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Chronique

Commission… médicale ?

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Alors qu’on la croyait morte et enterrée, la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur un certain nombre de dossiers et d’affaires louches qui ont émaillé la dernière décennie refait à nouveau surface. Devant les atermoiements du gouvernement, très hésitant avant de sauter le pas, on avait fini par croire qu’elle ne verrait jamais le jour. Et que les menaces d’Ould Abdel Aziz lors de sa dernière conférence de presse n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. L’ex-Président avait en effet laissé entendre que la mise en place d’une telle commission risquait d’avoir un effet boomerang préjudiciable à beaucoup de monde, y compris parmi ceux qui entendaient fouiner d’un peu trop près dans sa gestion ; catastrophique, soi dit en passant. La commission a été finalement portée sur les fonts baptismaux la semaine dernière, après de longs et houleux débats sur sa composition. L’UPR, le parti ayant la plus forte représentation parlementaire, cherchait à en avoir, non seulement, la présidence mais, aussi, la majorité des membres. Un vœu exaucé (5/9), tandis que la tête de file échoit à Yahya ould El Waghf, frais émoulu de l’opposition. Un choix loin d’être fortuit. Dernier Premier ministre de Sidioca renversé par Ould Abdel Aziz en 2008, Yahya fut en effet envoyé en prison par celui-ci, lors de l’affaire dite du « riz avarié ». Puis libéré sans que sa responsabilité ne soit établie et avant qu’il ne soit jugé dans le cadre d’un arrangement consécutif aux accords de Dakar. Si le moins qu’on puisse dire est qu’il a une vieille dent contre celui qui le jeta en prison et ruina sa réputation, il ne veut pourtant pas voir les choses sous cet angle. Dans une déclaration à la presse, Ould El Waghf tient à préciser que la commission n’a pas vocation à faire le procès de la décennie mais à juste se pencher sur divers secteurs, conformément à la mission du Parlement. Elle ne passera donc au peigne fin que le Fonds des revenus pétroliers, la vente des domaines de l’État à Nouakchott, les activités de la société de pêche Poly Hondong, la gestion de la fondation de bienfaisance de la SNIM, le marché d’électrification publique à partir de l’énergie solaire, celui de la gestion du quai des conteneurs du Port Autonome de Nouakchott et la liquidation de  la SONIMEX. Elle aurait pu s’intéresser aussi à Afroport à qui fut cédé gracieusement l’aéroport de Nouakchott, au foncier de Nouadhibou, au marché de la centrale duale de Nouakchott, au canal d’irrigation de Keur Macène, au barrage de l’Oued Seguelil, à la voirie de Nouakchott, à la liquidation de l’ENER, aux avions de la MAI, etc. La liste est longue des méfaits d’un pouvoir qui, tel un cyclone, a tout ravagé sur son passage, laissant, derrière lui, une ardoise salée – plus de cinq milliards de dollars de dettes ! –dont l’encours risque de grever sérieusement le budget de l’État au détriment des secteurs sociaux.

Les six mois impartis à cette commission pour éclairer notre lanterne seront-ils suffisants ? Aura-t-elle droit à un délai supplémentaire pour finaliser son travail ? Et, dans l’hypothèse où le rapport voit enfin le jour, sera-t-il suivi d’effet s’il s’avère que certains de ceux encore aux affaires ont trempé dans des malversations ? En attendant, prions pour qu’il ne subisse pas le sort des précédents : Cour des comptes et IGE ; qui ont clairement montré du doigt des prédateurs apparemment recyclables. À y voir de près, ce n’est pourtant plus du recyclage mais de…l’acharnement thérapeutique !

Ahmed Ould Cheikh

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Mauritanie : Nouakchott supprime le visa avec les émirats

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Mauritanie : Nouakchott supprime le visas avec les émiratsKassataya - La suppression de visas entre la Mauritanie et les Émirats arabes unis est considérée par les observateurs comme une diplomatie gagnante perdante de Nouakchott et une réponse à Abu Dabi pour son aide de 2 milliards de dollars pour des projets d’investissement et de développement.

Pour sa première sortie officielle dans un pays arabe depuis son élection c’est un succès diplomatique pour Ould Ghazouani.Le choix des Émirats arabes unis n’est pas du au hasard. Les relations bilatérales entre les deux pays sont au beau fixe depuis des années.

Et puis Abu Dabi est le plus grand investisseur en Mauritanie avec l’Arabie saoudite. C’est à fois un choix diplomatique et stratégique pour les 2 deux dirigeants.

Dans un contexte où la Mauritanie se trouve dans une impasse économique qui résulte de 11 années de gabegie et de corruption de son prédécesseur l’aide de 2 milliards de dollars des Émirats est un ballon d’oxygène pour faire face aux difficiles réformes déjà engagées par le gouvernement. Une manne financière qui va soulager le trésor public mauritanien quasi vide depuis quelques années.

En contrepartie les émiratis pourront venir en Mauritanie sans visas pour y investir ou y séjourner alors que la carte de séjour est obligatoire pour les ressortissants de l’Afrique subsaharienne. Les observateurs dénoncent une politique étrangère de Nouakchott à deux visages.

Mais c’est surtout le domaine militaire qui intéresse les Émirats qui envisageraient de construire une base militaire au Nord du pays bien que démenti par Nouakchott avant la visite du président. Un vieux rêve d’Abu Dabi qui entend jouer une première place en Afrique saharienne et subsaharienne.

C’est gagnant pour Abu Dabi en quête d’une position stratégique entre la Mauritanie l’Algérie et le Mali et perdant pour Nouakchott qui devra se souvenir de l’Algérie visée par l’installation de cette base et la Tunisie qui se méfie des visées hégémoniques d’Abu Dabi au Maghreb.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

L'Editorial du Calame : Toujours les mêmes

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L'Editorial du Calame : Toujours les mêmesLe Calame - Quand le Président entreprenait, il y a trente-six ans de cela, l’une de ses nombreuses visitations, toute la République suivait.

Avec tous ses fonctionnaires : les plus hauts, les plus bas, les plus moyens et les entre-deux ; toute la république, avec tous ses badauds, ses troubadours, ses n’importe quoi et ses n’importe qui, comme disait l’autre, vont tous là où va le Président.

Aujourd’hui encore, c’est toujours la même chose, on va toujours et encore là où va le Président ; en faisant toujours la même chose, exactement comme on faisait, il y a même encore plus de trente-six ans.

En disant toujours la même chose. Les mêmes longues et fastidieuses réunions des quasiment les mêmes cadres se réunissant en quelque hôtel ou chez un quelqu’un de ces mêmes quasiment cadres qui refusent de partir à la retraite, après avoir pourtant culbuté généralement plusieurs fois le "séroual" de leur papa.

Les sempiternelles concertations des ressortissants de la région où doit se rendre le Président, pour lui garantir un accueil chaleureux et lui confirmer un soutien inconditionnel à son programme et à ses grandioses réalisations avant lesquelles le pays n’avait été dirigé que par des moins-que-rien pour qui pourtant ces mêmes ressortissants avaient organisé ces mêmes réunions, leur tenant ces mêmes commérages, maintes fois mâchés et remâchés par les veaux.

Les mêmes rencontres tribales, régionales, départementales, pour qu’à la fin on sache quel cadre, quel groupe, tribu ou communauté a contribué à la réussite de la visite, comme disaient nos regrettables peshmergas dont les plus talentueux et entreprenants se sont recyclés en des secteurs plus porteurs et prometteurs. Les visitations d’hier sont comme les visitations d’aujourd’hui. Exactement comme les responsables d’hier sont les responsables d’aujourd’hui.

Nous connaissons « Be’e’ta » qui était debout et qui s’est rassis. Notre version locale et adaptée de « bonnet blanc et blanc bonnet ». Il ne faut pas chauffer et resservir. Moi, ce que je ne comprends pas du tout est que depuis maintenant sept mois, voire huit, quasiment tous les noms que j’entends promus à quelque chose ne sont pas aussi nouveaux que ça ! Il y en a même qui ne sont même pas aussi blancs qu’on veille nous le faire croire.

Par exemple, je m’explique… Excusez de cette mauvaise formulation, je suis tellement déçu et fâché ; déçu, parce que je dois enfin venir moi, fâché parce que je dois enfin venir ; ou bien je ne suis pas dans la cagnotte aux hommes et femmes providentiels que tous les présidents belotent et rebelotent depuis quarante ans. Bref, suivez le très simple raisonnement suivant.

Les hautes fonctions et juteux strapontins sur lesquels certains et certains tournent et retournent, comme le ministère des Finances ou de l’Économie, la Banque centrale, les ports nationaux, les grosses directions, les pulpeuses institutions, les succulentes administrations sont soit profitables, soit dommageables. Dans le premier cas, moi et mes semblables vont variablement goûter, selon que nous soyons puissants ou misérables, à ces délices interdits.

Dans le second, nous nous portons candidats, moi et mes semblables, à décharger nos prochains d’un si lourd fardeau qu’ils portent depuis un si long moment et de partager ainsi avec eux les dommages injustement subis. Qu’est-ce qui a changé ici ? Les nominations de quasiment les mêmes gens. Les députés qui votent le budget. Le Président va lancer des travaux sur quelques hectares.

Le Premier ministre nomme un ou plusieurs attachés à son cabinet. Des ministres viennent et partent. La crise permanente ajoute une ou deux cordes à son arc, avec une augmentation inédite du prix des denrées de base et une rupture des stocks en carburant parce qu’un bateau n’a pas convenablement accosté. Des oulémas pris à partie par on ne sait quels « mécréants » ; un soit disant mariage de gays qui a défrayé la chronique.

Donnez autant de chèques sans provision à des bandes malhonnêtes ! Dépénalisation totale ! À bas la contrainte par corps ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie : vers une commission parlementaire d’enquête peu probable sur la gestion de Ould Aziz

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Mauritanie : vers une commission parlementaire d’enquête peu probable sur la gestion de Ould AzizKassataya - L’invraisemblable feuilleton parlementaire sur la commission d’enquête sur la gestion des 11 années du régime de Ould Aziz revient sur la scène nationale cette semaine avec la promesse que la conférence des présidents des commissions va trancher sur la question avant la fin de la session parlementaire.

Le moins qu’on puisse dire cette proposition des députés de l’opposition pour faire la lumière sur 10 ans de gabegie et de corruption de l’ancien président va connaître son épilogue cette fois-ci pour mettre fin au climat de suspicion au sein de la majorité qui ne donnera aucune chance à l’autre camp d’espérer avoir gain de cause.

Une enquête sur le régime de Ould Aziz reviendrait à révéler des vérités qui pourraient remettre en cause la gouvernance de beaucoup de personnalités en activité au sein du régime actuel dont le plus apparent est le patron de la SNIM ancien ministre de l'économie et des finances.

Les observateurs considèrent que dans cette recherche de vérité la déclaration de l’ancien président de l’UPR dispose à collaborer avec cette commission est une diversion. Peut être que certains députés remontés par la dernière attitude de Ould Aziz de récupérer manu militari le siège du parti vont hésiter à donner leur voix.

Mais ce qui est plus probable c’est la constitution d’une commission sur le contrôle financier de l’assemblée nationale pour une meilleure transparence du quinquennat de Ould Ghazouani.

Les mauritaniens attendent plus que des intentions et surtout la restauration d’un État de droit contre l’impunité et qui respecte la citoyenneté et les libertés.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Autour d’un thé : Faux

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Autour d’un thé : FauxLe Calame - Qu’Allah nous révèle le « bien » du faux ! Le faux et l’usage du faux. Il n’y a pas que les faux médicaments et les faux produits alimentaires qui ont fait des ravages en vies humaines. Envahissant, le faux est partout. Tu n’as qu’à ouvrir les yeux et constater.

Et pas seulement les choses fausses : les personnes aussi. De faux médecins plus de faux médicaments, c’est explosif, nocif, triplement mortel, directement PK7 ! Les prestataires de services pour l’enseignement ? Faut les entendre se présenter avec leur prétendu bachot, master ou même doctorat : « J’ai né à Nouadhibou. Moi faire concours pour chercher travail ».

Les faux enseignants, ça existe tout autant que les faux professeurs, les faux avocats, les faux comptables, les faux hommes d’affaires, les faux directeurs, les faux chauffeurs de taxi, les faux marabouts, les faux rappeurs, les faux vendeurs de cure-dents, les faux danseurs de Jaguar, les faux diplomates, les faux militants des droits de l’homme, les faux imams, les faux soutiens du président Ghazouani, les faux opposants, les faux n’importe quoi, les faux ministres et les faux présidents.

Avec, parmi eux, des « totalement » faux, de fabrication locale made in Nouakchott. On compte, des indépendances à nos jours, une dizaine de présidents, un peu moins ou un peu plus. De vrais ou de faux ? Tous vrais ou tous faux ? Peut-être ceci, peut-être cela.

En tous cas, certainement de faux diplômes sur la base desquels présidents et ministres choisissent leurs faux collaborateurs.

Faux diplôme, plus faux fonctionnaire, plus mauvaise moralité, sans un seul grain de civisme, ça donne quoi que ce mélange-là ? Où le pays pouvait-il donc aller ailleurs que là où il en est maintenant ? Et l’on semble prendre les mêmes et recommencer !

Chassez le naturel, il revient au galop. Le saupoudrage, ça ne mène nulle part… puisque, fatalement, les mêmes causes produisent les mêmes effets, tout comme les mêmes hommes produiront les mêmes réflexes.

Le Président est parti. La délégation qui l’accompagne. Liste. Première Dame. Note de service pour untel à la direction générale de tel établissement, après un bras de fer entre untel et untel.

Agence Mauritanienne d’Informations. Le Président est revenu. Réunion du faux conseil interministériel aujourd’hui. Incinération de centaines voire de milliers de tonnes de faux produits alimentaires et de faux médicaments hier.

Ouverture de session de travaux de la commission patati patata avant-hier. Puis encore départ du Premier ministre pour quelque part. Et retour du ministre de ceci ou de cela. Cercle vicieux infernalement infernal.

Le peuple est en orbite. Le gouvernement sur une autre planète. Les vrais problèmes laissés en l’état. Les faux débats mis en exergue. Faux et usage de faux. Faux de continuer à nous abreuver de l’ex-Président.

Faux de continuer à nous demander d’accorder encore et encore du temps au nouveau Président. Faux de continuer à regarder s’enfoncer davantage l’école, sans aucune mesure concrète de nature à entamer un quelconque processus de réforme.

Faux de voir agoniser la SNIM, avec de fausses d’annonce de sa guérison. Faux de continuer à ignorer les conclusions compromettantes du rapport de la Cour des Comptes. Faux de passer sous silence le scandale des livres scolaires dont l’institution en charge de sa production a décaissé des centaines, voire milliards, d’ouguiyas.

Faux de continuer à regarder impuissamment les populations vulnérables mourir à petit feu, de faim, de maladie et d’ignorance. Il est temps de décréter, enfin, la fin du faux et de l’usage du faux ! La fin des fausses annonces. La fin des faux semblants. La fin des fuites en avant.

La fin de la langue de bois. La fin des faux bonds. La fin des fausses promesses. La fin des fausses tendances. La fin des fausses orientations.

Le pays a tellement souffert du faux et des faussaires ! Il est vraiment temps de lui offrir un bon départ. S’il vous plaît, Monsieur… si vous ne voulez pas être un faux président ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie: Ould Ghazouani à l’épreuve du pouvoir

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Mauritanie: Ould Ghazouani à l’épreuve du pouvoirKassataya - Depuis 6 mois seulement à la tête du pays le président mauritanien envoie des signaux positifs d’une gouvernance plus lisible et plus dynamique que son prédécesseur. Son gouvernement a pris à cœur les secteurs porteurs d’emploi comme la santé l’éducation les mines et la pêche pour redresser une économie en état de dégradation avancée.

D’autant plus que cet objectif semble rencontrer un terrain favorable de feux verts avec une croissance attendue cette année a plus de 6 pour cent et une inflation soutenue à 3,5 pour cent. Seuls bémols une dette publique avoisinant plus de 80 pour cent du PIB et un chômage visible de plus en plus de jeunes diplômés.

Un quinquennat peut paraître long comme court. Pour l’instant Ould Ghazouani n’y prête pas attention. L’équipe gouvernementale formée de technocrates est à l’oeuvre depuis 6 mois.

La santé semble avoir pris de l’avance par rapport aux autres avec des réformes en profondeur pour lutter contre la pratique médicale illicite. Des pharmacies et des cabinets médicaux sont fermés. Des médicaments périmés et drogues sont incinérés.

Désormais les mauritaniens pourront savoir ce qu’ils mangent grâce à un contrôle systématique des étiquettes. Pour la première fois les déserts médicaux sont pris à bras le corps avec l’affectation de plus de 600 cadres à l’intérieur du pays. En définitive c’est la santé proche des citoyens.

Un autre secteur qui essaie de sortir la tête sous l’eau c’est l’éducation nationale avec la création de deux départements. Le fondamental et la réforme de l’éducation nationale et enseignement secondaire professionnel et technique dont le recrutement de 2000 prestataires éducatifs va combler en partie le déficit d’enseignants dans ce secteur resté longtemps paralysé par une politique d’approximation et de bradage de l’école publique.

Le plus dur reste à venir parce qu’il s’agit d’une refonte d’un système éducatif dont les résultats catastrophiques demandent des concertations techniques à la hauteur de l’ambition gouvernementale.

La pêche et les mines sont les deux secteurs dont les pillages des ressources ont véritablement impacté sur l’économie du pays. Plus de la moitié des ressources halieutiques sont revenues aux chinois depuis de longues années.Beaucoup de bateaux de pêche étrangers continuent de naviguer dans les zones interdites.

Un manque à gagner dans ce secteur qui emploie près de 60000 personnes et dont les recettes en 2018 ont atteint un milliard de dollars avec une production annuelle de plus de 400000 tonnes. La remise en cause des accords de pêche sous Ould Aziz permettra de corriger tous les abus de clientélisme.

Quant au secteur minier en première ligne la SNIM, véritable poumon de l’économie et en même temps vache laitière de l’ État quand il contribue largement au budget, a perdu ses recettes d’exportation à cause d’une mauvaise gestion et d’un bradage au sommet de l’Etat sous Ould Aziz qui a vendu le fleuron de l’industrie mauritanienne à une société australienne et à son gendre.

Un accord qui a été remis en cause et qui va permettre à la nouvelle direction de relever les exportations de ce minerai cher aux mauritaniens avec une production qui pourrait atteindre 12 millions de tonnes cette année.

Et ce vent de changement souffle dans tous les départements. Les observateurs y voient presque un mirage dans un pays fondamentalement miné par la gabegie et la corruption.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : Ould Ghazouani en danger face à la montée de l’intégrisme arabe

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Mauritanie : Ould Ghazouani en danger face à la montée de l’intégrisme arabeLe 2ème congrès de l’UPR qui vient de s’achever cette semaine à Nouakchott a mis en place ses nouvelles instances avec un bureau exécutif composé de 31 membres dont un noyau dur de nationalistes arabes. Cette percée d’intégristes nasséro-baathiste est un danger pour la république.

Les signes ne trompent pas. Des députés de la majorité qui demandent l’exclusion du français avec une traduction simultanée de l’arabe aux langues nationales pour la session du budget 2020. Et une semaine après c’est une centaine de militants de l’UPR qui réclament la traduction de la séance inaugurale du congrès seulement dans les langues nationales. Deux faits gravissimes qui risquent de replonger le pays dans l’obscurantisme idéologique panarabe qui a déjà fait ses preuves sous le régime de Ould Taya.

Hier ces mêmes intégristes arabes avaient réussi à étendre leur influence dans tous les rouages de l’Etat et poussé ainsi Ould Taya à fermer l’institut des langues nationales pour arrêter le processus de leur enseignement dans le système éducatif mauritanien.

Aujourd’hui ils réclament à hue et à dia la traduction de l’arabe dans ces langues à la place du français. Un retournement de veste qui cache une nouvelle stratégie d’enfermement des locuteurs de ces langues pour la plupart des francophones.

Cette demande d’exclusion de la langue de Molière est un danger pour la stabilité politique du pays. Pour le président Ould Ghazouani dans un contexte de crise avec Ould Aziz qui n’a pas dit son dernier mot. Cette résurgence intégriste arabe est un danger pour la république.

La montée surtout des nasséristes au sein de l’UPR est un frein au multiculturalisme par conséquent un retour au statu quo la négation culturelle des négro-mauritaniens et Haratines. En brandissant l’étendard arabe-langues nationales les nationalistes arabo-berbères veulent parachever l’arabité de la Mauritanie. L’exclusion du français est un tremplin.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

Autour d’un thé : Peuple de braves

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Autour d’un thé : Peuple de bravesLe Calame - Qui vole un œuf, volera un bœuf. Et qui vole un budget, volera quoi ? Certainement une société, une démocratie ou même un État entier. Mais, c’est aussi connu que celui qui n’a rien englouti n’avalera pas un os de travers et qui n’a pas volé n’a pas peur des pisteurs.

De là à dire que nous avons tous peur des pisteurs ou que nous risquons tous avaler un squelette en entier de travers, il n’y a qu’un pas. Un peuple de preneurs de ce qui ne lui appartient pas. Un peuple de braves. Une certaine bravoure qui fait prendre, au planton, des ramettes de papier, quelques paquets de stylos et de registres à revendre au papetier du coin.

Une bravoure qui fait prendre, au comptable, des machines, photocopieurs, agrafeuses ; lui fait détourner une imprimante toute neuve ou surfacturer des dépenses au profit d’un indicible fournisseur qui s’enrichit entre une soirée et sa matinée.

Une bravoure de hauts officiers d’une normalement Grande Muette venus apprendre la nage chez les civils au point d’en devenir capables de les noyauter. Des militaires qui sont partout, sauf là où ils devraient normalement être.

Braves dans les affaires. Braves en investissements dans les secteurs des pêches, des bâtiments, des divers. Braves en avancements intempestifs aux grades militaires jusqu’à la clochardisation d’une si respectable institution. Braves dans la justification de l’injustifiable.

Qui n’a pas encore en tête ces images ridicules et catastrophiques de « nos chefs de guerre » en grosse campagne de dénigrement contre un vieil homme débarqué sans foi ni loi par un chef de bande aujourd’hui voué aux gémonies tant par ses soutiens que par ses détracteurs.

Bravoure d’indélicats députés collaborant au torpillage d’un processus démocratique via débarquement intempestif et sans appel d’un président démocratiquement élu. Et qui manigancent affreusement les budgets, au cours de sessions à huis clos des ministères et institutions, pour on ne sait quelle complicité ?

Bravoure de ministres carnivores, herbivores, dilapidateurs. Qui sans vergogne détournent honteusement l’argent public. Des braves. Des héros. Des audacieux. Qui osent parler. Rire. Danser.

Et même demander des comptes aux autres ! Que serait le procès de Maouiya Sid ‘Ahmed Taya ? Qui n’aura pas la corde à son cou, si un certain ex-dernier Président devrait répondre de ses actes ? Les quotas de poulpe, les attributions foncières, les autorisations de change, les soins à l’étranger, les grosses commissions occultes perçues de conventions et accords avec des sociétés comme Poly Hondong ou des multinationales comme MCM, Tasiast ou autre…

C’est qui dans tous ces coups ? Qui n’est pas dedans ? Qui a mis à genoux la SNIM ? Dans quelles poches ou dans quels comptes sont allées se fourrer les grosses fortunes engendrées du temps où les choses allaient encore excellemment pour ce fleuron de notre économie nationale ? La forêt ne suffit pas pour cacher le poltron.

Frémissez, bande de bandits et de receleurs ! Il faut faire bouger les dossiers de la décennie. Rien à vous voir remuer comme ça, comme cela suffit à comprendre que quelque chose ne va pas ou ne doit plus très bien aller ! Bravoure d’un Président qui comprend que la meilleure façon de se défendre est d’attaquer.

D’aller au fond du camp de l’ennemi, pour se prémunir contre ses potentielles agressions. Qui comprend qu’il faut mener la bataille sur un front loin de ses bases. Très loin de ses bases, pour résoudre les belligérants à rester dans leurs limites. Une stratégie qui a payé contre les groupes islamistes du Nord-Mali (c’est tellement d’actualité !).

Une stratégie qui a payé contre les voraces dévastateurs de la république, complètement affolés par les irrégulières incartades et les imprévisibles sorties d’un président-fondateur permissif à la limite de l’insolence.

Après la Mauritanie nouvelle, une autre Mauritanie nouvelle. Après le Président- fondateur, un autre Président-fondateur. Après la décennie des « réalisations », une autre décennie dont on ne sait encore de quoi sera-t-elle qualifiée. Applaudisseurs, soutiens, majorité et autres initiatives de soutien, groupes et que sais-je encore : Debout, on appareille ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie : l’exclusion du français à l’assemblée nationale fait polémique

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Mauritanie : l’exclusion du français à l’assemblée nationale fait polémiqueKassataya - La décision de traduire l’arabe dans les langues nationales sans le français au sein de l’assemblée nationale ouvre le débat sur la place de cette grande langue de communication en Mauritanie. L’histoire retiendra que le français est un acquis pour la Mauritanie.

Son usage dans l’enseignement et dans l’administration est une réalité depuis l’indépendance en 60 mais depuis la mise en place d’une politique d’arabisation à outrance la langue de Molière est en perte de vitesse dans tous les rouages de l’Etat.

Ce statut de seconde langue après l’arabe semble être remis en cause à l’assemblée nationale qui abrite depuis cette semaine une session plénière sur le budget 2020. Désormais le Pulaar, le Sooninke et le Ouolof auront droit de droit de cité dans l’hémicycle avec la création d’un service de traduction simultanée de l’arabe pour les sessions parlementaires excluant ainsi le français.

Ce choix politique ouvre le débat sur la place du français en Mauritanie. Ce qui semble être un acquis historique est entrain de perdre du terrain au profit des langues nationales qui avaient été longtemps reléguées aux oubliettes. Cette nouvelle orientation pourrait remettre au troisième plan la langue de Molière.

Cette aspiration des autorités de Nouakchott confirme l’inquiétude grandissante de l’ambassadeur français à Nouakchott qui comprends que certains mauritaniens n’apprécient pas cette réalité historique pour des raisons identitaires ou politiques selon les propres termes du diplomate français.

Cette crainte de la disparition du français relance le débat sur le plurilinguisme. C’est du moins pour les observateurs la seule voie pour la Mauritanie de sortir de l’extrémisme arabe pour renouer avec son histoire et sa position géo politique de trait d’union entre le monde arabe et africain.

La coexistence de l’arabe, des langues nationales et du français est possible dans le cadre d’une nouvelle politique d’indépendance culturelle qui passe par l’enseignement des langues nationales et l’utilisation de l’arabe et le français comme grandes langues de communication.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)