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Interviews en Afrique

Aminata Touré : « Le trafic des faux médicaments est un carnage silencieux »

Aminata Touré à Dakar, en janvier 2019.La présidente du Conseil économique, social et environnemental du Sénégal, Aminata Touré, participe du 17 au 18 janvier à l’Initiative de Lomé, au cours de laquelle des chefs d’État africains ont signé un engagement politique visant à lutter contre le trafic de faux médicaments. Elle appelle à la criminalisation du phénomène et à une meilleure coopération entre les États.

Dans certaines régions d’Afrique, 60 % des médicaments vendus seraient falsifiés, selon l’Organisation mondiale de la santé. Cela concerne aussi bien les antibiotiques et les antipaludéens que des médicaments contre le cancer, le viagra et les produits cosmétiques, qui proviennent le plus souvent d’Asie (Chine, Inde) ou du Nigeria. Pour les trafiquants, le business du faux médicament est plus lucratif que celui de la cocaïne. Pour 1 000 dollars investis, ils en retirent 500 000 dollars de bénéfices, contre 20 000 pour celui de la drogue.

Pour lutter contre ce phénomène qui représente un problème de santé publique, chefs d’État, anciens présidents et Premiers ministres, ministres de la santé, présidents d’institutions africaines et internationales et spécialistes du secteur de la pharmacie se sont donné rendez-vous les 17 et 18 janvier à Lomé. Lancée par la Fondation Brazzaville, cette initiative se veut originale. C’est la première fois que des leaders politiques africains s’organisent pour combattre les faux médicaments.

Sur les sept présidents initialement attendus dans la capitale togolaise,  seuls trois étaient finalement présents : Macky Sall, Yoweri Museveni et Faure Gnassingbé. Alors que la Gambie n’était pas représentée, Nana Akufo-Ado, Denis Sassou Nguesso et Mahamadou Issoufou étaient, eux, représentés par leurs ministres de la Santé.

Un avant-projet du protocole d’accord pour une meilleure collaboration et la criminalisation du trafic de faux médicament a été signé à cette occasion ce samedi. Celui-ci devrait être entériné dans les mois à venir, au terme de travaux entre les différents acteurs impliqués dans la lutte dans chaque pays.

Aminata Touré, présidente du Conseil économique et social du Sénégal, ancienne Première ministre et ancienne ministre de la Justice, a prêté sa voix à l’organisation de ce sommet, en assurant la modération de la cérémonie. La Sénégalaise estime que la lutte contre les faux médicaments passe par la criminalisation de ce trafic, une meilleure coopération entre les États et l’amélioration des systèmes de santé.

Jeune Afrique : Derrière l’appellation courante « faux médicaments » se cachent de nombreuses réalités. Qu’est-ce qu’un faux médicament, selon vous ?

Aminata Touré : Un faux médicament, c’est d’abord un médicament qui ne remplit pas l’objectif de soigner tel qu’il le déclare. Il y a les médicaments de qualité inférieure, qui sont autorisés, mais qui ne répondent pas aux critères de qualité, à cause de la contrefaçon par exemple. Les médicaments falsifiés, eux, sont des produits dont l’identité, l’origine ou la composition sont trompeurs.

Il y a également des faux médicaments bien plus dangereux : non seulement ils ne soignent pas, mais en plus, ils tuent. Selon des chiffres de l’American institute of tropical medicine, 120 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année à cause d’antipaludéens falsifiés.

L’OMS considère que les faux médicaments causent environ un million de morts dans le monde chaque année. On estime que 10 à 15 % des produits pharmaceutiques vendus dans le monde sont falsifiés. Dans ce trafic mondial, l’Afrique est la plus touchée, en raison de la difficulté d’accès aux médicaments. C’est un carnage silencieux, qui touche surtout les plus pauvres, qui achètent des plaquettes d’antibiotiques sur des étals. Mais les classes moyennes et les couches privilégiées sont également de plus en plus concernées, car ces faux médicaments sont aussi vendus en pharmacie.

Dans certaines régions d’Afrique, plus de la moitié des médicaments vendus sont des faux. Comment expliquer l’absence de criminalisation sur la question dans la plupart des pays du continent ?

C’est pour cela qu’un engagement a été pris par des chefs d’État pour criminaliser cette activité. On considère que le trafic de faux médicaments rapporte près de 200 000 milliards de dollars chaque année dans le monde. Ce sont des profits énormes. C’est l’activité criminelle la plus rentable. D’autant plus que les victimes de ce trafic sont souvent mal informées. Prenons l’exemple d’une mère de famille qui vit dans un village, et qui va acheter des médicaments au marché pour soigner la fièvre de son enfant. En administrant ce médicament à son enfant, elle espère le voir guérir. Mais en réalité, ce médicament peut le tuer.

Il faut plus de campagnes de prévention pour informer de la gravité de la situation. Il faut que l’on sache qu’acheter un médicament au marché ou dans la rue, ça tue. Nous devons renforcer notre législation et la coopération entre les États pour lutter contre le trafic transfrontalier.

Plusieurs initiatives ont déjà été lancées pour contrer la vente des faux médicaments. Comment la signature de cet accord va-t-elle contribuer à enrayer le phénomène ?

C’est une initiative africaine et il faut le relever. En prenant le leadership sur cette question dramatique, ces hommes politiques s’impliquent personnellement. C’est un premier pas. L’initiative de Lomé, soutenue par la fondation de Brazzaville, doit remonter jusqu’à l’Union africaine. C’est une initiative endogène qui appelle à la modification des cadres législatifs des pays eux-mêmes et de renforcement de leur coopération.

L’ampleur du trafic ne met-il pas en lumière la défaillance des différents échelons de nos systèmes de santé, de la régulation, au contrôle douanier et aux chaînes de distribution ?

Je préfère voir ça comme des défis qui nous restent à relever, car nous avons enregistré de nombreuses avancées. N’oubliez pas qu’en vingt ans, l’espérance de vie en Afrique a augmenté, plus que partout ailleurs dans le monde. L’accès aux services de santé s’est amélioré, même s’il reste beaucoup à faire. Mais ce qui est justement scandaleux, c’est que des entreprises criminelles s’appuient sur ce besoin de santé pour engranger des milliards de dollars. Nous devons travailler à rendre les médicaments accessibles dans les structures de santé à travers la production de génériques. C’est pour cela que dans le cadre de la coopération intergouvernementale, les pays doivent travailler à la création d’industries africaines de médicaments de qualité et à moindre coût. Il existe déjà des structures de ce type dans certains pays, mais je pense qu’il faut une plus grande coopération, par exemple au niveau régional, afin que nous ayons nos propres compagnies pharmaceutiques. Mais cela ne règle pas nécessairement le problème. Ces mêmes produits peuvent être falsifiés. L’entreprise criminelle doit donc être d’abord arrêtée. Il faut également des missions de contrôle de la qualité des médicaments mis sur le marché au niveau des États.

Nous devons travailler à rendre les médicaments accessibles dans les structures de santé à travers la production de génériques

Les systèmes de couverture santé sont déficients dans de nombreux pays ouest-africains. Quel bilan tirez-vous de la CMU au Sénégal ?

Les systèmes de santé efficaces sont un autre grand défi. C’est un choix politique qui fait parfois débat, comme aux États-Unis, avec le projet entamé par Barack Obama, aujourd’hui remis en question. Pour moi, l’accès à la santé est un droit universel et l’une des stratégies pour le réaliser progressivement est l’assurance maladie universelle. Ce n’est pas simple, car cela coûte cher. Il faut mettre en place un système transparent de recouvrement des coûts, décentraliser l’offre d’assurance à travers les caisses de quartier, de villages ou les caisses professionnelles, et mettre en place un mécanisme de contrôle rigoureux.

Pour ce qui est du Sénégal, la CMU était l’un des chantiers de Macky Sall dès son arrivée au pouvoir. Il y a eu un grand bond en avant car nous sommes passés d’un taux de couverture de 10 % à une couverture de 50% en sept ans. L’objectif est d’atteindre au moins un taux de 80%. Lorsque les populations peuvent avoir accès aux centres de santé qui respectent les standards définis par le ministère de la Santé, avec des contrôles de la qualité des médicaments, nous avançons dans la lutte. Mais il ne faut pas attendre d’avoir une CMU pour combattre les réseaux criminels qui prospèrent sur ce besoin.

Des experts affirment que le trafic de faux médicaments est l’une des sources de financement des groupes terroristes dans le Sahel. Pourquoi et comment se sont-ils saisis de ce « marché » ?

Les réseaux criminels utilisent les mêmes routes et sont souvent impliqués dans d’autres trafics, tels que celui de la drogue et des être humains. De plus, c’est un trafic très lucratif.

Comment la Cedeao y fait-elle face ?

C’est tout le sens de ce sommet. La première étape consiste à introduire rapidement des législations qui criminalisent le trafic avec des sanctions plus sévères. Tous les pays membres de l’UA doivent également signer les conventions de lutte contre la corruption et de lutte contre les crimes transnationaux.

Il faut former les services de douanes, les magistrats, les personnels de santé à déceler les faux médicaments. Il faut enfin créer des technologies qui permettent d’attester de la validité des médicaments. C’est une lutte qui se mène sur le long terme et c’est encourageant de voir des chefs d’États se saisir d’une question aussi vitale.

En plus du développement d’une industrie pharmaceutique en Afrique, la normalisation de la médecine traditionnelle peut-elle être une solutions selon vous ?

En ce qui concerne la médecine traditionnelle, c’est un autre débat. Il y a encore un travail à faire sur les normes à définir et sur la reconnaissance scientifique. Nous devons d’abord arrêter ces marchands de la mort.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Le "tribalisme et le favoritisme" dans les armées d’Afrique de l’Ouest favorisent la montée du djihadisme

Le Sputnik News - La violence djihadiste s’étend en Afrique de l’Ouest, maintenant jusqu’aux États côtiers. Qu’est-ce qui l’explique et comment l’enrayer?

L’ex-envoyé spécial des Nations unies au Burundi, en Afrique de l’Ouest et en Somalie, le Mauritanien Ahmedou Ould Abdallah, Président du Centre d’analyse 4S, livre son analyse en exclusivité pour Sputnik. «Recrudescence de violences terroristes en Afrique de l’Ouest, faut-il déclarer l’état d’urgence face à la menace djihadiste?», se demandait récemment en Une le magazine Jeune Afrique.

À l’appui de cette thèse, une enquête auprès des experts sécuritaires de la région qui, tous, affirment que la menace djihadiste s’étend inexorablement vers le sud et concerne désormais tous les pays côtiers.

Jusqu’ici en Afrique de l’Ouest, seuls le Mali et le Burkina Faso et, dans une moindre mesure, le Niger étaient touchés par des violences terroristes. Liste à laquelle il faut rajouter le Nigéria, le Cameroun et le Tchad, en Afrique du Centre, victimes d’attaques récurrentes de Boko Haram depuis une dizaine d’années.

Au Mali, en dépit du succès des opérations de la force française Barkhane, les attaques armées et leurs répétitions atteignent des niveaux équivalents à ceux de 2012, au début de la crise. Violence des groupes radicaux contre les forces maliennes et internationales, violences plus graves opposant des communautés ethniques (chasseurs traditionnels contre éleveurs)… Face à ces périls, les forces de sécurité semblent paralysées, sauf lors de répressions contre les nomades du Grand nord ou les pasteurs peuls!

L’extension du terrorisme au Burkina Faso, annoncée depuis longtemps, est là. Parce que plus récentes, ces violences sont plus sanguinaires. Les djihadistes ont déclaré la guerre à l’enseignement moderne et aux enseignants, mais aussi aux religions et aux communautés isolées. Les régions du Soum (l’une des 45 provinces du Burkina Faso) se dépeuplent. Ignorée jusqu’à présent, la menace, très réelle, de voir cette violence exploser dans les pays côtiers du golfe du Bénin ou celui de Guinée a fini par arriver.

Comment et avec quels moyens ces «nouvelles cibles» des terroristes, à commencer par les États côtiers (Bénin, Togo, Ghana), s’organisent-elles pour faire face  aux djihadistes? Pour répondre à cette question, Sputnik France s’est entretenu avec Ahmedou Ould Abdallah, président du Centre «4 S» à Nouakchott, qui analyse les Stratégies pour la Sécurité du Sahel Sahara.

En tant qu’ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies au Burundi, en Afrique de l’Ouest et en Somalie, il juge la menace très sérieuse. Ahmedou Ould Abdallah s’insurge contre le fait que l’on fasse de la Libye un bouc émissaire de toutes les déstabilisations au Sahel. Face à la faiblesse et au tribalisme qui règne encore trop souvent dans les armées africaines, qu’il appelle à se réformer, il juge le soutien des forces armées occidentales indispensables. Il plaide enfin pour que les pays africains montent des fronts communs, y compris au sein de leurs propres sociétés, contre le djihadisme.

Sputnik France: Est-on vraiment en train d’assister à une poussée de la menace djihadiste en ce moment partout en Afrique de l’Ouest ou bien est-ce fortuit?

Ahmedou Ould Abdallah: «Avec l’arrivée de l’hivernage [saison des pluies sous les Tropiques, ndlr], la recrudescence de l’Harmattan [vent venant du désert, ndlr] et le ramadan, tous les ingrédients sont là pour que la région s’enflamme. La crise ouverte que nous connaissons actuellement a commencé au Mali en février/mars 2012, avec l’occupation du nord du pays par un groupe de radicaux. Sans l’intervention de la force française, Bamako serait probablement, aujourd’hui, entre leurs mains. Cette occupation non seulement perdure, mais elle est devenue contagieuse jusqu’au nord du Bénin, en passant par le Burkina Faso et le Niger, qui gère plutôt bien la situation, mais aussi sur le pourtour du lac Tchad. Seul le Sénégal, qui reste très vigilant ou des pays ayant passé des alliances tacites ont échappé jusqu’à présent à cette recrudescence de violence.»

Sputnik France: Concernant l’Algérie et le Soudan, vous avez écrit récemment qu’une trop grande médiatisation des manifestations populaires contre les gouvernements risque de renforcer «le message déjà bien articulé des islamistes.» Que craigniez-vous exactement?

Ahmedou Ould Abdallah: «D’un côté, je crains que des situations où il y a un affaiblissement des gouvernements centraux, comme en Algérie, ne perdurent; mais aussi, d’autre part, les effets de contagion possible au Sahel et notamment dans la région du G5 Sahel [Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, ndlr]. Les États côtiers situés dans le golfe du Bénin et celui de Guinée sont aussi, désormais, des zones menacées.»

Sputnik France: et en ce qui concerne la Libye? Vous dénoncez la multiplicité et donc l’incohérence des ingérences extérieures, qui retardent le règlement du conflit armé entre factions rivales dans ce pays. Est-ce aussi la principale cause de la déstabilisation de l’ensemble de la sous-région?

Ahmedou Ould Abdallah: «Les causes de l’instabilité au Sahel sont multiples. Aussi, je m’insurge contre le fait que l’on transforme la Libye en un bouc émissaire. Il faut remonter aux années soixante-dix pour comprendre comment Mouammar Kadhafi a cassé l’armée libyenne. Comme il n’avait plus confiance dans les forces militaires et de sécurité de son pays, il a commencé à former des milices, démanteler les services publics et recruter massivement dans le Sahel. Jusqu’au milieu des années 80, du fait de la sécheresse, nombre de jeunes Sahéliens ont accouru en Libye pour fuir la misère. Nous en payons encore les conséquences aujourd’hui, y compris en Libye.

Si la Libye a été le déclic en 2012, dans tous les États sahéliens, on constate la même tendance à affaiblir nos armées, qui sont de moins en moins formelles, car cooptées selon des critères ethniques. C’est exactement ce qui s’est passé en Somalie, qui a pourtant le même peuple, la même langue, la même religion. Dès qu’on laisse entrer le tribalisme et le favoritisme, on déconstruit l’État central hérité de la colonisation.»

Nouveaux fronts djihadistes

Sputnik France: Le lancement de l’opération Otapuanu (une vaste opération de ratissage antiterroriste mise en œuvre par les autorités burkinabè au début du mois de mars dans l’Est du pays) a-t-elle véritablement eu pour effet de repousser les djihadistes dans les États côtiers voisins?

Ahmedou Ould Abdallah: «Quand on connaît une crise interne comme celle qu’a connu le Burkina Faso avec le départ de Blaise Compaoré en 2014, on doit chercher la réconciliation nationale et à élargir le plus possible son assise. Sinon, on court le risque que des éléments radicaux se déplacent du nord au sud jusqu’à contaminer des villes côtières riches du golfe du Bénin ou celui de Guinée.

L’opération des autorités burkinabè à laquelle vous faites allusion a sans doute du mérite, mais ce n’est pas ce qui a poussé les éléments les plus extrémistes, sévissant au Sahel et au Burkina Faso en particulier, à migrer vers le sud. Ceux-ci obéissent à une logique qui les mène à rechercher des villes côtières riches et peuplées où séjournent plus d’étrangers [Occidentaux, ndlr], ce qui leur permet d’être en couverture des journaux ou à la Une des médias internationaux quand ils commettent leurs méfaits.»

Sputnik France: Croyez-vous que des organisations djihadistes sahéliennes, comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, lié à Al-Qaïda*) et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) ont pour objectif de «descendre», à leur tour, vers le sud? Et, dans ce cas jusqu’où iront-elles?

Ahmedou Ould Abdallah: «Ces organisations sont déjà présentes dans le sud depuis au moins dix-huit-mois pour préparer le terrain: elles sont à la frontière entre la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Libéria et également au nord du Ghana et du Bénin. Pendant la saison des pluies, les cellules restent dormantes et se fondent dans la population en profitant des ressources locales plus abondantes que dans la partie sahélienne. Ça ne veut pas dire que le GSIM ou l’EIGS vont quitter, pour autant, le Sahel qui leur sert de base arrière.»

Sputnik France: L’intervention des forces spéciales françaises dans le nord du Burkina Faso pour libérer les deux Français et leur guide béninois enlevés le 1er mai dans le parc de la Pendjari, l’un des trésors touristiques du Bénin, était-elle indispensable?

Ahmedou Ould Abdallah: «Oui, si l’on se met à la place des otages, même si l’on peut déplorer la mort de deux officiers français des forces spéciales. Du point de vue de la dissuasion, c’est toujours bon d’intervenir. Et compte tenu de la spirale de violence qui s’est abattue sur le Sahel, il faut quand même que nous nous rendions à l’évidence: nous ne sommes pas capables de nous battre seuls, que ce soit pour délimiter la menace, la neutraliser ou l’affaiblir.

On peut ne pas être d’accord que ce soit des étrangers qui viennent chez nous faire le boulot, mais dans ce cas on commence par réformer son armée. Je vais vous livrer une information confidentielle. Savez-vous que rares sont les armées africaines où les bulletins de salaire sont informatisés? Tout le monde sait pourquoi, parce qu’ainsi on peut payer des subsides à des tiers. Donc, j’estime qu’au moins les salaires dans les armées du G5 Sahel doivent être informatisés.»

Trafics lucratifs

Sputnik France: Pourtant, jamais le Bénin auparavant n’avait été le théâtre d’une telle attaque... Qu’est-ce qui a changé pour que le Bénin soit ainsi visé? Faut-il mettre ce pays sur liste rouge et interdire les touristes d’y aller?

Ahmedou Ould Abdallah: «Ce qui m’a frappé dans le meurtre du guide des deux touristes français libérés le 10 mai à l’issue de l’opération des forces spéciales françaises, c’est que son corps, retrouvé quatre jours plus tard, avait été atrocement mutilé… ça, c’est vraiment nouveau, car jamais auparavant, on ne touchait aux chauffeurs ou accompagnants, considérés comme sans “valeur marchande” par rapport aux Occidentaux. Il y a là, à mon avis, une volonté délibérée de terroriser les populations locales.

Maintenant, en ce qui concerne les alertes aux voyageurs établies par le Quai d’Orsay, la Mauritanie et l’Algérie ont figuré en rouge pendant longtemps sur cette carte. Il n’y a pas grand-chose que l’on puisse faire. C’est difficile de demander aux pays occidentaux de ne pas essayer de protéger leurs concitoyens.»

Sputnik France: Si les katibas établies au Mali et au Burkina ont des connexions et des capacités d’action dans les pays côtiers ouest-africains, faudrait-il songer à élargir le G5 Sahel à ces États?

Ahmedou Ould Abdallah: «Quand on a un ennemi extérieur, il faut des fronts intérieurs solides les plus inclusifs possible, en incluant les partis politiques et la société civile. Et pas seulement des élections qui peuvent être plus ou moins démocratiques... C’est dans le renforcement de la cohésion intérieure que viendra la meilleure défense [contre le terrorisme, ndlr] en mettant fin, aussi, à la corruption arrogante qui règne chez nous, parce qu’illimitée. Beaucoup d’États du Sahel sont exposés à cette forme de corruption, alors qu’en Europe, en Amérique ou en Asie, la presse, la police et la justice étant plus libres peuvent constituer des garde-fous.

Quant à la question de savoir s’il faut élargir le G5 à d’autres États, c’est aux membres de cette organisation de décider s’ils augmentent ou pas le club en faisant rentrer de nouveaux membres.»

Christine H. Gueye
Source : Sputnik News (France)

 

 

ENTRETIEN AVEC MOUHAMMAD BOUN ABDALLAH DIONNE : « Au cours du premier mandat, nous avons pu créer 491.000 emplois net »

ENTRETIEN  AVEC MOUHAMMAD BOUN ABDALLAH DIONNE : « Au cours du premier mandat, nous avons pu créer 491.000 emplois net »L’As : Monsieur le Premier ministre, vous êtes coordonnateur du pôle programme du Président Sall, a deux jours du scrutin, quelles sont vos impressions sur cette fin campagne ?

Mohammad Bon Abdallah Dionne :

Je pense que le peuple a montré sa grande adhésion à la perspective de développement proposée par le président Macky Sall : le Plan Sénégal émergent. Depuis le début de la campagne, on a vu des témoignages de sympathies et d’adhésion à l’homme Macky Sall en ce qu’il représente comme sagesse comme stabilité pour le Sénégal. On a vu également de grands témoignages par rapport à sa vision du développement, une vision dont le caractère distinctif passe par sa grande volonté d’embarquer tous les Sénégalais, de ne laisser personne à bord sur la voie de l’émergence. Cela s’appelle l’inclusion sociale, c’est l’axe 2 du Plan Sénégal émergent.

On sait que l’emploi de jeunes a été un de ventre mou du régime. Comment envisagez-vous d’inverser la tendance, en cas de réélection ?

Mais non, il n’y a  pas de problème avec l’emploi des jeunes. Aujourd’hui, le problème structurel que nous avons, c’est que par génération de 200 000 chercheurs d’emploi qui arrive sur le marché  chaque année. 45%de cette génération sort de l’école ou des daaras sans formation, sans métier. C’est pourquoi, le président de la République, même au cours de son premier mandat, a mis l’accent sur la formation professionnelle. Quand on veut régler le problème de l’emploi, nous avons deux leviers : Le premier, c’est l’offrede travail, c’est à dire les jeunes. Si vous avez 45% de jeunes qui investissent le marché de l’emploi, il faut investir massivement sur le marché du travail. Quand le président Macky Sall est arrivé au pouvoir à peine 5% de cette génération étaient orientée vers le système de la formation professionnelle. Tout le reste était dans l’enseignement général. Le président a donc investi massivement dans la création partout sur le territorial national, de centres de formation professionnelle. Vous l’avez vu inaugurer à Nioro, un centre doté de tous les équipements techniques nécessaires pour un investissement de 1,4 milliard. Vous m’avez vu inaugurer, au nom du chef de l’Etat, un centre de formation professionnelle à Gossas pour un investissement de 1,2 milliard. Partout le Président a mis en place de telles structures pour arriver justement à 15% au moins par génération orientée vers la formation professionnelle. L’objectif qu’il fixe à travers le Pse,   c’est que 30% des jeunes de chaque génération de jeunes, puissent être orientés vers la formation professionnelle. C’est comme cela que nous allons résoudre le problème de l’employabilité des jeunes. C’est la première mesure sur l’offre du marché. Un marché, c’est une offre, mais c’est aussi une demande. La demande vient du système productif. Le système de production, ce n’est pas que l’administration, c’est aussi le secteur privé. Je pense que le secteur privé a joué sa partition. Sur le premier mandat, nous pouvons dire que le secteur privé a investi et c’est ce qui nous vaut la croissance et elle a créé beaucoup d’emplois. Avec le Pse, dés 2015, nous avons créé avec le secteur formel, 70 0000 emplois par an. Aujourd’hui, nous tournons autour de 80 000 emplois par an. C’est pourquoi au cours du premier mandat, nous avons pu créer 491 000 emplois nets. Ce qui veut dire que les 500 000 emplois promis est un objectif atteint. Mais l’ambition du président est de faire plus. Sur le côté offre de travail, il dit : « Je mettrai dans chaque département grâce à un programme d’investissement public de 50 milliards, un centre de formation professionnelle pour les jeunes garçons et les jeunes filles du pays».

A Pikine, Macky Sall a fait une promesse de 1 million d’emplois pour les 5 ans à venir…

L’objectif est que chaque élève ait un métier et soit prêt à être employé. Et du côté de l’offre avec tout ce que nous faisons, en matière derenforcement de capacité que cela soit dans le secteur de l’agriculture, la pêche, de  l’élevage, de l’artisanat, que cela soit les industries qui arrivent avec les Zones économiques spéciales,   que cela soit avec les emplois verts, nous pensons que l’objectif d’un million d’emplois que s’est fixé le président est largement à notre portée. Je vous donne quelques exemples : Le Président vient de mettre en place le Pse vert pour s’occuperde la reforestation durable du territoire national.  Cela, c’est 50 000 emplois nouveaux, c’est du concret à travers l’Agence sénégalaise de la protection des forêts, nous perdons 40 000 ha par an du fait de l’homme. Pour ce qui est des Domaines agricolescommunautaire, il y a quatre nouveaux Dac, en construction avec la Banque islamique de développent.  C’est 30 000 emplois. Il y a également la Zone économique spéciale au niveau de Diamniadio  avec  un investissement  de 25 milliards  pour héberger des industries dont une qui a délocalisé ses activités du Rwanda, c’est environ  1000 emplois par an.  Le chef de l’Etat a signé avec son homologue chinois pour la phase 2. Ce qui permettra auparc industriel de s’étendre sur 50 hectares pour permettre  à des entreprises de s’y installer. Chaque entreprise, c’est au moins  dix mille emplois. Rien que sur Diamniadio ce sera 250 000 emplois dans la ZES de Diamniadio.

A vous entendre, on a comme l’impression  que le deuxième mandat est déjà plié alors qu’on est en campagne …

Mais, non ce sont des projets. Permettez-moi de conclure pour montrer la pertinence de ces idées. Pour le deuxième mandat, le Président a prévu dans son programme, « le programme sectoriel, Zéro bidonville », c’est 100 0000 logement, par an, c’est 20 0000 logements par an, soit 200 00000 jeunes qui seront employés. Compte non tenu des 80 000 emplois du secteur privé et des emplois générés par l’administration. Ce n’est pas du rêve, tout a été calculé et travaillé. Là nous sommes dans le concret, je ne parle même pas de l’impact que l’exploitation du pétrole et du gaz aura sur l’économie notamment avec la loi sur local content.

Les autres candidats ont aussi des programmes aussi alléchants…

Mais non, ils n’ont pas de programme. Une liste de vœux pieux, ce n’est pas un programme. Un programme, il doit être articulé. C est pourquoi, je tenais à vous livrer des détails précis sur notre programme. Regardez ce qui se dit. Mais, ils n’ont fait que du plagiat. Certains veulent même créer le pôle de développement de la Casamance que nous avons déjà créée. Les pôles territoires c’est l’acte 3 de la décentralisation. J’ai entendu un autre candidat parler de l‘introduction de l’anglais, mais cela c’est du plagiat.  Le programme du président Macky Sall, c’est le rendez-vous avec avec l’avenir : «Liggeeyal euleuk ». Il est dans le temps de l’action, mais il est aussi dans le temps du futur. Le Pse l’horizon c’est 2035. Il transcende le mandat du Président. Les trois piliers qui vont être intégrés dans le quantum horaire, c’est l’anglais. Aujourd’hui, l’espace numérique est dominé par l’anglais. Il dit : «Je mettrai l’anglais depuis le primaire».  Le deuxième pilier c’est l’informatique. Et enfin, le président a commandé la réécriture de l’histoire du Sénégal par nos meilleurs historiens, nos meilleurs historiens. Parce que pour le président après l’anglais et l’information, le troisième pilier, c’est l’histoire.  Ce qui nous permettra de nous connaître.

Vous avez qualifié Idrissa Seck de faussaire. Sur quoi fondez-vous vos accusations.

J’ai taquiné Idrissa Seck. Mais quoi que l’on dise, Idrissa Seck doit des explications aux Sénégalais. Il a été Premier ministre. Dites-moi ce qu’il a fait dans ce pays. Son bilan se régime aux chantiers de Thiès et à leurs conséquences. Mais les diplômes, je n’en parlerai pas. Mon oncle me disait : «Méfie-toi de deux personnes : celui qui a redoublé la terminale et celui qui a repris le Cm2 parce qu’ils ont le complexe de leur génération».

Vous parlez de Idrissa Seck qui est devenu quand même brillant après Hec.

On peut tout dire, je ne taquine personne, mais on se connaît tous. On sait qui est qui.  On se connaît bien.  Il se dit aussi qu’il a fait Hec. C’est ce qu’il a mis dans son CV, mais la classe préparatoire, ce n’est pas Hec.

Vous pronostiquez une victoire au premier tour. Cela est-il possible, à la lumière des foules drainées de part et d’autre des camps dans cette campagne?

Je sûr que le Président va passer au premier tour.  Vous voyez ce qu’il a fait. Personne ne discute de son bilan.  Lorsque j ai annoncé que 5 candidats seulement allaient passer le tamis du parrainage, je fondais cela sur le fait que n’eut été le plus fort reste, certains candidats qui parlent n’auraient pas siégé à l’Assemblée.

Ousmane Sonko en fait partie, mais là son poids électoral a flambé. Il ne vous inquiète pas…

Personne ne nous inquiète. Nous avons un candidat qui incarne la stabilité nationale. Vous savez là où nous sommes, c’était le bureau de Modibo Keïta, Président de la Fédération qui nous liait au Mali.  Vous voyez ce qui se passe dans ce pays frère agressé par de forces obscurantistes, salafistes qui déstabilisent le Mali et veulent avoir un débouché sur la mer, c’est à dire Dakar. Rendons donc hommage à l’action sécuritaire et diplomatique du Président Macky Sall qui nous a préservé jusque-là de ce type de menaces présentes à nos frontières. Aujourd’hui, le discours que j’entends de certains candidats montre qu’ils ne méritent pas le suffrage des Sénégalais, parce qu’ils portent en eux les germes de l’instabilité. J’ai écouté avec tristesse un candidat dire, à partir de Richard Toll, que le fleuve Sénégal est un fleuve 100% sénégalais, parce que de l’autre côté, il y a des Sénégalais.  Et que lui n’a pas peur de l’occident à plus forte raison de la Mauritanie.

Il s’agit de Ousmane Sonko ….

C’est lui qui l’a dit. Vous l’avez tous entendu. C’est facile d’être belliqueux, mais si c’est pour déstabiliser son pays, déstabiliser la paix dans la sous-région, menacer les frontières qui existent, cela devient de la paranoïa. Il faut dénoncer avec vigueur ce discours, parce qu’il n’a pas sa place dans un pays. Nous avons des ressources en commun avec la Mauritanie. Nous avons un peuple frère et ami avec la Mauritanie.  Vous n’êtes même président de groupe parlementaire, vous menacez. Que se passera-t-il le jour où vous deviendrez chef suprême des armées ? Heureusement, les Sénégalais ne sont pas dupes. Ils savent distinguer la bonne graine de l’ivraie.   Et c’est comme cela qu’ils vont réélire le Président Macky Sall qui incarne la stabilité de la sous-région et du pays.

Sur les questions de bonne gouvernance, votre régime est constamment critiqué. On vous accuse également d’instrumentaliser la justice avec notamment le cas Khalifa Sall ?

(Il nous coupe) Ecoutez, ce sont les juges qui jugent en toute conscience et en toute liberté. En tant que Premier ministre, je ne connais pas les juges, je ne les reçois pas et je n’ose leur parler. Vous voyez un chef d’Etat appeler un juge pour lui donner des instructions ? Non, mais à la minute qui suit, il convoque une conférence de presse. L’Exécutif travaille avec le procureur qui est l’avocat de la société. Et le justiciable a ses avocats. Le Président ne met personne en prison, c’est la loi qui met les gens en prison. Le Prison n’acquitte personne.

Me Wade menace d’empêcher la tenue de la présidentielle…

Nous sommes à quelques heures de la fin de la campagne, je voudrais appeler à l’apaisement.  Le Sénégal est un et indivisible. Nous aimons tous notre pays, il nous faut des plages de convergence. Le Président est un homme de dialogue et bien éduqué. Aujourd’hui, le Conseil Constitutionnel a validé cinq candidats. La campagne est en train de se dérouler, nous regrettons l’incident à Tambacounda. Nous le déplorons tous, maintenant il appartient à la justice d’en tirer les conclusions. Ce dont il s’agit, c’est d’aller à la rencontre du peuple sénégalais et pour l’Etat de faire respecter le droit du peuple à choisir ses dirigeants. C’est un rendez-vous par cinq.  Je pense que le Sénégal qui vote depuis les années 1840 ne mérite pas certains propos qui ne sont plus de cette ère. La démocratie sera respectée. Les suffrages seront protégés par l’Etat. Le vote aura lieu et Macky Sall va continuer à servir le pays Inchallah

Entretien conduit par Amadou BA

Côte d’Ivoire: «Simone Gbagbo ne peut pas symboliser le renouveau du FPI»

L'ex-première dame ivoirienne Simone Gbagbo, condamnée à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'Etat, a été libérée ce mercredi. Deux jours après l'amnistie proclamée par le président Alassane Ouattara pour favoriser la réconciliation en Côte d'Ivoire, elle a pu regagner sa résidence du quartier de Cocody à Abidjan. Un millier de sympathisants en liesse l'y attendait. Mais Simone Gbagbo est loin de faire l'unanimité dans le pays, selon Thomas Hofnung, journaliste pour le site «The conversation» et auteur de plusieurs ouvrages, dont « La Crise en Côte d'Ivoire » et « Le scandale des biens mal acquis ».

RFI: Thomas Hofnung, quelle image les Ivoiriens ont actuellement de Simone Gbagbo ?

Thomas Hofnung: Il y a une partie de la population qui l’admire et une autre qui la craint. Sa personne reflète un peu les divisions de ce pays, de la Côte d’Ivoire. Elle a été accueillie dans la liesse par une partie de ses partisans mais il faut se souvenir qu’à l’époque où son mari Laurent Gbagbo dirigeait la Côte d’Ivoire, de 2000 à 2010, elle était très redoutée par une partie de la population et on lui prêtait même une influence quasi maléfique sur son mari.

Est-ce que c'est une influence qu’elle a réellement eue sur son mari ?

C’est difficile à savoir, c’est vrai qu’il y a eu beaucoup d’analyses contradictoires sur le rôle qu’elle a joué exactement durant les deux mandats de Laurent Gbagbo mais, ce qui est sûr, c’est qu’elle avait une influence politique importante sur le parti, sur le Front populaire ivoirien, puisqu’elle l’a dirigé. Et aussi, il faut se souvenir que quand Laurent Gbagbo était en exil en France dans les années 80, c’est Simone Gbagbo qui «tenait la baraque». Politiquement, elle a eu un rôle très important. Une fois que Laurent Gbagbo a été élu président, on a entendu des choses un peu contradictoires sur le rôle exact joué par Simone Gbagbo.

Alors que va faire Simone Gbagbo désormais ? Va-t-elle rebondir en politique ?

Très honnêtement, j’aurais tendance à dire, au jour d’aujourd’hui, que l’eau a coulé sous les ponts et qu’elle ne retrouvera sans doute pas le rôle d’influence importante et les pouvoirs prépondérants qu’elle avait sur le parti. Dans le sens où il y a sept années qui se sont écoulées, il y a Pascal Affi N’Guessan qui dirige le FPI, et le FPI est très divisé. Peut-être qu’elle va prendre la tête, qu’elle va redevenir la figure de proue de l’aile la plus dure, la plus «radicale»’ du FPI, mais elle ne peut pas symboliser le renouveau du Front populaire ivoirien, ni un renouveau tout simplement de la politique ivoirienne. Je pense qu’elle aura sans doute un rôle moral important mais dans la politique quotidienne, je n’en suis pas sûr.

Source : RFI

 

Hamada Eddarouich, organisateur du ralliement collectif de Gjeijimatt et acteur politique : “Christo

Hamada Eddarouich, organisateur du ralliement collectif de Gjeijimatt et acteur politique : “Christopher Ross doit présenter sa démission” Le retrait de la confiance par le Maroc à l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Christopher Ross, a suscité plusieurs réactions. Parmi celles-ci,  «Libé» a recueilli celle de Hamada Eddarouich qui avait, on s'en souvient, organisé le ralliement collectif de Gjeijimatt et qui reste l'un des acteurs politiques de la scène sahraouie.

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