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Mauritanie-Sénégal : ce que cache la participation de Ould Ghazouani au forum sur la paix à Dakar

Mauritanie-Sénégal : ce que cache la participation de Ould Ghazouani au forum sur la paix à DakarKassataya - Le président mauritanien est l’invité d’honneur du président sénégalais Macky Sall au forum sur la paix et la sécurité en Afrique les 18 et 19 novembre prochain à Dakar. Un déplacement de Ould Ghazouani très attendu par les observateurs et notamment par la France qui abrite à partir d’aujourd’hui à Paris la deuxième édition de ce forum.

Le forum de Dakar auquel participeront les chefs d’Etat africains, de hauts gradé militaires français et africains et des chercheurs, vient à point nommé au moment où le Mali connaît une spirale d’attaques meurtrières contre des camps militaires par les Jihadistes.

Le bilan de la dernière attaque est très lourd. 49 soldats maliens tués et un soldat français et pour la première fois revendiquée par l’EI. Ajouter à cela la dernière attaque au Burkina Faso qui a fait plus d’une trentaine de morts.

Cette situation grave qui menace le Sahel et au-delà toute l’Afrique occidentale sera au centre des discussions les 18 et 19 novembre prochain à Dakar qui accueillera les chefs d’Etat africain dont le président mauritanien très attendu dans la capitale sénégalaise.

Ould Ghazouani qui vient d’être élu est avant tout un invité d’honneur mais il est plus que ça compte tenu du fait que la Mauritanie est leader du G5 dans la lutte contre le terrorisme.

Pour la première fois Nouakchott vient d’abriter le comité de pilotage Interpol du G5 Sahel. Ce partenariat fait suite à un deal passé entre les deux organisations pour le partage de renseignements sur le terrain et l’échange d’outils de surveillance ultra sophistiqués.

Par ailleurs la première promotion d’officiers supérieurs des armées du G5 Sahel est sortie le 27 septembre dernier à Nouakchott. En outre la Mauritanie c’est le seul pays dans cette bande sahélo-saharienne qui a signé un pacte de non -agression avec la nébuleuse Al Qaïda.

Nouakchott également joue un rôle important dans la paix au Nord du Mali comme en témoigne l’accord récent de cessez-le feu de deux factions rivales incluant une démilitarisation de la zone du Lemeb près de la frontière mauritanienne.

Et enfin la Mauritanie pourrait jouer un grand rôle dans la résolution de l’irrédentisme des touareg au Mali avec le projet de protectorat de l’AZAWAD entre le Mali l’Algérie et la France et sous tutelle de Nouakchott. Ould Ghazouani détient ainsi plusieurs cartes sous régionales qui font de lui un négociateur incontournable.

La présence mauritanienne est importante pour la France qui soutient ce genre de rendez-vous très utile pour la sécurité de ses soldats de la force Barkhane. Paris qui abrite à partir d’aujourd’hui la deuxième édition de ce forum est la cible principale au Sahel des Jihadistes par ricochet le Mali et le Burkina Faso, les deux maillons faibles du G5 Sahel.

Ce forum permet également à Paris de vendre ses armes. C’est l’autre face de la puissance militaire française dont l’appétit dans ce domaine n’est plus à démontrer.

Enfin pour le président sénégalais qui accueille ses homologues africains c’est une belle occasion de redorer son blason pour l’élargissement du G5 Sahel à son pays et le Maghreb pour des raisons évidentes géopolitiques et ensuite la Libye et la Tunisie d’où partent les jihadistes disséminés dans le sahel et dans l’EI.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Autour d’un thé : Bilan

Autour d’un thé : BilanLe Calame - Si tu vois que les gens sont aveugles, dit l’adage populaire, « épingle » ton œil. Un autre nous dit encore que la mort parmi les dix est un plaisir. Alors, moi, je vais épingler mon œil et mourir parmi les dix, en réclamant le bilan des cent jours du président Mohamed Ould Cheikh Ghazwani, sans même savoir pourquoi cent et pas deux cents, quatre cents ou mille, voire carrément attendre la fin du mandat, pour savoir où sommes-nous allés, si jamais l’on soit parti.

Bref, c’est juste pour faire comme les autres : les Français, les Américains, les Anglais, les Sénégalais, les Burundais. Oui, oui, faire comme les autres…mais pas exactement. Il paraît que le Président a demandé à ses ministres de lui dresser le bilan.

Un peu comme dans une partie de belote, quand un joueur te demande : c’est quoi le bilan ? Vous savez, entre le jeu et le sérieux ; il n’y a pas grande frontière. Ou l’on est dans l’un ou l’on est dans l’autre. C’est comme ça.

Cent jours après départ de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz et l’arrivée de Mohamed Ould Cheikh Ghazwani. L’un est parti. L’autre est venu. Il y a eu quelques conseils de ministres. Une centaine de nominations.

Le nouveau boss a voyagé deux fois à l’étranger. Deux à trois pluies à Nouakchott, les Mourabitounes locaux disqualifiés de la CHAN, des dizaines d’accidents mortels sur les routes nationales.

L’année scolaire a commencé il y a un peu moins d’un mois. Un défilé de quelques personnalités de l’opposition et de la société civile à la Présidence. Certains venant après les autres. Il y a eu le changement du siège de l’UPR d’une maison à une autre.

Le G5 Sahel a chèrement payé le sien à cinq cents millions d’anciennes ouguiyas dont cent millions sont encore wanted, quelque part en balade dans quelques poches occultes. Il y a eu le remplacement du vice-président de l’Assemblée Nationale, le limogeage de l’administrateur directeur général de la SNIM, beaucoup de vols et de viols.

Les ministres continuent à « ministrer », Le Président à « présider ». Les états-majors toujours à leur place, tout comme le BASEP et la Banque centrale. Il y a eu des mouvements dans la police et dans le Groupement général de la sécurité routière.

Les résultats de certains concours nationaux ont été publiés, d’autres pas encore. Il y a eu la sortie d’une promotion de la Garde nationale, de fortes inondations au Guidimakha, les manifestations des bacheliers de plus de vingt-cinq ans se poursuivent. Certains ministres ont voyagé.

D’autres pas encore. Un petit groupe du ministère des Finances et de la Banque mondiale sont allés « cravacher » soixante millions à Washington. Cent jours après le départ de l’un et l’arrivée de l’autre, les vendeurs ambulants des marchés de Nouakchott sont toujours là. Les voituriers stationnent toujours abusivement.

Les faux-médicaments toujours dans les rayons des officines. Les aliments et boissons périmés toujours achalandés dans les épiceries. Les délestages intempestifs n’ont pas encore diminué. Les amoncellements d’immondices croissent dans tous les quartiers de Nouakchott.

C’est à ne pas oublier que certains ministères ont changé leur écriteau et la direction de quelques-unes des portes de leurs bureaux. Les ânes, les chèvres et les badauds se promènent toujours « fièrement » en plein centre-ville.

La commission lunaire a changé de tutelle : adieu le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation et bonjour celui des Affaires islamiques ! Dans le bilan des cent jours, il y aura la célébration du Mawloud à Chinguetti et celle de l’Indépendance à Akjoujt. Respectivement pour un budget de quelques centaines de millions et de deux milliards.

C’est quand même quelque chose. Petite anecdote : à quelques encablures de l’école fondamentale où le président a donné le coup d’envoi de l’année scolaire en cours, des centaines de petits enfants ânonnent sous les toits croulants et vétustes de quelques baraquements d’infortune. Mais c’est vrai : cent jours, ce n’est pas beaucoup. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

L'Editorial du Calame : Lettre ouverte à Ghazwani

L'Editorial du Calame : Lettre ouverte à GhazwaniLe Calame - Monsieur le Président, vous fêterez très bientôt vos cent premiers jours à la magistrature suprême.

Un délai communément admis dans le Monde pour dresser le premier bilan d’un nouveau chef d’Etat. Pourquoi cent ? Un seuil psychologique choisi probablement au hasard et qui ne représente pas grand-chose des cinq ans (ou plus) que vous passerez à la tête de notre république.

Mais je sacrifierai, moi aussi, à ce rituel, même si je reste persuadé qu’il faudra beaucoup plus de cent jours pour seulement avoir une idée du gâchis dont vous avez hérité.

Choisir les hommes, mettre de l’ordre, redresser sont au moins trois paires de manches. Vous ne savez sans doute pas par où commencer, tant la tâche paraît ardue. Mais vous devez d’abord surmonter une difficulté et non des moindres. Ould Abdel Aziz est votre ami, pour ne pas dire alter ego, vous avez longtemps cheminé ensemble, il a contribué à votre élection et vous ne pouvez pas, d’un revers de main et malgré l’extrêmement lourd passif, jeter le bébé avec l’eau du bain.

Vous aurez donc besoin de tout votre talent de stratège pour naviguer entre des eaux tumultueuses et éviter les écueils que ne manqueront pas de poser, sur votre chemin, ceux qui n’ont pas intérêt à ce que la roue tourne. Vous avez commencé timidement : personne ne peut vous le reprocher. Votre culture tout en retenue vous empêche de faire des vagues. Mais, monsieur le Président, il y a urgence en certains domaines.

Certes, vous n’avez pas de baguette magique ; pourtant il en faut une. Votre prédécesseur a commis tant de dégâts qu’il faut se révéler sorcier pour voir clair en une situation si ambigüe, opaque, (que dire ?). En voici des exemples et la liste n’est pas exhaustive.

L’école a été laissée pour compte pendant plus de dix ans. Que dire de la santé, infectée par les mauvaises pratiques et intoxiquée par les médicaments périmés ? La justice ? Inféodée à l’Exécutif. L’eau et l’électricité qui ont englouti des milliards ? Elles ne sont pas assurées à tout le monde. Les infrastructures routières ? Malgré tout l’argent dépensé, elles sont dans un état déplorable. L’économie ? Vous héritez d’une dette de cinq milliards de dollars, soit près de 94% du PIB, 1132 dollars par tête d’habitant. Les marchés publics ? Toujours attribués aux mêmes. Le secteur privé ?

Plus que l’ombre de lui-même : au lieu de l’encourager, l’Etat lui a fait la guerre, dix lourdes années durant. Les exemples de gabegie et de malversations ne manquent pas, il serait fastidieux de les citer un à un. Vous en avez été certainement informés. Une chaîne qu’il faut briser au plus vite. Comme vous avez brisé une barrière psychologique, en recevant les leaders de l’opposition et les hommes avec qui vous avez croisé le fer lors de la dernière présidentielle.

Un premier pas non négligeable sur la voie de la décrispation de la scène politique. Mais beaucoup de choses restent à faire. On attend tous le Messie. Il vous faudra sans doute commencer par mettre les choses au clair à ce sujet. Au plus vite, pour éviter des quiproquos et d’incongrus reproches. Vous n’aurez donc jamais à nous décevoir de ne pas être un autre.

Et plutôt, je vous l’espère sincèrement, à nous réjouir de vous constater, dans vos œuvres et services, tout simplement vous-même.

Ahmed Ould Cheikh
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Mauritanie : les faux diplômes étrangers refont surface à Nouakchott

Mauritanie : les faux diplômes étrangers refont surface à NouakchottKassataya - L’arrestation d’un faux médecin étranger cette semaine à Nouakchott relance le débat sur les faux diplômes en Mauritanie. Un véritable danger pour la fonction publique d’un pays où se vendent des écoles, des pharmacies et des cliniques.

C’est l’ancienne ministre de la fonction publique sous le régime de Ould Aziz qui avait révélé le scandale des faux diplômes dans son département. Coumba Bâ avait brisé le tabou en indexant que 70 pour cent des fonctionnaires sont titulaires de faux diplômes.

C’est une situation grave dont les causes remontent à 89 où des centaines de hauts fonctionnaires sont déportés au Sénégal et au Mali libérant ainsi plusieurs postes. Et c’est durant le deuxième mandat de Ould Aziz que ce fléau est sorti de l’ombre.

Une commission d’authentification et d’équivalence a été mise en place. Et sur 110 diplômés 30 seulement sont authentifiés. Une triste réalité dans un pays où se vendent facilement des écoles encouragées par l’ancien président, des pharmacies et des cliniques comme des boutiques.

Ils sont aujourd’hui nombreux des docteurs dans tous les domaines détenteurs de masters et d’autres troisièmes cycles occupant de hautes fonctions dans l’administration en grande partie.

Dans le privé ce phénomène est plus visible dans les cliniques et concernerait les médecins étrangers comme c’est le cas de ce faux médecin étranger arrêté cette semaine dans un quartier périphérique de Nouakchott.

Cette traque ne doit pas viser que les étrangers. Une alerte pour le nouveau gouvernement à passer au peigne fin tous les diplômés de la fonction publique en activant la commission d’authentification.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

L'Editorial du Calame: Partis en fumée

L'Editorial du Calame: Partis en fuméeIl est, en Mauritanie, une règle immuable depuis la nuit des temps républicains. Chaque fois qu’un président se fait remplacer, de gré ou de force, le parti qu’il a fondé ex nihilo est convulsé de spasmes ; autrefois nombreux et disciplinés, ses militants se raréfient puis disparaissent ;

jusqu’alors aux premières loges, ravis des grâces du Seigneur, ses chefs se font de plus en plus petits ; son siège qui ne désemplissait pas ressemble désormais à une maison hantée où personne ne veut poser pied ; même ses élus n’en revendiquent plus l’obédience.

On connut tel scénario avec le Parti du peuple mauritanien du père fondateur, les Structures d’Education des masses de Haïdalla, le PRDS de Maaouya et, dans une moindre mesure, l’ADIL du président Sidioca. Et le voilà en notre quotidien contemporain, avec l’UPR, le parti qu’Ould Abdel Aziz porta sur les fonts baptismaux. Premier à porter l’estocade, un transfuge d’APP, ancien député UPR.

Avec un énorme pavé dans la mare, en déclarant ouvertement que ce parti doit « se tourner vers l’avenir ». Au moment même où l’on évoquait, avec insistance, l’imminent retour d’Aziz pour présider le congrès de l’UPR et en prendre la tête ! Petit tollé rapidement étouffé.

Les partisans du comeback – ils ne sont pas nombreux… – mettent de l’eau dans leur zrig. Le président du comité provisoire de gestion du parti, qui a hérité d’un ‘’bon’’ morceau, ne pipe plus un mot.

Pire, chacun peut constater, lors de la dernière réunion de ce comité, la disparation, comme par enchantement, de la grande photo du « président-fondateur » qui ornait le mur de la salle de conférence. Un fait dont les réseaux sociaux et la presse se sont fait largement l’écho.

Les Mauritaniens, vous dis-je, ont la mémoire courte et la reconnaissance n’est pas leur qualité première. Aziz, qui se retourna, dès son élection, contre ceux qui l’avaient fait roi, est en train de périr à son tour par l’épée de l’opportunisme.

A ce rythme, quelques mois suffiront à ne plus laisser, de ce parti, que le nom et le souvenir de « plus d’un million d’adhérents » fictifs. Tout comme un certain PRDS dont « tous les Mauritaniens étaient membres » et qui, au soir d’un certain 3 Août 2005, entama sa descente aux enfers, avant d’être enterré dans les oubliettes de l’Histoire.

Ould Abdel Aziz aura-t-il plus de chances que ses prédécesseurs ? Saura-t-il maintenir son parti en vie après son départ du pouvoir ? Ses soutiens entretenir la flamme ? Rien n’est moins sûr, au vu du lourd héritage qu’a laissé l’homme derrière lui.

Et des frais diluviens d’entretien d’une telle cour de courtisans si sensibles aux faveurs sonnantes et trébuchantes…

Il dispose certes d’un épais matelas de devises méthodiquement glanées sur le dos du pays et ce ne serait pas superflu qu’une partie de ces revenus indus circule un tant soit peu en Mauritanie mais, bon, chaque jour qui passe réduit inexorablement l’hypothétique rendement d’un tel investissement. Dieu merci!

Ahmed Ould Cheikh
Source : Le Calame (Mauritanie)

Mauritanie : les rivalités politiques renaissent au sein de la CVE

Mauritanie : les rivalités politiques renaissent au sein de la CVEKassataya - Les thèses complotistes au sein de la CVE relayées cette semaine par les réseaux sociaux inquiètent les observateurs qui pointent des rivalités politiques anciennes entre les différents leaders des partis afro-mauritaniens. Cette renaissance risque de compromettre le dialogue politique de l’opposition avec le pouvoir.

Les mauritaniens sont abreuvés ces dernières semaines de feuilletons politiques sur la crise politique des partis de l’opposition mauritanienne après les présidentielles du 22 juin dernier. Après l’UFP c’est la coalition VE qui met au grand jour des rivalités politiques internes. C’est l’une des conséquences néfastes après la crise post-électorale.

Les leçons que la CVE livre deux mois après ne sont pas bonnes pour une opposition qui vient de révéler tous ses secrets d’une union bien négociée par ses comploteurs. Leurs thèses sont relayées à cœur joie cette semaine par les réseaux sociaux pour désigner coupable l’aile radicale représentée par l’AJD-MR et les FPC opposés à la création d’un parti.

La réponse de Ibrahima Sarr est catégorique. Son parti ne fera pas partie d’une CVE nouvelle version structurée préférant l’ancienne formule qui a permis à la CVE d’aller aux dernières présidentielles.

C’est une prise de position qui prône ainsi l’indépendance de l’AJD-MR et son implantation sérieuse dans la capitale et à l’intérieur du pays. La gravité de cette crise ouverte entre ceux qui se réclament la paternité de la CVE et les frondeurs de l’union réside dans le cynisme des premiers qui avaient caché leur agenda.

Les FPC abondent également dans ce sens en s’opposant à ce projet considéré comme une manœuvre astucieuse de l’implantation de la CVE dans un communiqué diffusé cette fin de semaine.

L’autre enseignement fait peser les inquiétudes des observateurs sur la crédibilité des leaders de la vallée qui ont encore cinq ans pour montrer autre chose que des contradictions internes.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : Ould Ghazouani zappe les leaders de la vallée

Mauritanie : Ould Ghazouani zappe les leaders de la valléeKassataya - Les observateurs sont surpris du silence abasourdissant qui entoure l’invitation au moins d’un leader de la vallée par le président mauritanien.

Plus d’une semaine après ses entretiens avec Ould Boubacar ce zapping présidentiel est considéré par l’opinion publique comme une atteinte à l’unité nationale et à la cohésion sociale. En tournant le dos aux partis afro-mauritaniens le président mauritanien compromet le dialogue politique en perspective avec l’opposition durant son quinquennat. La normalisation en cours apparaît ainsi comme un saupoudrage à l’unité nationale et une fuite en avant dans la résolution de la cohabitation.

C’est un retour à la diabolisation du leader Ibrahima Sarr qui dirige aujourd’hui le seul parti reconnu parmi les leaders de la coalition VE, l’AJD-MR qui s’est rapproché ces deux dernières années avec les FPC de Samba Thiam.

Sans doute cette union de forces patriotiques de la vallée est mal vue par l’entourage panarabe extrémiste du nouvel homme fort de Nouakchott.

L’initiative de recevoir les leaders des partis de l’opposition n’est pas mise en cause mais c’est la discrimination qui en découle. Pour preuve l’ancien premier ministre et candidat Ould Boubacar n’a pas de parti.

Deux poids deux mesures qui cachent une volonté du nouveau président à suivre les traces de ses prédécesseurs. La stigmatisation de la coalition VE durant la crise post-électorale est édifiante à cet égard.

Les observateurs s’interrogent sur l’absence de jugement de plus d’une dizaine de militants et sympathisants prisonniers dans la vallée dont en première ligne l’instituteur Ghali Sall originaire de Lixeiba.

Alors que le dossier de la poursuite judiciaire de l’opposant exilé Bouamatou sera définitivement levée avant le 28 novembre prochain. Une grande tache noire sur les premiers mois de gouvernance qui risque d’aggraver la double fracture nationale et sociale.

En zappant les leaders de la coalition VE Ould Ghazouani s’attire davantage d’ennemis. Et cette posture est en contradiction avec la déclaration qu’il est le président de tous les mauritaniens. Une atteinte à la cohésion sociale qui ne présagera rien de bon pour le pays d’ici 5 ans.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

Mauritanie : le recrutement de prestataires enseignants fait polémique

Kassataya - L’annonce cette semaine par le gouvernement d’un recrutement de 5030 enseignants et professeurs focalise l’attention des observateurs. Le libellé d’un recrutement de prestataires individuels de services d’enseignement en dit long des besoins pressants de l’éducation nationale en matière d’enseignants et de professeurs.

En première ligne deux départements enseignement fondamental et de la réforme de l’éducation nationale, enseignement secondaire et la formation technique et professionnelle et un partenaire l’emploi, la jeunesse et Sports.

Cette synergie gouvernementale vise à réduire le chômage de 60000 jeunes diplômés chaque année. Une mesure d’urgence pour 3000 enseignants pour le fondamental et 2030 professeurs pour les collèges et lycées.

Pour les observateurs ce nouveau bataillon éducatif n’est pas armé pédagogiquement pour transmettre le savoir aux élèves faute d’une véritable formation. Il s’agit de prestataires de services pour combler le déficit d’enseignants dans un secteur où c’est le système qui est malade.

Une maladie congénitale qui nécessite une réponse structurelle pour corriger une arabisation à outrance responsable de la déperdition scolaire et des mauvais résultats dans tous les cycles en particulier les hécatombes chaque année des résultats du Bac.

La deuxième faiblesse de ce système qui perdure depuis des années c’est le complexe de l’enseignement général au détriment de l’enseignement professionnel. Il s’agira donc pour le gouvernement d’une refonte de l’éducation nationale la seule réponse pour dégraisser ce Mammouth vieillissant et qui coûte cher aux contribuables.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

Calam(ités) | El Kory Sneiba

Calam(ités) | El Kory SneibaLe Calame - Comme avant lui tant d’autres de notre planète commune, le peuple tunisien vient d’envoyer un message fort et éloquent, au premier tour de son élection présidentielle, le dimanche 15 Septembre dernier.

Vingt- six candidats y participaient et ce sont deux profils atypiques qui recroiseront le fer au second tour, dans quelques semaines : Kaïs Saed, un homme simple, usant de phrases simplistes pour se faire comprendre et écouter ; Nabil Karoui, un homme d’affaires en prison, accusé d’institutionnaliser la fraude fiscale, faire fuir les capitaux, user de contrebande et de blanchiment d’argent.

Deux hommes sans aucun ancrage politique ni théorie idéologique prometteuse de lendemains qui chantent mais ne semblent plus en chanter aucun peuple. Déjà l’élection d’un homme comme Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique ou d’Emmanuel Macron, en France, élu sans coup férir grâce à son Mouvement En Marche, a mis en évidence la déroute sans appel des partis historiques dont les discours généralement démagogiques ne font plus recette.

Les gens sont de plus en plus enclins à tendre l’oreille au spectaculaire populisme qui semble mieux prendre en charge leurs diverses et multiples revendications.

Ce vent de « dégagisme » et de ras- le-bol avait déjà soufflé à quelques encablures de la Mauritanie (l’élection en 2012 du président Macky Sall en est une parfaite illustration) sans que personne ici, pas plus en notre soi-disant élite politique que de nos fameuses personnalités indépendantes n’y ait pris garde.

Nos partis préférant continuer à s’enfoncer davantage dans leurs inextricables insuffisances et sempiternelles querelles de minaret et à s’engager, diaboliquement et sans aucune logique, en des pseudo-compétitions électorales dont ils se savent pertinemment sans aucune chance, ni de gagner, ni même de sortir honorablement.

Des participations répétitives qui ne servent, finalement, qu’à légitimer des mascarades en forme de satisfecits du système militarisé dont les chefs ont l’outrecuidance de se passer la main, sans vergogne ni crainte.

Un pays sans peuple. Sans élite. Sans opposition. Des trivialités que les gouvernements successifs ont très tôt comprises. Les Mauritaniens se « mangent » sur fond d’exacerbations intercommunautaires et débats idéologiques superflus… alors que leur pays se meurt.

De prétendues élites étalent leurs comportements et petits calculs mesquins jusqu’à faire déchanter tous ceux qui avaient cru, un jour, en leur capacité d’animer le moindre changement. Les rares éclaircies qui purent entretenir le mirage ne sont plus que de vagues souvenirs ordinairement rapportés avec beaucoup d’imprécisions. Les deux présidentielles de 1992 et de 2007 ont embrumé les plus légitimes espoirs.

Notre histoire contemporaine ne retiendra que de très graves et démocratiquement indéfendables positions de certains hommes sur lesquels beaucoup d’espérances étaient fondées. Dix ans durant, le régime de Mohamed ould Abdel Aziz a copieusement méprisé l’opposition démocratique et son institution.

Complètement découragés, plusieurs de ses chefs « emblématiques » ont fini par répondre aux sirènes tentantes des fauteuils moelleux dont ils étaient privés, depuis des décennies.

Ceux qui sont encore restés dans l’opposition (pour combien de temps encore ?) font du « gare à ta mère, ô dernier ! », vers le nouveau pouvoir de Mohamed ould Cheikh Ghazwani, et se télescopent, à la porte de la présidence et en ses salons, avec divers de leurs anciens camarades « convertis » depuis longtemps. On papote, on papote, et, presque deux mois après l’investiture du nouveau Président, rien de vraiment essentiel n’a été entrepris.

Comme l’a déclaré le tonitruant porte-parole du gouvernement, c’est quasiment la continuité du système azizien. Et ce n’est pas la nomination de son très controversé ministre de l’Economie et des finances à un poste aussi important que celui d’administrateur directeur général de la SNIM qui démentira celui-là.

Ghazwani a commencé à parler, voyage, nomme, reçoit à tort et à travers. Cela ne suffit évidemment pas : les Mauritaniens attendent encore et toujours le changement.

El Kory Sneiba
Source : Le Calame (Mauritanie)