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Chronique en Mauritanie

Mauritanie-Sénégal : ce que cache la participation de Ould Ghazouani au forum sur la paix à Dakar

Mauritanie-Sénégal : ce que cache la participation de Ould Ghazouani au forum sur la paix à DakarKassataya - Le président mauritanien est l’invité d’honneur du président sénégalais Macky Sall au forum sur la paix et la sécurité en Afrique les 18 et 19 novembre prochain à Dakar. Un déplacement de Ould Ghazouani très attendu par les observateurs et notamment par la France qui abrite à partir d’aujourd’hui à Paris la deuxième édition de ce forum.

Le forum de Dakar auquel participeront les chefs d’Etat africains, de hauts gradé militaires français et africains et des chercheurs, vient à point nommé au moment où le Mali connaît une spirale d’attaques meurtrières contre des camps militaires par les Jihadistes.

Le bilan de la dernière attaque est très lourd. 49 soldats maliens tués et un soldat français et pour la première fois revendiquée par l’EI. Ajouter à cela la dernière attaque au Burkina Faso qui a fait plus d’une trentaine de morts.

Cette situation grave qui menace le Sahel et au-delà toute l’Afrique occidentale sera au centre des discussions les 18 et 19 novembre prochain à Dakar qui accueillera les chefs d’Etat africain dont le président mauritanien très attendu dans la capitale sénégalaise.

Ould Ghazouani qui vient d’être élu est avant tout un invité d’honneur mais il est plus que ça compte tenu du fait que la Mauritanie est leader du G5 dans la lutte contre le terrorisme.

Pour la première fois Nouakchott vient d’abriter le comité de pilotage Interpol du G5 Sahel. Ce partenariat fait suite à un deal passé entre les deux organisations pour le partage de renseignements sur le terrain et l’échange d’outils de surveillance ultra sophistiqués.

Par ailleurs la première promotion d’officiers supérieurs des armées du G5 Sahel est sortie le 27 septembre dernier à Nouakchott. En outre la Mauritanie c’est le seul pays dans cette bande sahélo-saharienne qui a signé un pacte de non -agression avec la nébuleuse Al Qaïda.

Nouakchott également joue un rôle important dans la paix au Nord du Mali comme en témoigne l’accord récent de cessez-le feu de deux factions rivales incluant une démilitarisation de la zone du Lemeb près de la frontière mauritanienne.

Et enfin la Mauritanie pourrait jouer un grand rôle dans la résolution de l’irrédentisme des touareg au Mali avec le projet de protectorat de l’AZAWAD entre le Mali l’Algérie et la France et sous tutelle de Nouakchott. Ould Ghazouani détient ainsi plusieurs cartes sous régionales qui font de lui un négociateur incontournable.

La présence mauritanienne est importante pour la France qui soutient ce genre de rendez-vous très utile pour la sécurité de ses soldats de la force Barkhane. Paris qui abrite à partir d’aujourd’hui la deuxième édition de ce forum est la cible principale au Sahel des Jihadistes par ricochet le Mali et le Burkina Faso, les deux maillons faibles du G5 Sahel.

Ce forum permet également à Paris de vendre ses armes. C’est l’autre face de la puissance militaire française dont l’appétit dans ce domaine n’est plus à démontrer.

Enfin pour le président sénégalais qui accueille ses homologues africains c’est une belle occasion de redorer son blason pour l’élargissement du G5 Sahel à son pays et le Maghreb pour des raisons évidentes géopolitiques et ensuite la Libye et la Tunisie d’où partent les jihadistes disséminés dans le sahel et dans l’EI.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Autour d’un thé : Bilan

Autour d’un thé : BilanLe Calame - Si tu vois que les gens sont aveugles, dit l’adage populaire, « épingle » ton œil. Un autre nous dit encore que la mort parmi les dix est un plaisir. Alors, moi, je vais épingler mon œil et mourir parmi les dix, en réclamant le bilan des cent jours du président Mohamed Ould Cheikh Ghazwani, sans même savoir pourquoi cent et pas deux cents, quatre cents ou mille, voire carrément attendre la fin du mandat, pour savoir où sommes-nous allés, si jamais l’on soit parti.

Bref, c’est juste pour faire comme les autres : les Français, les Américains, les Anglais, les Sénégalais, les Burundais. Oui, oui, faire comme les autres…mais pas exactement. Il paraît que le Président a demandé à ses ministres de lui dresser le bilan.

Un peu comme dans une partie de belote, quand un joueur te demande : c’est quoi le bilan ? Vous savez, entre le jeu et le sérieux ; il n’y a pas grande frontière. Ou l’on est dans l’un ou l’on est dans l’autre. C’est comme ça.

Cent jours après départ de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz et l’arrivée de Mohamed Ould Cheikh Ghazwani. L’un est parti. L’autre est venu. Il y a eu quelques conseils de ministres. Une centaine de nominations.

Le nouveau boss a voyagé deux fois à l’étranger. Deux à trois pluies à Nouakchott, les Mourabitounes locaux disqualifiés de la CHAN, des dizaines d’accidents mortels sur les routes nationales.

L’année scolaire a commencé il y a un peu moins d’un mois. Un défilé de quelques personnalités de l’opposition et de la société civile à la Présidence. Certains venant après les autres. Il y a eu le changement du siège de l’UPR d’une maison à une autre.

Le G5 Sahel a chèrement payé le sien à cinq cents millions d’anciennes ouguiyas dont cent millions sont encore wanted, quelque part en balade dans quelques poches occultes. Il y a eu le remplacement du vice-président de l’Assemblée Nationale, le limogeage de l’administrateur directeur général de la SNIM, beaucoup de vols et de viols.

Les ministres continuent à « ministrer », Le Président à « présider ». Les états-majors toujours à leur place, tout comme le BASEP et la Banque centrale. Il y a eu des mouvements dans la police et dans le Groupement général de la sécurité routière.

Les résultats de certains concours nationaux ont été publiés, d’autres pas encore. Il y a eu la sortie d’une promotion de la Garde nationale, de fortes inondations au Guidimakha, les manifestations des bacheliers de plus de vingt-cinq ans se poursuivent. Certains ministres ont voyagé.

D’autres pas encore. Un petit groupe du ministère des Finances et de la Banque mondiale sont allés « cravacher » soixante millions à Washington. Cent jours après le départ de l’un et l’arrivée de l’autre, les vendeurs ambulants des marchés de Nouakchott sont toujours là. Les voituriers stationnent toujours abusivement.

Les faux-médicaments toujours dans les rayons des officines. Les aliments et boissons périmés toujours achalandés dans les épiceries. Les délestages intempestifs n’ont pas encore diminué. Les amoncellements d’immondices croissent dans tous les quartiers de Nouakchott.

C’est à ne pas oublier que certains ministères ont changé leur écriteau et la direction de quelques-unes des portes de leurs bureaux. Les ânes, les chèvres et les badauds se promènent toujours « fièrement » en plein centre-ville.

La commission lunaire a changé de tutelle : adieu le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation et bonjour celui des Affaires islamiques ! Dans le bilan des cent jours, il y aura la célébration du Mawloud à Chinguetti et celle de l’Indépendance à Akjoujt. Respectivement pour un budget de quelques centaines de millions et de deux milliards.

C’est quand même quelque chose. Petite anecdote : à quelques encablures de l’école fondamentale où le président a donné le coup d’envoi de l’année scolaire en cours, des centaines de petits enfants ânonnent sous les toits croulants et vétustes de quelques baraquements d’infortune. Mais c’est vrai : cent jours, ce n’est pas beaucoup. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

L'Editorial du Calame : Lettre ouverte à Ghazwani

L'Editorial du Calame : Lettre ouverte à GhazwaniLe Calame - Monsieur le Président, vous fêterez très bientôt vos cent premiers jours à la magistrature suprême.

Un délai communément admis dans le Monde pour dresser le premier bilan d’un nouveau chef d’Etat. Pourquoi cent ? Un seuil psychologique choisi probablement au hasard et qui ne représente pas grand-chose des cinq ans (ou plus) que vous passerez à la tête de notre république.

Mais je sacrifierai, moi aussi, à ce rituel, même si je reste persuadé qu’il faudra beaucoup plus de cent jours pour seulement avoir une idée du gâchis dont vous avez hérité.

Choisir les hommes, mettre de l’ordre, redresser sont au moins trois paires de manches. Vous ne savez sans doute pas par où commencer, tant la tâche paraît ardue. Mais vous devez d’abord surmonter une difficulté et non des moindres. Ould Abdel Aziz est votre ami, pour ne pas dire alter ego, vous avez longtemps cheminé ensemble, il a contribué à votre élection et vous ne pouvez pas, d’un revers de main et malgré l’extrêmement lourd passif, jeter le bébé avec l’eau du bain.

Vous aurez donc besoin de tout votre talent de stratège pour naviguer entre des eaux tumultueuses et éviter les écueils que ne manqueront pas de poser, sur votre chemin, ceux qui n’ont pas intérêt à ce que la roue tourne. Vous avez commencé timidement : personne ne peut vous le reprocher. Votre culture tout en retenue vous empêche de faire des vagues. Mais, monsieur le Président, il y a urgence en certains domaines.

Certes, vous n’avez pas de baguette magique ; pourtant il en faut une. Votre prédécesseur a commis tant de dégâts qu’il faut se révéler sorcier pour voir clair en une situation si ambigüe, opaque, (que dire ?). En voici des exemples et la liste n’est pas exhaustive.

L’école a été laissée pour compte pendant plus de dix ans. Que dire de la santé, infectée par les mauvaises pratiques et intoxiquée par les médicaments périmés ? La justice ? Inféodée à l’Exécutif. L’eau et l’électricité qui ont englouti des milliards ? Elles ne sont pas assurées à tout le monde. Les infrastructures routières ? Malgré tout l’argent dépensé, elles sont dans un état déplorable. L’économie ? Vous héritez d’une dette de cinq milliards de dollars, soit près de 94% du PIB, 1132 dollars par tête d’habitant. Les marchés publics ? Toujours attribués aux mêmes. Le secteur privé ?

Plus que l’ombre de lui-même : au lieu de l’encourager, l’Etat lui a fait la guerre, dix lourdes années durant. Les exemples de gabegie et de malversations ne manquent pas, il serait fastidieux de les citer un à un. Vous en avez été certainement informés. Une chaîne qu’il faut briser au plus vite. Comme vous avez brisé une barrière psychologique, en recevant les leaders de l’opposition et les hommes avec qui vous avez croisé le fer lors de la dernière présidentielle.

Un premier pas non négligeable sur la voie de la décrispation de la scène politique. Mais beaucoup de choses restent à faire. On attend tous le Messie. Il vous faudra sans doute commencer par mettre les choses au clair à ce sujet. Au plus vite, pour éviter des quiproquos et d’incongrus reproches. Vous n’aurez donc jamais à nous décevoir de ne pas être un autre.

Et plutôt, je vous l’espère sincèrement, à nous réjouir de vous constater, dans vos œuvres et services, tout simplement vous-même.

Ahmed Ould Cheikh
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Mauritanie : les faux diplômes étrangers refont surface à Nouakchott

Mauritanie : les faux diplômes étrangers refont surface à NouakchottKassataya - L’arrestation d’un faux médecin étranger cette semaine à Nouakchott relance le débat sur les faux diplômes en Mauritanie. Un véritable danger pour la fonction publique d’un pays où se vendent des écoles, des pharmacies et des cliniques.

C’est l’ancienne ministre de la fonction publique sous le régime de Ould Aziz qui avait révélé le scandale des faux diplômes dans son département. Coumba Bâ avait brisé le tabou en indexant que 70 pour cent des fonctionnaires sont titulaires de faux diplômes.

C’est une situation grave dont les causes remontent à 89 où des centaines de hauts fonctionnaires sont déportés au Sénégal et au Mali libérant ainsi plusieurs postes. Et c’est durant le deuxième mandat de Ould Aziz que ce fléau est sorti de l’ombre.

Une commission d’authentification et d’équivalence a été mise en place. Et sur 110 diplômés 30 seulement sont authentifiés. Une triste réalité dans un pays où se vendent facilement des écoles encouragées par l’ancien président, des pharmacies et des cliniques comme des boutiques.

Ils sont aujourd’hui nombreux des docteurs dans tous les domaines détenteurs de masters et d’autres troisièmes cycles occupant de hautes fonctions dans l’administration en grande partie.

Dans le privé ce phénomène est plus visible dans les cliniques et concernerait les médecins étrangers comme c’est le cas de ce faux médecin étranger arrêté cette semaine dans un quartier périphérique de Nouakchott.

Cette traque ne doit pas viser que les étrangers. Une alerte pour le nouveau gouvernement à passer au peigne fin tous les diplômés de la fonction publique en activant la commission d’authentification.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

L'Editorial du Calame: Partis en fumée

L'Editorial du Calame: Partis en fuméeIl est, en Mauritanie, une règle immuable depuis la nuit des temps républicains. Chaque fois qu’un président se fait remplacer, de gré ou de force, le parti qu’il a fondé ex nihilo est convulsé de spasmes ; autrefois nombreux et disciplinés, ses militants se raréfient puis disparaissent ;

jusqu’alors aux premières loges, ravis des grâces du Seigneur, ses chefs se font de plus en plus petits ; son siège qui ne désemplissait pas ressemble désormais à une maison hantée où personne ne veut poser pied ; même ses élus n’en revendiquent plus l’obédience.

On connut tel scénario avec le Parti du peuple mauritanien du père fondateur, les Structures d’Education des masses de Haïdalla, le PRDS de Maaouya et, dans une moindre mesure, l’ADIL du président Sidioca. Et le voilà en notre quotidien contemporain, avec l’UPR, le parti qu’Ould Abdel Aziz porta sur les fonts baptismaux. Premier à porter l’estocade, un transfuge d’APP, ancien député UPR.

Avec un énorme pavé dans la mare, en déclarant ouvertement que ce parti doit « se tourner vers l’avenir ». Au moment même où l’on évoquait, avec insistance, l’imminent retour d’Aziz pour présider le congrès de l’UPR et en prendre la tête ! Petit tollé rapidement étouffé.

Les partisans du comeback – ils ne sont pas nombreux… – mettent de l’eau dans leur zrig. Le président du comité provisoire de gestion du parti, qui a hérité d’un ‘’bon’’ morceau, ne pipe plus un mot.

Pire, chacun peut constater, lors de la dernière réunion de ce comité, la disparation, comme par enchantement, de la grande photo du « président-fondateur » qui ornait le mur de la salle de conférence. Un fait dont les réseaux sociaux et la presse se sont fait largement l’écho.

Les Mauritaniens, vous dis-je, ont la mémoire courte et la reconnaissance n’est pas leur qualité première. Aziz, qui se retourna, dès son élection, contre ceux qui l’avaient fait roi, est en train de périr à son tour par l’épée de l’opportunisme.

A ce rythme, quelques mois suffiront à ne plus laisser, de ce parti, que le nom et le souvenir de « plus d’un million d’adhérents » fictifs. Tout comme un certain PRDS dont « tous les Mauritaniens étaient membres » et qui, au soir d’un certain 3 Août 2005, entama sa descente aux enfers, avant d’être enterré dans les oubliettes de l’Histoire.

Ould Abdel Aziz aura-t-il plus de chances que ses prédécesseurs ? Saura-t-il maintenir son parti en vie après son départ du pouvoir ? Ses soutiens entretenir la flamme ? Rien n’est moins sûr, au vu du lourd héritage qu’a laissé l’homme derrière lui.

Et des frais diluviens d’entretien d’une telle cour de courtisans si sensibles aux faveurs sonnantes et trébuchantes…

Il dispose certes d’un épais matelas de devises méthodiquement glanées sur le dos du pays et ce ne serait pas superflu qu’une partie de ces revenus indus circule un tant soit peu en Mauritanie mais, bon, chaque jour qui passe réduit inexorablement l’hypothétique rendement d’un tel investissement. Dieu merci!

Ahmed Ould Cheikh
Source : Le Calame (Mauritanie)

Mauritanie : les rivalités politiques renaissent au sein de la CVE

Mauritanie : les rivalités politiques renaissent au sein de la CVEKassataya - Les thèses complotistes au sein de la CVE relayées cette semaine par les réseaux sociaux inquiètent les observateurs qui pointent des rivalités politiques anciennes entre les différents leaders des partis afro-mauritaniens. Cette renaissance risque de compromettre le dialogue politique de l’opposition avec le pouvoir.

Les mauritaniens sont abreuvés ces dernières semaines de feuilletons politiques sur la crise politique des partis de l’opposition mauritanienne après les présidentielles du 22 juin dernier. Après l’UFP c’est la coalition VE qui met au grand jour des rivalités politiques internes. C’est l’une des conséquences néfastes après la crise post-électorale.

Les leçons que la CVE livre deux mois après ne sont pas bonnes pour une opposition qui vient de révéler tous ses secrets d’une union bien négociée par ses comploteurs. Leurs thèses sont relayées à cœur joie cette semaine par les réseaux sociaux pour désigner coupable l’aile radicale représentée par l’AJD-MR et les FPC opposés à la création d’un parti.

La réponse de Ibrahima Sarr est catégorique. Son parti ne fera pas partie d’une CVE nouvelle version structurée préférant l’ancienne formule qui a permis à la CVE d’aller aux dernières présidentielles.

C’est une prise de position qui prône ainsi l’indépendance de l’AJD-MR et son implantation sérieuse dans la capitale et à l’intérieur du pays. La gravité de cette crise ouverte entre ceux qui se réclament la paternité de la CVE et les frondeurs de l’union réside dans le cynisme des premiers qui avaient caché leur agenda.

Les FPC abondent également dans ce sens en s’opposant à ce projet considéré comme une manœuvre astucieuse de l’implantation de la CVE dans un communiqué diffusé cette fin de semaine.

L’autre enseignement fait peser les inquiétudes des observateurs sur la crédibilité des leaders de la vallée qui ont encore cinq ans pour montrer autre chose que des contradictions internes.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : Ould Ghazouani zappe les leaders de la vallée

Mauritanie : Ould Ghazouani zappe les leaders de la valléeKassataya - Les observateurs sont surpris du silence abasourdissant qui entoure l’invitation au moins d’un leader de la vallée par le président mauritanien.

Plus d’une semaine après ses entretiens avec Ould Boubacar ce zapping présidentiel est considéré par l’opinion publique comme une atteinte à l’unité nationale et à la cohésion sociale. En tournant le dos aux partis afro-mauritaniens le président mauritanien compromet le dialogue politique en perspective avec l’opposition durant son quinquennat. La normalisation en cours apparaît ainsi comme un saupoudrage à l’unité nationale et une fuite en avant dans la résolution de la cohabitation.

C’est un retour à la diabolisation du leader Ibrahima Sarr qui dirige aujourd’hui le seul parti reconnu parmi les leaders de la coalition VE, l’AJD-MR qui s’est rapproché ces deux dernières années avec les FPC de Samba Thiam.

Sans doute cette union de forces patriotiques de la vallée est mal vue par l’entourage panarabe extrémiste du nouvel homme fort de Nouakchott.

L’initiative de recevoir les leaders des partis de l’opposition n’est pas mise en cause mais c’est la discrimination qui en découle. Pour preuve l’ancien premier ministre et candidat Ould Boubacar n’a pas de parti.

Deux poids deux mesures qui cachent une volonté du nouveau président à suivre les traces de ses prédécesseurs. La stigmatisation de la coalition VE durant la crise post-électorale est édifiante à cet égard.

Les observateurs s’interrogent sur l’absence de jugement de plus d’une dizaine de militants et sympathisants prisonniers dans la vallée dont en première ligne l’instituteur Ghali Sall originaire de Lixeiba.

Alors que le dossier de la poursuite judiciaire de l’opposant exilé Bouamatou sera définitivement levée avant le 28 novembre prochain. Une grande tache noire sur les premiers mois de gouvernance qui risque d’aggraver la double fracture nationale et sociale.

En zappant les leaders de la coalition VE Ould Ghazouani s’attire davantage d’ennemis. Et cette posture est en contradiction avec la déclaration qu’il est le président de tous les mauritaniens. Une atteinte à la cohésion sociale qui ne présagera rien de bon pour le pays d’ici 5 ans.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

Mauritanie : le recrutement de prestataires enseignants fait polémique

Kassataya - L’annonce cette semaine par le gouvernement d’un recrutement de 5030 enseignants et professeurs focalise l’attention des observateurs. Le libellé d’un recrutement de prestataires individuels de services d’enseignement en dit long des besoins pressants de l’éducation nationale en matière d’enseignants et de professeurs.

En première ligne deux départements enseignement fondamental et de la réforme de l’éducation nationale, enseignement secondaire et la formation technique et professionnelle et un partenaire l’emploi, la jeunesse et Sports.

Cette synergie gouvernementale vise à réduire le chômage de 60000 jeunes diplômés chaque année. Une mesure d’urgence pour 3000 enseignants pour le fondamental et 2030 professeurs pour les collèges et lycées.

Pour les observateurs ce nouveau bataillon éducatif n’est pas armé pédagogiquement pour transmettre le savoir aux élèves faute d’une véritable formation. Il s’agit de prestataires de services pour combler le déficit d’enseignants dans un secteur où c’est le système qui est malade.

Une maladie congénitale qui nécessite une réponse structurelle pour corriger une arabisation à outrance responsable de la déperdition scolaire et des mauvais résultats dans tous les cycles en particulier les hécatombes chaque année des résultats du Bac.

La deuxième faiblesse de ce système qui perdure depuis des années c’est le complexe de l’enseignement général au détriment de l’enseignement professionnel. Il s’agira donc pour le gouvernement d’une refonte de l’éducation nationale la seule réponse pour dégraisser ce Mammouth vieillissant et qui coûte cher aux contribuables.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

Calam(ités) | El Kory Sneiba

Calam(ités) | El Kory SneibaLe Calame - Comme avant lui tant d’autres de notre planète commune, le peuple tunisien vient d’envoyer un message fort et éloquent, au premier tour de son élection présidentielle, le dimanche 15 Septembre dernier.

Vingt- six candidats y participaient et ce sont deux profils atypiques qui recroiseront le fer au second tour, dans quelques semaines : Kaïs Saed, un homme simple, usant de phrases simplistes pour se faire comprendre et écouter ; Nabil Karoui, un homme d’affaires en prison, accusé d’institutionnaliser la fraude fiscale, faire fuir les capitaux, user de contrebande et de blanchiment d’argent.

Deux hommes sans aucun ancrage politique ni théorie idéologique prometteuse de lendemains qui chantent mais ne semblent plus en chanter aucun peuple. Déjà l’élection d’un homme comme Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique ou d’Emmanuel Macron, en France, élu sans coup férir grâce à son Mouvement En Marche, a mis en évidence la déroute sans appel des partis historiques dont les discours généralement démagogiques ne font plus recette.

Les gens sont de plus en plus enclins à tendre l’oreille au spectaculaire populisme qui semble mieux prendre en charge leurs diverses et multiples revendications.

Ce vent de « dégagisme » et de ras- le-bol avait déjà soufflé à quelques encablures de la Mauritanie (l’élection en 2012 du président Macky Sall en est une parfaite illustration) sans que personne ici, pas plus en notre soi-disant élite politique que de nos fameuses personnalités indépendantes n’y ait pris garde.

Nos partis préférant continuer à s’enfoncer davantage dans leurs inextricables insuffisances et sempiternelles querelles de minaret et à s’engager, diaboliquement et sans aucune logique, en des pseudo-compétitions électorales dont ils se savent pertinemment sans aucune chance, ni de gagner, ni même de sortir honorablement.

Des participations répétitives qui ne servent, finalement, qu’à légitimer des mascarades en forme de satisfecits du système militarisé dont les chefs ont l’outrecuidance de se passer la main, sans vergogne ni crainte.

Un pays sans peuple. Sans élite. Sans opposition. Des trivialités que les gouvernements successifs ont très tôt comprises. Les Mauritaniens se « mangent » sur fond d’exacerbations intercommunautaires et débats idéologiques superflus… alors que leur pays se meurt.

De prétendues élites étalent leurs comportements et petits calculs mesquins jusqu’à faire déchanter tous ceux qui avaient cru, un jour, en leur capacité d’animer le moindre changement. Les rares éclaircies qui purent entretenir le mirage ne sont plus que de vagues souvenirs ordinairement rapportés avec beaucoup d’imprécisions. Les deux présidentielles de 1992 et de 2007 ont embrumé les plus légitimes espoirs.

Notre histoire contemporaine ne retiendra que de très graves et démocratiquement indéfendables positions de certains hommes sur lesquels beaucoup d’espérances étaient fondées. Dix ans durant, le régime de Mohamed ould Abdel Aziz a copieusement méprisé l’opposition démocratique et son institution.

Complètement découragés, plusieurs de ses chefs « emblématiques » ont fini par répondre aux sirènes tentantes des fauteuils moelleux dont ils étaient privés, depuis des décennies.

Ceux qui sont encore restés dans l’opposition (pour combien de temps encore ?) font du « gare à ta mère, ô dernier ! », vers le nouveau pouvoir de Mohamed ould Cheikh Ghazwani, et se télescopent, à la porte de la présidence et en ses salons, avec divers de leurs anciens camarades « convertis » depuis longtemps. On papote, on papote, et, presque deux mois après l’investiture du nouveau Président, rien de vraiment essentiel n’a été entrepris.

Comme l’a déclaré le tonitruant porte-parole du gouvernement, c’est quasiment la continuité du système azizien. Et ce n’est pas la nomination de son très controversé ministre de l’Economie et des finances à un poste aussi important que celui d’administrateur directeur général de la SNIM qui démentira celui-là.

Ghazwani a commencé à parler, voyage, nomme, reçoit à tort et à travers. Cela ne suffit évidemment pas : les Mauritaniens attendent encore et toujours le changement.

El Kory Sneiba
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

L'Editorial du Calame : Guidons notre guide !

L'Editorial du Calame : Guidons notre guide !Le Calame - Les Mauritaniens aspirent au changement. Après dix ans de disette, jamais le désir de tourner cette sombre page n’a été aussi fort.

Si l’on excepte les années de braise de Haidalla (1980-1984) à la fin desquelles le pays tout entier était descendu spontanément dans la rue, pour fêter la délivrance. Au cours de son dernier mandat, le régime d’ould Abdel Aziz, qui se savait partant, malgré quelques velléités de s’incruster au pouvoir, est devenu synonyme de prédation, gabegie, népotisme, laisser-aller, pillage à ciel ouvert, sans aucun respect des formes.

Le pays n’en pouvait plus des mêmes visages bouffis de mauvaise graisse, disant une chose et agissant à l’inverse, prenant l’Etat pour leur vache laitière et le peuple en dindon de la farce.

L’administration de la chose publique qu’ils étaient pourtant censés servir et qui leur conférait cette respectabilité (dont ne se prévalent vulgairement que ceux qui en manquent naturellement), n’avait plus d’état que le nom. Missions régaliennes bafouées, ni éducation, ni santé, ni sécurité, jamais l’Etat n’avait été, en à peine une décennie, aussi floué, méprisé, volé. Le peuple (vous, moi et les autres) voyait ses ressources dilapidées, ses symboles piétinés, son histoire falsifiée. Comme dit le dicton, ce qui tuait à une certaine époque, ne faisait même plus honte. Nous étions tombés au plus bas de la déchéance.

C’est dans ce contexte qu’est intervenue l’élection présidentielle de Juin dernier. Une élection sur laquelle se sont fondés tous les espoirs, puisqu’elle allait permettre – enfin ! – une alternance pacifique à la tête d’un Etat certes moribond, glissant dangereusement vers l’abîme, mais toujours réformable, si nous nous y mettons avec détermination et constance.

D’où l’urgence, pour le nouvel élu, de prendre rapidement le taureau par les cornes, afin de sauver ce qui reste des meubles. Une tâche ardue mais pas insurmontable. Tout balayer d’un coup ? La demande populaire en ce sens est puissante mais, plus encore, le risque de chaos. N’exigeons pas l’impossible. Ould Ghazwani appartient au système qui l’a fait élire. Il ne peut s’en départir d’un trait de plume.

L’ombre d’Ould Abdel Aziz continuera à planer sur nous, quelque temps encore, qu’on le veuille ou non. Certains de ses hommes parmi les plus décriés resteront aux commandes en certains postes névralgiques, pour assurer ses arrières. Jusqu’au jour où le vent contraire commencera à tourner. Dans quelques mois ou quelques années. En tout cas, inéluctablement. Le pouvoir, dit-on à juste titre, ne se partage pas et l’on ne peut pas être et avoir été.

L’un assure ses arrières, l’autre ses devants. C’est donc bien qu’on est en interrègne. Entre-temps, les courtisans d’hier se bousculent pour devenir ceux d’aujourd’hui. Que rien ne bouge, surtout, que rien ne bouge ! Sinon en apparence. D’autres, n’aspirant qu’à prendre leur place, n’ont guère plus de volonté à faire bouger réellement les choses.

Mais d’autres encore l’ont, cette lucidité de vouloir œuvrer au meilleur, sont conscients de l’impérative nécessité, pour le bien commun, de s’y mettre sans plus tarder ; s’y attèlent déjà parfois. Les Mauritaniens aspirent au changement, disais-je en exergue. Mais de quoi ? Changer de boubou ou de comportement ? De forme ou de fond ?

A chacun de nous de répondre à ces questions décisives, en son for intérieur, dans son quotidien, au volant de sa voiture comme à la conduite de sa charrette. Le peuple est souverain, n’attendons pas Ould Ghazwani, prouvons-lui, chacun, partout, à chaque instant, la réalité de notre volonté commune au meilleur, guidons notre guide !

Ahmed Ould Cheikh
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Mauritanie : vers un congrès de clarification de l’UFP

Mauritanie : vers un congrès de clarification de l’UFPKassataya - Les préparatifs pour le congrès de l’Union des forces pour le progrès (UFP) en décembre prochain à Nouakchott vont bon train. Un conclave qui s’annonce décisif sur fond d’une crise qui secoue le parti depuis quelques mois.

Secret de polichinelle. L’UFP, un des principaux partis de l’opposition démocratique traverse une phase difficile dans l’évolution du parti après de faibles résultats à la présidentielle du 22 juin dernier avec un plus de 2 pour cent des suffrages.

Des résultats qui ont miné la direction où deux tendances s’affrontent pour des raisons liées au respect de la discipline et la déviation de la ligne du parti. La première tendance est véhiculée par la direction tandis que la seconde par dix frondeurs dont le secrétaire général et la 4ème vice-présidente.

Cette dernière avec deux autres dissidents sont sanctionnés conformément aux statuts du parti. Un exclu et deux suspendus pour trois mois qui vont pouvoir reprendre leur place au congrès de décembre prochain.

En attendant les préparatifs vont bon train avec en perspective des ateliers. Les observateurs s’attendent à des débats houleux et une clarification de la direction sur la crise qui secoue le parti et des propositions concrètes pour le dialogue inclusif au moment où le pouvoir normalise ses relations avec l’opposition. Un congrès décisif pour l’avenir de l’UFP.

Cherif Kane

Autour d’un thé : Bédouins compliqués

Autour d’un thé : Bédouins compliquésLe Calame - Nous ne ressemblons qu’à nous. Des comme nous, y en a pas ailleurs dans le monde. Les problèmes augmentent. Les solutions diminuent.

C’est nous qui avons inventé cette affaire du bûcheron. Qui, ne parvenant à porter son fardeau, ne trouve pas mieux que d’en ajouter. C’est exactement un peu comme nous. Dans tous les domaines. Ya rien qui va, chez nous. Quasiment rien. Même l’islam. Chacun y va de son interprétation.

Suivant sa voie. Qui sait combien Nouakchott compte de mosquées ? C’est à chaque coin de rue, comme des boutiques. Au point même qu’il y en a des jumelles. Complètement contigües.

Quand la prière finit dans l’un, l’appel commence dans l’autre. Bref, tout ça pour dire quoi ? Que nous sommes compliqués. Tellement compliqués. Que de petits problèmes par ci. Que de plus infimes et tortillés par là. Des choses tellement futiles qui n’ont rien à voir avec rien.

Tout un peuple, avec ses enfants, ses filles, ses femmes, ses hommes, ses ministres, ses hommes d’affaires, ses imams, ses vendeurs de poissons, ses chauffeurs, ses laveurs de voitures, ses journalistes, ses instituteurs et professeurs, ses ambassadeurs… Ses banquiers, ses magistrats, ses hommes politiques (de la majorité et de l’opposition). Tout un peuple accroché à une vidéo ressassant des insanités choquant les consciences les plus insensibles. Un peuple vivant de futilités et d’indélicatesses.

En cela, pas de grand, pas de petit. Mesdames, messieurs, les réseaux sociaux sont un couteau à double tranchant. Ce n’est pas pour du gnignigni ou du gnagnagna. Ha, les fameux vocaux ! Exécrables insultes entre individus, entre communautés, entre tribus, entre régions... Finalement, à quoi aura servi cette tapageuse marche contre la haine et la discrimination ? Vous savez, les Bédouins ne peuvent pas être autre chose que des bédouins. Avec tous les effets de la civilisation, ils restent des bédouins : bédouins du campement, bédouins des adwabas, bédouins de village, bédouins de villes, bédouins des champs.

Regardez comment ils circulent en voiture, se garent, s’insultent, freinent, démarrent, clignotent à gauche pour virer à droite. Ecoutez-les au téléphone : des dizaines de minutes à débiter des puérilités, genre : tu es où ? Tu fais quoi ? T’as dormi quand, hier ? Qui est à côté de toi ? Celle de l’autre soir, c’est qui ? C’est quoi sa tribu ? Son mari ? Sa maman ? Son père ? Ses frères et sœurs ? Dis-moi, c’est quoi que tu manges aujourd’hui ? Avec qui chez vous ? Moi, je suis là, avec un ami. Dis-moi, le mariage de l’autre, là, c’est quand ?

Mais comment, son fiancé n’est pas son cousin ? Sa tribu, en principe… C'est-à-dire que… Attends, je te rappelle. J’ai plus de crédit. C’est comme ça, avec les réseaux sociaux, les vidéos, les vocaux, les n’importe quoi. Facebook et ses mille et une sortes de posts. Des pages pleines. Des murs défoncés. Un peuple ivre. Comme si les problèmes structurels de l’école ne suffisaient pas à les occuper !

Comme si les disfonctionnements mortels du secteur de la santé ne les inquiétaient pas ! Comme si les déficits infrastructurels des villes nationales ne les « éhontaient » ! N’est pas Trump qui veut. Et comme ce fameux bûcheron ou cette fameuse esclave, on ajoute du bois à notre bois.

Cette histoire d’officiers blancs ou noirs… Il ne faut quand même pas aller à reculons ! Si l’on n’avait fait qu’avancer, depuis l’Indépendance, on n’en serait certainement plus là aujourd’hui, à compter nos officiers blancs ou noirs. Nos ministres blancs ou noirs. Nos généraux blancs ou noirs. Nos hommes d’affaires blancs ou noirs. Nos gouverneurs centraux de banque, blancs ou noirs. Nos directeurs généraux, blancs ou noirs.

Nos présidents de partis politiques, blancs ou noirs. Nos présidents de fédérations, blancs ou noirs. Nos chefs d’états-majors, blancs ou noirs. Premier gouvernement national de 1958, CMRN, CMSN, CMJD, HCE : quarante-sept officiers de l’armée. Vous cherchez la couleur ? Allez au hammam ou en prison. La canicule aidant, c’est le bon moment ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Mauritanie : vers un gouvernement de Ould Cheikh Sidya plus technocratique que politique

Mauritanie : vers un gouvernement de Ould Cheikh Sidya plus technocratique que politiqueKassataya - Un mois après la formation du premier gouvernement de Ould Ghazouani dirigé par Ould Cheikh Sidya les observateurs ne sont pas indifférents à la volonté de l’équipe gouvernementale d’être plus lisibles et à l’écoute des citoyens.

Les ministres semblent montrer un nouveau visage et une ambition pour changer leur département. C’est très positif pour un gouvernement à peine installé. C’est un nouvel état d’esprit qui n’échappe pas aux observateurs. Tous les départements jouent la même musique. Les ministres sont au taquet. Le citoyen est au cœur des réformes.

Les ministères les plus problématiques comme la santé, l’emploi, l’éducation nationale et l’habitat sont dans le collimateur du chef du gouvernement désormais l’interlocuteur direct des ministres auprès du président. Un changement de style qui va dans le sens de privilégier d’abord les diagnostics et les solutions avant les décisions.

C’est un gouvernement d’action pour l’instant pour sortir de l’impasse économique. Tous les secteurs seront revus et corrigés surtout dans l’agriculture et l’élevage dans un contexte où la campagne agricole s’annonce difficile notamment dans la vallée avec les inondations récentes qui ont fait beaucoup de dégâts humains et matériels.

Les accords litigieux sous Ould Aziz au niveau de la santé sont annulés notamment celui de Nouakchott Medical Center et la CNAM. De nouvelles mesures sur l’autonomie des hôpitaux et les conditions des médecins et le personnel de la santé vont permettre à ce secteur délaissé depuis longtemps de repartir sur de nouvelles bases et d’offrir des soins gratuits aux populations les plus démunies.

De même de nouveau signes encourageants pour lutter contre le chômage endémique notamment des jeunes. Ils sont plus 371 000 en grande partie des filles en milieu rural et près de 70 000 diplômés chaque année.

Un plan Marshall est en cours d’élaboration pour éradiquer le fléau. Le logement c’est un des parents pauvres des politiques gouvernementales précédentes.

Le gouvernement de Cheikh Sidya va restructurer les quartiers populaires où vivent plus de la moitié de la population de Nouakchott. Et la réforme s’inspira de l’exemple marocain en matière d’aménagement du territoire. Au final un gouvernement plus technocratique qui entend avoir des résultats.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : la loyauté de Ould Ghazouani envers Ould Aziz fait polémique

Mauritanie : la loyauté de Ould Ghazouani envers Ould Aziz fait polémiqueKassataya - Le limogeage de Ould Ely patron de la SNIM suite à un rapport accablant sur la gestion de Ould Aziz et son remplacement par l’ancien ministre des finances et de l’économie Ould Djay c’est l’arbre qui cache la forêt.

Autant d’indicateurs pour les observateurs qui révèlent la méthode de pillage de l’ancien président sur la vente du fer et la complicité de son ministre de l’économie et des finances.

C’est surtout le laxisme du président mauritanien qui inquiète les observateurs. Cette affaire de limogeage du patron de la plus grande société d’Etat qui intervient dans un contexte où les observateurs et l’opposition mauritanienne ne sont pas dupes des difficultés financières du pays, suscite des interrogations sur la posture du président Ould Ghazouani à peine investi dans sa nouvelle fonction.

En effet Ould Ghazouani a annoncé de bonnes intentions pour sortir le pays de l’impasse économique léguée par son prédécesseur. Et depuis deux semaines la révision de certains accords conclus par Ould Aziz va dans ce sens mais dans une moindre mesure. La raison est simple.

Le cœur du redressement économique réside avant tout dans un audit de toutes les sociétés d’Etat au bord de la faillite dont certaines sont liquidées comme la SONIMEX et l’ENER pour ne citer que celles-ci.

En nommant un ancien ministre de l’économie et des finances nouveau patron de la SNIM, une personnalité décriée par la classe mauritanienne toutes tendances confondues Ould Ghazouani tente de couvrir son frère d’armes et sa méthode de pillage des ressources du fleuron de l’industrie mauritanienne notamment dans la vente du fer de 2011 à 2015.

C’est cette vérité amère qui résulte du rapport de Ould Ely qui est à l’origine de ce nouveau feuilleton. Et c’est Ould Aziz qui serait même à l’origine de cette pression une fois averti de cette révélation.

Et les tapages médiatiques sur la fronde des caciques de l’UPR après la formation du gouvernement de Ould Cheikh Sidya font partie de ce plan machiavélique pour empêcher le nouveau président d’agir.

L’ancien chef d’Etat serait même en possession de toutes les preuves de la casse de dix années au pouvoir. Une difficulté supplémentaire pour Ould Ghazouani et son gouvernement de procéder à des audits réclamés aujourd’hui par l’opposition.

Devant ce casse-tête le président mauritanien a choisi la loyauté chère aux généraux de l’armée en laissant partir son ami avec près de 300 valises et d’autres biens incommensurables dont le fugitif a le secret. Ould Ghazouani a prêté serment.

Ce qui l’oblige à agir sur la base de preuves. Cette difficulté est surmontable. Dans le cas échéant c’est une complicité synonyme de haute trahison condamnable par la justice.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : la gouvernance de Ould Aziz au banc des accusés

Mauritanie : la gouvernance de Ould Aziz au banc des accusésKassataya - Incontestablement l’affichage du gouvernement de Ould Cheikh Sidya comme le prolongement du régime de Ould Aziz a suscité des polémiques au sein de l’opposition mauritanienne et des observateurs qui remettent sur la sellette la gestion catastrophique de l’ancien régime.

Le tombeur du premier président élu démocratiquement depuis 78 Sidi Ould Cheikh Abdallahi le général Ould Aziz est élu en 2009. Le président mauritanien a fait de la lutte contre la gabegie et la corruption son cheval de bataille et s’est autoproclamé le « président des pauvres ».

En une année il s’est accaparé de tous les leviers économiques du pays dont les plus importants, la SNIM, les infrastructures portuaires et maritimes, l’aéroport, la pêche, le pétrole et l’immobilier. Et avant la fin de son premier quinquennat il est devenu le président le plus riche de ses homologues africains avec un salaire qui dépasserait la plupart de ses homologues occidentaux.

Et l’accaparement des terres agricoles au profit des investisseurs arabes et des terrains à Nouakchott ont profité au locataire du palais de Nouakchott.

Réélu en 2014 sa politique est comblée par des forces extraconstitutionnelles qu’il a favorisées au sein du palais grâce à des marchés publics de gré à gré.

Conséquences de cette mauvaise gestion, l’économie du pays connaît un état de dégradation avancé, handicap sérieux à une reprise normale des activités des principales sociétés d’Etat en faillite dont certaines ont été purement et simplement liquidées comme la SONIMEX, l’ENER et d’autres agences nationales de développement.

C’est cette mal gouvernance qui s’invite dans les débats aujourd’hui à la veille de la présentation de la politique générale du premier ministre devant l’assemblée nationale. Et c’est l’opposition depuis plus deux semaines qui est montée au créneau pour éclairer l’opinion publique sur les malversations de l’ancien président et dénoncer sa fuite rocambolesque avec sa famille en emportant dans ses 300 valises les biens de l’Etat.

Les leaders de l’opposition réclament au gouvernement un audit des sociétés et agences d’Etat. C’est la priorité des priorités face à la situation économique gravissime.

Le cœur de l’économie mauritanienne la SNIM est passée entre les main du gendre de Ould Aziz qui détient 80 pour cent du capital sur fond d’un accord avec une société australienne. Au-delà de cette mauvaise gestion économique du pays c’est l’autoritarisme de l’ancien président qui est pointé du doigt.

Durant 11 ans de pouvoir Ould Aziz s’est attaqué à la liberté d’expression, verrouillé les médias publics. Et pour des règlements de compte politique avec l’opposition en exil ou dans le pays il a exercé des pressions sur la presse privée indépendante et les syndicats libres en instrumentalisant la justice.

Après un mois de gouvernance Ould Ghazouani a compris que pour sortir de cette impasse économique il faut commencer par dénoncer les accords conclus par son prédécesseur dont bénéficie en général son clan. A l’actif 4 accords sont sur la voie d’être annulés.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : vers l’annulation des accords conclus sous le régime de Ould Aziz

Mauritanie : vers l’annulation des accords conclus sous le régime de Ould AzizKassataya - Le gouvernement de Ould Cheikh Sidya vient d’annuler tous les accords de licences de pêche au cours de l’année en cours et non encore exécutés. Une décision qui intervient après les révélations de la presse nationale sur les réseaux sociaux de l’annulation de trois autres accords relatifs à la 4ème licence dans le domaine des communications, à la fourniture de produits pétroliers en haute mer et entre Nouakchott Medical Center et la CNAM.

La quasi-totalité de ces accords étaient en faveur des proches de l’ancien président. C’est la politique qui prévaut au sommet de l’Etat depuis plusieurs années notamment depuis l’avènement au pouvoir des militaires en 78. Toutes ces sociétés agissent dans la proximité de la présidence. Le nouveau président Ould Ghazouani entend nettoyer l’écurie de son prédécesseur.

Les observateurs saluent ce début de volonté politique qui s’inscrit dans le cadre d’assainissement des finances publiques, objectif numéro un pour traduire dans les faits son ambition de redresser un pays à genou et fortement endetté.

Les observateurs attendent encore que le chef de l’Etat aille plus loin en révisant en particulier les accords qui appauvrissent les caisses de l’Etat par exemple l’accord de la SNIM et une société australienne pour l’exploitation des mines de F’Dérick dont 80 pour cent du capital reviennent au gendre de Ould Aziz. Aussi concernée la société chinoise Poly Hondong qui continue de piller les richesses halieutiques.

Les mauritaniens attendent également des explications sur les milliards d’ouguiya du pont de Rosso un projet avec le Sénégal, de l’échangeur du carrefour Madrid à Nouakchott, et du projet sucre de Foum Gleita dont personne n’a vu le produit fini pour ne citer que ceux-là.

La liste des biens de l’Etat vilipendés par Ould Aziz est très longue. Et l’opposition attend un audit de toutes les sociétés d’Etat. Ce nouveau régime a depuis le 1er août dernier toute la légitimité à mener des réformes qui s’imposent.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Autour d’un thé : Déclarez, déclarez, il en restera toujours quelque chose...

Autour d’un thé : Déclarez, déclarez, il en restera toujours quelque chose....Le Calame - Dans notre imaginaire populaire, les animaux nous sont maîtres en sagesse.

Pas seulement en cette histoire de phacochère ; je n’entre pas là-dedans, pas du tout, c’est du passé : les animaux nous ont appris à ne pas tirer sur les charognes. On peut les manger mais pas tirer dessus. Question de décence et de respectabilité. La roulette du phacochère, motus et bouche cousue, complètement, définitivement !

Maintenant, revenons-en un peu à ce loup qui précède le troupeau à l’étable ou cette hyène qui se roule (elle aussi ! Mais chut ! Ai-je dit…) par terre, toute en pleurs qu’on lui ait demandé de garder les animaux.

Sur les raisons de son étonnant découragement, la très sage hyène dira, tout simplement, qu’elle sait que ça « n’est pas vrai en eux ». Quant à cette histoire, très à la mode, de déclaration de patrimoine qui vient, visiblement, après coup, le Président sortant a déclaré, hors du pays, qu’il en avait remis toutes les informations, dans une petite enveloppe remise à qui de droit, de la main à la main. Serait-ce que tout ce que les gens racontaient (opposition, presse, ennemis et autres criminels transfrontaliers…) n’était que diffamation ? Une petite enveloppe…

Où sont alors toutes ces villas dont vous parliez ? Ces banques ? Ces comptes ? Ces sociétés de construction ? Ces bateaux de pêche ? Ces marchés de gré à gré ? Ces grosses fortunes accumulées ? Tout ça dans une si petite enveloppe ? Quand même, une seule feuille A4, même noircie recto/verso, ça ne peut pas décrire tout ce que vous racontiez ! Cette histoire d’avion loué pour quelques plusieurs millions d’ouguiyas, colis et personnel de maison ?

Mais, quand on va, on ne part pas les mains vides ! Quelles conneries, tout ça ! J’ai, moi-même, un patrimoine que je m’empresse de déclarer : moi, tout d’abord et tout debout, 1,87 met quelques dizaines de kilogrammes. Une modeste – très modeste – maison, loin – très loin – là-bas vers « Rue Messaoud » acquise par je ne sais trop quelle grâce du Seigneur des pauvres, béni soit-Il.

Un salaire aléatoire au Calame. Un compte rouge-sang dans une banque menacée de faillite. Zéro chèvre. Zéro vache. Zéro chameau. Zéro charrette. Zéro terrain. Zéro palmeraie. Zéro âne. Zéro cheval. Zéro boubou Ezbi. Zéro iphone. Les ministres sont comme le loup qu’on pense toujours rassasié.

Mais si la pierre dit : « je suis mouillée » ; le morceau d’argile lui répond : « moi, je ne pipe mot ». Quand le ministre des Finances et de l’économie dit qu’il n’a « presque rien » ; juste quelques petites choses, genre modeste maison à Magta Lahjar, quelques boutiques louées à Tevragh Zeïna ; deux voitures : une pour lui et une pour quelqu’un de la maison ; quelques petits terrains désespérément nus ; à peine « quelques ouguiyettes » qui ne dépassent pas la vingt-huitaine de millions très anciens et quelques créances avec des gens au dos long ; cela veut dire que les autres anciens ministres sont presque comme moi ou « plus pires » même, pour parler bon français.

Mais, quand même, la déclaration de patrimoine, c’est quand on rentre et quand on sort. Sinon ça veut dire quoi ? Si, quand tu viens, on ne sait pas ce que tu avais, à quoi ça sert de savoir ce que tu détiens quand tu pars ? Monsieur le nouveau Président, messieurs les nouveaux et anciens ministres, tous les messieurs et mesdames quelque chose, montrez-nous ce que vous avez aujourd’hui.

Comme ça, nous pourrons juger, demain, si vous êtes bien ou mal partis. Les hommes doivent montrer ce qu’ils ont et les femmes aussi. Combien de comptes ? Combien de femmes ou d’hommes ? Combien de seconds bureaux ? Combien de terrains à Tevragh Zeïna ou en zones populaires? Combien de maisons ? Combien de boutiques louées ou pas louées? Combien de cheveux sur la tête ? Combien de grandes ou de petites palmeraies ? Combien de voitures et de quelle marque ? Combien égorgez-vous de moutons par semaine et combien de casse-croûte par jour ?

Où passez-vous vos vacances ? Combien de boubous, costumes, paires de chaussures, cravates, sous-vêtements et téléphones ? Quels parfums, quelles cigarettes ? Combien d’argent en poche, en compte(s), dans les malles, sur et sous les tables ? Responsables de tous les gouvernements, déclarez, déclarez…on vous croira… peut-être. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie : l’ambivalence de Ould Ghazouani pointée par les observateurs

Mauritanie : l’ambivalence de Ould Ghazouani pointée par les observateursKassataya - L’omerta sur les malversations de Ould Aziz ne donne pas une bonne image du président Ould Ghazouani investi depuis le 1er août dernier encore moins le nouveau gouvernement qui nie toute difficulté économique alors que les caisses de l’Etat semblent vides.

En même temps les observateurs s’interrogent sur l’engagement timide du chef de l’exécutif à lutter contre la corruption. Cette ambivalence inquiète les observateurs qui pointent un nouveau chef d’Etat qui a laissé partir tranquillement son prédécesseur à l’étranger dans des conditions rocambolesques.

En effet Ould Aziz a pris le soin de quitter le pays en affrétant la compagnie internationale mauritanienne. Dans les soutes de l’avion plus de 300 bagages signalés par la presse nationale et sans doute des millions de devises. Cette fuite laisse entendre un deal entre les deux hommes bien avant les présidentielles du 22 juin dernier.

Vu sous ce regard l’omerta sur les malversations de son prédécesseur est considéré par les observateurs comme une complicité. Et les nombreuses demandes de l’opposition pour des enquêtes sont peine perdue. Non seulement Ould Aziz est parti avec une déclaration de patrimoine gardée secrètement par le président de la cour suprême et dont la teneur sera difficilement révélée au grand public.

Les mauritaniens ne se font pas non plus d’illusion dès lors qu’ils constatent que depuis son investiture Ould Ghazouani n’a pas fait de déclaration de patrimoine comme l’exige la loi ainsi que son premier ministre et son gouvernement et d’autres personnalités concernées par la commission de transparence.

Cette position attentiste contraste avec les bonnes intentions du locataire du palais de Nouakchott de sortir du pays de l’impasse politique à laquelle est confrontée le pouvoir pour un dialogue inclusif avec l’opposition.

A trois semaines de pouvoir aucun signal n’est envoyé dans ce sens. Il s’agit également de sortir de l’impasse économique dans un contexte d’endettement publique qui dépasse les 100 pour cent du PIB et une nouvelle monnaie qui n’arrive pas à décoller.

Les finances publiques se portent mal compte tenu de la mauvaise santé des sociétés d’Etat, d’une banque centrale en quête de stabilité et un trésor public à genou. Pour réussir son programme Ould Ghazouani est appelé à lutter d’abord contre la corruption.

C’est le défi le plus urgent compte tenu des nombreux accords de son prédécesseur signés avec des sociétés fictives ou gérées par des proches de l’ancien régime et qui coûtent.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : les premières difficultés financières de Ould Ghazouani

Mauritanie : les premières difficultés financières de Ould GhazouaniKassataya - Au moment où le gouvernement de Ould Cheik Sidya fait des pieds et des mains pour mettre en œuvre le programme du président, les observateurs sont perplexes face aux emprunts financiers du chef de l’exécutif.

Des emprunts qui font polémique parce qu’ils remontent une semaine seulement après l’investiture du président mauritanien qui avait fait appel aux banques commerciales pour un montant de plus de 13 milliards d’ancienne ouguiya et un autre prêt de la banque d’Import-Export de Chine estimé à plus de 3 milliards de nouvelle monnaie.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le premier gouvernement de Ould Cheikh Sidya qui aurait certainement préféré puiser sur les propres fonds du trésor public. Au total et pour deux semaines d’existence plus de 43 milliards d’ancienne monnaie à rembourser. Pas encourageant pour faire face aux défis titanesques sur l’emploi, la sécheresse, la fracture sociale.

Dans ces conditions de démarrage, la promesse des 20 milliards pour la création d’une agence nationale d’inclusion sociale pourrait être compromise. A moins encore de s’endetter davantage.

De même les réformes de l’éducation nationale et le redressement des sociétés d’Etat en faillite pourraient être remis aux calendes grecques. Après avoir vidé les caisses de l’Etat l’ancien président Ould Aziz laisse une ardoise de plus de 5 millions de dollars. L’opposition demande des enquêtes sur ces malversations.

Les observateurs s’interrogent sur ce silence au plus haut sommet de l’Etat synonyme de complicité et redoutent dès maintenant des perspectives d’un plan d’austérité imposé par les gendarmes financiers le FMI et la Banque mondiale.

Les mauritaniens ne font plus confiance à une nouvelle monnaie qui déclenche une inflation galopante et impacte sur les ménages les plus modestes. Ces premières difficultés de trésorerie du gouvernement risquent également d’impacter sur les entreprises notamment d’import-Export.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Réclamations

RéclamationsLe Calame - Nous, il faut bien qu’on soit comme quelque chose. Excusez-moi d’avoir oublié de vous dire coucou : on est revenu des vacances, j’ai foncé directement, à cause de vous. Coucou, donc. Nous, disais-je – c'est-à-dire la majorité, l’opposition, l’entre les deux, les culbuteurs, les double visages, les ceux qui sont là et les ceux qui sont là-bas –l’on est, ou comme le monde ou comme l’Afrique.

Je m’explique : un président à peine arrivé et nous voilà déjà à crier ! Il n’a même pas encore déposé ses valises que nous en sommes déjà tous à gueuler : réclamations par ci, réclamations par là...

Les civils veulent être des militaires et percevoir au moins un salaire supplémentaire ! Les créanciers de Cheikh Rhida être réglés ici et maintenant, séance tenante, au pied levé ! Les gens de l’éducation se réformer ! Ceux de la santé guérir ! Les marchands ambulants ne plus marcher longtemps ! La presse s’assainir ! Le climat des affaires rebondir ; Les agrégats économiques reverdir !

Les agriculteurs et les éleveurs la pluie et l’hivernage ! Avant même d’avoir commencé, le Président et son Premier ministre sont débordés, ne savent encore quoi faire et en sont encore à se demander par quel bout entamer le boulot. Une vraie histoire de « fais-moi réciter mon fils, mon cheval est prêt ». Comme si l’on allait chez le marabout pour des formules magiques.

Traditionnellement, c’est après seulement cent jours de pouvoir que les premiers bilans tombent. Pas quelques heures ! On a eu déjà le gouvernement : des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes ; des anciens, même, avec certains en place depuis quand même un bon bout de temps.

Selon les dernières statistiques, le pays compte quelque deux mille sept cents tribus, réparties en plusieurs dizaines de milliers de clans composés de quelques centaines de milliers de familles comptant quelques millions de membres. Il y a aussi une quinzaine de wilayas dont les trois de Nouakchott.

Il y a aussi les gens de la Vallée. Ceux du Charg avec quelques gros débats sur « où ça commence, où ça finit ». Un autre problème… Il y a aussi les gens du Nord, du Centre, d’El Gueble ! Avec encore quelques gros débats sur « où ça commence, où ça finit ». Une autre histoire...

Ehel Charg et Ehel El Gueble : deux entités parallèles, un peu comme les droites qui ne se rencontrent jamais. Il ya aussi les Beïdanes, avec leurs guerriers, leurs marabouts, leurs esclaves, leurs Harratines, leurs griots, leurs tributaires et leurs forgerons…Et encore les Wolofs, les Soninkés, les Halpulaars dont les Peuls des quatre points cardinaux.

Et aussi les Bambaras et les métis de Mauritanie qui commencent à revendiquer ! Or le gouvernement et toutes les fonctions assimilées, ça fait à peine quarante postes. Ça fait combien, quarante divisés par trois millions cinq cent mille ? Si l’on suit cette logique. Il faut diviser la trentaine de généraux par trois millions cinq cent mille.

Comme ça, chaque mauritanien aura un 0,00001143 ministre et un 0,00000857 général. Soit, grosso modo, 0,015 ministre et 0,011 général par tribu…Toujours dans la même affaire de « combien y a-t-il de ceux-ci et de ceux-là dans le gouvernement ? », restent, encore, les homosexuels et les LGBT ! Et ne me dites surtout pas, SVP, que nous sommes une république islamique ! Sinon, je vais mourir de rire. D’autant plus que rien n’a encore changé.

Ce n’est pas moi qui le dis : inter-changer n’est pas changer. C’est comme aux dames : un pion peut aller d’une case à une autre, sans problèmes, mais, pour devenir dame, il faut du temps et beaucoup, beaucoup de persévérance... Tout ça pour dire que les hommes et les femmes sont les hommes et les femmes.

C’est la volonté du chef et ses orientations qui en feront de bons ou de mauvais collaborateurs. Ils peuvent voler avec « l’autre » et « toucher la terre » avec celui-là.

Avoir été tordus avec « l’autre » et (re)devenir tout droits avec celui-là : Allah fait ce qu’ll veut… Une équipe, avec des bons et des mauvais mais, surtout, un chef, leader charismatique qui ne soit le prolongement, l’émanation et l’incarnation que de… lui-même. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Mauritanie : la dissolution du parlement, un véritable casse-tête de Ould Ghazouani

Mauritanie : la dissolution du parlement, un véritable casse-tête de Ould GhazouaniKassataya - L’idée de dissoudre le parlement par le nouveau président mauritanien focalise cette semaine l’attention des observateurs au moment où le nouveau gouvernement ne fait pas l’unanimité au sein de l’UPR majoritaire à l’assemblée nationale.

Même si cette dissolution a effleuré l’esprit du nouveau locataire du palais de Nouakchott ce n’est pas une bonne idée. La difficulté à laquelle fait fasse le président Ould Ghazouani c’est Le parti-Etat UPR qui traverse une zone de turbulences avec un début de grogne de certains caciques du régime qui déplorent l’absence de certains cadres dans le gouvernement de Ould Cheikh Sidya.

Ce malaise réside même dans l’élection du dauphin de Ould Aziz. Les militants du parti n’ont pas apprécié les méthodes utilisées par leur chef qui s’apparentaient à un deal entre les deux généraux pour reconduire l’armée au pouvoir.

C’est clair le forcing de Ould Aziz a joué beaucoup dans la victoire finale aux triples élections de septembre 2018 où le parti a obtenu une large majorité au parlement et conquis toutes les régions et plus de la moitié des mairies et l’élection de Ould Ghazouani avec une majorité de plus de 52 pour cent des suffrages à la présidentielle du 22 juin dernier.

L’UPR doit tous ces succès à Ould Aziz qui s’est impliqué personnellement même dans toutes les campagnes pour en arriver là. Ce rappel des faits est très significatif du malaise au sein de la majorité. Le nouvel homme fort entend tourner une page pour en écrire d’autres.

Mais c’est sans compter sur les fidèles de Ould Aziz qui veulent avoir leur part du nouveau gâteau. En tournant le dos à beaucoup de caciques du parti Ould Ghazouani court le risque d’être rattrapé par l’histoire en se faisant beaucoup d’ennemis pour le moment au sein de l’appareil du parti qui envisage de tenir son congrès pour élire son président.

Cette grogne n’est pas encore finie malgré les concertations du chef de l’Etat avec le président du parti et de l’assemblée nationale. Pour l’instant elle n’a pas atteint le parlement. Mais si le mécontentement touche beaucoup de députés le risque d’un bras de fer est réel.

Et dans ce cas c’est aussi un risque de blocage qui pourrait conduire à une crise parlementaire semblable à celle des sénateurs en 2007 sous le régime de Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui a mal fini avec le coup de force en 2008 de Ould Aziz.

Un casse-tête pour le nouveau président qui devra agir vite pour convaincre ses troupes à rentrer dans les rangs surtout pour les irréductibles qui souhaitent le retour de Ould Aziz. Il a encore le temps avant la session extraordinaire du parlement en septembre prochain. Un passage obligé pour le chef du gouvernement pour présenter son programme.

Cherif Kane

Source : Kassataya