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Politique en Afrique

Algérie: la victoire d’Abdelmadjid Tebboune ne met pas fin à la contestation

Algérie : Abdelmadjid Tebboune, ex-Premier ministre de Bouteflika, élu présidentAbdelmadjid Tebboune remporte donc dès le premier tour la présidentielle en Algérie. Un scrutin marqué par une abstention record : 39,9 %. Le mouvement de mobilisation du Hirak avait appelé les Algériens à boycotter cette élection. Et ce vendredi, ils sont de nouveau massivement dans les rues.

Comme ce jeudi déjà, une partie des Algériens, les membres du Hirak, le mouvement de contestation né en février dernier, se sont donné rendez-vous dans la rue. C’est le 43e vendredi de mobilisation de suite. Ils comptent bien poursuivre le mouvement, pour dire non à cette élection et donc à cette victoire.

Le cortège principal de la manifestation a démarré moins de deux heures après l’annonce de l’élection d’Abdelmadjid Tebboune et les manifestants chantaient « Tebboune ne nous gouvernera pas, c’est soit vous, soit nous, on ne s’arrêtera pas ! ». Des manifestants à Alger avaient aussi apporté de la farine en référence au fils du nouveau président. Khaled Tebboune avait été arrêté en juin 2018 dans une affaire de trafic de cocaïne présumée.

Des dizaines de milliers de personnes dans la rue

Dans la capitale ce vendredi, il y avait des dizaines de milliers de personnes. Comme chaque semaine, des femmes, des enfants et beaucoup de jeunes qui disaient que l’élection ne changeait pas grand-chose à leur détermination. Des manifestants qui estiment qu’Abdelmadjid Tebboune est un membre du système politique dont ils demandent le départ.

Des manifestations ont lieu dans différentes villes du pays dont celle d’Oran, la deuxième ville d’Algérie. Les forces de l’ordre ont dès le début de l’après-midi violemment dispersé la manifestation et il y a eu plusieurs dizaines d’arrestations selon plusieurs témoins.

En fin de journée, le nouveau président algérien a cependant déclaré, sans plus de détail, « tendre la main » au « Hirak » lors de sa première conférence de presse à Alger.

Vives réactions sur les réseaux sociaux

Les réactions sont vives aussi sur les réseaux sociaux. Des réactions comme un « c'était trop prévisible », d'un internaute sur Twitter ou encore : « C'est un jour sombre pour l'Algérie ». Plusieurs internautes publient aussi une caricature du dessinateur Nime, intitulée « l'élu », sur laquelle on peut voir le général Ahmed Gaïd Salah, le chef d'état-major de l'armée, enfilant un soulier de verre à Abdelmadjid Tebboune. Son auteur a été condamné cette semaine à un an de prison, dont trois mois ferme.

On retrouve aussi des références à son âge. Abdelmadjid Tebboune est un septuagénaire. « Comment peut-on à 74 ans diriger le plus grand pays d'Afrique dont la population est majoritairement trentenaire ? », s’interroge-t-on sur Twitter.

Source : RFI

 

Présidentielle en Algérie : début d’un scrutin contesté pour élire un successeur à Bouteflika

Un étudiant brandissant une pancarte "Non au vote", mardi 10 décembre 2019 à Alger.Le scrutin devant élire le successeur du président déchu Abdelaziz Bouteflika en Algérie, massivement rejeté par le mouvement populaire de contestation du régime qui agite le pays, s’est ouvert officiellement jeudi matin.

Selon l’agence de presse officielle APS, les quelque 61 000 bureaux de vote du pays ont ouvert comme prévu à 08H00 (07H00 GMT). Aucun sondage n’a été publié mais les observateurs s’attendent à une abstention très importante, alors que la contestation populaire dénonce un vote visant à permettre au régime de se régénérer.

La veille, mercredi, la police algérienne a violemment dispersé une large manifestation qui s’était formée dans le centre d’Alger pour protester contre la tenue de l’élection présidentielle, faisant plusieurs blessés.

Vers 16H40 (15H40 GMT), plus de 200 policiers anti-émeute, armés de boucliers et de matraques, ont chargé près d’un millier de manifestants encore rassemblés devant la Grande Poste, haut lieu de la contestation dans la capitale, survolée par un hélicoptère. La charge a provoqué un mouvement de foule et au moins huit personnes ont été blessées dans la cohue, dont cinq ont été évacuées sur des brancards ou par ambulance.

Une trentaine d’arrestations

La police a procédé à une trentaine d’arrestations. La foule a été dispersée mais une fois le gros des policiers partis, quelque 300 jeunes sont revenus scander des slogans anti-élections, déclenchant une nouvelle charge et de nouvelles arrestations.

Les forces de l’ordre avaient auparavant, durant la journée, tenté vainement de repousser les plusieurs milliers de protestataires qui avaient fini par forcer un cordon de police pour se rassembler devant le bâtiment de la Grande Poste.

On ramènera la liberté, Pas de marche arrière, ou encore Demain, inch’allah, c’est soit nous, soit vous, scandaient les manifestants

Ce « mouvement » populaire de contestation du régime né le 22 février exige le démantèlement total du « système » politique en place depuis l’indépendance de l’Algérie (1962) et refuse un scrutin perçu comme une manœuvre devant lui permettre de se régénérer.

« On ramènera la liberté », « Pas de marche arrière » ou encore  » Demain, inch’allah, c’est soit nous, soit vous ! », scandaient les manifestants qui promettaient de rester sur place toute la nuit.

« Non au système Bouteflika sans Bouteflika »

Répondant à un appel lancé sur les réseaux sociaux, une partie des manifestants – hommes et femmes de toutes classes et tous âges – s’étaient rassemblés dès 10H00 (09H00 GMT) sur la Place du 11-Décembre-1960, à Belouizdad, en ce jour anniversaire du déclenchement des grandes manifestations de décembre 1960 contre le pouvoir colonial français. Parties notamment de ce quartier d’Alger, elle s’étaient propagées durant une semaine à travers l’Algérie.

Plusieurs milliers de manifestants ont ensuite pris la direction de la Grande Poste, à 4 km de là, et y ont rejoint de nombreux autres après avoir réussi à contourner des cordons de police en tenue anti-émeutes.

Meriem, 62 ans, habitante de Belouizdad, a marché avec sa fille et sa belle-fille. Elles brandissaient des cartons rouges portant l’inscription « Makache l’vote » (« Pas de vote ») en signe de refus de la tenue de la présidentielle visant à élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, contraint en avril à la démission par la contestation, après 20 ans de pouvoir.

« Je marche pour dire non au vote. Non au système Bouteflika sans Bouteflika », a expliqué Meriem. Pour sa fille Fatma Zohra, comptable, « c’est notre dernière chance avant le passage en force du pouvoir avec ce vote ». « Demain il y aura une grande marche. Il n’y aura pas de vote », ont assuré les manifestants.

« Pas de marche arrière, le pouvoir à la fourrière »

« Pas de marche arrière, le pouvoir à la fourrière », ont-ils également chanté, conspuant le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et incarnation du haut commandement militaire qui assume ouvertement la réalité du pouvoir depuis le départ de l’ex-président Bouteflika.

Toute manifestation est strictement interdite à Alger depuis 2001 et depuis février la police ne tolère que les cortèges hebdomadaires du Hirak le vendredi, et dans une moindre mesure ceux des étudiants le mardi. Des manifestations réclamant l’annulation du scrutin se sont aussi déroulées mercredi en province, notamment à Constantine (2e ville du pays), Béjaïa, Tlemcen ainsi qu’à Bouira et Tizi Ouzou, villes de la région de Kabylie, selon des images publiées sur les réseaux sociaux et les médias locaux.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : expulsion du Français Christophe Sivillon, chef du bureau de la Minusma à Kidal

Mali : expulsion du Français Christophe Sivillon, chef du bureau de la Minusma à Kidal Jeune Afrique - Les propos du représentant français de la force onusienne, qui avait souhaité la bienvenue aux délégations « venues du Mali et de l’étranger » lors du congrès du MNLA, à la fin de novembre, ont suscité la colère de Bamako. Sommé de quitter le territoire sous 24 heures, le chef de la Mission des nations unies à Kidal devait regagner la France dans la nuit.

La sanction de Bamako est tombée ce mardi, dix jours après la déclaration de Christophe Sivillon, le chef du bureau de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma) à Kidal.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, a annoncé au cours d’une conférence de presse que le diplomate français était désormais persona non grata. « Il dispose de 24 heures pour quitter le territoire de la République du Mali », a-t-il précisé.

En souhaitant la bienvenue à Kidal aux délégations « venues du Mali et de l’étranger », lors du congrès du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le 30 novembre, Christophe Sivillon a suscité une levée de boucliers dans le pays. Mouvements de la société civile, partis politiques, institutions… tous ont condamné ses propos, l’accusant de remettre en cause l’intégrité du territoire.

Les députés maliens ont dénoncé, le 5 décembre, dans une déclaration commune lue en séance, « des propos qui portent une atteinte grave à la souveraineté et à l’intégrité territoriale ». « Nous demandons au gouvernement de mettre en garde la Minusma, pour le comportement irresponsable de son agent », ont-ils déclaré.

Contexte explosif

Si cette déclaration a pris autant d’ampleur, c’est surtout à cause du contexte explosif qui prévaut actuellement au Mali. Depuis plusieurs mois, en effet, des manifestations ont lieu à travers le pays pour réclamer le départ des forces internationales, la Minusma et Barkhane. Face à la multiplication des attaques, les populations expriment leur lassitude.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, qui a insisté depuis son arrivée au gouvernement, en mai, sur la nécessité que l’État exerce son autorité sur Kidal, s’est entretenu au téléphone, le 2 décembre, avec Mahamat Saleh Annadif, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la Minusma.

Il l’a ensuite rencontré, ainsi que Baranga Gassarabwe, représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l’ONU, afin d’échanger sur la position de Bamako à propos de ces déclarations et d' »examiner les mesures que dictent ces propos ».

Contactée par Jeune Afrique, la Minusma a assuré avoir « pris acte » de la déclaration des autorités maliennes et assuré que « le Représentant spécial du secrétaire général avait déjà pris en compte les préoccupations du gouvernement et pris les dispositions nécessaires afin que le chef du bureau de la Minusma puisse quitter le territoire malien dans les meilleurs délais, dans l’intérêt mutuel des parties ».

Selon une source interne à la Minusma et un ministre malien, son départ était prévu ce mardi soir.
Pour Nouhoum Sarr, le président du Front africain pour le développement ( FAD), proche de l’opposant Soumaïla Cissé, « la réaction du gouvernement a été proportionnelle à la gravité des propos ». « Sa déclaration veut dire que Kidal ne fait pas partie du pays. Cela est révélateur de la vraie mission de la Minusma, qui est la partition du Mali », insiste l’opposant.

Au-delà de cet incident, c’est l’application de l’accord pour la paix et la réconciliation, signé à Alger en 2015, que de nombreux opposants dénoncent. Il conduirait selon eux à la partition du pays, en renforçant les pouvoirs des chefs des assemblées régionales.

Modifier l’accord ?

Lors de son message à la nation, le 22 septembre, le président Ibrahim Boubacar Keïta avait ouvert la voie à des discussions visant à modifier de certaines de ses dispositions, ce qui a suscité la colère des groupes armés signataires. Mais depuis le report, mi-septembre, d’une rencontre du Comité de suivi de l’accord, à Kidal, aucune rencontre n’a eu lieu.

De plus, la ville de Kidal, encore sous le giron de groupes armés, est régulièrement pointée du doigt. En août dernier, le président nigérien Mahamadou Issoufou l’avait désignée comme étant « un sanctuaire pour les terroristes ». Mais fin novembre, le chef d’État avait reçu une délégation de chefs touaregs qui souhaitaient clarifier leur position vis-à-vis des groupes jihadistes.

« Si Kidal ne faisait pas partie du Mali, Bamako n’aurait pas pu révoquer un diplomate qui y est établi », ironise Almou Ag Mohamed, porte-parole de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Pour lui, cette polémique est « un faux débat ». « Tous ceux qui sont de bonne foi savent que c’est un lapsus. Christophe Sivillon a été sacrifié au profit des intérêts de la rue à Bamako. Le départ d’un diplomate n’arrangera en rien la situation du pays », regrette-t-il.

« On se focalise sur Kidal comme si c’était le problème central du Mali alors que la gangrène est en train de s’étendre à tout le pays.

Un message un peu malsain est véhiculé par des cadres à Bamako et il contribue à la stigmatisation d’une région entière. Nous devons nous concentrer sur les questions essentielles, qui sont la mise en œuvre de l’accord de paix, la réconciliation et la reconstitution de l’armée. »

Par Aïssatou Diallo
Source : Jeune Afrique

 

Mali: l’opération Serval a-t-elle collaboré avec le MNLA?

« Quand elle a lancé l'opération Serval, la France n'est entrée en connivence avec personne », a assuré le général François Lecointre, en répondant à une question sur Kidal où, depuis 2012, l'administration malienne et l'État ne sont toujours pas revenus. Une situation que certains mettent sur le compte d’une collaboration passée entre les forces françaises et le Mouvement national de libération de l'Azawad.

Certains estiment que cette situation serait l'héritage d'une collaboration passée entre l'armée française et les groupes armés touaregs installés à l'époque de Serval à Kidal. Une collaboration officiellement niée par l'armée française, et pourtant des acteurs du conflit à l'époque confirment bien que les Français ont coopéré avec le MNLA, le Mouvement national de libération de l'Azawad.

« L'armée française a parfois la mémoire courte », ironise une source militaire déployée dans le nord du Mali au moment de Serval. Dès le début de l'opération, les soldats ont eu directive de se rapprocher du MNLA. Leurs hommes servaient notamment au renseignement et parfois même comme éléments sur le terrain. « On faisait parfois des patrouilles communes. Il y avait même des communiqués officiels qui louaient la laïcité du MNLA », explique une autre source militaire.

Ce rapprochement n'était pas du goût de tous. Certains diplomates ont alerté sur la porosité entre le MNLA et le Mujao, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, qui finira par rejoindre al-Qaïda au Maghreb islamique. « La connivence avec le MNLA était dangereuse, parce qu’elle ternissait notre image sans garantir le succès. On s’est compromis inutilement avec une vision à court terme », explique une source diplomatique.

« On avait nos armes, on était légitime, on était chez nous », conteste un ancien combattant du MNLA. « Malgré nos victoires communes, cette collaboration ne nous a rien apporté, poursuit-il amer, ni reconnaissance politique, ni réparations matérielles, pas même la restitution de nos droits historiques sur notre territoire ».

Source : RFI

 

Jihadistes : la France demande au Mali et au Burkina d'agir plus politiquement

Jihadistes : la France demande au Mali et au Burkina d'agir plus politiquementVOA Afrique - Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a appelé mercredi le Mali et le Burkina Faso à agir plus au plan politique pour rétablir la stabilité sur des territoires secoués par les violences jihadistes et intercommunautaires.

"Ce qui me paraît le plus important maintenant, c'est encore plus d'action politique", a-t-il déclaré devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale après la mort de 13 militaires français lundi dans une opération antijihadiste au Mali et sur fond de flambée de violences dans les deux pays.

"Plus d'action politique au Mali pour que les engagements pris soient respectés, pour que la mise en oeuvre de ce qu'on appelle le +DDR+ (Désarmement, Démobilisation et Réintégration) soit réellement actée, que les accords d'Alger, y compris dans la partie décentralisation, soient réellement mis en oeuvre, que l'Etat malien revienne à Kidal et qu'il y ait une volonté commune affichée contre le terrorisme", a souligné Jean-Yves Le Drian.

Un accord de paix avec les rébellions qui s'étaient soulevées en 2012 a été signé en 2015. Mais son volet sur le désarmement des groupes rebelles et leur intégration dans les forces de défense maliennes peine à être appliqué.

L'appel à l'union nationale est aussi devenu un leitmotiv du gouvernement, mais la principale formation d'opposition, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie, a décliné l'invitation à un dialogue qu'elle ne juge pas inclusif.

"Plus d'action politique, plus de pression politique aussi au Burkina Faso où il importe que les autorités puissent rassembler la nation contre les risques", a également exhorté le chef de la diplomatie française.

Le Burkina, frontalier du Mali et du Niger, est aussi régulièrement le théâtre d'attaques jihadistes sanglantes contre ses forces de défense.

"Plus de politique aussi pour faire en sorte que la mise en oeuvre de la Force conjointe du G5 (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina et Tchad) soit concrétisée", a poursuivi Jean-Yves Le Drian.

"Cela avance mais cela met parfois un peu de temps", a-t-il assuré en référence à sa très lente mise en place, précisant que sur les 414 millions d'euros d'aide promis par la communauté internationale, 176 millions ont été "mis en oeuvre et sont en cours d'exécution".

La ministre française des Armées Florence Parly a regretté que l'Arabie Saoudite tarde à verser l'aide financière promise (100 millions d'euros) pour l'équipement de la force G5 Sahel. Les Etats de la région réclament aussi régulièrement le versement des 414 millions d'euros annoncés.

Jean-Yves Le Drian s'est également inquiété de "la manière dont la désinformation puisse se faire (...) singulièrement au Burkina et au Mali depuis peu".

"Il y une vraie bataille de communication à mener, une vraie campagne d'explication, pour éviter le développement de fausses informations", a-t-il estimé.

Les troupes étrangères au Sahel, notamment celles de la force française Barkhane, font face à un rejet apparemment grandissant chez les habitants du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Avec AFP
Source : VOA Afrique

 

 

Guinée Bissau : la Commission nationale électorale proclame les résultats de la présidentielle, le deuxième tour confirmé !

Guinée Bissau : la Commission nationale électorale proclame les résultats de la présidentielle, le deuxième tour confirmé !La commission nationale électorale a livré les résultats provisoires de la présidentielle du 24 novembre dernier. 

Selon l'organe chargé d'organiser les élections, 761.676 citoyens répartis sur les neuf régions et dans la Diapora, se sont inscrits sur les listes électorales pour 566.473 votants, soit un taux de participation de 74,37%. Cependant, 555.348 électeurs ont validé leur vote.

De la vérité des chiffres fournis par l'organe chargé d'organiser les élections, on peut retenir que le candidat du Parti pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert est arrivé en tête avec la faveur de 222.870 électeurs, soit un pourcentage de 40,13%.

Le Mouvement pour l'alternance démocratique (MADEM G-15) prend la deuxième place avec, dans son escarcelle 153.530 des suffrages valablement exprimés, soit un taux de 27,65%.

Nuno Gomes Nabiam dont la candidature est soutenue par l'APU-PDGB et le PRS a obtenu 73.063 voix et devient de facto le troisième de cette compétition électorale. Un score de 13,16% qui fait de lui le faiseur de roi lors du deuxième tour.

Quant à lui, le président sortant, José Mario Vaz (Jomav) s'est contenté de la quatrième place avec 68.933 votes en sa faveur, soit 12,41% des votes.

Carlos Gomes Junior ou Cadogo n'a pas dépassé la barre des 2,66 %. En valeur absolue, c'est 14.766 voix. Il est talonné par un autre ancien Premier ministre. Baciro Dja puisqu'il s'agit de lui a bénéficié de la confiance des 7126 électeurs, soit 1,28% .

A la lumière des chiffres révélés par la Commission nationale électorale, il apparaît qu'aucun candidat n'a obtenu la majorité absolu d'où l'inéluctabilité d'un deuxième tour qui doit opposer Domingos Simoes Pereira à Umaro Sissoco Embalo.

Source : Dakaractu.com

 

Algérie : plusieurs dizaines d’arrestations lors d’une manifestation nocturne contre la présidentielle

Des manifestants à Alger, le 15 novembre 2019.Une vingtaine de personnes ont été arrêtées, mercredi 20 novembre, lors d’une première manifestation nocturne contre la présidentielle du 12 décembre en Algérie depuis le lancement dimanche d’une campagne perturbée par les opposants au scrutin. Le comité national pour la libération des détenus (CNLD) dénonce pour sa part l'arrestation de plus de 150 personnes.

« Non au vote ! »« on jure qu’il n’y aura pas de vote ! », scandaient plusieurs centaines de jeunes Algériens ayant répondu à des appels sur les réseaux sociaux. Ils ont marché du quartier populaire de Bab el-Oued jusqu’à la Grande Poste, bâtiment du centre d’Alger devenu le point de ralliement du « Hirak », le mouvement de contestation inédit dont l’Algérie est le théâtre depuis le 22 février. Ils ont ensuite été dispersés par des policiers en tenue anti-émeutes qui sont arrivés rapidement sur les lieux et ont arrêté au moins 23 personnes, ont relaté des journalistes de l’AFP.

Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), 150 personnes ont été arrêtées lors de cette marche nocturne. Parmi eux, plusieurs activistes du « Hirak » dont la militante de l’association RAJ, Amel Hocine, le militant démocrate Adel Ricco, ou encore les étudiants Mustapha Benamzal et Kais Ould Amar, peut-on lire sur la page Facebook du comité.

Après avoir obtenu, en avril, la démission d’Abdelaziz Bouteflika, président depuis vingt ans, le « Hirak » exige désormais le démantèlement du « système » politique au pouvoir depuis l’indépendance du pays, en 1962, et son remplacement par des institutions de transition. Il refuse notamment que le pouvoir en place organise le moindre scrutin, dont la présidentielle convoquée le 12 décembre pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, considérée comme visant à régénérer le régime.

Meetings perturbés

Aux commandes depuis la démission de l’ancien président, le haut commandement militaire incarné par le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, rejette catégoriquement les revendications du « Hirak » et toute autre sortie de crise que l’élection du 12 décembre. Depuis le début de la campagne dimanche, les déplacements des candidats et leurs réunions, pourtant placés sous forte protection policière, sont régulièrement perturbés par des manifestants hostiles à la tenue de l’élection.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle en Algérie: un début de campagne électorale sous tension

La campagne pour la présidentielle du 12 décembre a commencé dimanche en Algérie, mais les cinq candidats ont du mal à la mener comme ils l'entendent. Leurs meetings se tiennent en présence des forces de police, et plusieurs ont été perturbés par des contestataires, opposés à la tenue de la présidentielle dans les conditions actuelles.

Meetings interrompus, protestataires devant les salles, slogans hostiles à la présidentielle, voilà à quoi ressemble le début de la campagne pour l'élection du 12 décembre en Algérie. Les candidats se déplacent, depuis dimanche, pour tenter de convaincre les électeurs alors que des milliers de personnes continuent de manifester, chaque vendredi, contre cette élection.

Ali Benflis, qui a été le Premier ministre d'Abdelaziz Bouteflika au début des années 2000, était ce lundi dans l'Est. Ses deux meetings ont été perturbés. Le premier, par trois protestataires qui ont été interpellés, selon un journaliste local. Le second, par des dizaines de personnes massées à l'extérieur pour scander « pas de vote ». Même scénario pour le candidat Abdelmadjid Tebboune, également ex-Premier ministre, à Adrar, dans le centre du pays.

Appel au calme

La presse algérienne évoque des rassemblements contre le scrutin dans plusieurs autres villes. Près de Bejaia, la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme indique que la police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes contre les protestataires et que l'on compte trois blessés légers. Son vice-président appelle au calme dans ce contexte sensible.

Source : RFI

 

Côte d’Ivoire – « Ils sont allés chercher tous les Maliens » : Henri Konan Bédié crée à nouveau la polémique

Henri Konan Bédié à son domicile parisien le 10 septembre 2019.Le président du PDCI, Henri Konan Bédié, a accusé le RHDP d'avoir recruté des « Maliens » pour grossir les rangs d'un meeting organisé à Paris. Des propos qui provoquent la polémique, jusqu'au sein de son propre parti.

Il s’agit de sa seconde sortie controversée du patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) en l’espace de cinq mois. Cette fois, c’est aux responsables du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) que le Sphinx de Daoukro a décidé de s’attaquer.

« Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que leur désillusion est grande. Et leur enthousiasme s’éteint progressivement à chacune de leurs timides sorties où ils ne cessent de convoyer de vrais faux militants pour espérer tromper l’opinion tant nationale qu’internationale, comme ce fut le cas récemment à Paris et à Sinfra », a lancé Bédié, le 14 novembre dernier, lors du Bureau politique de son parti.

Face à un public acquis à sa cause, le président du PDCI a alors mis de côté son discours écrit pour se lancer dans une saillie improvisée. « À Paris, il s’agissait effectivement d’une réunion pour laquelle ils sont allés chercher tous les Maliens à la sortie ! »

Propos confus

Et le vieux dirigeant, galvanisé par les ovations, de poursuivre son propos. « Mais laissez-moi terminer, d’ailleurs. Ils sont allés, un vendredi, à la sortie de la messe de 13 heures, en donnant 100 euros à tous les militants de cette mosquée. Il s’agit de la mosquée de Toits-Rouges à Paris… »

Un responsable, assis à ses côtés, lui glisse alors quelques mots à l’oreille. Bédié se corrige, il ne s’agit pas de la mosquée de Toits-Rouges – un quartier d’Abdidjan – « il s’agit de la mosquée de Château Rouge ». Au passage, Henri Konan Bédié un « détail » important : la réunion du RHDP n’a pas eu lieu un vendredi – jour de la grande prière hebdomadaire pour les musulmans – mais un samedi…

 

Pour confus qu’ils soient, ces propos ont été aussitôt été abondamment relayés sur les réseaux sociaux. Les uns dénonçant une sortie « xénophobe », les autres saluant « l’audace » du président du PDCI.

« Pourquoi le président Bédié voit-il des étrangers partout ? Pis, pourquoi ne voit-il que des étrangers ? Cette manière de faire la politique rend cette dernière nauséabonde et donne au PDCI l’image d’un parti politique ayant une offre politique moribonde. Le parti mérite mieux », s’inquiète l’analyste politique Sylvain N’Guessan.

Début mai, sa sortie contre des « étrangers » avait soulevé la polémique, au point que le gouvernement l’avait menacé de poursuites judiciaires. Mais cette fois, ses propos sur la supposée présence de Maliens à une réunion du RHDP à Paris est dénoncée jusque dans ses rangs. Selon nos informations, une délégation d’élus et de jeunes du PDCI compte le rencontrer pour lui demander d’être plus mesuré dans ses propos.

Source : jeuneafrique.com

 

Mauritanie et Sénégal réclament un mandat renforcé contre le djihadisme au Sahel

Mauritanie et Sénégal réclament un mandat renforcé contre le djihadisme au SahelLaLibre - Les présidents mauritanien et sénégalais Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et Macky Sall ont réclamé de concert lundi près de Dakar un mandat renforcé pour les forces combattant la progression djihadiste au Sahel, notamment celle de l’ONU déployée chez leur voisin malien en guerre.

Entre les forces maliennes et étrangères, « pas moins de 30.000 hommes (se trouvent) sur un terrain qui est pris en otage par une bande d’individus. Il y a un problème. Pourquoi nous ne sommes pas capables de régler ce problème ? « , a demandé le président sénégalais.

« Il s’agit pas de faire le procès de l’ONU. L’ONU, c’est génial, mais il faut qu’elle accepte de se réformer et de réformer ses procédures (…) Il faut un mandat robuste au Mali », a dit M. Sall, qui ouvrait près de Dakar le Forum international sur la paix et la sécurité réunissant responsables étrangers et experts.

Il a appelé directement la Chine et la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU à permettre que soit décerné un mandat plus fort à la Minusma, la force de l’ONU au Mali.

Dakar participe à la Minusma. La Mauritanie, elle, fait partie de la force conjointe du G5 Sahel, avec le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Les deux pays s’alarment de la propagation, dans la sous-région, des agissements djihadistes depuis 2012 à partir du nord du Mali.

Même discours côté mauritanien que sénégalais: « L’Onu doit se réformer (…) dans sa politique de maintien de la paix, qui n’est pas en adéquation avec les enjeux » sécuritaires au Sahel, a lancé le président mauritanien.

« Des forces régionales mobiles, plus légères, et connaissant mieux le terrain doivent être davantage privilégiées, plutôt qu’une force lourde et statique », a-t-il dit.

« L’Onu doit ainsi donner un mandat plus robuste et un financement plus pérenne aux forces sous-régionales telles que la force conjointe du G5 Sahel », qui « n’a hélas pas reçu jusqu’ici l’appui logistique et financier promis », a-t-il déploré.

« Combattre le terrorisme au Sahel est à la fois un devoir de solidarité et un impératif de sécurité collective », a renchéri le président sénégalais. « En Afrique et hors du continent nous sommes tous menacés, nous avons tous intérêt au maintien de la paix ».

« Autrement les forces terroristes, vaincues ailleurs, en Irak ou en Syrie, vont trouver dans les zones de vulnérabilité en Afrique des sanctuaires où ils vont prospérer, se réorganiser », a mis en garde M. Sall.​

Source : LaLibre (Belgique)

 

 

Burkina Faso : un parti d’opposition suspendu pour avoir réclamé la « démission » du président

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le 14 septembre 2019 à Ouagadougou.Le Front patriotique pour le renouveau (FPR, opposition) a été suspendu de toute activité pendant trois mois mercredi par arrêté ministériel. Le parti réclamait la "démission sans délai" du président Roch Marc Christian Kaboré et du gouvernement.

« Les activités du parti politique dénommé Front patriotique pour le renouveau (FPR), sont suspendues (…) trois mois (…) au motif que les propos tenus par M. Aristide Ouédraogo, président du FPR lors des déclarations publiques des 3 et 11 novembre portent atteinte » à la loi sur les partis politiques, a indiqué dans son arrêté le ministre de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo.

Le ministre cite plusieurs articles qui prévoient notamment que « les partis doivent, dans leur programme et dans leurs activités, proscrire l’intolérance, le régionalisme, l’ethnocentrisme, le fanatisme, le racisme, la xénophobie, l’incitation et le recours à la violence sous toutes ses formes (…) Ils s’abstiennent de répandre des opinions ou d’encourager des actions qui, d’une manière ou d’une autre, portent atteinte à la souveraineté, à l’intégrité et à la sécurité du Burkina Faso ».

Une situation « exécrable »

Le FPR ne pourra notamment pas pendant trois mois organiser de réunions publiques. Le parti se refuse à tout commentaire avant la réunion de la direction du FPR.

Dans une déclaration publiée le 3 novembre et dépeignant une situation nationale « simplement devenue exécrable » sur les plans économique, social et sécuritaire, « avec le terrorisme qui avance à grands pas et met à nue l’incapacité des gouvernants à sécuriser la nation », le FPR avait demandé la « démission sans délai du gouvernement actuel » du Burkina Faso.

Le 11 novembre, lors d’une sortie publique, Aristide Ouédraogo avait réitéré cet appel à la démission y compris celle du président Roch Marc Christian Kaboré.

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie: le chef historique d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, élu président du Parlement

Rached Ghannouchi, chef historique du parti d'inspiration islamiste Ennahdha arrivé en tête des législatives d'octobre en Tunisie, a été élu mercredi président du Parlement, institution clef de la jeune démocratie, avec 123 voix sur 217, selon l'AFP. M. Ghannouchi a accédé à la présidence de l'Assemblée après un accord avec le parti libéral Qalb Tounes de l'homme d'affaires controversé Nabil Karoui, ont indiqué plusieurs sources au sein de ces partis.

Source : RFI

 

Forum sur la paix: les pays du Sahel réclament plus de moyens face au terrorisme

Forum sur la paix: les pays du Sahel réclament plus de moyens face au terrorismeRFI Afrique - Le deuxième Forum de Paris sur la paix se tient jusqu’au jeudi 14 novembre dans la capitale française. Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement étaient présents, à l’ouverture, pour évoquer la défense du multilatéralisme, et les grands défis internationaux.

Concernant l’Afrique, la situation sécuritaire a été évoquée, tout particulièrement celle du Sahel. Les dirigeants du Mali, du Niger et du Tchad ont défendu leur action dans la lutte contre le terrorisme lors d’une discussion publique.

Au-delà des actions militaires nécessaires pour contrer les groupes armés, les trois chefs d’État ont insisté sur l’importance du développement, car la pauvreté est, selon eux, le carburant du terrorisme.

Le président tchadien Idriss Déby affirme pourtant ne pas avoir connaissance d’engagements forts de la part de leurs différents partenaires, qui puissent aller directement aux populations des zones vulnérables. En revanche, il en existe au niveau du G5 Sahel, affirme son homologue du Niger. Mais les moyens manquent, selon Mahamadou Issoufou.

« On entend souvent les critiques dire : "Le G5 Sahel n’a pas de stratégie, les chefs d’États du G5 Sahel n’ont pas de stratégie". Nous avons une stratégie mais nous manquons de moyens pour la mettre en œuvre », affirme le président du Niger.

« Nous nous sentons comme esseulés »

Les budgets des pays du Sahel sont notamment plombés par les dépenses en matière de défense et de sécurité, a poursuivi le président malien. Malgré le déploiement de forces internationales sur le terrain, Ibrahim Boubacar Keïta affirme que le monde est sourd à leurs appels à la solidarité.

« Nous nous sentons comme esseulés. On nous écoute avec politesse, avec un petit sourire entendu, mais à l’arrivée il n’y a pas grand-chose, déplore le président malien. Alors qu’en face de nous, nous avons des gens déterminés qui ont des ressources dans une guerre asymétrique à laquelle nos forces ne sont pas préparées ».

Pour le président malien, il en va pourtant de la survie du Sahel. « Nous faisons notre part, aidez-nous à tenir la route », conclut-il.

En marge du Forum de Paris sur la paix, Emmanuel Macron a reçu à l'Élysée Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Issoufou et Idriss Déby pour un déjeuner de travail à l'issue duquel le président français a réaffirmé le soutien de la France dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

"On a avancé sur la situation sécuritaire dans chacun de ces pays. Ils ont beaucoup de courage et nous sommes vraiment en soutien et je crois que l'on a commencé à dessiner des décisions que nous allons prendre dans les prochaines semaines pour reconcentrer la force conjointe sur le fuseau central", dit Emmanuel macron qui a réaffirmé son soutien aux pays du Sahel.

Source : RFI Afrique

 

 

En Tunisie, Rached Ghannouchi ne sera pas Premier ministre

En Tunisie, le Premier ministre et le président de l’Assemblée doivent être connus dans la semaine. Le parti Ennahdha, arrivé en tête des législatives d’octobre, a tenu ce week-end son conseil de la choura, l’organe consultatif du parti. Il a désigné Rached Ghannouchi comme candidat à la présidence de l’hémicycle.

Le chef historique du parti d’inspiration islamiste ne sera finalement pas proposé au poste de Premier ministre. Le risque de ne pas obtenir le feu vert de l’Assemblée, en présentant un personnage clivant comme chef du gouvernement, était trop grand. Le perchoir doit être attribué mercredi lors de la première session de l’Assemblée issue des législatives du 6 octobre.

Dans le même temps, les tractations se sont intensifiées pour rassembler une majorité des députés derrière un futur Premier ministre. Les difficultés à former des alliances ne permettent pas pour l’heure de connaître celui ou celle qui succèdera à Youssef Chahed.

Une personnalité de consensus

Il semble difficile pour Ennahdha, premier parti avec 52 députés, de présenter un candidat issu de ses rangs. Les promesses de portefeuilles ministériels faites à différents partis n’ont pas permis d’établir la majorité nécessaire (109 voix) afin de porter un Nahdaoui à la Kasbah. Le choix pourrait donc se porter sur un Premier ministre de consensus adoubé par Ennahdha.

Selon la Constitution, d’ici vendredi, le président de la République doit confier à une personnalité choisie par le premier parti de l’Assemblée le soin de former un gouvernement. S’il ne parvient pas dans les deux mois à obtenir l’aval des députés, le président proposera un autre chef de gouvernement.

Source : RFI

 

Guinée-Bissau : le nouveau Premier ministre contesté démissionne, alors que la Cedeao réitère son soutien au gouvernement Gomes

José Mario Vaz, chef de l'État bissau-guinéen le 3 mars 2014.La conférence des chefs d'État de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a réitéré, le 8 novembre à Niamey, son soutien au gouvernement d'Aristides Gomes et brandi la menace de sanctions, lors d'un sommet extraordinaire consacré à la crise bissau-guinéenne, dont l'organisation régionale est la médiatrice. Le même jour, le Premier ministre Faustino Imbali, fraîchement nommé, a annoncé sa démission.

La Cedeao a de nouveau dénoncé l’« illégalité » de la décision du président bissau-guinéen José Mário Vaz de destituer le gouvernement d’Aristides Gomes, chargé par l’organisation ouest-africaine d’organiser l’élection présidentielle prévue le 24 novembre. « Les chefs d’État et de gouvernement ont exprimé leur vive préoccupation face à cette nouvelle tournure de la situation, faisant courir au pays des risques politiques et institutionnels, ainsi que d’une guerre civile potentielle », souligne le communiqué publié vendredi.

De possibles sanctions ont également été annoncées. La conférence des chefs d’État « a demandé au président de la commission de proposer une liste de personnes ayant posé des actes visant à faire échouer le processus électoral et la normalisation politique afin qu’elles soient sanctionnées immédiatement », indique par ailleurs la Cedeao. Face au climat de tension, l’organisation régionale a en outre décidé de renforcer le mandat et les effectifs de l’Ecomib, sa force déployée en Guinée-Bissau depuis 2012.

« Envoi à Bissau d’une mission de chefs d’État »

« La Conférence décide de l’envoi à Bissau d’une mission de chefs d’État et de gouvernement dirigée par le président de la conférence [le Nigérien Mahamadou Issoufou] et composée des chefs d’État de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée et du Nigeria pour transmettre au président Vaz les décisions de la Conférence. Cette mission sera précédée d’une mission des chefs d’état-major de la Cedeao », ajoute encore le communiqué.

Plusieurs présidents ouest-africains, accueillis par le ministre nigérien de l’Intérieur Mohamed Bazoum, avaient fait le déplacement à Niamey pour ce sommet placé sous la présidence de Mahamadou Issoufou : Patrice Talon, Macky Sall, Julius Maada Bio, Nana Akufo-Addo, Faure Gnassingbé, George Weah, Roch Marc Christian Kaboré et Alassane Ouattara. Des représentants de la Guinée, du Mali ou encore du Nigeria étaient également présents, tout comme le président de la Commission de la Cedeao, Jean-Claude Brou.

Jomav absent

José Mário Vaz (Jomav), au centre des attentions, était en revanche le grand absent de cette rencontre. Suzi Barbosa, la ministre bissau-guinéenne des Affaires étrangères du gouvernement d’Aristides Gomes (limogé par Jomav le 28 octobre), avait de son côté fait le déplacement à Niamey.

« La Guinée-Bissau, un État membre de notre Communauté, vit actuellement une situation de crise politique et institutionnelle grave, avec des conséquences désastreuses pour ce pays et pour notre sous-région », a déclaré Mahamadou Issoufou, président en exercice de l’organisation, à l’ouverture du sommet.

Démission de Faustino Imbali

La rencontre avait été convoquée en raison de la détermination affichée par José Mário Vaz malgré les avertissements de la communauté internationale. Celle-ci a définitivement perdu patience le 28 octobre, lorsque le président a limogé le gouvernement d’Aristides Gomes, annonçant dans la foulée la nomination de Faustino Imbali au poste de Premier ministre. Sous la pression de la Cedeao, ce dernier a annoncé sa démission ce vendredi.

Le décret présidentiel avait en effet été jugé « illégal » par la Cedeao, qui avait, dans la foulée, menacé de prendre de nouvelles sanctions. L’organisation a ainsi rappelé le consensus trouvé lors du sommet d’Abuja, le 29 juin dernier. Si celui-ci permet au président Vaz, dont le mandat s’est achevé le même mois, de rester au pouvoir, la gestion du pays a alors été confiée au gouvernement Gomes, chargé d’organiser la présidentielle du 24 novembre. Appuyée par les Nations unies, l’Union africaine et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), l’organisation régionale a de nouveau soutenu le Premier ministre Gomes et demandé que le calendrier électoral soit respecté.

Ultimatum de la Cedeao

Mais José Mário Vaz, candidat (indépendant) à sa propre succession, avait persisté et nommé un nouveau gouvernement. Ses partisans, comme d’autres candidats à la présidentielle, ont de leur côté dénoncé des ingérences de la communauté internationale.

Les appels du pied de Vaz aux militaires pour forcer l’installation de Faustino Imbali dans le Palais du gouvernement, toujours occupé par l’administration Gomes, avaient aiguisé l’irritation de la Cedeao. Le 6 novembre, l’institution a donc lancé un ultimatum de 48 heures avant la tenue du sommet ce vendredi. « Le comité ministériel lance une dernière fois un appel solennel à tous ceux qui ont été abusivement entraînés dans le gouvernement illégal de Faustino Imbali afin qu’ils démissionnent », avait déclaré Blaise Diplo, le représentant de la Cedeao à Bissau.

Source : jeuneafrique.com

 

Bénin : Albert Tévoédjrè, figure intellectuelle et politique, est décédé

Albert Tévoédjrè (archives).Albert Tévoédjrè est décédé ce mardi 6 novembre à Port-Novo à l'âge de 90 ans. Éminente figure intellectuelle béninoise, fin politicien, celui que l'on surnommait « le renard Djrègbè » fut notamment l'un des artisans de la transition démocratique.

Il était à la fois professeur, intellectuel et homme politique. Il était aussi homme de médiation. Auteur de nombreux livres, dont les plus remarqués furent L’Afrique Revoltée, publié en 1958, et La Pauvreté, richesse des peuples, en 1978, ouvrages cultes dans les milieux tiers-mondistes en Afrique, Albert Tévoédjrè est décédé ce mardi 6 novembre dans une clinique de Porto-Novo.

Celui que l’on surnommait le « renard Djrègbè », sa bourgade d’origine, proche de Porto-Novo, avait aussi joué un rôle central lors de la conférence nationale souveraine du Bénin, qui fut le premier acte de la transition démocratique du pays.

Les années militantes

Né le 10 novembre 1929 dans une famille de sept enfants à Porto-Novo, dans ce que l’on appelait alors le Dahomey, Albert Tévoédjrè suit une formation dans les établissements catholiques. C’est à Dakar qu’il fera ses années de lycée, avant de partir pour la France où il suit des études de Lettres et d’Histoire à l’université.

Membre de l’Union des étudiants catholiques africains (UECA) et de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France  (FEANF) – il sera notamment l’une des plumes de l’Étudiant d’Afrique noire, la revue de la Fédération – Albert Tévoédjrè s’implique dans les mouvements indépendantistes et panafricains. Et n’échappe pas, alors, aux démêlés avec la police française. C’est à cette époque qu’il rédigera L’Afrique révoltée (Éditions Présence africaine), ouvrage qui deviendra rapidement une référence pour toute une génération de jeunes intellectuels et activistes engagés dans la lutte anti-coloniale.

De retour au Dahomey en 1959, il s’engage en politique au sein du Rassemblement démocratique dahoméen (RDD). Sous l’ère d’Hubert Maga, son ascension est alors très rapide. Secrétaire général de la présidence, il deviendra bientôt secrétaire d’Etat à la présidence chargé de l’information.

Carrière internationale

En 1961, il entame sa carrière internationale en devenant secrétaire général de l’Union africaine et malgache. Il en sera cependant écarté deux ans plus tard, sur fond de dissensions avec Hubert Maga. Après une courte traversée du désert, il part aux États-Unis, à Harvard, où il intègre le Bureau international du travail (BIT), dont il devient le coordinateur régional pour l’Afrique en 1966, et directeur général adjoint en 1974.

C’est à cette époque qu’il développera le concept de minimum social commun et celui de contrat de solidarité, une nouvelle approche des relations Nord-Sud, qu’il exposera dans La Pauvreté, richesse des peuples. Alors qu’il évolue depuis dix ans dans l’ambiance feutrée et polie des institutions internationales, Albert Tévoédjrè signe là un brûlot anti-impérialiste, plaidant pour que les États africains reprennent leur souveraineté – économique et politique – confisquée par les anciennes puissances coloniales et les sociétés multinationales.

Il semblerait que les Africains ne soient pas capables de la patience intellectuelle qui permet de résoudre les problèmes liés au partage du pouvoir

« Tévoédjrè ouvre la voie à un débat passionnant : celui qui explore les possibilités d’une libération négociée des pays dominés et de la transformation non capitaliste des sociétés autochtones africaines », écrit alors un certain Jean Ziegler, dans Le Monde diplomatique.

Au milieu des années 1980, il quitte le BIT pour fonder le Centre panafricain de prospective sociale (CPPS), qui se consacre à la recherche, à la formation et à la mise en œuvre de programmes en matière de développement socio-économique en Afrique.

Homme de médiation

Parallèlement, il reprend pied avec la scène politique béninoise, alors que les premiers signes de libéralisation commencent à poindre, au crépuscule du régime militaro-marxiste de Mathieu Kerekou. En 1990, il devient rapporteur de la conférence nationale des forces vives de la nation, qui débouchera sur le multipartisme.

Candidat à la présidentielle de mars 1991, il arrive en troisième position, derrière Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo, qui prend alors le pouvoir. Après avoir participé, aux côtés de Bruno Amoussou et Adrien Houngbédji, à la Convention nationale des forces du changement, il finit par se rallier à la candidature de Mathieu Kérékou à la présidentielle de 1996. Il deviendra ministre – au Plan et à la restructuration économique – de 1996 à 1999.

Nommé en 2003 au poste de Représentant spécial en Côte d’Ivoire du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, il posera sa démission deux ans plus tard. En 2005, il s’était confié à Jeune Afrique, dans des termes laissant affleurer une certaine amertume. « Il semblerait que les Africains ne soient pas capables de la patience intellectuelle qui permet de résoudre les problèmes liés au partage du pouvoir », glissait-il alors.

« Retour aux sources »

Proche notamment d’Aimé Césaire, il lui rendait alors un hommage appuyé, faisant le parallèle avec son propre parcours : « Il n’est pas uniquement fondateur du concept de négritude – avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas -, il a aussi réfléchi sur le phénomène du pouvoir et l’empreinte des puissants sur l’Histoire. Cinquante ans de vie publique ne sont pas parvenus à faire changer mes convictions. Je me suis engagé pour les indépendances africaines après avoir lu le Discours sur le colonialisme. Vous voyez, je retourne aux sources ».

Si ses activités de médiateur et son travail intellectuel l’ont un temps éloigné de son pays, il n’a jamais vraiment quitté la scène politique béninoise. En 2006, après avoir soutenu la candidature de Thomas Boni Yayi à la présidence, il fut nommé médiateur de la République.

Quelques mois après le début du second mandat de ce dernier, un débat sur une éventuelle réforme de la Constitution de 1990 faisait – déjà – rage au Bénin. « La Constitution de décembre 1990, confrontée à l’épreuve du temps et des intrigues politiques, a mis à nu un certain nombre d’insuffisances que reconnaissent les acteurs politiques et la société civile. Depuis Kérékou II, il était question de toiletter la Loi fondamentale. Mais, craignant une révision opportune à des fins de conservation du pouvoir, cette option a été écartée », expliquait-il alors à Jeune Afrique. Avant d’ajouter, immédiatement : « Mais il faut bien que le texte soit révisé un jour, et que quelqu’un en prenne l’initiative. »

Source : jeuneafrique.com

 

 

Mali : face à la menace jihadiste, Ibrahim Boubacar Keïta appelle à « l’union sacrée »

Description imageIbrahim Boubacar Keïta a appelé lundi soir les Maliens à « l'union sacrée » derrière leur armée, face à « la gravité de la situation dans le pays ». Un discours que le président malien a adressé à la nation trois jours après l'une des attaques les plus meurtrières ayant visées l'armée.

Dans un message à la nation diffusé lundi 4 novembre, après un nouveau week-end meurtrier, Ibrahim Boubacar Keïta, qui avait décrété plus tôt dans la matinée trois jours de deuil national, a souligné « la gravité de la situation dans le pays » et mis en garde contre la tentation de tomber dans « le piège de l’ennemi qui est de nous opposer les uns aux autres et de saper le moral de nos vaillants combattants ».

« Dans ces circonstances particulièrement graves où la stabilité et l’existence de notre pays sont en jeu, notre seule réponse doit être l’union nationale, l’union sacrée autour de notre armée nationale » a-t-il rappelé.

Affaiblissement des forces maliennes

L’armée malienne a subi vendredi ses plus lourdes pertes depuis des années. Selon les autorités maliennes, quarante-neuf soldats maliens ont été tués dans l’attaque du camp d’Indelimane, près du Niger, dans le nord-est du pays.

à lire Au Mali, la multiplication des attaques renforce le sentiment anti-français

Cette attaque intervient un mois seulement après que 40 soldats eurent trouvé la mort dans une double attaque jihadiste près de la frontière du Burkina Faso. L’organisation État islamique a revendiqué samedi l’attaque d’Indelimane dans un communiqué signé de sa « Province Afrique de l’Ouest », ainsi que la pose d’une bombe artisanale dans la même zone qui a tué un soldat français de l’opération Barkhane.

Un « nouveau concept opérationnel »

La dégradation de la situation sécuritaire et les revers subis renforcent les interrogations sur la capacité de l’armée malienne à faire face aux agissements jihadistes et aux autres violences auxquelles le Mali est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants.

Ils avivent aussi la crainte que l’État et le président malien ne soient à court de ressources. Face aux attaques, le président malien a dit avoir ordonné récemment pour l’armée l’élaboration d’un « nouveau concept opérationnel qui donne une part importante à l’offensive ».

Le soutien des forces étrangères, française, africaine et onusienne déployées au Mali « nous est plus que jamais nécessaire et c’est pourquoi je demande à ce que nous ne nous trompions pas d’ennemis », a-t-il dit, en écho évident aux voix qui s’élèvent contre la présence de troupes étrangères dans le pays. Il a présenté les condoléances du Mali à la France après la mort du brigadier Ronan Pointeau, tué ce week-end par un engin explosif.

La ministre française des Armées, Florence Parly, doit se rendre au Mali ce mardi, dans le cadre d’une tournée qui l’a menée lundi à N’Djamena et Ouagadougou.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : Khalida Toumi, ex-ministre de la Culture, placée en détention provisoire

Khalida Toumi, ancienne ministre de la Culture de 2002 à 2014, a été ce lundi 4 novembre mise en examen pour "dilapidation des deniers publics" et placée en détention provisoire à la prison d’El Harrach, dans la banlieue Est d’Alger. Elle s'était affichée depuis novembre dernier aux côtés des opposants au pouvoir en place.

Le placement de Khalida Toumi sous le régime du mandat de dépôt fait suite à son audition ce lundi par un magistrat instructeur près la Cour suprême, sur les hauteurs de la capitale, et à sa mise en examen pour des faits présumés de dilapidation des deniers publics.

L’incarcération de Khalida Toumi intervient dans un moment de vives tensions entre le ministre de la Justice et des magistrats. Depuis dimanche 27 octobre, des juges et des procureurs sont en « grève illimitée » pour réclamer l’indépendance de la justice et l’annulation du changement d’affectation qui touche 3 000 magistrats.

Khalida Toumi rejoint ainsi deux anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, ainsi que plusieurs ministres de l’ancien président Bouteflika qui font l’objet de poursuites judiciaires dans des affaires de malversations, de corruption et d’abus de fonctions supposées.

Une tente géante

Le parquet a entendu Khalida Toumi pour une affaire de dilapidation des deniers publics présumée. En juin 2019, le procureur de la République près le tribunal de Tlemcen, Me Koubai Belahoual, avait annoncé l’ouverture d’une enquête sur une affaire de surfacturation dans l’acquisition en Allemagne d’une tente géante lors de la manifestation « Tlemcen capitale de la culture islamique 2011 ».

L’ex-ministre de la Culture, Khalida Toumi, qui avait chapeauté cette manifestation, ainsi que l’ex-wali (préfet) de Tlemcen, Abdelouahab Nouri, devaient être entendus par la justice dans le cadre de ce dossier.

Les deux personnes n’ont pas pu être auditionnées par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, puisque Khalida Toumi se trouvait en France et qu’Abdelwahab Nouri, malade, était dans l’incapacité de se rendre au tribunal, a indiqué le procureur de Tlemcen en juillet.

Une militante des droits humains passée par les arcanes du pouvoir

Khalida Toumi avait apposé un démenti sur sa supposée fuite à l’étranger en expliquant n’avoir jamais quitté le pays. « Je vis et j’habite à Alger, a-t-elle déclaré à l’agence officielle APS peu de temps après les propos du procureur évoquant son voyage en France. Je n’ai pas quitté mon pays depuis au moins un an et je ne compte pas du reste le quitter. Je suis à la fois stupéfaite, effarée et indignée par la légèreté avec laquelle des mensonges aussi graves sont colportés, sans chercher à aucun moment à faire des vérifications, en atteinte flagrante aux droits élémentaires d’une citoyenne. »

Âgée de 61 ans, Khalida Toumi était une militante des droits de l’Homme et de la démocratie durant les années 1980 et 1990 avant de rejoindre le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), parti au sein duquel elle a occupé les fonctions de député puis de vice-présidente, avant d’en être exclue en 2000.

Elle a été nommée ministre de la Culture en juin 2002, poste qu’elle assuré jusqu’à son débarquement de ce ministère le 5 mai 2014, au lendemain de la réélection du chef de l’État Abdelaziz Bouteflika, dont elle était très proche, à un 4e mandat.

Depuis, elle s’est tenue à une certaine discrétion. Installée à Alger, elle est restée auprès de sa mère, malade d’Alzheimer. Après avoir signé une demande d’entrevue avec le président Bouteflika en novembre 2015, conjointement avec 18 personnalités, pour vérifier son aptitude à gouverner, Khalida Toumi a rompu son silence en mai dernier pour apporter son soutien à Louisa Hanoune, secrétaire générale du PT (Parti des travailleurs) après son incarcération à la prison de Blida et sa mise en examen dans le cadre d’une affaire de complot contre l’autorité de l’armée pour laquelle la femme politique a été condamné à 15 ans de prison en septembre dernier.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : qui sont les cinq candidats retenus pour l’élection présidentielle ?

Le président de l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, a annoncé samedi 2 octobre lors d'une conférence de presse les noms des cinq candidats retenus pour le scrutin présidentiel du 12 décembre. Parmi eux figurent quatre anciens ministres.

Parmi les cinq candidats figurent sans surprise les deux favoris de la présidentielle du 12 décembre : Ali Benflis, 75 ans, ancien chef du gouvernement et deux fois candidat malheureux à l’élection présidentielle ; et Abdelmadjid Tebboune, ministre à plusieurs reprises, ancien wali (préfet) et éphémère Premier ministre – en 2017 – du président Abdelaziz Bouteflika.

Dans la liste de candidats annoncée par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections, on retrouve également Azzedine Mihoubi, ex-ministre de la Culture et secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND). Sa candidature est une première pour cette formation, traditionnel soutien du président déchu.

Sont enfin en lice pour briguer la magistrature suprême, Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustakbel et Abdelkader Bengrina, ancien ministre du Tourisme et ex-cadre du Mouvement de la société pour la paix (MSP) – seul représentant islamiste, les autres formations de la mouvance ayant décidé de ne pas prendre directement part au scrutin.

5 candidats retenus sur 23 postulants

« Ce sont là les postulants dont les dossiers de candidature à la présidence de la République ont rempli toutes les conditions requises au terme de l’opération d’étude et de vérification des dossiers des 23 postulants, déposé samedi dernier jusqu’à minuit », a précisé le président de l’ANIE.

De gauche à droite sur la vidéo : Azzedine Mihoubi (60 ans), Abdelaziz Mihoubi (56 ans), Ali Benflis (75 ans), Abdelkader Bengrina (57 ans) et Abdelmadjid Tebboune (74 ans).

Il a également précisé que Abdelmadjid Tebboune est celui qui a présenté le plus de parrainages : 124 000, dont 104 000 ont été validés. Il est suivi de Ali Benflis (81 000 validés), Abdelaziz Belaïd (85 000), Abdelkader Bengrina (83 000) et Azzedine Mihoubi (65 000).

143 personnalités et partis politiques avaient retiré les formulaires de souscription, mais de nombreux aspirants candidats ont buté sur l’opération de collecte des parrainages des électeurs.

L’ANIE sera chargée de superviser la campagne électorale, et notamment de répartir équitablement le temps de parole entre les différents candidats. La course débutera officiellement le 7 novembre, dans un contexte marqué par le rejet populaire d’une élection organisée sous la houlette du système actuel, mais aussi par l’installation contrariée de plusieurs délégations locales de la commission électorale à travers le pays, notamment en Kabylie.

Source : jeuneafrique.com

 

Une marée humaine défile dans les rues d'Alger pour une «nouvelle indépendance»

Une marée humaine s'est répandue vendredi dans les rues d'Alger pour réclamer une « nouvelle indépendance », 65 ans jour pour jour après le début de la lutte armée contre le colonisateur français.

Ce 37e vendredi consécutif de manifestations en Algérie, la mobilisation est similaire à celle constatée au plus fort du « Hirak », le mouvement de contestation inédit du régime dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

On s’attendait à une mobilisation importante puisque dès jeudi soir, des milliers de personnes avaient défilé dans le centre-ville et, effectivement, ils sont des centaines de milliers samedi après-midi à Alger.

Les Algériens sont venus en famille, il y a beaucoup d’enfants et de femmes cette semaine. La plupart des manifestants ont enroulé un drapeau autour de leurs épaules et certains ont même décroché les drapeaux installés dans les rues par les autorités - puisque le 1er novembre est une fête nationale -, pour manifester avec.

Les manifestants scandaient « indépendance », demandaient le départ des autorités, le départ du chef d’état-major. Les revendications d’état civil, de départ de la mafia étaient encore très présentes. L’actualité de l’élection présidentielle n’est pas oubliée puisque la foule chantait qu’elle n’irait pas voter.

Des messages virulents aussi auprès du président par intérim Abdelkader Bensalah. Il avait déclaré la semaine dernière en audience face à Vladimir Poutine, le président russe, que seuls quelques éléments continuaient à manifester. Cet entretien dans son ensemble, mais aussi cette phrase en particulier, visiblement, ne sont pas passés auprès de l’opinion algérienne.

Source : RFI

 

Tunisie : Kaïs Saïed dévoile les premiers noms de ses conseillers

Une semaine après son investiture, mercredi 23 octobre, le président Kaïs Saïed a désigné les premiers membres de son cabinet, avec un fort accent mis sur la diplomatie.

Depuis sa prise de fonction à Carthage, le président de la République enchaîne les rencontres, notamment avec les forces politiques du pays. Il n’en a pas moins pris le temps d’organiser son premier cercle, dont les noms ont été annoncés officiellement le 30 octobre – avec prise de fonctions immédiate.

Ces nominations, sans surprises pour ceux qui connaissent l’environnement du nouveau président, confirment qu’il accorde sa confiance à ses compagnons de route et des personnes dont il a éprouvé la fidélité – et la discrétion – notamment au cours de la campagne présidentielle. Les désignations ont néanmoins été élaborées « conformément aux normes de compétence et de professionnalisme, afin de préserver la neutralité de la présidence », affirme un communiqué du palais.

Tropisme arabe

À la tête du cabinet présidentiel, on retrouve Tarek Bettaïeb. Ancien ambassadeur à Téhéran, il a aussi dirigé jusqu’en 2014 la mission diplomatique tunisienne à Abou Dhabi, au Caire, à Jakarta ainsi qu’en Libye. Ce diplomate de carrière est d’ailleurs un spécialiste de la crise libyenne, ayant conduit plusieurs délégations nationales à l’occasion de réunions internationales sur le sujet.

Après le départ du ministre des Affaires étrangères, Bettaïeb aura vraisemblablement un rôle important à jouer en matière diplomatique

Sa nomination est conforme au règlement intérieur du ministère des Affaires étrangères, qui stipule que les chefs de mission diplomatique à l’étranger peuvent être rappelés pour des missions déterminées. En attendant la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale, et après le départ du ministre des Affaires étrangères, il aura vraisemblablement un rôle important à jouer en matière diplomatique.

Le chef de l’État, à qui la Constitution confie le haut commandement des forces armées, a également fait du général de brigade Mohamed Salah Hamdi son conseiller à la sécurité nationale. Cet ancien chef d’état-major de l’Armée de terre, qui a quitté ses fonctions à la Défense en 2014, a été attaché militaire en Libye en 2011, avant de succéder en 2013 au général Rachid Ammar.

Diplomatie

Kaïs Saïed semble faire de la diplomatie, qui est avec la sécurité nationale l’une des prérogatives du président de la République, une priorité de son début de mandat, puisqu’il a désigné aussi le diplomate Tarek Hannachi à la tête du protocole. À ce poste, il pourra s’appuyer sur son expérience de terrain à Benghazi et à Alger, ainsi qu’au cabinet du ministre des Affaires étrangères.

Mais c’est la nomination d’un autre diplomate, Abderraouf Bettaïeb, au rang de ministre conseiller au cabinet présidentiel, qui a surtout attiré l’attention. Formé en droit international, il a occupé différents postes diplomatiques à La Haye et au Caire, avant d’être chargé en 1992 de la collaboration avec la Banque mondiale. Consul de Tunisie à Djeddah, en Arabie saoudite, il a fait un passage par Tunisair, avant de réintégrer les Affaires étrangères et de devenir ambassadeur à Budapest (Hongrie) de 2013 à 2015. Connu pour sa proximité avec le président, sa nomination était un secret de polichinelle, puisqu’il a participé à la plupart des entretiens que Kaïs Saïed a accordés depuis son entrée en poste.

Dossiers prioritaires

Parmi les nouveaux collaborateurs officiels du président se trouvent également deux femmes. Rachida Ennaifer, tout d’abord, qui sera chargée de la communication du palais. Cette ancienne journaliste et enseignante à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis et à l’Institut de presse et des sciences de l’information (Ipsi) connaît le président de longue date. Elle est réputée pour ses prises de position sans concessions, qui lui ont notamment valu de claquer en 2015 la porte de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica).

Ce premier socle de nominations sera étoffé dans les jours à venir, avec la nomination de conseillers et d’un chargé des affaires politiques

Pour veiller au respect de la Constitution, Nadia Akacha, docteure en droit public, spécialiste du droit constitutionnel, prend quant à elle la direction du département des affaires juridiques à la présidence. Cette jeune femme est aussi connue sur la scène internationale, notamment en Europe, pour sa participation en 2011 et 2014, en tant qu’analyste juridique puis conseillère, à la Mission d’observation électorale de l’Union européenne en Tunisie (MOE-UE). Comme Kaïs Saïed, elle est membre de l’Association tunisienne de droit constitutionnel. Parmi ses dossiers prioritaires figurera notamment celui, épineux, de la mise en place de la Cour constitutionnelle.

Ce premier socle de l’équipe sera étoffé dans les jours à venir, notamment avec la nomination de conseillers, mais également d’un chargé des affaires politiques. La désignation, mercredi 30 octobre, de nouveaux ambassadeurs à Alger, Doha, Moscou et Islamabad a par ailleurs confirmé la volonté de placer ce début de quinquennat sous le signe de l’action diplomatique.

Source : jeuneafrique.com