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Politique en Afrique

Gambie : l’ex-président Jammeh serait « immédiatement arrêté » s’il revenait

Le dernier meeting du président Yahya Jammeh, en novembre 2016 à Banjul (Gambie).L’ex-président gambien Yahya Jammeh, en exil en Guinée équatoriale depuis sa chute il y a trois ans, serait « immédiatement arrêté » s’il revenait au pays et poursuivi pour les crimes commis durant ses 22 ans de pouvoir, a affirmé dimanche le ministre de la Justice, après une récente manifestation pour le retour de l’ex-dirigeant.

« Si jamais l’ancien président Yahya Jammeh retournait au pays, il serait immédiatement arrêté et poursuivi pour les plus graves affaires », a déclaré Abubacarr Tambadou, dans un discours consacré à la nouvelle année judiciaire en Gambie.

Dans un récent enregistrement diffusé sur les réseaux sociaux, Jammeh réclamait le respect de ce qu’il considère comme ses droits, et notamment celui de rentrer. Des milliers de ses partisans ont également manifesté jeudi dans la capitale Banjul pour réclamer son retour d’exil. Cette polémique survient alors que les travaux de la Commission Vérité Réconciliation doivent reprendre lundi matin.

« Crimes contre l’humanité »

« Après un an d’auditions (de témoins) et alors que nous entrons probablement dans la seconde et dernière année, on ne peut plus écarter les crimes contre l’humanité commis en Gambie entre juillet 1994 et janvier 2017, sous l’ancien président Yahya Jammeh. Ceux identifiés par la Commission seront portés devant la justice », a ajouté Tambadou.

La Commission a été établie en 2017 et a débuté ses auditions en janvier 2019. Sa mission est d’enquêter sur les violations des droits humains entre 1994 et 2016, favoriser la recherche de la justice et des réparations pour les victimes, oeuvrer à la réconciliation.

Officier arrivé à la tête de la Gambie par un coup d’État en 1994, Yahya Jammeh a dirigé pendant 22 ans un régime de féroce répression. Il a été poussé à s’exiler en Guinée équatoriale en janvier 2017, cédant à une intervention militaire africaine après avoir rejeté sa défaite à la présidentielle face à Adama Barrow.

Dans un communiqué publié à l’époque, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et les Nations unies s’engageaient à œuvrer pour le respect de la sécurité et des droits de Yahya Jammeh, et notamment celui de rentrer en tant que citoyen et ancien chef de l’État.

Source : jeuneafrique.com

 

Gambie : Des milliers de manifestants réclament le retour de Jammeh.

Gambie : Des milliers de manifestants réclament le retour de Jammeh.Des milliers de partisans de l’ancien président gambien Yahya Jammeh, qui a dirigé pendant 22 ans un régime de féroce répression, ont manifesté jeudi dans la capitale Banjul pour réclamer son retour d’exil, ont constaté des correspondants de l’AFP.

Officier arrivé à la tête de la Gambie par un coup d’État en 1994, puis élu et réélu, Yahya Jammeh a été poussé à s’exiler en Guinée Équatoriale en janvier 2017, cédant à une intervention militaire africaine après avoir rejeté sa défaite à la présidentielle face à l’opposant Adama Barrow, toujours au pouvoir aujourd’hui.

Dans un communiqué publié à l’époque, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et les Nations unies s’engageaient à oeuvrer pour le respect de la sécurité et des droits de Yahya Jammeh, et notamment celui de rentrer en tant que citoyen et ancien chef de l’État.

A l’appel du parti de Yahya Jammeh, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), les manifestants ont pris la direction du siège de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples pour y déposer une pétition destinée à l’Union africaine.

« Avant son départ, il y a eu un accord pour qu’il puisse rentrer dans le pays. Nous avons besoin de notre chef de parti », a déclaré à l’AFP l’un des manifestants, Ismaila Colley, 26 ans, en décrivant l’ex-président comme un « homme de paix », alors que, depuis un an, une Commission Vérité et Réconciliation entend les témoignages accablants des victimes des atrocités commises sous Yahya Jammeh.

« Les temps sont durs sous l’actuel gouvernement, c’est pourquoi nous voulons que l’ancien président revienne et reprenne les rênes du pays à Adama Barrow », a expliqué dans le cortège, encadré par les forces de l’ordre, Maïmuna Jaju, une commerçante de 23 ans.

L’ancien dictateur s’est fait entendre samedi pour soutenir la manifestation, dans un enregistrement diffusé sur les réseaux sociaux.

Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, enclavé dans le Sénégal à l’exception d’une étroite façade atlantique, connaît une recrudescence de mobilisation politique.

Des milliers de Gambiens ont défilé dimanche en faveur du maintien au pouvoir pour cinq ans du président Barrow, malgré son engagement initial à ne servir que trois ans.

Les partisans d’un départ de M. Barrow comptaient faire de même le 19 ou le 20 janvier, mais leur demande d’autorisation de manifester a été rejetée. La manifestation pro-Jammeh de jeudi a en revanché été autorisée.

Source : AFP

 

Présidentielle au Togo : sept candidats retenus par la Cour constitutionnelle

Vote dans un bureau de Lomé, en 2015 (photo d'illustration).La Cour constitutionnelle a publié sa décision vendredi et retenu sept candidats sur les dix enregistrés par la commission électorale, parmi lesquels le président Faure Gnassingbé, en lice pour un quatrième mandat.

Parmi les autres candidats, figurent Jean-Pierre Fabre, chef de file historique de l’opposition et président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), et l’ancien Premier ministre et président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), Kodjo Agbéyomé.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait enregistré le 8 janvier, les dossiers de dix personnalités.

La Cour constitutionnelle a rejeté les dossiers de deux candidats, pour « insuffisance du nombre de signatures d’électeurs » en leur faveur.

Le troisième (indépendant) avait entre temps décidé de retirer sa candidature.

Révision constitutionnelle

La campagne électorale pour cette présidentielle doit démarrer le 6 février et prendre fin le 20 février. Environ 10.000 gendarmes et policiers membres d’une « Force sécurité élection présidentielle » (FOSEP) seront déployés à travers le pays en vue de sécuriser le scrutin, selon les autorités.

L’actuel président Faure Gnabssingbé, au pouvoir depuis 2005, a été réélu en 2010 et en 2015 au terme de scrutins contestés.

En mai 2019, les députés ont voté une révision constitutionnelle qui permet non seulement au président Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025, mais aussi de bénéficier d’une immunité à vie « pour les actes posés pendant les mandats présidentiels ».

Source : jeuneafrique.com

 

Sahara occidental : le Gabon et la Guinée ouvrent à leur tour un consulat

Sahara occidental : le Gabon et la Guinée ouvrent à leur tour un consulatL'Orient-Le Jour - La Guinée et le Gabon ont inauguré vendredi un consulat général au Sahara occidental, ouvrant ainsi, après les Comores et la Gambie, des représentations diplomatiques étrangères dans la partie contrôlée par le Maroc de cette ancienne colonie espagnole.

La Guinée a toujours eu "une position constante, claire et positive quant à la question du Sahara marocain", a déclaré le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita lors de l'inauguration du consulat de ce pays à Dakhla, grand port de pêche du Sahara occidental situé sur l'Atlantique, selon un communiqué officiel.

Le consulat du Gabon a été inauguré dans la foulée, a indiqué le ministère marocain des Affaires étrangères.

L'Algérie, qui soutient le mouvement indépendantiste Front Polisario, avait qualifié de "violation flagrante" du droit international la décision "unilatérale" de la Gambie d'ouvrir une représentation consulaire après son inauguration officielle, le 7 janvier, également à Dakhla.

"Cet acte provocateur vise à saper le processus de règlement de la question du Sahara occidental mené sous l'égide des Nations unies" et transgresse le droit "imprescriptible du peuple sahraoui à l'autodétermination", selon un communiqué des Affaires étrangères publié la semaine dernière.

Les Comores ont ouvert le bal diplomatique en choisissant la ville de Laayoune pour installer leur consulat général mi-décembre.

La question du statut du Sahara occidental, toujours considéré comme "territoire non autonome" par l'ONU en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc et le mouvement indépendantiste Front Polisario. Cette vaste étendue désertique située au nord de la Mauritanie est en grande partie contrôlée par le Maroc, qui veut une "autonomie sous contrôle" pour la zone qu'il considère comme partie intégrante de son territoire.

Le Front Polisario milite pour l'indépendance et réclame un référendum d'autodétermination. Les discussions pour un règlement politique sont au point mort depuis des décennies, malgré une récente tentative de relance de l'ONU. Après avoir réuni par deux fois le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie à la même table, le représentant spécial de l'ONU Horst Köhler, 76 ans, a quitté son poste en mai dernier pour "raison de santé". Depuis aucun successeur n'a été nommé.

Déterminé à "protéger ses intérêts suprêmes", le Maroc a préparé deux projets de loi établissant sa compétence juridique sur l'espace maritime couvrant les eaux territoriales "de Tanger à Lagouira", village côtier de l'extrême sud du Sahara occidental. Le débat de ces textes a été reporté sine die fin décembre, selon la presse marocaine.

AFP
Source : L'Orient-Le Jour (Liban)

 

 

Niger: Remaniement dans la haute sphère militaire (officiel)

Niger: Remaniement dans la haute sphère militaire (officiel)Sahel-Intelligence - Le gouvernement nigérien, réuni lundi en conseil des ministres à Niamey, a procédé au remaniement du commandement militaire par le départ du chef d’état-major des Forces armées nigériennes (FAN), le général de corps d’armée Ahmed Mohamed, en poste depuis janvier 2018, remplacé par le général de division Salifou Modi, selon de source officielle à Niamey.

De même, selon un communiqué du gouvernement diffusé sur la radio nationale, le général de brigade Seydou Bagué est nommé chef d’état-major de l’armée de Terre, en remplacement du général de brigade Sidikou Abdou Issa, qui devient inspecteur général des armées.

Le général de brigade Didili Amadou va occuper le poste de secrétaire général du ministère de la Défense.

Ces décisions interviennent après une recrudescence d’attaques terroristes qui ont causé de sérieuses pertes dans les rangs des forces armées nigériennes, dont celle de Chinogadar (ouest), proche de la frontière avec le Mali, jeudi dernier, la plus meurtrière que le pays ait connue, avec 89 soldats tués selon le bilan officiel.

Source : Sahel-Intelligence

 

 

Ghazouani invité au sommet de Brazzaville sur la crise libyenne

Ghazouani invité au sommet de Brazzaville sur la crise libyenneApanews - Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, est invité au sommet des pays membres du Comité de haut niveau sur la crise en Libye, a déclaré dimanche à Nouakchott, Jean Claude Gakosso, ministre congolais des Affaires étrangères.

Ce sommet devra se tenir le 25 janvier à Brazzaville, a précisé M. Gakosso qui venait de remettre au premier ministre mauritanien une invitation adressée au président Ghazouani de son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, président du Comité de haut niveau.

M. Nguesso invite ses pairs du Comité à se retrouver pour formuler des propositions de sortie de crise allant dans le sens d’une réconciliation des forces libyennes, des frères libyens, a expliqué le chef de la diplomatie congolaise.

Ce dernier a souligné qu’il ne saurait être envisagé d’aller à des élections générales tant qu’il n’y a pas l’apaisement, tant qu’il n’y a pas un minimum de réconciliation entre les Libyens.

Il a ajouté que la situation en Libye « est entrée dans un tournant très inquiétant », évoquant un très gros risque d’internationalisation du conflit dans ce pays.

« Le peuple libyen a déjà assez souffert, et l’Afrique doit parler d’une seule et même voix et se faire entendre dans le concert des Nations puisqu’il y a déjà un processus piloté par les Nations Unies représentées par M. Ghassam Salamé », a aussi plaidé l’émissaire congolais à Nouakchott.

M. Gakosso a rappelé le sommet prochain en Allemagne, considérant que l’Afrique, concernée au premier chef dès lors que la Libye est un pays africain et membre fondateur de l’Union Africaine, ne peut pas rester les bras croisés.

Source : Apanews

 

Sommet du G5 Sahel à Pau : Emmanuel Macron veut resserrer le front antijihadiste

Sommet du G5 Sahel à Pau : Emmanuel Macron veut resserrer le front antijihadisteFrance24 - Emmanuel Macron et ses homologues du G5 Sahel se réunissent lundi et mardi à Pau, dans le sud de la France. Les chefs d'État doivent évoquer la lutte contre le jihadisme au Sahel alors que la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. Jeudi dernier, l'armée nigérienne a perdu 89 soldats dans une attaque jihadiste.

Emmanuel Macron réunit les chefs d'États africains du G5 Sahel lundi 13 et mardi 14 janvier à Pau. Outre les présidents du Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie, le sommet accueillera le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, et le président du Conseil européen, Charles Michel.

Le choix de Pau est hautement symbolique. Sept des treize soldats français qui ont perdu la vie dans un accident d'hélicoptère au Mali, en novembre dernier, venaient du 5e régiment d'hélicoptères de combat de la ville. Une cérémonie pour leur rendre hommage sera organisée.

Sentiment antifrançais

Pour la France et ses partenaires, ce sommet sera l'occasion de s’accorder sur la stratégie, les moyens et les engagements pris par chacun dans la région du Sahel. La France agit dans la région avec l’opération Barkhane. Mais la présence des 4 500 soldats français soulève de nombreuses critiques sur le terrain, ce qui ne manque pas d’irriter Emmanuel Macron.

"Ces dernières semaines, le président français a critiqué ceux qui dénoncent la présence française. Il ne comprend pas ces critiques au sein de la population civile et de certains hommes politiques", explique Clovis Casali, envoyé spécial de France 24 à Pau. En lançant son invitation, Emmanuel Macron avait d'ailleurs averti qu'il mettrait toutes les options sur la table, y compris celle d'un retrait ou d'une baisse des effectifs de Barkhane.

Le sentiment antifrançais se développe en particulier au Mali, où un millier de personnes ont encore manifesté vendredi à Bamako pour réclamer le départ des troupes françaises et étrangères. Lundi, Paris veut avant tout obtenir une déclaration commune des cinq pays qui soulignera que la France agit à la demande de ses dirigeants, afin de "relégitimiser" sa présence, explique la présidence.

"Il faut tout d'abord obtenir des responsables politiques une position nette sur ce qu'ils souhaitent ou pas", a tranché samedi la ministre des Armées, Florence Parly. "La rencontre sera décisive, en ce qu'elle permettra de mettre sur la table toutes les questions, tous les griefs, toutes les solutions", avait jugé pour sa part le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, début janvier.

Appel aux Européens

Outre son volet politique, le sommet de Pau vise aussi à revoir la stratégie militaire contre les jihadistes dans cette zone aussi vaste que l'Europe et appeler à une participation accrue des alliés internationaux, surtout européens. Le président nigérien, Mahamadou Issoufou, entend ainsi lancer "un appel à la solidarité internationale" pour que le Sahel et la France ne soient pas seuls dans ce combat contre le "fléau" jihadiste.

La France est par ailleurs en train de mettre sur pied une opération baptisée "Tacouba", réunissant des forces spéciales d'une dizaine de pays européens. Paris espère que le sommet de Pau convaincra des Européens réticents, favorables à la lutte contre les jihadistes dans la région mais inquiets de voir la France critiquée.

Autre inquiétude, les hésitations des Américains, dont l'appui militaire dans la région est irremplaçable, explique l'Élysée. Car depuis l'attaque d'Inates, le sang ne cesse de couler dans cette zone sahélienne semi-désertique, devenue depuis 2012 le terrain d'action de plusieurs groupes jihadistes, pour certains affiliés à Al-Qaïda ou à l'organisation État islamique. Jeudi dernier, l'armée nigérienne a subi l’une de ses pires pertes dans une attaque jihadiste : 89 soldats tués, dans le camp de Chinégodar, près du Mali.

Le sommet lui-même, initialement prévu le 16 décembre, avait été reporté après une attaque jihadiste au camp d’Inates (Niger) ayant fait 71 morts. Selon l'ONU, plus de 4 000 personnes ont été tuées dans des attaques terroristes en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Le nombre des déplacés a décuplé, approchant le million.

Avec AFP
Source : France24

 

 

Au Mali, le sentiment antifrançais gagne du terrain

Manifestation anti-française à Bamako, le 10 janvier.L’hymne malien résonne sur la place de l’indépendance de Bamako, la capitale. La main droite sur le cœur, un homme brandit une pancarte proclamant « A bas la France ». Vendredi 10 janvier, le drapeau français brûle sous les cris de près de 1 000 personnes rassemblées à l’appel d’organisations de la société civile et de personnalités politiques pour demander le départ de l’opération « Barkhane » et des forces internationales de leur pays. Des manifestations qui se multiplient depuis quelques mois.

Alors que les présidents des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) sont attendus en France, à Pau, lundi 13 janvier, pour « éclaircir leur position » vis-à-vis de l’opération « Barkhane », le sentiment antifrançais gagne du terrain au Mali.

« Ce n’est pas contre le peuple français que nous sommes en colère, mais contre la politique de son Etat », insiste un technicien opposé à l’intervention de l’armée française dans son pays depuis 2013. Lui qui ne rate pas une manifestation et refuse de s’approvisionner dans les stations essence Total fustige la durée de l’opération « Barkhane » et son manque de résultats. « Comment voulez-vous que l’on comprenne que la cinquième puissance mondiale, avec tous les moyens techniques et technologiques à sa disposition, n’arrive pas à arrêter des bandits sur des motos ? », interroge-t-il.

Une pétition pour une intervention russe

De cette impatience est né le Groupe des patriotes du Mali (GPM). Ses membres n’ont pas oublié le 30 janvier 2013, quand l’armée française est entrée dans Kidal, ville du nord du Mali connue pour être le fief des rebelles, « et qu’ils ont empêché les soldats maliens de les suivre », ajoute Seydou Sidibé, du GPM. Aujourd’hui en première ligne dans l’organisation des manifestations, ils sont également à l’origine d’une pétition réclamant une intervention russe signée, selon eux, par 8 millions de Maliens. Selon un sondage publié mercredi 11 décembre 2019 par le site Maliweb, une aide russe « pour sortir définitivement de la crise » aurait la faveur de 89,4 % de la population, et 80 % aurait une opinion défavorable de la France. Pourtant, cette enquête a été uniquement réalisée « dans le district de Bamako »

Pour l’heure, le ressentiment contre l’ancienne puissance coloniale fait plus de bruit que de mal. Les manifestants se présentent en général par dizaines, tout au plus par centaines dans les cortèges à Kati, Kayes, ou autour du rond-point de l’Indépendance de Bamako.

Selon Baba Dakono, chercheur au sein de l’Institut de recherche et de sécurité, l’impopularité française doit être relativisée. « On entend de plus en plus de gens contre l’intervention française ou contre l’intervention étrangère tout court, convient-il dans un entretien avec le média malien Studio Tamani. Des voix très audibles, qui donnent l’impression qu’il s’agit d’une opinion majoritaire. Mais lorsque l’on se rapproche des théâtres d’opération, les gens vous diront qu’il y a des choses à améliorer mais que sans eux, les choses seraient pires. »

Grogne multifactorielle

La critique portée par une partie de la population est « légitime », selon un diplomate européen en poste à Bamako. La grogne est multifactorielle, avance-t-il, et résulte notamment « de l’écart perçu entre l’évolution de la situation et l’ampleur des moyens consacrés par la communauté internationale ». Un manque de compréhension qui réveille les démons de la colonisation chez certains et que d’autres n’hésitent pas à utiliser pour diffuser de « fausses informations » d’après le diplomate. Ainsi le chanteur Salif Keïta accusait-il la France de soutenir le terrorisme, dans une vidéo publiée le 14 novembre 2019.

Si certains se mobilisent pour dénoncer les méfaits présumés de l’intervention française, à l’image du GPM, le bruit court à Bamako que les manifestations sont le résultat d’une instrumentalisation. C’est ce qu’affirme Mamadou Sinsy Coulibaly, patron du Conseil national du patronat du Mali. Connu dans le pays pour son engagement contre la corruption et son franc-parler, il affirme qu’une petite frange de la société malienne opposée à la présence française est « manipulée par ceux qui ont échoué à résoudre la crise dans le monde politique, et qui souhaitent maintenant remettre sur d’autres la faute. De l’argent est viré à des leaders d’opinion pour l’organisation de marches et la galvanisation du sentiment antifrançais ».

Un argument qui rappelle les propos d’Emmanuel Macron, le 4 décembre 2019, depuis le Royaume-Uni. « Je ne peux, ni ne veux, avoir des soldats français sur quelque sol du Sahel que ce soit, alors même que l’ambiguïté persiste à l’égard de mouvements antifrançais, parfois portée par des responsables politiques », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse. Soucieux de calmer le jeu, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a exprimé sa « gratitude » envers les forces internationales, lors de ses vœux à la nation, le 31 décembre, et appelé à ne pas confondre les Maliens avec « une minorité d’activistes, de francs-tireurs ou de forces centrifuges qui cherchent à faire feu de tout bois, y compris le jeu des terroristes ».

Source : lemonde.fr

 

Tunisie : le gouvernement de Habib Jemli rejeté par le Parlement

Tunisie : le gouvernement de Habib Jemli rejeté par le ParlementLe Monde - Les députés tunisiens ont refusé, vendredi 10 janvier soir, la confiance au gouvernement proposé par le candidat du parti d’inspiration islamiste Ennahda, Habib Jemli, relançant les laborieuses négociations pour trouver un cabinet, trois mois après les élections législatives.

Au terme d’une longue journée de débats, et de négociations jusqu’à la dernière minute dans les couloirs du Parlement, seuls 72 députés sur 219 ont approuvé le gouvernement, très loin de la majorité requise de 109 voix.

Il revient désormais au président Kaïs Saïed, un universitaire farouchement indépendant et très critique du système parlementaire, de désigner un autre futur premier ministre susceptible de convaincre les députés.

Selon la Constitution, M. Saïed a un délai de dix jours pour engager des consultations afin de trouver « la personnalité jugée la plus apte de former un gouvernement dans un délai maximum d’un mois ».

Constat d’échec pour Ennahdha

Ce vote est un constat d’échec pour Ennahda, qui a été directement ou indirectement au pouvoir une bonne partie des neuf dernières années, et ce rebondissement risque de retarder les réformes attendues pour relancer une économie en berne.

Le Parlement issu du scrutin législatif du 6 octobre, est composé d’une multitude de partis antagonistes. Ennahda ne détient que 54 sièges sur 217, bien qu’il en soit le principal parti, et les négociations laborieuses entre les partis pour former une coalition gouvernementale avaient échoué.

Habib Jemli, choisi le 15 novembre par Ennahda pour former le gouvernement, avait donc décidé de constituer un cabinet de personnalités « indépendantes », choisies « sur la base de la compétence, l’intégrité (…) et leur capacité à la concrétisation ». Mais le gouvernement fourni et disparate qu’il a dévoilé le 2 janvier a rapidement été critiqué comme n’étant ni clairement partisan, ni réellement indépendant.

Illustrant les difficultés pour la classe politique divisée à constituer un gouvernement fort et consensuel, Ennahda avait admis jeudi soir avoir des « réserves » concernant l’équipe présentée par son candidat.

Pas d’alliés naturels pour le président Saïed

L’élue anti-islamiste Abir Moussi avait de son côté asséné : « Nous n’allons pas accorder notre confiance à un gouvernement d’Ennahda et des Frères musulmans. » Et d’autres députés mettaient en cause la compétence de certains ministres.

Qalb Tounes, deuxième force au Parlement avec 38 sièges et parti du patron de télévision Nabil Karoui – candidat battu à l’élection présidentielle – a déploré le manque d’indépendance et de programme du cabinet proposé. Des observateurs et membres de la société civile avaient fustigé la nomination de magistrats considérés comme pro-Ennahda à la tête des ministères régaliens, tels que la justice et l’intérieur.

Le président Saïed, très largement élu en octobre, n’a pas d’allié naturel dans l’hémicycle, et peu de choses laissent imaginer les alliances envisageables pour constituer une nouvelle coalition gouvernementale. Peu après le vote, des députés assurant représenter plusieurs blocs importants, dont Qalb Tounes, ont annoncé avoir constitué un front qu’ils présenteraient au président dans l’espoir que ce dernier leur confie la tâche de constituer le prochain exécutif.

Dissolution de l’Assemblée possible

Si le candidat choisi par M. Saïed échouait à son tour à former un gouvernement, l’heure serait alors à la dissolution de l’Assemblée, au risque de retarder encore les mesures nécessaires pour juguler l’inflation et le chômage pesant sur les ménages tunisiens.

Tunis a contracté en 2016 auprès du Fonds monétaire international (FMI) un programme prévoyant 2,6 milliards d’euros en contrepartie de vastes réformes, dont certaines sont contestées. Mais en raison de retards accumulés, le pays n’a touché jusque-là que 1,4 milliard d’euros sur ces prêts, alors que le programme s’achève en avril et que les premiers remboursements sont dus en novembre cette année.

A l’approche du neuvième anniversaire mardi de la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali, des mobilisations ont eu lieu notamment dans des zones marginalisées de l’intérieur du pays. Et la puissante centrale syndicale UGTT prévoit une manifestation mardi à Tunis.

Le Monde avec AFP
Source : Le Monde (France)

 

Togo : dix candidats confirmés pour la conquête du fauteuil présidentiel

Lors d'une séance de dépouillement des votes, à Lomé, au Togo, en 2015 (photo d'illustration).Dix candidats à l’élection présidentielle ont été confirmés à la Ceni lors de la clôture du dépôt de candidatures, le 8 janvier à minuit. Neuf personnalités politiques, indépendantes ou issues de partis de l’opposition, affronteront le président sortant, Faure Gnassingbé, le 22 février prochain.

Alors que 24 formulaires de candidatures à l’élection présidentielle du 22 février prochain ont été retirés à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), seuls dix d’entre eux ont finalement été retournés à la date de clôture des dépôts, ce mercredi 8 janvier à minuit.

Parmi les aspirants à la magistrature suprême figurent de grands noms comme Faure Gnassingbé, président sortant et candidat de l’Union pour la République (Unir), Jean-Pierre Fabre, ancien chef de file de l’opposition (ANC), et Agbéyomé Kodjo, le candidat de la coalition des forces démocratiques.

Pour Innocent Kagbara (40 ans), candidat du Parti démocratique panafricain (PDP), « le processus est irréversible ». « Je serai le prochain président car seul un centriste pourra assurer l’alternance de manière pacifique au Togo », proclame-t-il. De son côté, Kpétigo Afiwa, dernière candidate à se faire enregistrer en tant qu’indépendante et probablement seule femme en lice, veut briser le signe indien en devenant la première présidente du Togo.

Selon nos informations, Aubin Thon (Nouvelle Vision, indépendant), Wolou Komi (Pacte socialiste pour le Renouveau, PSR), Tchassona Traoré (MCD) et Aimé Gogué (ADDI) seront eux aussi candidats à l’élection présidentielle.

« Manque de transparence »

Si Kpétigo Afiwa a déposé son dossier sans obstacle, son collègue Kondo, également indépendant n’a pas franchi ce cap pour manque de pièce de caution fixée à 20 millions de francs CFA (environ 30 500 euros). « Je ne compte pas en rester là. Je vais introduire devant la Cour constitutionnelle une réclamation pour une diligence », a-t-il confié.

Gerry Taama, pourtant investi, s’est pour sa part désisté 24 heures avant la clôture, pointant du doigt l’impréparation des partis de l’opposition et la « modicité des intentions » du Nouvel engagement togolais (NET), son parti, qui visait un score de 10 à 15 %. « Score louable, certes, mais insuffisant pour réaliser l’alternance sans un apport conséquent des autres formations politiques de l’opposition », explique Vincent Améganvi, le secrétaire général.

Les absents au prochain scrutin restent le Comité d’action pour le renouveau (CAR), fondé par l’ancien Premier ministre Yaovi Agboyibo, qui avait déjà boycotté le scrutin de 2015, dénonçant le « manque de transparence ». L’Union des forces du changement (UFC), fondé par Gilchrist Olympio, fils du premier président  Sylvanus Olympio, n’a pour sa part pas présenté de candidat, promettant toutefois de donner de consignes de vote.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Libye: devant l’ONU, Ghassan Salamé dénonce toujours les ingérences étrangères

Libye: devant l’ONU, Ghassan Salamé dénonce toujours les ingérences étrangèresRFI Afrique - Alors que la Turquie envoie des hommes et des drones soutenir en Libye le gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj, le représentant du secrétaire général des Nations Unies pour la Libye Ghassan Salamé de passage à New York a à nouveau pointé du doigt tous les pays étrangers qui s’intercalent dans le conflit.

Ghassan Salamé a presque réussi à rester calme, ce lundi, à l’ONU, mais il avait l’air las, et fatigué. L’envoyé spécial du secrétaire général pour la Libye a pris son poste à l’été 2017, avec pour mission de réconcilier le pays, et de lui redonner un État solide. Mais voilà, avec l’envoi de troupes turques en renfort du GNA, le gouvernement d’union nationale, le conflit libyen s’internationalise.

À son dernier passage à New York, il y a quelques mois, Ghassan Salamé avait déjà mis en garde les pays étrangers qui violent l’embargo sur les armes décidé en 2011, y compris des pays qui siègent au Conseil de sécurité. Il les avait suppliés de ne plus se mêler du conflit.
Ce lundi, Ghassan Salamé s’est montré encore une fois très sévère à l'égard du Conseil de sécurité, incapable de s'entendre depuis avril sur une résolution réclamant un cessez-le-feu en Libye.

« Restez hors de Libye ! Le pays souffre de toutes ces interventions étrangères, souffre d’armes vendues, données à la Libye, souffre d’interventions militaires étrangères qui cherchent à installer des bases dans le pays. Toutes ces interventions étrangères rendent les choses vraiment difficiles. Ce que je demande au Conseil de sécurité, et à ces pays, est très clair : restez hors de la Libye ! Il y a assez d’armes dans le pays, ils n’en ont pas besoin de plus. Il y a assez de mercenaires. Donc, arrêtez d’en envoyer, comme c’est le cas actuellement », a-t-il déclaré légèrement en colère devant la presse hier, expliquant que l’ingérence étrangère ne faisait qu’empirer la situation.

Alors que les diplomates onusiens attendent avec impatience la confirmation de la tenue d’une conférence internationale sur la Libye en Allemagne d’ici fin janvier, Ghassan Salamé a confié qu’Angela Merkel pourrait décider de sa tenue avec Vladimir Poutine, qu’elle rencontre samedi.

■ Le président congolais plaide pour l'Afrique ait l'initiative

À l’occasion des vœux du corps diplomatique, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a plaidé, pour que l’Union africaine soit au cœur de toute initiative visant à résoudre la crise libyenne. Le président congolais, également président du comité de haut niveau de l’Union africaine (UA) sur la Libye, a fait savoir que l’un des objectifs de l’UA en 2020 était de faire taire les armes en Afrique et en Libye singulièrement.

Pour lui, toute initiative visant à faire taire ces armes venues d’ailleurs et n’associant pas l’Afrique était vouée à l’échec, allusion faite sans nul doute à la démarche de la Turquie qui veut envoyer des troupes en terre libyenne. « La Libye est un pays africain et les victimes du conflit libyen sont essentiellement en Afrique. Dès lors, toute stratégie de règlement de la crise libyenne tendant à marginaliser le continent africain pourrait se révéler complètement inefficace et contre-productive », a laissé entendre le chef de l’État congolais.

Les déclarations du président congolais sont soutenues par des diplomates africains. C’est le cas de Christophe Muzungu, ambassadeur de la République démocratique du Congo (RDC) en poste à Brazzaville. « Vous savez, on ne peut pas régler le problème d’une maison sans les propriétaires de la maison. C’est impossible », a lâché M. Muzungu.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten
Source : RFI Afrique

 

Algérie : le « Hirak » reprend la rue au lendemain des libérations de détenus

Des Algériens manifestent contre le gouvernement à Ager, le 3 janvier 2020.Une foule importante a défilé sans incident à Alger pour le 46e vendredi consécutif, au lendemain de la libération surprise de nombreux contestataires et de la formation d’un nouveau gouvernement, conspué par les manifestants.

Impossible à évaluer précisément en l’absence de comptage officiel, la mobilisation a semblé, selon un journaliste de l’AFP, plus importante que les deux vendredis précédents, lors desquels elle avait marqué le pas, après l’entrée en fonction du nouveau président Abdelmadjid Tebboune, élu le 12 décembre lors d’un scrutin auquel s’était farouchement opposé la contestation.

Le cortège s’est étiré dans plusieurs rues du coeur d’Alger, épicentre du « Hirak », le « mouvement » populaire de contestation du régime né le 22 février et qui a arraché en avril la démission du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans.

Des manifestations se sont également déroulées dans plusieurs autres villes du pays, selon le site d’information TSA (Tout sur l’Algérie).

À Alger, les manifestants sont néanmoins apparus moins nombreux que lors des mobilisations exceptionnelles des semaines avant la présidentielle.

« Notre marche est pacifique, nos revendications sont légitimes », ont-ils scandé, continuant de réclamer l’instauration d’une « période de transition » pour démanteler le « système » au pouvoir en Algérie depuis son indépendance en 1962.

Libérations surprises

Plusieurs militants emprisonnés, sortis de prison jeudi à la faveur d’une vague surprise de libérations ordonnées par les tribunaux à travers le pays, ont pris part à la marche algéroise, selon des images relayées sur les réseaux sociaux.

Selon la télévision nationale, 76 personnes incarcérées dans le cadre du « Hirak » –en attente de procès ou déjà condamnées– ont été remises en liberté jeudi, majoritairement à Alger.

Réclamée en vain depuis des mois par la contestation, cette mesure, interprétée comme un geste d’apaisement, a précédé l’annonce dans la soirée du premier gouvernement du nouveau président, deux semaines jour pour jour après son entrée en fonctions.

Elu sur fond d’abstention record, lors d’un scrutin considéré par la contestation comme une manoeuvre du « système » pour se régénérer, M. Tebboune a, au soir de sa victoire électorale, tendu la main au « Hirak », mouvement sans structure formelle, l’invitant à « un dialogue pour bâtir une Algérie nouvelle ».

à lire Nouveau gouvernement en Algérie : un tiers de ministres étaient en poste sous Bouteflika

Dévoilée jeudi soir, la composition de son premier gouvernement est cependant loin du renouvellement de génération promis. Ni cette annonce ni la libération des détenus n’ont entamé la détermination des manifestants à Alger.

« On n’accepte pas ce gouvernement, il est illégitime comme le président qui l’a nommé, c’est un prolongement de l’ère Bouteflika », s’est insurgé Mohand Areazki, 55 ans.

Narimene, 27 ans, espérait « un gouvernement de jeunes, comme promis par le président ». « Et voilà que nous retrouvons des anciennes figures du +système+ (…) On prend les mêmes et on recommence: pas de changement, le Hirak continue », affirme-t-elle.

« Petit à petit »

Plus d’un tiers (11) des 28 ministres de plein exercice du nouveau gouvernement appartenaient à l’équipe sortante, nommée par le président Abdelaziz Bouteflika le 31 mars, deux jours avant sa démission, ou ont déjà été ministres durant ses 20 ans de présidence.

« Il y a des signaux favorables comme la libération des détenus, bien qu’ils n’auraient jamais dû être en prison », admet Aymen, 37 ans, « et quelques membres du gouvernement sont vraiment bien » comme le ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali Braham, un économiste qui a « critiqué les politiques de Bouteflika ».

« Mais le Hirak doit continuer à faire pression pour arriver à changer le système », assure-t-il.

Dix jours après les funérailles, dignes d’un chef d’Etat, du puissant général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée vu comme par la contestation comme le « gardien » intransigeant du « système », les manifestants ont à nouveau réclamé la fin de la mainmise qu’exerce la haute hiérarchie militaire sur le pouvoir algérien depuis l’indépendance.

« Un État civil, pas militaire » ont, comme chaque vendredi, scandé les manifestants. « Petit à petit, on évincera les militaires d’El Mouradia », siège du Palais présidentiel, ont-ils assuré.

Incarnant ouvertement le pouvoir après la démission de M. Bouteflika et jusqu’à son décès le 23 décembre, le général Gaïd Salah avait refusé tout geste en faveur du Hirak, notamment la libération des détenus, arrêtés par centaines à la faveur d’une répression dont il était à l’origine.

Source : jeuneafrique.com

 

Nouveau gouvernement en Algérie : un tiers de ministres étaient en poste sous Bouteflika

Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, le 19 décembre 2019.Le nouveau président algérien Abdelmadjid Tebboune a nommé jeudi soir, deux semaines exactement après avoir pris ses fonctions, son premier gouvernement, composé de 39 membres. Onze des 28 ministres de la nouvelle équipe ont déjà été membres de l’exécutif sous Bouteflika.

C’est une première, la composition du gouvernement étant généralement rendue publique par un communiqué officiel du porte-parole de la présidence qui en a donné la composition à la télévision nationale. Le 28 décembre, Abdelmadjid Tebboune avait nommé Premier ministre Abdelaziz Djerad, un universitaire de 65 ans, ancien secrétaire général de la présidence (1993-1995) puis du ministère des Affaires étrangères (2001-2003), et l’avait chargé de constituer un gouvernement.

Un tiers d’anciens ministres

Plus d’un tiers (onze) des 28 ministres de plein exercice nommés jeudi l’étaient déjà dans le gouvernement sortant ou dans une des équipes gouvernementales des 20 ans de présidence d’Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril sous la pression d’un mouvement (« Hirak ») de contestation inédit. On est donc loin du renouvellement exigé par ce « Hirak » qui réclame le démantèlement du « système » dirigeant l’Algérie depuis son indépendance en 1962.

Le président Tebboune, 74 ans, fut longtemps lui-même ministre de Bouteflika, qui en fit son Premier ministre en mai 2017 avant de le limoger moins de trois mois plus tard. En prenant ses fonctions, il avait tendu la main au « Hirak », né le 22 février pour fonder une « nouvelle République ».

Sabri Boukadoum conserve ainsi le portefeuille des Affaires étrangères, dont il était déjà le titulaire dans le gouvernement de Noureddine Bedoui, nommé le 31 mars par le président Bouteflika, deux jours avant sa démission.

Kamel Beldjoud, le ministre de l’Habitat dans le gouvernement Bedoui, devient ministre de l’Intérieur, poste dont il assurait l’intérim depuis le limogeage le 19 décembre de son titulaire Salah Eddine Dahmoune, coupable d’avoir traité les manifestants du « Hirak » de « traîtres, mercenaires, homosexuels ».

Belkacem Zeghmati, déjà ministre de la Justice du gouvernement Bedoui, conserve lui aussi son portefeuille, de même que Mohamed Arkab à l’Énergie, Chérif Omari à l’Agriculture et Youcef Belmehdi aux Affaires religieuses.

Tayeb Zitouni conserve quant à lui son portefeuille de ministre des Moudjahidines (anciens combattants) qu’il occupe sans interruption depuis 2017.

Abderrahmane Raouya redevient ministre des Finances, poste qu’il avait déjà occupé entre 2017 et fin mars 2019 sous la présidence Bouteflika, dans le gouvernement du Premier ministre Ahmed Ouyahia, sacrifié pour tenter – en vain – de calmer la contestation.

Fidèle du président déchu, Ouyahia a été condamné en décembre à 15 ans d’emprisonnement pour des malversations, dans le cadre de vastes enquêtes sur des faits de corruption visant d’anciens hauts responsables et de puissants hommes d’affaires, proches de l’entourage de Bouteflika.

Pas de vice-ministre de la Défense

Au moins trois autres ministres – Farouk Chiali (Travaux publics), Sid Ahmed Ferroukhi (Pêche), Hassane Mermouri (Tourisme) – retrouvent des postes ministériels qu’ils ont également déjà occupés sous la présidence de Bouteflika.

Parmi les 28 autres ministres de plein exercice, plusieurs hauts fonctionnaires prennent la tête du ministère dans lequel ils officiaient. Et plusieurs portefeuilles sont attribuées à des personnalités de la société civile (universitaires, économistes, ingénieur, médecin…).

à lire Algérie : Saïd Chengriha, « l’oligarque militaire » qui succède à Ahmed Gaïd Salah à la tête de l’armée

Principale fait notable, le gouvernement ne compte pas de vice-ministre de la Défense, poste qu’occupait depuis 2013 et jusqu’à son décès le 23 décembre, le puissant chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah. Le président de la République est traditionnellement ministre de la Défense en titre en Algérie.

Il n’a pas non plus de ministre de l’Économie, alors que l’Algérie souffre de sa dépendance au pétrole, dont la faiblesse durable des prix grève son budget et assèche ses réserves de change.

Seule concession apparente à la jeunesse – en pointe du « Hirak » dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 30 ans – , est créé un « ministère de la micro-entreprise, des start-up et de l’Économie de la connaissance » et deux ministères délégués, l’un chargé des incubateurs, l’autre des start-up.

Le gouvernement compte sept ministres délégués et quatre secrétaires d’Etat. Il comprend également cinq femmes, a dit à la presse le porte-parole de la présidence Belaïd Mohand Oussaïd. Le premier Conseil des ministres se réunira dimanche, a-t-il ajouté, cité par l’agence de presse APS.

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie : Ennahdha se taille la part du lion dans le nouveau gouvernement

Le président Kaïs Saïed (à droite) recevant le Premier ministre Habib Jemli, le 15 novembre à Tunis (image d'illustration).Le chef du gouvernement Habib Jemli a annoncé le 2 janvier la composition de son équipe, mettant fin à un suspense de plusieurs semaines. Contrairement à ce qu’il avait annoncé fin décembre, les membres de son exécutif ne sont pas tous des technocrates indépendants.

Quarante-deux jours après avoir été chargé de former le gouvernement, Habib Jemli a rendu sa copie au président de la République, Kaïs Saied. Il lui reste à obtenir l’aval de l’Assemblée pour que son équipe devienne opérationnelle. Le nouveau chef du gouvernement met ainsi fin à des semaines de palabres, de rebondissements et de négociations avec les partis qui l’avaient conduit à annoncer, le 24 décembre, qu’il constituerait un exécutif de compétences non partisanes. Une manœuvre difficile, voire impossible.

Désigné par Ennahdha, parti majoritaire à l’Assemblée avec seulement 52 sièges, Habib Jemli pouvait difficilement faire cavalier seul et ne pas prendre en compte les conditions imposées par la formation menée par Rached Ghannouchi, notamment sur l’attribution des ministères de souveraineté. Mais il a surtout été confronté aux rivalités partisanes et aux exigences des partis qui, en échange de leur soutien au gouvernement, exigeaient certains portefeuilles mais l’exclusion de leur rivaux. De quoi rendre complexe un accord pour un gouvernement tant il a été difficile de parvenir à un équilibre sur fond de paysage parlementaire morcelé.

Certains partis, dont le Courant démocratique et El Chaab, poussaient à constituer « un gouvernement du président », soit un exécutif de soutien à Kaïs Saied. D’autres formations voulaient pour leur part qu’Ennahdha, impliquée dans le pouvoir depuis 2012, gouverne seule afin qu’elle endosse ses responsabilités. Des souhaits non convergents et souvent incompatibles avec les priorités d’un pays qui périclite avec un conflit à ses frontières.

Dissensions au sein du gouvernement

Le nouveau gouvernement, composé de 42 portefeuilles, dont 14 secrétaires d’État, illustre ces multiples dissensions. Malgré toutes les affirmations de Habib Jemli, les ministres ne sont pas tous des indépendants.

Comme attendu, Ennahdha s’accapare pour des ministères de l’Intérieur et de la Justice. Le premier échoit au porte-parole Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, Sofiene Selliti. Proche des islamistes, cet ancien premier substitut du procureur de la République a souvent été confronté aux avocats du collectif de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Le second est obtenu par le magistrat Hédi Ghediri, ancien premier président de la Cour de cassation. Quant à Abdellatif Missaoui, juge et ancien gouverneur de Ben Arous, il aura la charge des domaines de l’État.

Après avoir écarté le Courant démocratique et El Chaab, Ennahdha trouve un soutien auprès de Qalb Tounes. Sans être encarté, Fadhel Abdelkefi, qui retrouve le ministère du Développement et de la Coopération internationale, est l’un des atouts du parti de Nabil Karoui.

Après concertation avec le président de la République, conformément à la Constitution, le diplomate de carrière Khaled Shili prend en charge les Affaires étrangères, tandis que la Défense revient à Imed Dérouiche.

Seulement quatre femmes ministres

Contrairement à ce qu’il avait avancé, Habib Jemli n’a pas octroyé à des pointures connues venues de l’étranger ni 40 % des postes à des femmes. Loin s’en faut, elles ne sont que quatre ministres et six secrétaires d’État. Une déception pour ceux qui avaient espérer que ce gouvernement tant attendu impulse une dynamique nouvelle. Mais le choix de Habib Jemli a été surtout dicté par sa volonté de mettre en place une gouvernance différente plutôt que de s’attaquer à une refonte du gouvernement organisé autour de pôles d’activité. Cette liste tant attendue sera soumise au vote de confiance de l’Assemblée : un test qui en dira long sur l’audience de Habib Jemli.


Composition du gouvernement de Habib Jemli

Ministre de la Justice : Hédi Guediri

Ministre de la Défense : Imed Dérouiche

Ministre de l’Intérieur : Sofien Selliti

Ministre des Affaires étrangères : Khaled Shili

Ministre des Affaires religieuses : Rachid Tabbakh

Ministre des Finances : Abderrahmane Khachtali

Ministre du Développement et de la Coopération : Fadhel Abdelkefi

Ministre de l’Industrie et de l’Energie : Mongi Marzouk

Ministre du Commerce : Béchir Zaâfouri

Ministre de l’Environnement : Noureddine Selmi

Ministre de l’Education : Kamel Hajjem

Ministre de l’Enseignement supérieur : Slim Chouri

Ministre de l’Agriculture : Hassan Chourabi

Ministre de l’Equipement : Raoudha Jabbari Arbi

Ministre de la Santé : Mustapha Ferjani

Ministre des Affaires sociales : Saïed Blel

Ministre du Tourisme : René Trabelsi

Ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi : Hassine Ben Saïed Debbech

Ministre des Technologies : Sami Samoui

Ministre du Transport : Jamel Gamra

Ministre des Domaines de l’Etat : Abdellatif Missaoui

Ministre de la Culture : Fathi Haddaoui

Ministre des Sports : Tarak Dhieb

Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance : Nabiha Bessrour

Ministre de la Fonction publique, de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption : Chiraz Tlili

Ministre chargé des Affaires économiques : Ali Chebbi

Ministre chargé de l’évaluation du rendement du gouvernement : Hédi Bchir

Ministre chargé des relations avec le parlement : Lobna Jribi

Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères chargé de la diplomatie économique et des Tunisiens à l’étranger : Sana Skhiri

Secrétaire d’État auprès du ministre des Finances : Abdessalem Abbassi

Secrétaire d’État auprès du ministre de la Coopération chargé du développement et de la coopération internationale : Noureddine Kaâbi

Secrétaire d’État auprès du ministre du Commerce chargé du commerce intérieur : Faten Belhédi

Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie chargé des PME : Abdelmajid Ben Amara

Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie chargé des énergies renouvelables : Mohamed Ammar

Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Environnement : Riadh Dabbou

Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture : Mohamed Ali Ben Abdallah

Secrétaire d’État auprès du ministre de la Santé : Maha Aissaoui

Secrétaire d’État des Affaires sociales : Mohamed Chiha

Secrétaire d’État auprès du ministre des Sports chargé de la jeunesse : Fathi Bayyar

Secrétaire d’État auprès du ministre chargé des sports : Sihem Ayadi

Secrétaire d’État auprès du ministre du Tourisme chargé de l’artisanat : Najet Nefzi

Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Enseignement supérieur : Kaouther Saïed

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : Lakhdar Bouregaâ, figure de la contestation, a été libéré

Le moudjahid Lakhdar Bouregâa.Vétéran respecté de la Guerre d’indépendance et figure du mouvement populaire de contestation en cours en Algérie, Lakhdar Bouregaâ, 86 ans, a été remis en liberté jeudi après six mois de détention provisoire.

« Son procès, qui devait s’ouvrir ce jeudi matin a été reporté et le juge a décidé de le libérer », a expliqué son avocat maître Abdelghani Badi. Il a précisé que Lakhdar Bouregaâ, qui a été opéré d’urgence d’une hernie durant sa détention en novembre, comparaîtrait libre lors de son procès, renvoyé au 12 mars.

Symbole du « Hirak »

Haut responsable militaire de l’Armée de libération nationale (ALN) durant la guerre contre le pouvoir colonial français (1954-1962), Lakhdar Bouregaâ est inculpé d’« outrage à corps constitué » et « de participation à une entreprise de démoralisation de l’armée ayant pour objet de nuire à la Défense nationale ».

L’arrestation à son domicile puis son placement en détention préventive, le 30 juin, ont suscité l’indignation en Algérie, notamment dans les rangs du mouvement « Hirak  » de contestation du régime né le 22 février, aux manifestations hebdomadaires duquel il participait régulièrement.

Son portrait était depuis brandi dans les cortèges et il était le symbole de tous les « détenus politiques et d’opinion » incarcérés depuis juin en lien avec le « Hirak ».

180 manifestants en détention provisoire

Lakhdar Bouregaâ avait été arrêté après avoir sévèrement critiqué le puissant chef d’état-major de l’armée de l’époque, le général Ahmed Gaïd Salah, qui apparaissait alors comme l’homme fort de l’Algérie depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika, sous la pression du « Hirak ».

Depuis le début de ces mouvements de contestations en Algérie, quelque 180 manifestants, militants ou journalistes ont été placés en détention provisoire, essentiellement pour avoir brandi des drapeaux berbères ou pour des écrits sur les réseaux sociaux, et certains condamnés.

Quelques-uns ont été acquittés, parfois après quelques mois de détention préventive. Une trentaine d’autres, condamnés pour « atteinte à l’intégrité du territoire », ont été successivement libérés ces derniers jours après avoir intégralement purgé leur peine de six mois de prison ferme. Environ 140 personnes restent incarcérés, condamnées ou en attente de jugement.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : des milliers d’étudiants défient le nouveau président

Des opposants à l'élection présidentielle défilant dans les rues d'Alger, vendredi 6 décembre 2019 (image d'illustration).Environ 2 000 étudiants, enseignants et citoyens ont à nouveau manifesté mardi 31 décembre à Alger contre le régime, réaffirmant leur rejet de l’offre de dialogue faite par le nouveau président Abdelmadjid Tebboune.

« Nous n’avons pas voté. Ils ont ramené Tebboune, qui ne nous gouvernera pas », ont scandé les manifestants qui ont défilé sur deux kilomètres sans incident dans les rues du centre de la capitale.

Ancien Premier ministre du président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission en avril par le mouvement de contestation inédit qui agite l’Algérie depuis près de dix mois, Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, a été élu le 12 décembre.

Refus de tout dialogue

Les manifestants ont également réaffirmé leur rejet de l’offre de dialogue du nouveau président, qui, au lendemain de sa victoire, a « tendu la main au Hirak », l’invitant au « dialogue afin de bâtir une Algérie nouvelle ».

« Comment accepter de dialoguer au moment où des innocents croupissent en prison », ont crié les manifestants qui brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « liberté pour les détenus d’opinion ».

Une trentaine de manifestants et militants arrêtés au début de l’été pour avoir brandi un drapeau berbère ont été libérés depuis une semaine, à l’issue de leur peine de six mois d’emprisonnement, assortie pour partie du sursis pour certains d’entre eux.

« Un État civil et non militaire »

Mais, environ 140 manifestants, militants ou journalistes, arrêtés dans le cadre du « Hirak », notamment pour des écrits sur les réseaux sociaux ou pour le port de l’emblème amazigh, sont toujours incarcérés, en détention provisoire ou condamnés à des peines d’emprisonnement.

« Nous continuerons à descendre dans la rue jusqu’à la libération de tous les détenus du Hirak », a déclaré Sara, 21 ans, étudiante en génétique à Alger.

La foule a également scandé des slogans visant le haut commandement militaire. « Un État civil et non militaire » et « Les généraux à la poubelle et l’Algérie aura son indépendance », ont notamment crié les manifestants.

Source : jeuneafrique.com

 

Un tribunal angolais ordonne la saisie des biens d'Isabel dos Santos

Un tribunal angolais ordonne la saisie des biens d'Isabel dos SantosBBC Afrique - Un tribunal angolais a ordonné la saisie des actifs et des comptes bancaires d'Isabel Dos Santos, la fille milliardaire de l'ex-président José Eduardo dos Santos.

Cette saisie semble faire partie d'une campagne de lutte contre la corruption menée par le gouvernement actuel dans un pays riche en pétrole, l'Angola.

Le tribunal a ordonné le gel des comptes bancaires angolais de Mme Dos Santos et la saisie de ses participations dans des sociétés locales, notamment le géant des télécommunications Unitel et la banque Fomento de Angola (BFA), a rapporté l'agence de presse publique.

L'administration du président, Joao Lourenço, cherche à recouvrer 1 milliard de dollars US (760 millions de livres sterling) que lui doit Isabel dos Santos et ses associés. Elle a nié à plusieurs reprises être auteur de malversations durant le mandat de son père.

Qui est Isabel Dos Santos?

Isabel Dos Santos est souvent décrite comme la femme la plus riche d'Afrique. Le magazine Forbes estime sa fortune à 2,2 milliards de dollars.

Âgée de 46 ans, elle vit à l'étranger et déclare qu'elle a quitté l'Angola parce que sa vie était menacée.

Elle dirige un énorme empire commercial avec des participations dans des sociétés en Angola et au Portugal, où elle a des parts dans la société de télévision par câble Nos SGPS.

Dans un tweet, Mme Dos Santos n'a pas fait directement référence à l'ordonnance du tribunal, mais a déclaré que "la route est longue, la vérité prévaudra".

Mme Dos Santos a acquis une grande notoriété publique en 2016, lorsque son père l'a nommée de façon controversée à la tête de la société pétrolière publique angolaise Sonangol.

Elle a été licenciée de ce poste en 2017 par M. Lourenço, le successeur de son père.

Son frère poursuivi en justice

Son frère, José Filomeno dos Santos, est jugé en Angola pour corruption.

L'accusation soutient que lui et ses co-accusés ont aidé à faire sortir 500 millions de dollars du pays alors qu'il était à la tête du Fonds souverain de l'Angola. Ils ont plaidé non coupable.

L'ordonnance du tribunal a été lue à la télévision d'État - un geste puissant dans un pays où, pendant des décennies, la famille Dos Santos semblait intouchable.

Il y a deux ans, en 2017, M. Dos Santos s'est retiré après 38 ans au pouvoir. Et à la surprise de beaucoup, son successeur s'est retourné contre la famille, promettant une grande répression de la corruption.

Depuis lors, des milliards de dollars de biens volés ont été récupérés à l'étranger.

Source : BBC Afrique

 

 

Algérie : le président nomme Abdelaziz Djerad au poste de Premier ministre

 

Le nouveau Premier ministre Abdelaziz Djerad.Le nouveau Premier ministre Abdelaziz Djerad, un universitaire ayant une solide connaissance des rouages de l’État, a dit vouloir regagner la « confiance » du peuple algérien samedi, peu après sa nomination, sur fond de contestation persistante.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a nommé vendredi Abdelaziz Djerad au poste de Premier ministre, a annoncé la télévision publique, citant un communiqué de la présidence. Docteur en sciences politiques, ce dernier a « été chargé de constituer un nouveau gouvernement », selon la même source.

Il succède à Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères qui avait été nommé Premier ministre par intérim après la démission de Noureddine Bedoui le 19 décembre, jour de l’intronisation d’Abdelmadjid Tebboune comme nouveau chef de l’État.

« Regagner la confiance » du peuple

La télévision publique a ensuite montré des images d’Abdelaziz Djerad, âgé de 65 ans, reçu par le président Tebboune. « Nous devons travailler avec toutes les compétences nationales et les cadres du pays, les citoyennes et les citoyens, afin de sortir de cette étape difficile », et faire face à des défis économiques et sociaux »,a plaidé le nouveau Premier ministre à la sortie de cet entretien.

« Nous sommes devant un grand défi pour regagner la confiance » du peuple, a-t-il ajouté. Cette tâche, dans le contexte du « Hirak », s’annonce délicate. Abdelaziz Djerad va notamment devoir constituer, dans un délai non précisé, un gouvernement à même de mettre en place les nouveaux instruments de gouvernance visant à jeter les bases de la nouvelle République promise par Abdelmadjid Tebboune.

Hautes fonctions

À son crédit, Abdelaziz Djerad est un académicien reconnu par ses pairs qui dispose d’une solide connaissance des affaires internationales et de la haute administration algérienne.

Diplômé de la faculté des Sciences politiques d’Alger et docteur d’État de l’université Paris X-Nanterre, selon sa biographie, il a déjà exercé des hautes fonctions : secrétaire général de la présidence de la République de 1993 à 1995, il a occupé la même fonction au ministère des Affaires étrangères, de 2001 à 2003, lors du premier mandat d’Abdelaziz Bouteflika, qui l’avait ensuite écarté. Il a aussi été directeur de l’école nationale d’administration (ENA) d’Alger, de 1989 à 1992, et est l’auteur de plusieurs ouvrages.

Produit de l’école algérienne, sans attaches partisanes connues, le profil de ce technocrate enlève un argument majeur aux détracteurs du pouvoir, à qui il est reproché de marginaliser les compétences. Mais, dans le même temps, le mouvement de contestation, qui a obtenu en avril la démission d’Abdelaziz Bouteflika, s’est jusqu’ici montré intransigeant sur sa volonté d’obtenir le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir ces dernières décennies.

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc : Yennayer fête nationale ? La classe politique toujours plus favorable

À l'occasion de Yennayer, des militants déploient des drapeaux amazighs devant le Parlement, à Rabat, en 2014.Deux ans après que l’Algérie a fait du nouvel an amazigh une fête nationale, le sujet s’invite de nouveau dans le débat parlementaire marocain. De nombreuses voix de la classe politique semblent acquises à l’idée de décréter Yennayer fête nationale.

Omar Balafrej a remis sur la table la question de la célébration de Yennayer, le nouvel an amazigh, à l’approche cette fête célébrée en Afrique du Nord entre les 12 et 14 janvier. Le député de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) a récemment appelé le chef du gouvernement Saâd Eddine el Otmani, dans une question écrite, à ce que ce jour soit décrété jour férié et fête nationale au Maroc.

Le mouvement amazigh marocain, un large tissu d’associations actives sur différents fronts et dans de nombreuses régions, porte à chaque Yennayer cette revendication.

Au sein de la classe politique, il semble que la cause se soit fait entendre. À Nador, dans le Rif, en janvier 2019, Mohamed Aujjar, alors ministre de la Justice et membre d’un parti de la majorité, le RNI, profitait du nouvel an amazigh pour souligner son soutien à cette idée. Même à l’Istiqlal, le vieux parti nationaliste, de nombreux militants rejoignent cette revendication depuis quelques années.

Selon un recensement de 2004, huit millions de personnes – c’est-à-dire un quart des Marocains – parlent quotidiennement l’une des trois langues amazighes courantes au Maroc. Le RNI et l’Istiqlal sont parmi les partis qui comptent beaucoup dans le monde rural et dans les petites villes lors des élections, là même où le mouvement amazigh est bien implanté.

2019 : adoption de la loi sur la langue amazighe

En 2019, le ministre délégué aux Relations avec le Parlement et la Société civile Mustapha El Khalfi a assuré que le sujet était en cours d’examen du côté du gouvernement. Pourtant, c’est notamment du côté de son parti, le PJD, la formation islamiste majoritaire au gouvernement, que des militants berbéristes dénotent une frilosité à l’égard de la reconnaissance de certains symboles amazighs.

Toujours cette année, des députés islamistes se sont par exemple opposés (à l’instar d’autres voix, y compris jusque dans le mouvement amazigh) à l’utilisation de la graphie berbère lors des débats sur le projet de la loi sur le caractère officiel de la langue amazighe.

Malgré tout, cette loi censée accélérer la généralisation du tamazight, assurer son emploi dans l’administration, les services publics, ainsi que son enseignement dans les écoles, a été adoptée en juin 2019, huit ans après la reconnaissance de la langue berbère comme langue officielle.

Des avancées formelles au goût d’inachevé

L’Algérie a fait du nouvel an amazigh une fête nationale en décembre 2017. Les deux pays poursuivent un même processus lent de reconnaissance de la culture berbère, dans lequel des compromis politiques mènent à des évolutions institutionnelles progressives.

Les différents représentants du mouvement amazigh restent souvent critiques sur les retombées concrètes des décisions légales censées offrir la place méritée à la langue amazighe dans la société. Des personnalités comme l’intellectuel Ahmed Assid ou l’avocat et militant Ahmed Arehmouch pointent ainsi du doigt des reconnaissances formelles dépourvues de politiques de mise en application, dans les médias ou l’enseignement notamment.

Beaucoup croient possible une reconnaissance rapide de Yennayer comme fête nationale : il s’agit essentiellement de symbolique.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : le chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, est mort

Algérie : le chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, est mortLe chef d'état-major de l'armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah, est mort, rapporte lundi la chaîne télévisée privée Ennahar, sans autre précision.

Après la démission du président Abdelaziz Bouteflika en avril sous la pression de la rue, le général Gaed Salah a supervisé la période de transition qui a conduit à l'élection d'Abdelmadjid Tebboune à la présidence de la République il y a dix jours.

Les Algériens ont néanmoins continué à manifester pour réclamer le départ de l'ensemble de l'élite au pouvoir et le retrait de l'armée de la vie publique.

Par Le Figaro avec Reuters

Source : Le Figaro (France)

 

 

La Cédéao adopte un plan d'action à un milliard de dollars contre le jihadisme

La Cédéao adopte un plan d'action à un milliard de dollars contre le jihadismeFrance24 - La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a adopté samedi un "plan d'action" à un milliard de dollars dont les contours demeurent imprécis, pour lutter contre le terrorisme dans la région, au cours d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etats à Abuja.

"La conférence adopte le plan d'action 2020-2024 destiné a éradiquer le terrorisme dans la région ainsi que son calendrier d'exécution et son budget", a annoncé en clôture du sommet Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la Cédéao.

"Ce budget sera financé par des ressources internes à hauteur de un milliard de dollars", a précisé M. Brou, ajoutant toutefois que le budget estimatif total s'élève à 2,3 milliards de dollars et en appelant à la solidarité des "partenaires internationaux" pour financer le reste.

Le montant fourni par la Cédéao est "destiné à l'appui en équipement des Etats membres aux activités de formation des structures compétentes et au partage effectif de renseignements", a-t-il expliqué.

Le président de la Commission de la Cédéao doit "mettre en place immédiatement un mécanisme inclusif et transparent de gestion des ressources mobilisées pour la mise en oeuvre du plan d'action", dont les modalités concrètes n'ont pour l'heure pas été précisées.

De nombreuses questions demeurent sur l'origine de ce financement interne d'un milliard de dollars, dont l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Uemoa) - qui inclut les huit pays francophones de la zone - s'est engagée début décembre à financer la moitié, c'est-à-dire 500 millions de dollars.

S'agira-t-il de prélèvements communautaires? Sur quels critères se feront les décaissements? Les pays membres en ont-ils les moyens? Les économies de la Cédéao sont marquées par de fortes disparités entre certains pays sahéliens très pauvres et des poids lourds continentaux comme le Nigeria.

Lors de l'annonce de ce plan, au dernier sommet extraordinaire tenu à Ouagadougou mi-septembre, la Cédéao avait indiqué qu'il devait permettre de "renforcer les capacités opérationnelles" des armées nationales ainsi que des forces conjointes" comme le G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina, Niger, Tchad) qui doit comprendre à terme 5.000 hommes.

Samedi, l'organisation régionale a une nouvelle fois plaidé "pour que la force conjointe du G5 Sahel soit placée sous chapitre 7 de la Charte des Nations unies" - ce qui ouvrirait la voie à des financements de l'ONU - et que la force onusienne au Mali, la Minusma, "soit dotée d'un mandat offensif".

Le président de la Commission avait plus tôt rappelé l'"urgence" d'agir, alors que "les attaques terroristes ont augmenté de près de 80%" par rapport à 2018, faisant plus de 1.800 victimes civiles et militaires et près de 2,8 millions de déplacés, et provoquant la fermeture de milliers d'écoles.

Source : France24