avoir le vent en poupe. La lutte contre le terrorisme au sahel est une entreprise globale qui ne manquera pas d’engager tous les acteurs sous-réseaux et régionaux.

Compte tenu des impératifs du moment, et au risque de se voir marginalisée, il s’avère indispensable pour la FC-G5S de se focaliser sur l’opérationnalisation de ses forces dans un cadre transnational pour garder sa centralité dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, en optimisant la concentration de ses efforts en vue de réunir les conditions favorables à une reconnaissance internationale qui tarde à venir, sans laquelle la Force G5 ne peut ni faire légalement usage de la force, ni prétendre à un financement du département des Opérations du Maintien de la Paix, et ce faisant, éviter de devenir un pendant des forces de l’UEMOA.

Par Colonel (R) Mohamed Lemine Taleb Jeddou
Source : Adrar Info (Mauritanie)

 

 

[Tribune] Présidentielle en Algérie : les derniers feux d’un système aux abois, par Adlene Mohammedi

Huit mois après les premières manifestations populaires, le pouvoir militaire algérien donne l’impression de tenir bon et entend imposer son élection présidentielle dans un contexte répressif.

Selon les mots de Lénine, une révolution triomphe quand « ceux d’en bas » ne veulent plus et « ceux d’en haut » ne peuvent plus. Cela décrit assez bien la situation actuelle : les Algériens ne veulent plus d’un régime corrompu qui les a méthodiquement méprisés et humiliés, et ce régime ne peut plus s’imposer à eux, comme il l’a fait depuis ses débuts.

Le bras de fer entre les manifestants – qui marchent avec la même vigueur et la même détermination qu’au début de la lutte en février – et l’état-major concerne désormais la tenue de la présidentielle prévue le 12 décembre. Un scrutin perçu par les dirigeants comme le moyen de tourner la page du soulèvement populaire et de sauver le régime.

Nous savions que le régime était cryptocratique et que le vernis civil des années Bouteflika masquait mal une réalité essentiellement militaire. Nous découvrons désormais un pouvoir militaire décomplexé qui, après avoir sacrifié quelques symboles – des oligarques, des politiciens et des proches de l’ancien président – , mène directement son dernier combat contre la volonté populaire.

Le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, semble bien être l’ultime gardien de ce pouvoir. Après avoir consciencieusement soutenu le « clan » Bouteflika et s’être accommodé d’un chef de l’État fantôme, il s’est donné pour mission de sauver le système et incidemment quelques intérêts privés qui lui sont arrimés. Cette tâche est sans doute trop ardue pour un homme qui a cruellement manqué de clairvoyance jusqu’ici.

Désordre moral dans les discours et les actes

En attendant sa fin inévitable, ce pouvoir moribond déploie sa capacité de nuisance sans tenir le moindre compte de ses propres règles. Il n’incarne pas l’ordre – face au désordre supposé des foules qui lui tiennent tête – mais l’arbitraire et la chienlit. Ce ne sont pas les militaires qui se cachent derrière les civils pour sauver les apparences, mais le gouvernement « chargé d’expédier les affaires courantes » qui se cache derrière les généraux pour hypothéquer clandestinement l’avenir du pays.

Dans cette bataille finale, le pouvoir compte bien exacerber le désordre moral qu’il a longtemps instillé. Par les discours et par les actes. Les discours sont ceux d’un chef de l’armée qui « désalgérianise » celles et ceux qui luttent légitimement pour l’éviction de ceux qui les ont trahis en prétendant gouverner en leur nom. Et voilà l’accusation de trahison par magie inversée !

Les généraux peuvent compter sur un climat international favorable, qui applaudit leur élection comme on applaudissait la prolongation du mandat de Bouteflika

Les actes sont ceux d’une police qui réprime les opposants. Et d’une justice aux ordres qui condamne à la fois ceux qui ont été sacrifiés par leurs anciens complices et ceux qui ont le malheur d’exprimer une idée dissonante ou de brandir un drapeau. L’oligarque véreux est ainsi confondu avec le militant téméraire.

En apparence, les généraux, qui font la pluie et le beau temps, sont en position de force. D’ailleurs, peut-être pensent-ils avoir le peuple à l’usure et pouvoir lui imposer le statu quo – et donc s’assurer l’impunité. Ils peuvent compter sur un climat international favorable, qui applaudit leur élection comme on applaudissait la prolongation aberrante du mandat de Bouteflika, et sur une élite autoproclamée – au mieux pusillanime, au pire corrompue – sensible au clairon de l’état-major, à savoir une cohorte d’affidés issus du régime, érigés en médiateurs ou en candidats, et de télégraphistes déguisés en journalistes.

Suicide du pouvoir

Cela ne suffira pas. Le suicide du pouvoir est peut-être bruyant, violent, long, lent… Cela reste un suicide. Le processus a commencé il y a longtemps, quand des décideurs ont jugé opportun de faire élire une photo, un cadre, s’autonomisant du peuple jusqu’à l’absurde. Ce processus risque fort de s’achever quand le scrutin de décembre sera annulé. Que pourront-ils bien inventer après trois élections présidentielles avortées la même année ?

Tandis que les membres du gouvernement, les « médiateurs » et les faux candidats rasent les murs, les manifestants répètent tous les mardis et tous les vendredis que cette élection n’aura pas lieu. Ils ont innové, le 13 octobre, en s’emparant massivement des rues pour contester la nouvelle loi sur les hydrocarbures, adoptée en Conseil des ministres. Les Algériens n’ont donc pas besoin d’un isoloir fourni par leurs bourreaux pour s’exprimer. « En haut », on pense pouvoir organiser une énième élection sans eux. « En bas », on veut un futur sans malfrats à la tête de l’État.

Source : jeuneafrique.com

 

Le duumvirat et la dyade

Le duumvirat et la dyadeLe Calame - L'autre jour, nous nous amusions des cousins et moi, Mrabih, Cheikh Elwely et Bomba Ould Cheine, au sujet de la nomination de l'un d'entre nous comme président du groupe. Et comme on n’arrivait pas à se départager, je leur ai proposé le duumvirat qui veut dire un pouvoir avec deux chefs.

Quelques temps plus tard, je reçus et comme par hasard la photo de Ould Ghazwani avec celle d’Aziz qui sortait carrément de son front. Et qui n'était en réalité que son cerveau autrement dit sa faculté pensante.

Ceci me rappela la dyade qui veut dire, selon le Larousse, un couple de deux idées ou de deux principes complémentaires. Cela explique parfaitement ladite situation. Résumons-nous, Ghazwani et Aziz ne font qu'un et ce pour plusieurs raisons

1-Chacun d'eux le dit et le revendique haut et fort et ce depuis plus de dix ans.

2- Que les uns et les autres disent le contraire, ou plutôt rêvent, ou prétendent le contraire, rien n'altère ni ne dément ce qu’ils affirment eux-mêmes, que nous nous vivons quotidiennement et que confirment leurs attitudes et leurs agissements.

Deux anecdotes illustrent mon argumentation: Aziz, grièvement blessé et gisant sur son lit de mort, Ghazwani lui est resté fidèle jusqu'au bout.

La seconde, c'est celle du jour de la passation du pouvoir, pour qui sait lire les traits du visage, les expressions et la gestuelle, l'homme Ghazwani était si ému, sa gorge si serrée, qu’il évita de justesse les larmes en évoquant son ami et leur parcours ensemble.

Soyons lucides et conséquents ne serait-ce qu'avec nous-mêmes. Ils sont simplement deux frères siamois avec deux corps et une seule tête. Le reste n'est qu'illusion, rêve et fantasmagorie.

Sid'Ahmed Ould Eleya El Ammoni
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Langue officielle: pourquoi l'arabe? Pr ELY Mustapha

Langue officielle: pourquoi l'arabe? Pr ELY MustaphaPr ELY Mustapha - Sans une langue officielle, unificatrice et de dialogue, il n’y a pas d’Etat. Sans le respect et l’enseignement de toutes les langues du pays, il n’y a pas de Nation.

La Constitution française ne reconnait aucune autre langue officielle que le français, et elle fait depuis 2008, une simple référence aux langues régionales par l’insertion d’un nouvel article 75-1 mentionnant que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». La France a signé mais non ratifié la Charte européenne des langues régionales et minoritaires de 1992.

Le Conseil constitutionnel ayant déjà par le passé considéré qu’elle est incompatible avec l’article 2 de la Constitution stipulant que « la langue de la République est le français ».

Et pourtant les langues régionales en France sont bien plus importantes en nombre qu’en Mauritanie. Les langues dites d’oïl, dans la moitié nord de la France et l’occitan, une mosaïque d’idiomes, d’une richesse territoriale infinie.

Allons-nous être plus royalistes que le roi ?

Pourquoi la France, dont nous revendiquons la langue pour nous servir de langue officielle, n’a-t-elle pas adopté le breton, le normand, le basque, le corse, ou même l’allemand standard, langue régionale d’Alsace-Moselle, comme langues officielles ?

Pour la simple raison que nous avions citée en début de cet article : « sans une langue officielle, unificatrice et de dialogue, il n’y a pas d’Etat ! »

En Mauritanie nous avons donné une place privilégiée à toutes nos langues. L’article 6 de la Constitution de Juillet 1991, telle que modifiée dispose que : « Les langues nationales sont l'Arabe, le Poular, le Soninké et le Wolof; la langue officielle est l'arabe. »

Qu’allons-nous donc chercher hors de ce patrimoine linguistique ? Une langue étrangère pour nous servir de langue officielle ?

La langue arabe, la quatrième langue la plus parlée dans le monde. L’une des quatre grandes familles de langues africaines, la langue la plus parlée sur le continent africain avec plus de 150 millions de locuteurs natifs. Langue de culture et de religion.

N’est-ce pas là, pour le commun des mortels, une question irrationnelle ?

Certes. Mais il y a des réticences. Et qui ne sont cependant pas une vue de l’esprit. Et elles trouvent nombre de justifications et s’expliquent par des craintes compréhensibles qui n’ont, hélas, pu trouver ni réponse ni solutions. Pour connaitre les effets, remontons aux causes.

Lorsque l’on parle, de réforme de tout système éducatif, les yeux sont braqués sur la langue.

C’est autant dire qu’ils ne peuvent la voir que si on la tire. Mieux encore on l’étale. "Uniglottes", "biglottes", "polyglottes" se font un devoir de penser que sans la langue, il n’y a pas de salut au palais de la connaissance. Mais quelle langue, faut-il tourner sept fois dans sa bouche avant d’en user ?

La langue est d’une importance capitale. Elle est le vecteur de la connaissance et du savoir.

Le débat actuel autour de la langue est biaisé par le fait que si la réponse recherchée est bien claire, les questions par contre sont très mal posées.

Ainsi la question : « Pourquoi ne veut-on pas du bilinguisme en Mauritanie dans l’éducation nationale » est extrêmement mal posée.

Et sa réponse pour la redresser ne peut-être que : « toute personne douée de raison et de culture ne peut nier que le bilinguisme se doit d’être institué dans l’éducation en Mauritanie. » Il y va de la survie et du développement même du pays. L’enfermement linguistique est aussi fatal aux civilisations que le papier à mouche, aux mouches.

L’Ecole mauritanienne se doit de former les générations mauritaniennes dans toutes les langues. Les langues sont les clefs fondamentales du renforcement et de la compréhension entre les peuples et les nations.

Que le législateur impose d’enseigner dans nos écoles, le français, l’anglais ou toute autre langue européenne ou asiatique est en soi une initiative à saisir au vol. Les seuls critères dans le choix prioritairement de l’enseignement de ces langues sont :

- Leur intérêt pour la coopération et le dialogue avec les autres pays et prioritairement avec-nos pays africains frères frontaliers ou lointains. Ainsi dans ce cas le français et l’anglais, d’abord, mais aussi l’espagnol et le portugais s’imposent d’eux-mêmes.

- L’apport pour le dialogue et la collaboration avec les autres nations du monde et surtout celles qui ont des relations historiques avec notre pays et auxquels lient des accords de coopération judiciaires, économiques et financiers. Le français et l’anglais s’imposent encore, à côté de langues de pays qui prennent une dimension exponentielle dans l’économie mondiale, telle que la Chine.

- L’apport pour la compréhension et la défense des intérêts du pays face aux institutions financières publiques, nationales et internationales (Système financier et monétaire international, institutions de Bretton Woods ). L’anglais est là une langue très importante.

- L’apport au rayonnement économique et culturel du pays, qui ne peut se faire qu’en passant d’abord par la langue et la culture des autres. On ne promeut pas sa culture en usant de sa propre langue. Dans cette optique, l’enseignement de toutes langues, notamment celles des Nations-Unies, s’impose par lui-même.

En définitive oui, l’école mauritanienne se doit d’être principalement bilingue. Accessoirement trilingue ou « polylingue », les limites ne doivent être que l’intérêt que revêt l’enseignement ou l’apprentissage de telle ou telle langue pour le pays, tel que souligné dans les points précédents.

Toutefois, il ne faut pas confondre bilinguisme (ou polylinguisme) de la nation et le monolinguisme officiel de l’Etat.

Le bilinguisme de la nation sauvegarde et développe les intérêts économiques, sociaux, culturels et internationaux spécifiés.

Le monologuisme officiel de l’Etat sauvegarde et protégé la cohésion et la continuité des institutions administratives de l’Etat. En assurant, l’uniformité de la langue de travail, de la langue de communication et la compréhension de tous de l’action des autorités publiques.

Lorsque la constitution dispose que la langue officielle de l’Etat mauritanien est la langue arabe. Cela signifie que les actes publics, les interventions publiques en sommes le vecteur de la communication de l’Etat avec ses citoyens est la langue arabe.

En effet, sans une langue officielle commune, c’est à la fois le dédoublement des actes, c’est l’incompréhension linguistique entre les acteurs publics. Celui-ci parlant le français ou l’anglais celui-là parlant l’arabe et personne ne peut émettre un acte matériel (documents administratifs et officiels) ou engager une communication compréhensible par l’autre.

Et la bonne justice impose que tous les citoyens soient traités également à travers les actes officiels qui les concernent dans une transparence que la pluralité des actes, leur traduction si elle est engagée mettra certainement en cause.

Aussi si pour arriver à l’unité du système administratif et d’information de l’Etat et pour désigner quelle sera la langue officielle de l’Etat mauritanien, ce sera incontestablement la langue arabe.

N’est-il pas curieux, en effet, que sur les plateaux dans nos médias officiels, le journaliste pose des questions en français au négromauritanien (ou au maure qui ne comprend pas l’arabe) qui répond en français et au maure (ou au négromauritanien qui ne comprend pas le français) des questions en arabe et réponde en arabe.

Le premier ne comprenant pas ce que dit le second et inversement et l’auditeur ne comprendra que la moitié du débat et peut-être moins. Mettons cela à l’échelle de l’Etat et l’on pourra saisir l’ampleur de la catastrophe pour la Nation.

Avoir une langue commune de dialogue à l’échelle officiel est un impératif. Il y va de la compréhension et de la cohésion de tous, mais aussi de la bonne gouvernance.

Et quelle langue s’impose le mieux dans le contexte mauritanien ? Il ne fait pas de doute que c’est la langue arabe pour des considérations multiples que l’on a développées dans un article précédent (voir : Pour une Mauritanie plurilingue : esquisse d’une solution. https://haut-et-fort.blogspot.com/2007/09/pour-une-mauritanie-plurilingue_6399.html )

Mais, si au vu des éléments évidents développés, l’arabe doit jouer son rôle de langue officielle, la question fondamentale est : pourquoi remet-on en cause de cette langue comme langue officielle de l’Etat mauritanien?

Si l’on simplifie, l’on peut dire que les raisons à cela peuvent être ramenées au rattachement de cette langue, consciemment ou inconsciemment, à :

- un courant politique

- un courant extrémiste

- une volonté d’assimilation

- un mouvement rétrograde

1.Le rattachement de l’arabe à un courant politique

Lorsque l’on examine les argumentaires de ceux qui rejettent la langue arabe, on y retrouve une référence explicite aux mouvements militants ou panarabes pour lesquels l’arabe est la langue du pays tout entier. Les Nasséristes, les Baathistes, pour ne citer que ceux-là placent l’adoption de la langue arabe au centre de leur lutte.

Les dernières années qu’à vécues le pays, notamment celle d’une arabisation à outrance et forcenée souvent appuyée par ces mouvements panarabes ou par ceux de leurs girons, a imprimé à ceux-là même qui refusaient l’arabe, un argumentaire supplémentaire pour la rejeter.

La violence avec laquelle cette langue a été introduite dans le système éducatif et les exclusions qu’elle a engendrées, n’ont pas été favorables à son acceptation.

Ceux qui ont mis en place ces réformes, l’ont fait loin de toutes considérations pour le pays et le respect des idéaux de la population. Ils ont mal servi la langue arabe sur une terre sur laquelle elle est, elle-même, un symbole de tolérance.

Ceux qui prônaient l’intolérance des « arabes » de Mauritanie et leur politique agressive dans la gestion de l’Etat ont trouvé un filon inépuisable qui leur a permis de s’inscrire en faux par rapport à cette politique, d’en faire un cheval de bataille par lequel souvent ils s’en sont servi pour émouvoir la communauté internationale.

Voici le premier tableau négatif. La stratégie d’enseignement de la langue arabe de ces dernières années a d’autant été rejetée qu’elle a encore ternie celles à venir.

2. Le rattachement de cette langue à un courant extrémiste

Ce n’est pas l’air du temps qui démentira. Tous ceux qui ont commis des attentats extrémistes sont souvent des arabes ou assimilés à des arabes. Les arabes et par assimilation, les « arabisants» sont donc dangereux.

La langue arabe serait la langue de l’extrémisme. C’est le 11 septembre de l’éducation.

Pourquoi apprendrions-nous à nos enfants une langue qui est celle des extrémistes. Ne serait-elle pas une langue qui développe en elle-même un syndrome d’intolérance et de violence?

Idées occidentales développées à la veille d’un certain attentat et qui inconsciemment peuplent le sommeil de ceux qui n’en sont pas encore réveillés.

Simplification hasardeuse des choses qui prend sa source dans une désinformation généralisée qui, malheureusement, est confortée par la réalité amère et violente de ces derniers jours.

Mais la langue arabe, n’a jamais été la langue de la violence. C’est une langue de paix et de tolérance. Et il n’est point ici utile de rapporter le flot infini des humanités de cette langue qui couvre des siècles et des siècles de ressources inépuisables.

Ce serait une offense aux esprits de la civilisation universelle. Ce serait en effet, un irrespect manifeste vis-à-vis de cette langue et des civilisations millénaires qu’elle a engendrées que de s’échiner à montrer ses vertus et ses richesses.

3. Le rattachement à une volonté d’assimilation

Ce que craint toute culture c’est qu’elle ne soit assimilée par une autre plus importante ou plus puissante dans son rayonnement humain ou géographique. La disparition d’une culture est toujours un drame pour l’humanité. Ceux qui rejette la langue arabe comme langue officielle, craignent cette assimilation qui est interprétée dans le sens de l’affaiblissement de leur culture et en fin de compte à sa disparition face à une culture dominante véhiculée par la langue arabe. Cette attitude est-elle justifiée, on pense bien-sûr que non.

En effet, les langues nationales se devant d’être enseignées et développées ne perdront ainsi ni leur place ni leur importance dans l’espace culturel national. Au contraire elles s’enrichiront mutuellement et rempliront le rôle qu’elles ont toujours joué : le dialogue. Et lorsque le dialogue existe, il n’y a point d’assimilation mais enrichissement par les différences.

Toute l’histoire de la sous-région a montré que les langues et les cultures ont toujours coexisté. Et cette affirmation d’assimilation n’a pris son essor que face à l’instrumentation de la langue arabe par des régimes et des groupes politiques qui en porté moralement, physiquement et matériellement préjudice à la constituante négro-africaine mauritanienne ont accrédité cette liaison entre langue arabe et assimilation. Or ni la langue arabe n’est véhiculatrice d’assimilation, ni les cultures des différentes communautés mauritaniennes n’en sont dans un situation d’assimilation les unes des autres mais, depuis toujours, dans un mouvement perpétuel d’enrichissement mutuel.

En faisant disparaître la crainte générée par des pratiques politiques récentes, on réajustera l’attitude des uns et des autres, face à la langue arabe.

4. La langue arabe engendrerait un mouvement rétrograde

S’il est une attitude des plus injustifiées et qui met dans le ridicule absolu ceux qui l’adoptent est celle de considérer que la langue arabe est une langue rétrograde. Une langue qui ne sied ni au développement ni à l’ouverture sur les sciences et le savoir modernes. Et par conséquent sont adoption dans le système éducatif ou en faire une langue officielle constituera un handicap au développement du pays et à son ouverture sur le monde. En somme la langue arabe est un frein au modernisme.

Le ridicule d’un tel raisonnement n’a d’équivalent que le degré d’ignorance, de la langue arabe elle-même et de la civilisation arabe, dans lequel se trouvent ceux qui le tiennent

Tout cet espace ne suffirait pas à démontrer l’amplitude de cette erreur, mais une chose est certaine, la langue arabe est un vecteur certain de développement, de modernisme et il ne tient qu’à ceux qui l’utilisent de rejeter toute volonté de réduire son rayonnement national et international.

Qu’on se le dise donc pour le salut de ce pays et l’entente des générations futures: sans une langue officielle, unificatrice et de dialogue, il n’y a pas d’Etat. Sans le respect et l’enseignement de toutes les langues du pays, il n’y a pas de Nation.

Et jusque-là nous avons un Etat, mais pas de Nation.

Pr. ELY Mustapha

 

Déclaration de politique générale du PM : 8/20, copie à revoir avec avertissements sévères !

Déclaration de politique générale du PM :  8/20, copie à revoir avec avertissements sévères ! Dahaba Djibril Diagana - Rien de concret, il saute du coq à l’âne.

Pas de chiffres, pas de prévisions, trop de littérature. En dehors de 1000km de construction et de réhabilitation de route, 300 km de voiries urbaines, 40 000 jeunes bénéficiaires de formations professionnelles, 20% du budget sera consacré à l’éducation à l’horizon 2024 (très subjectif), reboisement de 1 500 ha / an, 23 centres et 52 points de santé. Et quoi d’autre ? C’est tout !

- La cohésion sociale et la justice sociale très légèrement abordée.

- l’emploi de façon générale et celui des jeunes ne semble pas être une priorité comme le prétend le ministre de tutelle.

- Pas un mot sur la Diaspora !

- Pas un mot sur l’esclavage et le passif humanitaire (bombes à retardement)...!

Très décevant !

Il y a tout de même quelques bonnes idées mais trop faibles par rapport à la demande populaire.

Nous voulons du nouveau souffle, un pays moderne sur le chemin du développement et de la postérité économique et sociale, pour cela il faut une grande, bonne et réelle vision et beaucoup de courage adéquat aux attentes des citoyens...Hélas !

Source : Dahaba Djibril Diagana

 

L'Afrique du Sud piétine la mémoire de Nelson Mandela et a la mémoire courte

L'Afrique du Sud piétine la mémoire de Nelson Mandela et a la mémoire courteCire Ba - De l'Afrique du Sud, parviennent d'insoutenables vidéos et images actuelles de meurtres, de destructions de biens de travailleurs migrants africains établis sur son sol. Je m'abstiens de les publier. Les auteurs de ces violences filmées y apparaissent en état second, déterminés et soulagés d'avoir « débarrassé » leur pays de « sangsues ».

Des scènes de populations autochtones noires et pauvres se livrant à des pillages systématiques de commerces d'étrangers qui leur ressemblent , les pourchassant dans les rues et avenues, les mutilant et les tuant.

Cette chasse au migrant africain inquiète. Elle s'est étendue pour la première fois, depuis plusieurs années qu'elle se répète, à plusieurs villes du pays de Madiba qui doit se retourner mille fois dans sa tombe.

Ici naturellement, le mot racisme est remplacé par xénophobie de grande ampleur. Le résultat est le même. Ne fermons pas les yeux, il n'y a aucune gène à dénoncer la barbarie. Elle est incolore et rien ne peut justifier cette folie collective et sélective. Surtout pas le chômage (de locaux qui rechignent à occuper certains emplois pénibles) qui a souvent bon dos partout dans le monde.

Désigné comme bouc émissaire, le travailleur migrant venu de pays voisins et du reste de l'Afrique noire, parfois du Pakistan, sert d'exutoire et doit endosser la responsabilité de l'échec du pouvoir politique qui n'a pas pu ou su améliorer les conditions de vie de la majorité noire depuis la fin de l'Apartheid.

Pour ne rien arranger, différentes corporations avaient appelé à une grande manifestation le 1er septembre 2019 contre des étrangers accusés de prendre l'emploi, de commettre des crimes et de vendre de la drogue. Cet appel a été entendu. Une surenchère indigne d'un peuple qui a bénéficié de soutiens d'autres peuples pendant les heures sombres de son histoire récente.

En Angola voisin, un autre pays de l'ancienne ligne de front, la situation des migrants ouest africains n'est guère plus reluisante. Régulièrement, la presse guinéenne fait état de meurtres de ses compatriotes installés en nombre et travaillant dans ce pays.

Ciré Ba - Paris