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Economie en Afrique

Gaz naturel : l’Afrique pourrait fournir 20 % des besoins mondiaux d’ici 2025

Jeune Afrique - Après une décennie relativement calme, les exportations de gaz naturel africain ont de beaux jours en perspective, notamment grâce aux investissements colossaux réalisés au Mozambique. Dans son dernier rapport, la Chambre africaine de l’énergie fait un point sur les grands projets annoncés.

Dans son dernier rapport sur les perspectives énergétiques de l’Afrique pour 2020, la Chambre africaine de l’énergie, groupement interprofessionnel des métiers de l’énergie et des mines en Afrique, s’intéresse notamment au potentiel d’exportation du gaz naturel africain, dont les exportations sous forme liquéfiée vont fortement augmenter.

Les gigantesques découvertes réalisées au cours de la décennie passée au Mozambique, en Tanzanie, au Sénégal et en Mauritanie, ont révélé au total prêt de 200 TcF (trillion cubic feet) de réserves de gaz, soit suffisamment pour fournir les deux tiers de la demande mondiale actuelle durant vingt ans. Ceux à quoi s’ajoutent les 200 TcF de réserves prouvées au Nigeria.

Si en 2018 l’Afrique subsaharienne fournissait 10 % de la production globale de gaz naturel liquéfié (GNL), avec 28 millions de tonnes par an (mtpa), le cabinet d’analyse Akap Energy prévoit qu’en 2025, cette capacité de production africaine aura augmenté de 150 % pour atteindre 84 mtpa. Soit 15 à 20 % du marché mondial.

Une telle croissance sera conditionnée à l’investissement de plus de 75 milliards de dollars, dont les deux tiers doivent être injectés au Mozambique.

Cette perspective est rendue possible par le fait qu’après une pénurie de grands projets d’investissement pendant une dizaine d’années, le gaz africain suscite de nouveaux l’intérêt des grandes majors internationales comme Total, ExxonMobil ou Shell.

Les principaux investissements se concentrent sur la côte est du continent, en raison de la proximité des zones de productions avec les grands marchés d’importation asiatiques, et ce malgré des coûts élevés.

Centrales flottantes pour les pays moins dotés

Les 50 milliards de dollars qui doivent être engagés dans le GNL mozambicain entre 2017 et 2025 par Exxon et Anadarko (en cours d’acquisition par Total) en témoignent.

Ces projets de GNL mobilisent par ailleurs rapidement d’importants financements, à l’image du projet du champs gazier offshore sénégalo-mauritanien de Grand Tortue, découvert en 2015, qui pourrait entrer en exploitation en 2020, indique le rapport (2022 selon nos informations) grâce à un investissement de 10 milliards de dollars de BP et Kosmos Energy.

Enfin, si les investissements y sont moins importants, les pays ne disposant pas de réserves suffisamment conséquentes pour installer des centrales onshore s’engagent, à l’image du Cameroun, l’Éthiopie et de la Guinée-Équatoriale, dans l’utilisation de centrales flottantes de liquéfaction, avec des mises en production annoncées dès 2020. Avec encore une fois des majors de premier plan prêtes parmi les investisseurs.

Source : Jeune Afrique

 

 

Sénégal : l’exploitation du champ pétrolier reporté à 2023

Sénégal : l’exploitation du champ pétrolier reporté à 2023Sahara Médias - Le Sénégal a décidé de reporter à 2023 la production du premier baril de pétrole du champ SNE, situé sur les côtes en face de la capitale sénégalaise, selon des sources officielles sénégalaises.

Les mêmes sources justifient cette décision par un changement de stratégie adoptée par le Sénégal et ses partenaires, selon la société nationale pour les hydrocarbures PETROSEN.

La société sénégalaise a déclaré que la société australienne WOODSIDE, qui se charge de l’exploitation du champ en collaboration avec les équipes techniques sénégalaises, a décidé de changer la stratégie d’investissement en ce qui concerne la plateforme de production, de stockage et d’exportation.

La nouvelle stratégie prévoit l’achat de cette plateforme et non plus sa location comme cela était prévu lors de la première stratégie.

La société sénégalaise estime que la nouvelle stratégie a été adoptée afin de garantir les intérêts des populations sénégalaises et plus généralement une meilleure harmonisation économique du projet.

Au cours des dernières années d’importantes découvertes pétrolières et gazières ont été enregistrées.

On estime à un milliard de barils la réserve pétrolière du pays et à 1,100 milliards de M3 ses réserves en gaz naturel dont la quantité la plus importante se trouvant dans un champ commun avec la Mauritanie.

Source : Sahara Médias (Mauritanie)

 

 

"Compact with Africa", la réticence des investisseurs allemands

DW - Deux ans après le démarrage de ce projet, des réglages sont nécessaires pour rendre les pays africains concernés plus attractifs pour des investisseurs et développer leurs économies.

Ils ne sont que sept chefs d'État sur les 12 concernés à honorer de leur présence à cette deuxième rencontre avec Angela Merkel sur les investissements en Afrique.

Ce rendez-vous est l'occasion pour la chancelière allemande de revenir sur un certain nombre d'initiatives pour soutenir l'investissement privé en Afrique, notamment le fonds d'investissement d'un milliard d'euros engagé par Berlin pour soutenir des projets d'entreprises allemandes et africaines.

Á cela s'ajoutent les nombreux partenariats engagés avec des pays comme le Ghana, la Tunisie et la Côte d'Ivoire.

Même si ces initiatives sont timides dans d'autres pays, elles permettent au " Compact with Africa " d'y prendre corps.

C'est le cas du Togo qui a bénéficié de l'intervention de certaines petites et moyennes entreprises dans le domaine des énergies renouvelables. Komi Sélom Klassou, Premier ministre togolais représentant du Président Faure Gnasingbé à cette rencontre estime que : "le Compact with Africa" est une opportunité beaucoup plus pour le Togo".

Il explique que le "secteur privé national aura un dynamisme en travaillant avec leurs homologues, notamment Allemands qui ont une expérience avérée."

Elargissement du "Compact with Africa"

Ouvrir le projet à d’autres pays africains, c’est le souhait de Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine.

"Douze États sur une cinquantaine, ce n'est pas suffisant. Est-ce que ce ne sont pas les conditionnalités qui limitent les autres États à pouvoir faire partie de cet important projet? Il faut reconnaitre que les États africains ne sont pas dans les mêmes conditions pour des raisons évidentes", explique Moussa Faki Mahamat.

Appels à l’endroit des entreprises germaniques

Plusieurs personnalités dans leurs interventions sont revenues sur les différents facteurs de réticence des certaines entreprises allemandes à s'engager sur le continent africain.

Occasion également pour le Président ghanéen de présenter la situation des fèves de cacao de la Côte d'Ivoire et du Ghana sur le marché mondial.

Nana Akufo-Addo annonce "la décision consciente de nous éloigner de la situation où nous ne sommes plus que des exportateurs et des producteurs de matières premières pour nous tourner vers la montée en puissance de la chaîne de valeur dans nos propres pays".

À terme, "Compact with Africa" veut améliorer les relations économiques entre les pays africains et l'Allemagne. Berlin place cet objectif sur "la transparence et la confiance".

Par Rodrigue Guézodjè
Source : Deutsche Welle (Allemagne)

 

 

La BAD augmente son capital de 125% à 208 milliards de dollars pour «accélérer» les agendas 2030 et 2063

La BAD augmente son capital de 125% à 208 milliards de dollars pour «accélérer» les agendas 2030 et 2063C’était l’un des dossiers les plus chauds de la Banque africaine de développement (BAD) ces deux dernières années. Finalement, les 80 pays membres réunis pour la cinquième session extraordinaire du conseil des gouverneurs ont approuvé ce 31 octobre l’augmentation de 125% du capital général de la BAD, passant ainsi de 93 milliards à 208 milliards de dollars. Cet argent servira à financer les objectifs de développement du Continent.

« Nous n'avons que 10 ans avant l'échéance des ODD [Objectifs de développement durable en 2030, ndlr]. Nous ne pouvons pas accepter que l'Afrique n'atteigne pas ses objectifs », a martelé Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement (BAD) en conférence de presse jeudi soir à Abidjan.

C'est cette urgence qui justifie, a-t-il souligné, le timing de la septième opération d'augmentation du capital de la BAD. Réuni en session extraordinaire ce 31 octobre, le conseil des gouverneurs a en effet approuvé une augmentation de 125% du capital général, passant ainsi de 93 milliards de dollars à 208 milliards de dollars, soit 115 milliards de dollars supplémentaires. La plus importante augmentation de capital de toute l'histoire de la BAD.

« C'est un moment historique pour une décision historique. [...] L'augmentation générale du capital se répercutera dans le monde entier. Cela nous aidera à faire un grand pas en avant pour l'Afrique », a déclaré Akinwumi Adesina, président de la BAD.

Après deux ans de pourparlers

Cette décision est l'aboutissement de deux longues années de pourparlers entre Rome (Italie), Washington (Etats-Unis), Malabo (Guinée équatoriale) et Charm el-Cheikh (Egypte). L'objectif de départ était de doubler la capacité financière de la BAD afin qu'elle puisse davantage appuyer le développement des économies africaines.

A Abidjan, les 80 pays membres de l'institution se sont retrouvés pour décider. Il a été révélé qu'un pays comme le Canada a apporté 1,1 milliard de dollars supplémentaires, tandis que la Suède en a misé 500 millions de dollars supplémentaires.

Le Chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, présidant la cérémonie de lancement des travaux à huit clos du conseil des gouverneurs, a insisté sur le rôle qu'une institution telle que la BAD joue dans l'essor économique et social du Continent, dans un contexte de « défis d'ordre économique, sécuritaire et climatique ».

« L'une des clés du succès de ces ambitions légitimes réside dans la capacité des pays africains à mobiliser des ressources financières suffisantes et à les utiliser de façon efficiente pour réaliser la transformation structurelle de nos économies, et mettre en place les conditions d'une croissance durable et inclusive. » Alassane Ouattara.

La BAD estime que toutes les parties prenantes du développement du Continent -institutions, Etats, secteurs privés...- devraient « accélérer » leur action en vue de concrétiser non seulement l'agenda 2030 des Nations Unies, mais aussi l'agenda 2063 de l'Union africaine (UA).

Pour rappel, l'action de la BAD est structurée autour de cinq priorités : électrifier, nourrir, industrialiser, intégrer l'Afrique et améliorer la qualité des vies des populations. « Si nous arrivons à concrétiser ces cinq priorités, l'Afrique aura réalisé 90% des ODD et 90% de l'agenda 2063. D'où l'importance de disposer des moyens nécessaires », a fait remarquer Adesina.

La BAD s'attend, par ailleurs, à ce que l'augmentation de son capital conforte son rating AAA, lui conférant « une plus grande stabilité dans les années venir », pour remplir aisément sa mission. « La Banque aura plus de ressources que jamais auparavant. Nous aurons ainsi la possibilité de réaliser de plus grands projets », a souligné Adesina.

Des fonds pour des projets transformateurs

Les 115 milliards de dollars mobilisés auprès des actionnaires de la BAD seront déployés au fur et à mesure à partir de 2020, selon les précisions de Bajabulile Swazi Tshabalala, vice-présidente pour la Finance et directeur des finances.

La BAD a déjà identifié des projets clé qui bénéficieront de ses nouveaux fonds propres, notamment l'Initiative Desert to Power qui, promise pour être la plus grande zone solaire au monde, permettra à 250 millions de personnes dans le Sahel d'accéder à l'énergie.

Tous les grands projets, notamment infrastructuraux et agro-industriels qui permettront également une implémentation facilitée et efficace de zone de libre-échange continental (Zlec), sont une priorité, Akinwumi Adesina a notamment cité l'autoroute Lagos-Abidjan. La BAD s'engage également à « aider les pays à créer des zones spéciales de transformation agro-industrielle qui transforment et ajoutent de la valeur aux produits agricoles ».

La Banque entend également doubler sa mise pour le financement climatique à 25 milliards de dollars d'ici 2025. L'autonomisation des femmes constitue également une priorité. Ainsi, 3 milliards de dollars supplémentaires seront consacrés à la mise en œuvre de l'Action financière positive pour les femmes en Afrique (AFAWA).

Accent sur le secteur privé

De plus en plus, la BAD insiste sur la nécessité de propulser le secteur privé et favoriser la construction d'environnement des affaires propices à l'affluence des entreprises et investisseurs. Ainsi, la Banque entend davantage accompagner les PME africaines, particulièrement celles versées dans la technologie et les petites et moyennes industries (PMI). « Nous ne pouvons pas continuer à exporter les matières premières. Nous devons développer des chaines de valeur.

L'expérience a montré que les pays qui ne font qu'exporter les matières premières sont soumis à la volatilité des prix et finissent par s'appauvrir. Or ceux qui s'orientent vers la transformation s'enrichissent », a remarqué Adesina, soulignant « l'exemple » de la Côte d'Ivoire et du Ghana qui porte désormais cette ambition pour leur cacao.

Pour davantage engager le secteur privé dans l'essor du Continent, la BAD a lancé l'année dernière le Forum pour l'investissement en Afrique. La seconde édition se tiendra du 11 au 13 novembre prochain à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Et la Banque compte sur cette plateforme pour davantage fédérer les secteurs privés d'Afrique et d'ailleurs autour des objectifs de développement du Continent.

Par DNES à Abidjan, Ristel Tchounand
Source : La Tribune Afrique (France)

Pétrole/Gaz : ‘’Ce qui nous a amené à dialoguer avec Kosmos Energy’’ (Bp)

Pétrole/Gaz : ‘’Ce qui nous a amené à dialoguer avec Kosmos Energy’’ (Bp)Le méga projet de Grand Tortue, qui doit faire du Sénégal et de la Mauritanie des producteurs de Gaz dans trois ans, est actuellement en plein développement. C’est du moins ce qu’a annoncé Jonathan Evans, vice-président de Bp exploration chargé des nouveaux projets en Afrique.

Celui-ci, dans un entretien accordé à Jeune Afrique et publié dimanche passé, a fait état de la volonté de Bp d’investir plus d’un milliard de dollars, soit plus de 500 milliards de nos francs. Mais il a aussi a évoqué les raisons qui ont conduit Bp à dialoguer avec Kosmos Energy, découvreur du méga gisement de Grand-Tortue.

Il est ressorti des propos de M. Evans que ‘’le géant Bp qui le pilote entend s’appuyer sur cette nouvelle base africaine pour rattraper ses grands concurrents Shell et Total qui parient comme lui sur une explosion du marché du Gaz naturel liquéfié (Gnl).

Après avoir racheté la majorité des parts du projet à l’américain Kosmos Energy en décembre 2016, le découvreur de gisement, la major britannique prévoit d’investir plus de 1 milliard de dollars pour la première phase du projet et plusieurs autres milliards de dollars pour les suivantes, sur une durée d’exploitation de 30 ans.

Des sommes énormes en jeu qui alimentent les espoirs et les fantasmes à Dakar et à Nouakchott, où les gouvernements entendent profiter du boom gazier’’.

Celui-ci a appelé les deux pays (Mauritanie/Sénégal) à ‘’aussi éviter la ‘’malédiction des matières premières’’ qui affecte souvent les nouveaux pays producteurs et dont les symptômes sont la dépendance au secteur extractif et à la mauvaise gouvernance’’

Plus de 500 milliards de francs à investir entre le Sénégal et la Mauritanie

Cette région, est selon M. Evans, ‘’amenée à devenir une nouvelle base pour Bp." D’ici à une dizaine d’années, sa production dépassera celles de nos deux bases africaines historiques : l’Egypte, où nous avons une production importante depuis 55 ans essentiellement gazière aujourd’hui ; et l’Angola, où nous nous sommes installés voici 30 ans, mais dont la production d’huiles décline, car issue de champs vieillissants.

Parlant des raisons qui ont emporté l’adhésion de l’état-major de Bp pour investir plusieurs milliards de dollars dans deux nouveaux pays novices de l’industrie pétrolière, il a évoqué une volonté de créer une sorte d’équilibre dans la répartition de ses productions.

‘’Quand nous avons repris le projet de Grand-Tortue, en décembre 2016 nous étions à la recherche de nouveaux réservoirs de gaz. Bp a pour objectif de parvenir d’ici à 5 ans à une répartition de sa production à 60% gazière et à 40% pétrolière. Nous sommes actuellement au milieu du chemin, avec une production à peu près équivalente en gaz et en pétrole.

L’acquisition de l’américain Amoco, au début des années 1990, avait apporté à Bp d’importants actifs gaziers, notamment aux Usa et en Indonésie, mais il nous fallait mettre au jour d’autres gisements.

Au début de la décennie 2010, les équipes d’exploration de Bp, dont je fais partie ont donc regardé avec attention des opportunités de développement de production gazière dans les régions mal ou pas explorées, et notamment au Sénégal et en Mauritanie.

Cela nous a amené à dialoguer avec Kosmos Energy, découvreur du méga gisement de Grand-Tortue, recelant 15 Tcf (Trillon cubic feets, milliers de milliards de pieds cubes), une taille remarquable. Nous avons étudié les possibilités autour de cette découverte, repris la majorité des parts entre 2016 et 2017, et nous en pilotons le développement opérationnel aujourd’hui’’.

Source : DakarActu

 

 

Air Sénégal ajoute la Mauritanie, le Maroc et le Nigeria à son réseau

Air Sénégal ajoute la Mauritanie, le Maroc et le Nigeria à son réseau Agence Ecofin - Air Sénégal poursuit l’expansion de son réseau régional. La compagnie nationale sénégalaise a annoncé le lancement, dès le mois prochain, de trois nouvelles lignes africaines.

La première, programmée à partir du 25 novembre 2019, reliera Dakar à Nouakchott, à raison de cinq vols par semaine (lundi, mercredi, jeudi, vendredi et dimanche). Les liaisons entre les deux capitales seront assurées en ATR72.

L’axe Dakar-Casablanca quant à lui sera opérationnel à partir du 3 décembre 2019. La liaison quotidienne à destination de la ville marocaine sera exploitée en Airbus A319.

La dernière route, prévue dès le 19 décembre 2019, partira de Dakar pour Abuja en passant par Niamey. La rotation entre les capitales respectives du Sénégal, du Niger et du Nigeria se fera aussi en Airbus A319, à raison de trois vols hebdomadaires (lundi, mercredi et vendredi).

En se déployant sur ces marchés, Air Sénégal aide à booster les relations transsahariennes, surtout économiques, sur l’axe Sénégal-Mauritanie-Maroc.

La forte diaspora sénégalaise vivant dans ces deux pays justifie largement l’opportunité de cette route ; c’est aussi le cas sur le corridor Dakar-Abuja, qui rapproche encore plus le Sénégal et le Nigeria, son deuxième partenaire économique en Afrique après le Mali.

Romuald Ngueyap
Source : Agence Ecofin

 

G5 Sahel: contribution de 267 millions de dollars de la BAD

G5 Sahel: contribution de 267 millions de dollars de la BADLe360 Afrique - Institution financière multinationale de développement, dont l’objectif est de contribuer aux progrès et à l’émergence des Etats, la Banque africaine de développement (BAD), entend pleinement participer aux actions de stabilisation du Sahel par la réalisation d’actions concrètes dans le domaine de l’économie.

Ainsi, la BAD dont Abidjan (Côte d’Ivoire) abrite le siège, va contribuer à la réalisation des projets du Programme d’Investissement Prioritaire (PIP) du G5 Sahel à hauteur de 267 millions de dollars.

Une révélation faite par le Directeur Général du Bureau Régional Développement et Prestations Services pour l’Afrique du Nord, Mohamed El Azizi.

Ce responsable régional s’exprimait dans le cadre d’une réunion de suivi des annonces du «Groupe de Nouakchott» visant à faire le point sur la mobilisation des ressources suite aux engagements en faveur des projets du PIP.

Nouakchott a abrité une réunion entre le G5 Sahel et ses partenaires, axée sur le financement du Programme d’Investissement Prioritaire (PIP) du G5 Sahel, le 6 décembre 2018. Une rencontre à l’issue de laquelle les différents partenaires ont annoncé des contributions à hauteur de 2,4 milliards d’euros.

Le PIP du G5 Sahel repose sur 4 axes stratégiques: Défense et Sécurité, Gouvernance, Infrastructures, Résilience et Développement.

La BAD est favorable à une approche régionale de mobilisation des partenaires et une synergie visant une bonne répartition des investissements.

Ainsi les projets financés par l’institution panafricaine dans l’espace du G5 Sahel concernent, selon Mohamed El Azizi, les axes stratégiques résilience et développement, et les infrastructures. Il s’agit, pour le Burkina Faso, d’un projet de renforcement à la résilience face à l’insécurité alimentaire, le projet "Désert To Power", un programme de restauration des terres dégradées pour la stabilisation des populations rurales dans leur territoire.

Au Mali «les actions portent sur un programme intégré de développement pour l’adaptation au changement climatique dans le bassin du fleuve Niger (un projet régional partagé avec le Niger), le projet régional Désert To Power/Mali.

En Mauritanie, un projet d’appui à la transformation agricole dans la vallée du fleuve Sénégal, qui va contribuer à la sécurité alimentaire, fixer les populations dans leur territoire et créer plusieurs centaines d’emplois permanents».

Il y a également un projet de financement du secteur de l’élevage au Tchad.

La BAD est à l’origine d’une série de grandes initiatives panafricaines dans le domaine du développement au cours des dernières années, à l’image du projet «Désert To Power» annoncé le week-end dernier à l’issue d’un sommet des chefs d’états du G5 Sahel, tenu à Ouagadougou, le week-end dernier.

Le G5 Sahel est une organisation sous-régionale dédiée à la lutte contre le terrorisme et à la coordination des efforts de développement, dont les pays membres sont le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya
Source : Le360 Afrique (Maroc)

 

 

Energies : le Sénégal expérimente la génération d’électricité à base de GNL

Energies : le Sénégal expérimente la génération d’électricité à base de GNLLa Tribune Afrique - Le Sénégal s’est doté d’une centrale flottante génératrice d’énergie à base de GNL couvrant près d’un sixième de ses besoins. L’ouvrage est un composant du projet d’exploitation pétrolière Grand Tortue Ahméyim (GTA) et une nouvelle étape dans son plan de développement d'un mix énergétique.

Le Sénégal expérimente la génération d'électricité à base de gaz naturel liquéfié (GNL). Dès octobre 2019, le navire turc de production d'électricité Ayşegül Sultan, qui a déjà pris la direction des eaux sénégalaises, devrait y produire 235 MW. Ces volumes couvrent 15 % des besoins en énergie de ce pays d'Afrique de l'Ouest d'environ 16 millions d'habitants.

La centrale flottante du navire de la société turque Karpower, filiale du producteur d'énergie Karadeniz Holding, est le premier projet de génération d'électricité à partir de GNL en Afrique, a annoncé le groupe dans un communiqué le dimanche dernier.

Sur une période transitoire de six mois, la production se fera à base de carburant de transition. La génération d'électricité au Sénégal à partir du GN devrait débuter au cours du deuxième semestre de l'année 2020, avec du GNL importé.

Le gaz sénégalais pour faire du GNL

Le projet s'inscrit dans le cadre de l'exploitation gazière offshore Grand Tortue Ahmeyim (GTA), un gisement à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie qui devrait entrer en production au cours de la période 2022-2023. Le GNL sera importé jusqu'au démarrage de la production locale de gaz.

«Le GNL est une composante de GTA. Le projet a fait l'objet d'une étude d'impact qui a permis d'appréhender les implications potentielles et de préconiser des mesures encadrant toutes les phases de sa production», explique Sanou Dakono, juriste, environnementaliste à la Division des évaluations d'impact sur l'environnement du ministère de l'Environnement et du développement durable au Sénégal.

Avant le projet l'Ayşegül Sultan, la société turque Karpowership -présente au Ghana- a annoncé sa prochaine implantation au Mozambique et lorgne des pays comme la Guinée-Bissau, la Gambie, le Soudan, la Sierra Leone ou encore la Zambie. Leader dans son domaine d'activités, la compagnie turque est présente dans 10 pays et exploite 22 centrales électriques.

Vers un mix énergétique au Sénégal

L'énergie générée par le GNL devrait aider le Sénégal à accélérer la couverture de ses besoins énergétiques. En 2016, la Banque mondiale a estimé que 65% des Sénégalais avaient accès à l'électricité, faisant du pays un leader régional en matière d'électrification.

La demande en hausse combinée à la capacité de production limitée des infrastructures avait conduit à des coupures intempestives d'électricité -due à cette hausse de la demande- qui deviendront moins fréquentes à partir de 2012.

Le pays a misé -sous la houlette de la Société nationale d'électricité (Senelec)- sur le Plan stratégique de la Senelec à l'horizon 2020, baptisé Yessal. ("rénover", "transformer", "reconstruire", dans la langue locale).

Au Sénégal, la Société africaine de raffinage (SAR) assure l'approvisionnement du marché domestique sénégalais en hydrocarbures. Le projet de la centrale énergétique flottante à partir du GNL s'inscrit dans un vaste programme dans lequel le pays compte associer les énergies fossiles aux renouvelables pour couvrir sa demande intérieure en énergie et exporter dans la sous-région.

Le Sénégal projette de construire une deuxième raffinerie, une centrale en charbon et totalisait début 2018 près de quatre centrales photovoltaïques d'une capacité de 102 MW.

Source : La Tribune Afrique

 

 

G5 Sahel : projet d'un chemin de fer transsahélien

G5 Sahel : projet d'un chemin de fer transsahélienMauriweb - A Ouagadougou, au Burkina-Faso, une étude de faisabilité du projet a été lancée le 6 septembre. Il s'agit là d'une étape vers la réalisation d’un chantier qui devrait relier cinq pays du Sahel, à savoir la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.

Les chefs d’Etat du G5 Sahel avaient décidé, lors de leur premier sommet ordinaire de novembre 2015, à N’Djamena, au Tchad, la construction d'un chemin de fer, le "Transsahélien", pour relier les cinq pays de la région. L’idée a été inscrite dans le Programme d’investissement prioritaire dont la première phase couvre la période 2019-2021 et contient quarante projets structurants et à impact rapide.

" Nul besoin de rappeler à quel point le développement des infrastructures ferroviaires est capital pour le désenclavement de nos vastes territoires, enclavés et surtout pour les pays de l’hinterland (Niger, Mali, Burkina Faso, Tchad).

La mise en œuvre du Transsahélien permettra surtout de mettre en réseau les cinq pays de manière plus dynamique, condition indispensable pour envisager la mise en valeur du riche potentiel de son espace", a déclaré le ministre des Transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière du Burkina-Faso, Vincent Dabilgou.

Le développement des routes est capital pour amorcer le développement qui est également et surtout une arme pour lutter contre l’insécurité, la raison principale qui a prévalu à la mise en œuvre du G5 Sahel. "Les chefs d’Etat ont compris qu’on ne peut pas aboutir à un espace de paix, si on ne s’attaque pas aux problèmes réels du développement.

L’insécurité est nourrie par la pauvreté et vice versa. C’est un projet qui va nous permettre de relier espace de sécurité et espace de développement", a ajouté le ministre des transports.

" Face au contexte actuel de plus en plus changeant au sein duquel cohabitent aussi bien des facteurs d’instabilité que des opportunités liées au terrorisme et à la mondialisation, la marge de manœuvre pour relever de tels défis se décline en termes d’intégration des réseaux d’infrastructures ", a expliqué Mikaïlou Sidibé, expert en infrastructures au G5 Sahel.

L’étude de faisabilité est prévue pour une durée d'environ dix mois, une étape préalable qui devra fournir les arguments utiles dans la mobilisation des financements pour les travaux futurs.

Cette phase permettra, entre autres, de définir la structure des liaisons ferroviaires existantes et décrire les tracés possibles, les conditions topographiques, géologiques et autres conditions d’environnement et préciser les points de départ et d’arrivée ainsi que les localités traversées; d' établir un diagnostic général des conditions actuelles de transport des biens et des personnes dans l’espace G5 Sahel; de proposer une estimation sommaire des coûts d’investissent requis et un mécanisme de financement du projet.

Aujourd'hui, le tracé sommaire disponible est à 5000 km, en tenant compte des sections de rails qui existent dans certains pays. "C’est la première fois que cinq pays se mettent ensemble pour un aussi grand projet, la pression est grande, il y a l’insécurité. On ne peut pas ramener la paix seulement par la guerre, par les militaires.

Il faut qu’on crée un espace de développement économique et social. Nous sommes accompagnés par des partenaires. Cette étude, dès qu’elle va se terminer, nous allons lancer une conférence des bailleurs des fonds", a plaidé Vincent Dabilgou.

Source : Mauriweb (Mauritanie)

 

 

Exploitation du Gaz de Grand Tortue AHMEYIM entre le Sénégal et la Mauritanie : Le Français Nexans arrive

Exploitation du Gaz de Grand Tortue AHMEYIM entre le Sénégal et la Mauritanie : Le Français Nexans arriveLa Vie Senegalaise - Ça ronronne a priori, mais le projet gazier du Nord, Grand Tortue Ahmeyim (Gta), connait des avancées. Acteur mondial de l’industrie du câble, le Français Nexans s’invite dans la partie via un contrat signé avec l’Américain Mc Dermott, ce mercredi 28 août, apprend-on d’un communiqué du groupe depuis La Défense, à Paris.

Nexans s’est vu attribuer un contrat pour la fourniture d’environ 100 km d’ombilicaux et d’accessoires sous-marins pour le projet de gaz naturel aussi appelé Greater Tortue Ahmeyim, au large de la Mauritanie et du Sénégal. Aux termes du contrat, Nexans fournira des services de gestion d’approvisionnement, d’ingénierie, de activités de fabrication et de test pour les ombilicaux et le matériel auxiliaire.

Les câbles électriques et les fibres optiques seront fabriqués à l’usine de Nexans Norway, à Rognan, et les ombilicaux seront développés, fabriqués et testés chez Nexans Norway, dans son unité spécialisée à Halden.

La livraison aura lieu en 2021, alors que le ‘‘first gas’’ est annoncé pour le premier semestre de 2022. Vincent Dessale, le vice-président directeur des systèmes sous-marins et terrestres chez Nexans, s’est réjoui de cette nouvelle :

‘‘Le contrat Greater Tortue Ahmeyim revêt une importance stratégique pour Nexans de maintenir une position sur le marché dans la région ouest-africaine et faire partie d’un nouveau développe- ment de gaz ultra-profond. Il met en évidence notre volonté continue de développer des solutions compétitives pour des développements complexes sur le terrain.’’

En mars dernier, l’opérateur leader pour le projet gazier du Nord, British Petroleum (Bp), 61 % des parts, avait attribué des contrats à McDermott International et Baker Hugues portant sur des équipements dans la fourniture et la pose de conduites, ombilicaux et structures sous-marines (Surf) ainsi que des équipements pour systèmes de production sous-marins (Sps).

A peine plus d’un trimestre plus tard, en juillet, le major britannique avait annoncé que le puits Gta-1, situé dans la zone de développement d’uni- tés de Greater Tortue, a rencontré environ 30 mètres de charge nette de gaz dans le réservoir de haute qualité.

McDermott est une société américaine fournisseur de solutions technologiques, d’ingénierie et de construction destinées au secteur de l’énergie, spécialisée dans la conception et la construction d’infrastructures et de solutions technologiques, de la tête de puits au réservoir de stockage, pour le transport et la transformation du pétrole et du gaz en produits dérivés.

Le 29 juillet dernier, les résultats de l’Américain faisaient état d’une perte de 61 millions de dollars pour le deuxième trimestre de 2019, malgré un chiffre d’affaires de 2,1 milliards de dollars.

Une semaine plus tôt, le groupe français Nexans avançait, de son côté, une perte d’exploitation de 54 millions d’euros à la fin du premier semestre de 2019, alors qu’à la même période de 2018, il avait engrangé des revenus de 91 millions d’euros.

Le champ du Gta est situé à environ 120 km au large des côtes mauritaniennes et sénégalaises chevauchant la frontière maritime, à 2 850 m de profondeur. Le système sous-marin comprend un total de 4 puits au premier gaz, regroupés dans un centre de forage.

La première extraction de gaz dans le cadre du projet devrait survenir dans le premier semestre de 2022, et cette phase 1 du développement passera ensuite à celle plus avancée de conception et de construction, avec l’attribution de contrats d’ingénierie, d’approvisionnement, de construction et d’installation (Epci). L’exécution de cette partie du projet devrait démarrer dans ce premier trimestre.

En outre, Gta produira du gaz pro- venant d’un système sous-marin en eaux profondes et d’une unité flot- tante de production, de stockage et de déchargement mi-profonde, qui traitera cette ressource et en éliminera les composants lourds en hydrocarbures.

Le gaz sera ensuite transféré vers une installation flottante de gaz naturel liquéfié (Flng) dans un centre innovant sur le littoral, à la frontière maritime entre la Mauritanie et le Sénégal.

Le système de production est relié à environ 70 km jusqu’à une unité de stockage et déchargement de production flottants amarrée et positionnée au bord du plateau dans des profondeurs d’eau de 100 à 120 m.

Le Fpso entreprend un prétraitement du gaz avant son exportation sur une distance de 35 km vers un hub proche du littoral et un terminal où le gaz est liquéfié et déchargé aux méthaniers.

Le total des ressources en gaz dans le champ est estimé à 15 trillions de pieds cubes. Ce projet est le premier d’envergure dans le secteur du gaz à avoir eu sa décision d’investissement final (Fid) en décembre 2018. Il devrait fournir du Gnl destiné à l’usage domestique en Mauritanie et au Sénégal ainsi qu’à l’exportation mondiale.

Source : EnQuete
Source : La Vie Senegalaise

 

Sénégal : le très attendu rapport pétrole et gaz

Sénégal : le très attendu rapport pétrole et gazFinancial Afrik - 160 pages. Le rapport sur le secteur pétrolier et gazier du Sénégal qui sera dévoilé en marge de la conférence annuelle au Cap (9-11 octobre 2019) est très attendu par les opérateurs du secteur.

Le document réalisé par Africa Oil & Power fait un zoom sur le nouveau code pétrolier du Sénégal, les le local content et l’approche inclusive de la gestion du secteur à travers le Cos petrogazier. Le rapport tourné investisseurs donne la parole entre autres, à Mahamadou Makhar Cissé, ministre du Pétrole et de l’Energie et au top management des compagnies pétrolières.

«C’est le rapport le plus exhaustif jamais mené sur le secteur pétrolier du Sénégal», déclare Guillaume Doane, CEO de Africa Oil Power, qui salue l’équilibre entre intérêts du pats et intérêts des investisseurs qui caractérise l’approche sénégalaise. Pays pétrolier depuis 2014, le Sénégal a réussi à boucler son arsenal législatif en la matière en cinq ans.

En plus des recettes attendues, les entreprises du pays devront tirer les bienfaits de la loi sur le local content sur toute la chaîne de valeur Pétro-gazière, de l’up-stream au down stream.

C’est certainement pour tous ces efforts que le président sénégalais, Macky Sall, a été désigné à l’unanimité pour recevoir le prestigieux prix « Homme de l’année » lors de la conférence. « Sur un continent où les conflits frontaliers ont freiné le développement des ressources en mer, le président Macky Sall insiste sur un résultat plus productif.

Il a travaillé avec son homologue mauritanien, S.E. Mohamed Ould Abdel Aziz, pour obtenir un accord visant à développer conjointement des ressources offshore dans l’intérêt mutuel des deux pays », a déclaré Jude Kearney, ancien sous-secrétaire adjoint aux industries de service et aux finances du département du Commerce des États-Unis sous l’administration Clinton et actuellement président de Kearney Africa Advisors.

Cette forme d’accord représente la meilleure pratique pour le développement de ressources transfrontalières et, dans ce cas particulier, est basée sur l’accord historique de Frigg conclu en 1976 entre le Royaume-Uni et la Norvège.

Cette affaire a montré que, lorsque les dirigeants travaillent ensemble, des ressources peuvent être développées de manière pacifique au profit des populations des deux pays.

« L’accord entre la Mauritanie et le Sénégal a ouvert la voie au développement du champ de la Tortue grâce à l’unification transfrontalière, avec une répartition initiale des coûts, de la production et des revenus 50/50 ainsi qu’un mécanisme pour les futures déterminations d’équité fondées sur la performance sur le terrain. Cela demande du leadership, de la vision et de la prévoyance », a poursuivi Kearney.

Le dernier récipiendaire du prix «Homme de l’année», était le Secrétaire général de l’Opep, le nigérian Mohammed Sanusi Barkindo, un homme qui a fait sens de son leadership pour guider le cartel pétrolier dans l’une de ses périodes les plus turbulentes, marquée par une baisse soutenue du prix du pétrole et une perte de part de marché mondiale.

Source : Financial Afrik

 

Ghana et Côte d'Ivoire suspendent leurs ventes de cacao

La Côte d'Ivoire et le Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux de cacao, suspendent leur vente jusqu’à nouvel ordre pour le cacao qui sera récolté en octobre 2020. Les deux pays essaient ainsi d’obtenir des marché un prix plancher. Objectif affiché : mieux rémunérer les producteurs.

Deux jours de discussions entre acteurs de la filière à Accra au Ghana et un bras de fer. Bras de fer engagé entre d’une part les deux principaux producteurs de cacao, deux tiers de la production mondiale, et d’autre part les marchés.

Objectif : obtenir un prix plancher. Les acteurs se sont entendus sur le seuil de 2 600 dollars la tonne. Une nouvelle réunion pour fixer les modalités précises est convoquée pour le 3 juillet à Abidjan.

Concrètement, pour faire pression sur les marchés, la Côte d’Ivoire et le Ghana suspendent jusqu’à nouvel ordre la vente du cacao qui sera récolté lors de la campagne 2020-2021. Il faut savoir que 80% de la récolte est vendu avant le début de chaque campagne.

L’objectif affiché est de mieux rémunérer les producteurs. Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, le prix bord-champ fixé à titre indicatif par l’État à 750 F CFA le kg cette année, n’est pas respecté.

Il se situe en réalité plutôt entre 500 et 700 F CFA le kg selon Kanga Koffi, président de l’Association nationale des producteurs de cacao de Côte d’Ivoire, l’ANAPROCI, et par ailleurs très réservé sur l’issue des discussions d’Accra : « En général, la hausse des cours reste entre l’acheteur et l’exportateur. On attend de voir quelle sera l’impact réel sur le terrain pour les producteurs. »

Selon Kanga Koffi, compte tenu des charges, officielles ou officieuses, qui pèsent sur les producteurs ivoiriens, un prix décent se situerait autour de 1000 F CFA le kg.

Source : RFI

 

Restructuration de Tunisair : suppressions de postes et vols low-cost en perspective

Le Conseil des ministres du 20 mai a validé le programme de restructuration de la compagnie nationale tunisienne annoncé depuis près de deux ans, qui prévoit le départ de 1 200 salariés au cours des trois prochaines années et des investissements pour le renouvellement de la flotte.

Acculé par la dette, les insuffisances matérielles et les retards de Tunisair, le conseil des ministres tunisien a adopté, lundi 20 mai, le programme de réforme de la compagnie aérienne nationale – annoncé depuis août 2018 -, excluant toute privatisation de la compagnie. Hichem Ben Ahmed, ministre du Transport, à précisé le lendemain, sur les ondes de la radio tunisienne Express FM, que ce programme de restructuration courrait sur une période de cinq ans.

Sur le plan social, le programme prévoit qu' »avec l’accord de l’UGTT [Union générale tunisienne du travail], 1 200 salariés quitteront la société Tunisair dans les trois ans à venir », a indiqué le ministre. Un plan de licenciements prévu depuis près de deux ans, mais toujours suspendu jusque-là, faute d’aide financière du gouvernement pour son exécution.

Cette réduction du personnel correspond à 15 % des 7 800 employés de la compagnie. Elle vise a résorber les pertes cumulées de la compagnie, qui se chiffraient à 500 millions de dinars en 2017. Celles-ci s’expliqueraient, selon la direction de Tunisair, par des recrutements massifs entre 2011 et 2012, notamment du fait de la réintégration des sociétés de catering et de handling au sein de l’entreprise.

Un plan estimé à 375 millions d’euros

Ce même matin, Ilyes Mnakbi, PDG de Tunisair, invité à la radio Shems FM, a précisé que la réforme de la compagnie nécessiterait 1,3 milliard de dinars (375 millions d’euros) d’investissements – une somme que l’État serait incapable de lui procurer. En revanche, il a indiqué que 170 millions de dinars seront débloqués par la compagnie pour indemniser les 400 salariés qui devront quitter Tunisair chaque année pendant trois ans.

« Tunisair va prendre en charge [leurs] prestations sociales jusqu’à leurs 62 ans. Les agents concernés par le départ seront sélectionnés par la compagnie », a indiqué le PDG.  L’UGTT quand à elle ne s’est pas encore exprimée.

À court terme et sur le plan matériel, le programme gouvernemental prévoit que l’État se porte garant pour permettre à Tunisair d’emprunter 50 millions de dinars dans les prochaines semaines, afin de réparer ses avions et d’éviter les retards, a indiqué le ministre du Transport.

Une subvention sera aussi accordée à Tunisair pour louer deux avions (en plus de la trentaine qu’utilise la compagnie) en vue de la prochaine saison estivale et il y aura des vols supplémentaires sur plusieurs destinations « au profit de la diaspora tunisienne », a indiqué M. Ben Ahmed, sans préciser les villes concernées ni le montant de la subvention en question.

Selon le PDG de Tunisair, une sous-compagnie low-cost pourrait aussi être lancée pour les zones de Djerba et de Monsatir.

32 % de ponctualité

Suite au gel des recrutements initié en 2015, plusieurs mouvements sociaux ont éclaté au sein de la compagnie. Le dernier en date remonte à avril 2019, lorsque le personnel au sol à menacé d’observer vingt-quatre heures de grève pour revendiquer le recrutement d’employés saisonniers supplémentaires, afin de répondre au manque de personnel.

Dans son dernier rapport d’activité, la compagnie indique observer une reprise globale de la croissance (+ 1,2 % pour d’activité en avril 2019, par rapport à avril 2018), en revanche le rapport indique que la ponctualité de Tunisair est tombée à 32 % en avril 2019, contre 41 % en 2018.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Côte d'Ivoire: une nouvelle usine ultramoderne construite sur la mine d'or d'Ity

mediaCette semaine la compagnie canadienne Endeavour Mining a inauguré une nouvelle usine sur la mine d'or ivoirienne d'Ity. Un investissement de 412 millions de dollars pour prolonger, grâce à des techniques de pointe l'exploitation de la plus ancienne mine d'or de Côte d'Ivoire qui a tendance à s'épuiser. Le procédé utilisé va permettre d'extraire 5 à 6 tonnes d'or supplémentaire pendant une dizaine d'années et donc de garantir la pérennisation d'un millier d'emplois directs sur le site. Cet investissement est aussi le fruit d'une politique volontariste de la part de l'État ivoirien qui entend développer un potentiel aurifère encore largement sous-exploité.

Il existe en Afrique de l'Ouest un axe volcano-sédimentaire qui va du Ghana au Burkina Faso, en passant par le Mali et la Côte d'Ivoire et qui recèle d'importantes réserves en or.

Le Ghana est devenu l'an dernier le premier producteur africain de métal jaune, avec 158 tonnes extraites, le Mali et le Burkina Faso le talonnent de près. Mais la Côte d'Ivoire, elle, n'a pas encore exploité tout son potentiel, loin de là. Le pays a pourtant d'énormes réserves prouvées, plus de 600 tonnes, et sans doute bien davantage selon les experts.

Dès 2014, Abidjan a mis en place une politique attractive : nouveau code minier, délivrance à la pelle de permis d'exploration, plus d'une centaine, et politique fiscale avantageuse. Les géants du secteur comme le Canadien Endeavour Mining et l'anglais Rangold sont arrivés en force. Ils exploitent déjà 5 mines dans le pays.

 

Entre 2009 et 2018, la production nationale est donc passée de 7 à 25 tonnes, l'objectif du gouvernement étant de franchir les 30 tonnes d'or d'ici l'an prochain. Mais cette exploitation ne va pas sans problèmes. Certaines communautés rechignent à laisser leurs terres aux compagnies minières, les conflits fonciers se multiplient. Par ailleurs, l'État a du mal à endiguer une exploitation

Source : RFI

 

Aéronautique : Bombardier largue son usine marocaine

Le constructeur canadien Bombardier a décidé de mettre en vente son unité marocaine, implantée à Casablanca depuis 2014. De grands noms du secteur seraient déjà intéressés par cette reprise.

L’annonce a eu l’effet d’une bombe : Bombardier met en vente son usine marocaine. La décision a été rendue publique, le 2 mai, en marge de la présentation des résultats trimestriels – peu reluisants – du constructeur canadien.  Le numéro 3 mondial annonce en fait la création d’une division aéronautique unique en rapprochant ses activités d’avions d’affaires et de court-courriers en parallèle de la cession d’actifs considérés désormais non stratégiques, notamment ses unités d’aérostructures à Belfast et au Maroc.

Implantée dans la zone franche de Nouaceur depuis 2014, l’usine casablancaise du géant canadien s’étend sur 16 000 m² et emploie 400 salariés pour la production de composantes d’ailes, de nacelles de moteurs ainsi que de certaines pièces de fuselage et de sous-ensembles pour des régionaux CRJ ou des jets d’affaires comme le Challenger ou le Global. Au quatrième trimestre 2018, Bombardier avait même lancé les travaux d’extension de cette unité sur un terrain de 14 500 m² et qui devait permettre la création de 450 emplois supplémentaire.

Rassurer quant à la préservation de l’emploi

Malgré l’annonce de cette mise en vente, ce projet de développement reste d’actualité à en croire les responsables de Bombardier qui tiennent également à rassurer quant à la préservation des emplois actuels. Cette annonce « peut susciter l’inquiétude des employés, mais la société travaillera en étroite collaboration avec les syndicats pendant toute la période de transition future vers un nouveau propriétaire », ont déclaré les responsables de la firme canadienne.

Même son de cloche au ministère de l’Industrie marocain, qui reste confiant quant à l’attrait du secteur aéronautique au royaume. On parle déjà de repreneurs potentiels pour cette unité, autour de laquelle tout un écosystème a été créée vu son taux d’intégration de 30 %. Parmi les acquéreurs éventuellement intéressés, sont cités l’américain Spirit, proche de Boeing, ainsi que Airbus. Deux poids lourds de la fabrication d’aérostructures qui sont déjà présents au Maroc.

Source : jeuneafrique.com

 

FMI: les pays de l'UMA doivent renforcer leur intégration économique

FMI: les pays de l'UMA doivent renforcer leur intégration économique APS - Les cinq pays du Maghreb membre de l’Union du Maghreb arabe (UMA) voient les possibilités de commerce régional entre eux largement sous-exploitées, et doivent renforcer leur intégration, a indiqué le Fonds monétaire internationale (FMI) sur son site web.

Ainsi, selon le FMI, Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie ayant créé en 1989, l’UMA pour promouvoir la coopération et l’intégration économique, sous-exploitent, trente ans plus tard, doivent aujourd'hui renforcer l'intégration pour créer des emplois pour leur population jeune et en augmentation.

Dans une étude réalisée par l'analyste à la direction du département de la stratégie, Ramzy Al Amine, le directeur de la division Maghreb du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Jean-François Dauphin et le chef de mission pour l’Algérie, Alexei Kireyev, il est assuré qu'accélérer l’intégration régionale permettrait de stimuler la croissance, de créer des emplois et d’ouvrir de nouveaux horizons pour près de 100 millions de personnes dans cette région.

A l’heure actuelle, le commerce entre les pays du Maghreb ne porte que sur quelques biens, notamment des combustibles et des hydrocarbures que l’Algérie exporte vers la Tunisie et le Maroc, des huiles végétales, des machines, du fer et de l’acier que la Tunisie exporte vers l’Algérie et la Libye, et du fer, de l’acier, des articles d’habillement, des véhicules et des appareils électriques que le Maroc exporte vers l’Algérie, la Tunisie et la Mauritanie, souligne l'étude.

"Selon nos calculs, il existe de nombreuses possibilités d’accroître les échanges. Des flux d’exportation supplémentaires pourraient porter, par exemple, sur les services de transport, les produits alimentaires, les métaux et les produits chimiques marocains à destination de la Tunisie", ont indiqué les auteurs de l'étude.

Selon eux, une plus grande ouverture au commerce interrégional de biens et de services permettrait de créer un vaste marché qui rendrait la région plus attrayante pour les investisseurs.

Elle contribuerait à la constitution de chaînes d’approvisionnement régionales et à leur insertion dans les chaînes de valeur mondiales, et rendrait le Maghreb plus résilient face à des chocs économiques, ont-ils ajouté.

En bref, l’intégration serait une source de croissance et d’emplois bienvenue. Ainsi, selon l’étude du FMI, la croissance dans les pays du Maghreb pourrait s’accélérer de 1 point de pourcentage à long terme.

Les périodes de crise économique ou de transition politique peuvent être propices à une intégration plus rapide, est-il noté dans la publication qui relève également le rôle de puissants accélérateurs de l’intégration économique que pouvaient jouer les nouvelles technologies, qui, elles, ne connaissent pas de frontière.

Source : Algérie Presse Service

 

Après-pétrole : « Au Maghreb, il y a eu des annonces mais aucune réforme pour diversifier l’économie »

La rente associée à l'exploitation des hydrocarbures reste la principale source de revenu pour de nombreux pays arabo-musulmans. Si cette ressource est précieuse, elle n'est pas illimitée, et préparer l'après-pétrole s'impose comme une nécessité. La chercheuse Nassima Ouhab-Alathamneh décrypte les enjeux de cette urgente diversification.

L’une des grandes questions auxquelles les pays arabo-musulmans seront confrontés à l’avenir est la diversification de leurs économies. Alors que ces pays sont en train de « puiser dans leurs ressources », ils continuent à dépendre essentiellement de la rente des hydrocarbures. L’or noir, cette « manne tombée du ciel », a permis aux gouvernements de se contenter pratiquement d’une seule source de financement.

Mais trouver une alternative au gaz et au pétrole est devenu de plus en plus urgent, selon Nassima Ouhab-Alathamneh. La chercheuse sur les mutations politiques et économiques du monde arabe, auteure de L’après-pétrole dans le monde arabe et musulman. De la dépendance aux stratégies alternatives (L’Harmattan, 2018), évoque cette incontournable transformation.

Jeune Afrique : À quel point les économies des pays de l’Afrique du Nord et du Golfe sont-elles dépendantes des revenus provenant de l’exploitation des hydrocarbures ?

Nassima Ouhab-Alathamneh : Les revenus de ces pays dépendent en moyenne à 97 % de la rente du pétrole et du gaz. Ce sont des économies qui ne sont pas du tout diversifiées et n’ont pas d’autres sources de revenus importantes à part les hydrocarbures. Si c’est le cas bien évidemment des pétromonarchies du Golfe, l’Égypte, la Libye et l’Algérie sont également concernés.

Dans le Golfe, les secteurs des services, du tourisme et de la finance sont en train de se développer, mais au Maghreb ils restent à la traîne

Dans le Golfe, les secteurs des services, du tourisme et de la finance sont en train de se développer, mais au Maghreb ils restent à la traîne. Ils pourraient grandir parallèlement en bénéficiant de l’argent du pétrole, mais ce n’est pas encore le cas. Pourtant, cette diversification ne peut plus attendre : elle est nécessaire pour préparer ces États à l’après-pétrole.

Pourquoi cette diversification n’a-t-elle pas encore eu lieu ?

Pour plusieurs raisons. Le problème, c’est que les revenus du pétrole se trouvent dans des circuits économiques extérieurs aux États même, souvent dans des banques européennes ou américaines. Ainsi, les pays arabes n’en bénéficient pas directement. Il faudrait donc développer une épargne nationale et investir cet argent dans et pour le pays qui produit cette rente pétrolière.

Le manque cruel de transparence dans la gestion de l’argent public et la corruption structurelle ont également un impact non négligeable. Ces facteurs combinés portent atteinte aux intérêts nationaux et aux développements économiques de ces pays.

Ces États se trouvent donc dans une situation paradoxale : ils exportent une énorme richesse, mais leurs économies restent très fragiles. Comment l’expliquez-vous ?

À partir des années 1970, dans la foulée des indépendances, la plupart des pays de la région ont commencé à nationaliser leurs ressources. Ce changement a généré énormément d’argent. Mais plusieurs ont développé un modèle économique qui s’est révélé être le mauvais choix en termes de besoins nationaux. On observe alors une planification étatique déconnectée de la réalité économique et sociale post-indépendance.

L’élite s’est longtemps contentée de cette « manne tombée du ciel », sans chercher d’autres sources de financement de l’économie. C’est ainsi que la Libye, l’Algérie ou encore l’Égypte ont tout misé sur l’industrie du pétrole, en pensant pouvoir assurer le développement parallèle du pays à partir de cette rente. Mais cet effet d’entraînement n’a pas eu lieu. C’est pourquoi, dans les années 1980, ils se sont tous trouvés endettés. Le choc pétrolier a entraîné la sujétion de ces pays aux plans d’ajustement structurels élaborés par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Il existe pourtant de nombreuses différences entre les nations du Maghreb et celles du Golfe…

Bien sûr. Leurs structures étatiques différentes influencent directement leur régime économique. En termes de population aussi, les pays du Maghreb sont plus peuplés que des petits États comme le Qatar et les Émirats arabes unis, qui possèdent plus de ressources.

Il faut considérer aussi que, malheureusement, le changement ou le progrès se déroulent plus rapidement dans un système autoritaire où la gestion du pouvoir est fortement centralisée

Il faut considérer aussi que, malheureusement, le changement ou le progrès se déroulent plus rapidement dans un système autoritaire où la gestion du pouvoir est fortement centralisée. À l’heure actuelle, seuls les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Qatar ont réussi à mettre véritablement en place des mesures préparant l’après-pétrole, grâce à la promotion du tourisme et des IDE [Investissements directs à l’étranger].

Vous observez des changements importants dans le Golfe, mais qu’en est-il au Maghreb ?

Effectivement, cette transition est en train de se mettre en place dans le Golfe, où les différents plans Vision ont tous d’une manière ou d’une autre pour objectif de trouver des sources de revenu alternatives à la rente pétrolière. Par exemple, l’Arabie saoudite et les Émirats ont récemment introduit pour la première fois la TVA à 5 %.

Au Maghreb, il y a eu plusieurs annonces mais aucune réelle réforme. On observe un véritable manque de volonté politique, combiné à un déficit de coopération entre pays. Pour le moment, cette rente politique, c’est de l’argent facile duquel ils ne souhaitent pas s’affranchir. À moins qu’il y ait prochainement un changement radical dans l’élite qui nous gouverne. L’une des possibilités pour l’Afrique du Nord serait de développer un marché commun qui profiterait à tout le monde.

Quelles sont les conséquences de ce manque de volonté politique ?

S’il n’y a pas un changement dans les années à venir, on assistera à une crise économique. Ces pays risquent de se retrouver endettés s’ils ne disposent plus du revenu dérivé de la rente pétrolière, et de devoir de nouveau faire appel aux institutions financières internationales pour ajuster leurs économies.

Ils sont déjà en train de puiser dans leurs réserves et dépendent fortement du prix du baril. Dans le cas de l’Algérie et de la Libye, ils ont besoin d’un prix d’environ 85 dollars, mais aujourd’hui on est en dessous. Leur budget est déjà en déséquilibre.

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc: trois «grands» barrages seront construits dans le Nord

Maroc: trois «grands» barrages seront construits dans le NordLe Figaro - Trois «grands» barrages seront édifiés dans le nord du Maroc pour répondre à des besoins en eau de plus en plus importants, a annoncé le Palais royal alors que la question de la gestion de l'eau a été érigée en priorité à Rabat.

La décision a été prise au cours d'une réunion présidée jeudi soir par le roi Mohammed VI, en présence du chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani, de ministres et de conseillers royaux, a annoncé le cabinet royal, cité par l'agence de presse officielle MAP.

Mohammed VI a notamment «mis l'accent sur la question de l'approvisionnement en eau dans les zones couvrant le nord et nord-est du royaume», régions qui «voient leurs besoins en eau plus que doubler en été», a-t-il ajouté.

Outre cette hausse attribuée au «développement du tourisme», le communiqué cite le «dynamisme généré par d'importants projets industriels», notamment l'usine du groupe automobile français Renault, ouverte en 2012 près de Tanger, et le projet de construction d'une «ville industrielle» dans le Nord, en partenariat avec des opérateurs chinois.

Ces projets «requièrent un renforcement de la capacité d'approvisionnement en eau», selon le communiqué. Leurs besoins seront «satisfaits grâce (...) aux trois nouveaux grands barrages qui seront édifiés dans cette zone», a affirmé cette source, sans donner de date pour le début des travaux.

Le monarque a par ailleurs ordonné au gouvernement de finaliser «le programme prioritaire national concernant l'eau et sa gestion», qui devra répondre aux problèmes d'approvisionnement dans les zones les plus touchées, selon le Palais.

Le Figaro avec AFP
Source :
Le Figaro (France)

 

 

 

 

 

 

 

 

En Algérie, Sonatrach s’est imposé comme le symbole d’un Etat exsangue

En Algérie, Sonatrach s’est imposé comme le symbole d’un Etat exsangueLa volonté d’hyper-contrôle du pouvoir politique a amoindri l’attractivité de la société nationale d’hydrocarbures pour les entreprises étrangères, analyse notre chroniqueur.

Chronique. PDG de Sonatrach depuis 2017, Abdelmoumen Ould Kaddour est l’une des cibles privilégiées des manifestants algériens et il ne pouvait pas en être autrement. Ould Kaddour, qui s’était prononcé pour un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, est un maillon central du régime. La société qu’il dirige permet en effet de perpétuer un système que dénonce la population.

Quelques jours après le début de la transition politique en Algérie qui devrait conduire le 4 juillet à la première élection présidentielle sans Abdelaziz Bouteflika depuis vingt ans, son institution fait l’objet de toutes les attentions.

La Sonatrach, société pétrolière d’Etat créée au lendemain de l’indépendance en 1963, est devenue la caisse du régime permettant sa survie à coups de financement de programmes sociaux, de subventions de multiples produits et construction d’infrastructures. Cependant, depuis une dizaine d’années, la Sonatrach et le secteur pétrolier algérien vont eux aussi très mal, reflétant les maux qui minent l’économie du pays dans son ensemble.

Tous les maillons du pays

Sonatrach est en effet unique en Afrique, et même au sein des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs pétroles (OPEP), dont l’Algérie est membre depuis 1969. Depuis la nationalisation de février 1971, Sonatrach explore, produit, raffine et transporte le pétrole et le gaz. Bref, elle intervient à tous les stades, comme « le système » lui aussi a longtemps tenté de le faire en contrôlant tous les maillons du pays.

Et si, au fil des ans, le secteur privé s’est fait une petite place dans nombre de secteurs, le Code des hydrocarbures de 2006, lui, a considérablement amoindri l’attractivité de l’Algérie pour les sociétés étrangères. Dans la logique d’hyper-contrôle, il fallait que ce joyau reste national… même si, aujourd’hui, deux conséquences majeures découlent de cette décennie de méfiance de la part du secteur privé.

Premièrement, l’exploration et une partie significative de la production sont désormais dans les seules mains de Sonatrach. De même sur les 101 forages d’exploration effectués en 2017, 100 ont été l’œuvre de Sonatrach et un seul a été réalisé en coopération avec le secteur privé. Deuxième conséquence, la production pétrolière a peu à peu fléchi, passant de près de 2 millions de barils à moins de 1,5 entre 2007 et 2017. La production gazière s’est par contre appréciée, mais l’accroissement massif de la consommation domestique a tout de même largement freiné les exportations. A l’instar de l’économie algérienne, la situation au sein de Sonatrach n’est pas bonne.

Plutôt inquiétant, ce tableau du secteur pétrolier algérien, est encore compliqué par la contribution très importante de Sonatrach au budget de l’Etat. En 2017, 19,4 milliards de dollars (17,2 milliards d’euros) ont été versés au trésor. Des transferts qui empêchent la compagnie de consacrer suffisamment au pétrole et aux gaz plus difficiles d’accès. Or pour assurer ses lendemains, il lui faudrait regarder du côté des gaz et pétrole de schiste dont l’Algérie détient des réserves parmi les plus importantes d’Afrique. Outre que les populations du sud s’opposent à un tel projet, Sonatrach n’a pas les moyens de ses ambitions. Elle s’épuise financièrement en gérant la quasi-totalité du secteur seule, et l’Etat lui retire une grande partie de ses moyens pour tenter de maintenir son niveau de production.

Réformer en profondeur

On est dans la quadrature du cercle puisque l’Etat algérien a besoin d’elle pour survivre, alors qu’elle aurait besoin que l’Etat l’oublie un peu pour qu’elle puisse se développer. Une équation impossible aujourd’hui car, durant les années Bouteflika, aucun autre secteur n’a permis de diversifier les contributions au budget. Au point que la vente du pétrole et du gaz représentent toujours presque l’intégralité des exportations et les premières contributions au budget de l’Etat.

L’actuel PDG de Sonatrach a réussi à aplanir des relations autrefois très difficiles avec les majors. Il est parvenu à éteindre tous les différends juridiques contre Sonatrach. Abdelmoumen Ould Kaddour a également veillé à ce que les majors encore actives dans le pays investissent davantage en octroyant de nouveaux contrats d’exploration ou de développement (Total) ou des extensions sur des gisements en production (ENI) ; il a œuvré à un nouveau Code des hydrocarbures – prêt depuis janvier – dont l’objectif est de récréer les conditions de la confiance avec le secteur privé et de proposer des fiscalités plus adaptées aux différents types d’exploration : onshore, offshore, gaz et pétrole de schiste.

Mais s’il a lancé le chantier Sonatrach 2030 dont l’objectif est d’accroître la production en réformant en profondeur la société, ce qu’a fait l’homme importe moins pour la rue que ce qu’il représente : un des maillons forts d’un système honni.

Benjamin Augé est chercheur associé aux programmes Afrique et énergie de l’Institut français des relations internationales (IFRI).

Benjamin Augé (chroniqueur Le Monde Afrique)
Source : Le Monde Afrique (France)

 

L'Afrique monte en puissance sur la scène pétrolière mondiale

L'Afrique monte en puissance sur la scène pétrolière mondialeRFI - L'Afrique pèse encore peu dans les échanges pétroliers et gaziers mondiaux, mais comme le souligne le rapport Arcadia, consacré aux matières premières africaines, le continent monte en puissance avec plus d'une demi-douzaine de nouveaux pays producteurs d'hydrocarbures d'ici quatre ans.

Ouganda, Kenya, Sénégal, Mauritanie, Mozambique, Tanzanie et Afrique du Sud. Sept nouveaux pays africains vont d'ici 2023 devenir producteurs, voire exportateurs de pétrole et de gaz, souligne Francis Perrin, auteur du chapitre pétrolier du rapport Arcadia 2019 sur l'Afrique et les marchés mondiaux de matières premières (sous la direction de Philippe Chalmin et Yves Jégourel).

Du Sénégal et de la Mauritanie...

De très gros projets gaziers sont en phase de développement, c'est le cas du projet du Britannique BP au Sénégal et en Mauritanie, ou sont sur le point d'obtenir leur décision finale d'investissement cette année, comme les projets de l'Américain Anadarko et de l'Italien Eni au Mozambique.

En Angola, les champs pétroliers en mer opérés par le Français Total à Koambo et l'Italien Eni à Vandumbu viennent de démarrer, tout comme le gisement géant Egina développé par Total au Nigeria, champion africain du pétrole, où la compagnie française vient de faire une nouvelle découverte, Preowei.

... à l'Afrique du Sud

La carte pétrolière de l'Afrique se modifie. L'industrie pétrolière s'est longtemps concentrée sur l'Afrique centrale, elle a depuis ouvert de nouveaux fronts en Afrique du Nord et dans le golfe de Guinée. Désormais, c'est le tour de l'Afrique orientale et australe. Ce que confirme la découverte, encore à évaluer, de pétrole et de gaz à la fin de l'année dernière au large de l'Afrique du Sud. Un pays que Total qualifie de « nouvelle province » gazière et pétrolière « de dimension internationale ». Enfin, après l'exploitation des hydrocarbures à terre en Algérie, place à l'exploration en mer, un projet de la compagnie nationale Sonatrach, de l'Italien Eni et du Français Total.

Qatar Petroleum très présent

Les compagnies étrangères privées s'associent de plus en plus aux compagnies nationales africaines sur les nouveaux projets. Mais aussi aux compagnies nationales non africaines. Qatar Petroleum s'illustre particulièrement dans ces coopérations tripartites en Afrique. La compagnie nationale qatarienne est présente au Mozambique, en Afrique du Sud, au Congo et au Maroc aux côtés de l'Italien Eni, de l'Américain ExxonMobil, ou du Français Total.

6 à 7% du marché mondial

De quoi, à l'arrivée, augmenter un peu le poids de l'Afrique sur le marché pétrolier et gazier mondial. Elle ne pèse encore que 6 ou 7 %, même si la moitié des 14 pays membres de l'Opep, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, sont aujourd'hui africains.

Claire Fages
Source : RFI

 

La BADEA appuie l’action du G5 Sahel

La BADEA appuie l’action du G5 SahelFinancial Afrik - Durant la 44e réunion annuelle du Groupe de la Banque Islamique de Développement (Marrakech, 3-6 avril), forts du succès de leur coopération dans le domaine des ressources agricoles, la BADEA et le G5 Sahel ont convenu d’élargir leur périmètre de coopération au domaine des infrastructures.

Créé en 2014, le G5 Sahel est une organisation régionale qui vise à accroître la sécurité et le développement des habitants du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad.

Parce qu’elles contribuent à la mise en valeur du territoire et à l’occupation de l’espace, les activités économiques des populations rurales sont l’un des prérequis de la paix civile et du développement harmonieux du Sahel.

« Pour assurer le développement socioéconomique et l’intégration régionale dans l’espace du G5 Sahel, promouvoir les échanges internes et intra régionaux et faciliter la circulation des personnes et des biens, les Etats se doivent d’investir dans le développement des infrastructures » (Stratégie pour le développement et la sécurité, 2016).

Depuis 1973, année de sa fondation par la Ligue des Etats Arabes, la BADEA finance le développement économique des pays africains, encourage l’investissement de capitaux arabes et contribue à la mise à disposition d’assistants techniques.

Le partenariat entre G5 Sahel et BADEA a débuté peu après que les Chefs d’Etat du G5 Sahel aient demandé au Secrétariat Permanent d’identifier les potentialités agricoles, animalières et halieutiques de la région (Bamako, 6 Février 2017).

Pour ce faire, il a conçu une étude (sans précédent) dont la réalisation a été rendue possible grâce à l’assistance technique de l’Organisation Arabe pour le Développement Agricole (OADA) et au financement de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA).

Suite à la conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds (Nouakchott, 6 décembre 2018), la BADEA a résolu d’approfondir l’appui porté au G5 Sahel.

A cet effet, elle a étudié avec attention la « requête de financement des projets routiers inscrits au PIP (2019-2021) » adressée par la Présidence du Conseil des Ministres du G5 Sahel (28 décembre 2018).

A l’occasion de la réunion du Groupe de Coordination Arabe (GCA) (Koweït, 15-16 janvier 2019), la BADEA et les autres membres du GCA ont manifesté leur intérêt pour cinq projets de construction d’infrastructures routières d’un montant total de 323,88m$:

• Route Djibo – Baraboulé – Frontière du Mali (Burkina Faso) : 28,54m$

• Route Sandara – Nioro (Mali): 58m$

• Route Tidjikja – Kiffa – Kankossa – Sélibaby – Khabou (Mauritanie): 62,78m$

• Route Keita – Tamaske – Kolloma – Tahoua (Niger): 26,24m$

• Routes Liwa – Rig Rig et Ngouri – Mao (Tchad) : 148,32m$

Pour Dr Sidi Ould Tah, Directeur Général de la BADEA, « les infrastructures favorisent la prospérité des populations, facilitent l’intégration régionale entre pays et constituent un investissement à fort effet d’entraînement ».

Comme le souligne Maman Sambo Sidikou, Secrétaire Permanent du G5S, « l’appui fourni par la BADEA illustre la détermination des partenaires arabo-islamiques à répondre rapidement aux défis des Sahéliens tout en tenant compte de la pérennité des efforts initiés ».

Cette nouvelle contribution de la BADEA s’inscrit dans la mise en œuvre du Programme d’Investissements Prioritaires (PIP) – un portefeuille de 40 projets constitué par le G5 Sahel pour un montant total d’1,9 milliard d’euros.

Les interventions de la première phrase du PIP (2019-2021) répondent à quatre priorités thématiques : gouvernance (81m€), résilience (200m€), sécurité (396m€) et infrastructures (1 milliard €).

A ce jour, l’appui fourni par les partenaires du monde arabo-islamique (Arabie Saoudite : 100m € et Emirats Arabes Unis : 30m€) a surtout porté sur la composante « sécurité » du G5 Sahel.

Cependant, le 6 décembre 2018, le Maroc a exprimé l’intention d’appuyer le G5 Sahel dans le domaine de l’énergie (photovoltaïque).

On note par ailleurs un intérêt accru des bailleurs de fonds (bilatéraux et multilatéraux) de la Oumma en faveur de l’investissement dans le développement.

Cette tendance trouve sa manifestation dans le thème de la réunion annuelle du Groupe de la BID à Marrakech : « La transformation dans un monde en mouvement : en route vers les Objectifs de Développement Durables ».



Le G5 Sahel est une organisation créée en 2014 par le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad couvrant une superficie de 5 millions de kilomètres carrés où vivent près de 80 millions d’habitants. Son mandat porte sur les domaines de la sécurité et du développement. Le Produit Intérieur Brut (PIB) cumulé des États membres est proche de 53 milliards de dollars américains (CNUCED, 2018).

Source : Financial Afrik