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Politique dans le Monde

Cisjordanie: Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international

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Cisjordanie: Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international20 Minutes - Après l’ouverture de son ambassade à Jérusalem, l’administration Trump double la mise : les Etats-Unis ne considèrent plus contraires au droit international les colonies israéliennes en Cisjordanie, a annoncé lundi le chef de la diplomatie américaine, alors que ces occupations de territoires palestiniens sont au contraire jugées illégales par l’ONU et une grande partie de la communauté internationale.

« Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique, (nous concluons que) l’établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n’est pas en soi contraire au droit international », a dit Mike Pompeo.

Cette décision pourrait être interprétée comme un coup de pouce au Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahou, qui a proposé d’annexer une partie des colonies de Cisjordanie occupée.

Pas un feu vert à la colonisation, selon Pompeo

« La vérité, c’est qu’il n’y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n’apporteront pas la paix », a estimé Mike Pompeo, assurant qu’il ne s’agissait ni d’une ingérence dans la politique israélienne, ni d’un feu vert à la colonisation.

Cette décision a aussitôt été saluée par Netanyahou dans un communiqué : Cette décision « est le reflet d’une vérité historique – que les juifs ne sont pas des colonisateurs étrangers en Judée-Samarie (nom biblique utilisé en Israël pour désigner la Cisjordanie occupée). En fait, nous sommes appelés juifs car nous sommes le peuple de Judée », a-t-il dit dans un communiqué. L’Autorité palestinienne, de son côté a aussitôt dénoncé cette décision.

20 Minutes avec AFP

Source : 20 Minutes (France)

 

 

Législatives en Espagne: les socialistes en tête, l'extrême droite renforcée

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mediaLes socialistes du PSOE gagnent les élections, mais n'obtiennent pas la majorité absolue. Le parti d'extrême droite Vox a plus que doublé son score du mois d'avril et devient la troisième force politique du pays. Le résultat de ces élections augure d'une poursuite de l'instabilité politique.

Le Premier ministre socialiste sortant Pedro Sanchez est arrivé dimanche en tête mais n'a pas amélioré ses chances de gouverner. Après le dépouillement de près de 100% des bulletins de vote, le Parti socialiste (PSOE), qui espérait obtenir une majorité claire pour mettre fin au blocage politique, ne compte plus que 120 députés contre 123 après le précédent scrutin, en avril.

Le scénario se répète : pour la deuxième fois en six mois, les socialistes se retrouvent loin des 176 sièges nécessaires pour former un gouvernement stable. Un coup d'épée dans l'eau. Le deuxième parti est le Parti populaire, qui améliore son score par rapport à sa déroute du scrutin d'avril dernier. Les conservateurs du PP obtiennent 88 sièges, contre 66 aux législatives d'avril.

Le parti de l'extrême droite Vox, fondé il y a cinq ans, marginal il y a encore un an, arrive troisième et double son nombre de sièges. Vox obtient 52 députés, contre 24 lors des précédentes élections en avril. Il aurait bénéficié de l'émoi suscité par la crise en Catalogne, qui a dominé la campagne marquée par plusieurs nuits de violences, suite à la condamnation mi-octobre de neuf dirigeants indépendantistes à de lourdes peines de prison pour la tentative de sécession de 2017.

« L’unité nationale et le rétablissement de l’ordre constitutionnel »

Avec un score de 15% des suffrages, Vox a donc gagné un million d’électeurs, décompte notre envoyée spéciale Juliette Gheerbrandt. Ces derniers mois, au prix de nombreuses concessions programmatiques, cette formation a permis au Parti populaire et à Ciudadanos - le parti centriste qui s’effondre à 10 sièges contre 52 il y a six mois - de prendre le pouvoir à Madrid, mais aussi dans la région de Murcie et en Andalousie, un bastion historique des socialistes.

Devant des militants venus nombreux fêter la percée, son président Santiago Abascal s'est félicité que Vox ait réalisé la plus fulgurante ascension politique de l'histoire démocratique de l'Espagne : « Je crois que nous pouvons être très satisfaits, au-delà des incertitudes que le futur nous réserve, parce qu'aujourd’hui une alternative patriotique et sociale s’est affirmée en Espagne ».

Et d'énumérer : « Une alternative qui demande l’unité nationale et le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Catalogne, en appliquant nos lois de façon implacable ; qui demande l’égalité de tous les Espagnols sur l'ensemble du territoire national, en exigeant la transformation du statut des régions autonomies, anti-égalitaire et liberticide ; qui demande la concorde face aux vieilles haines que certains veulent réveiller. »

Si Vox a récemment progressé, ce serait notamment à cause des manifestations qui ont suivi la condamnation des dirigeants séparatistes à de lourdes peines de prison. Les séparatistes qui, précisément, sortent légèrement renforcés du scrutin, ce qui va encore compliquer la résolution de la crise catalane. Les fils du dialogue seront en effet encore plus difficiles à renouer à Barcelone.

Mais Vox « demande aussi des frontières sûres face à l’immigration illégale », « la défense de la famille et de la vie face au relativisme », « et bien entendu qu’on prête attention à l’urgence sociale ». « Des millions d’Espagnols sont en difficulté, et ils voient avec perplexité les affrontements sectaires des partis politiques, ils voient avec perplexité ce qui se passe en Catalogne et ils ne comprennent pas », analyse le dirigeant d'extrême droite.

« Appel à tous les partis politiques sauf à ceux qui s’excluent »

Pendant la campagne, le socialiste Pedro Sanchez a tenté de mobiliser son électorat contre la montée de Vox, qu'il présentait comme un retour du franquisme, en dénonçant la droite qui n'a pas hésité à s'allier avec ce parti pour prendre le contrôle de l'Andalousie, la région plus peuplée d'Espagne, de la région de Madrid, la plus riche, et de la mairie de la capitale. Il ne semble pas avoir été entendu.

Au terme des résultats définitifs, l’Espagne semble être un pays moins gouvernable que jamais. Et l'on voit mal aujourd’hui quelles peuvent être les possibles alliances pour former un gouvernement stable. Même si le socialiste Pedro Sanchez s’entendait avec le chef de Podemos Pablo Iglesias, cela ne lui donnerait pas une majorité suffisante à l’Assemblée.

« J’aimerais lancer un appel à tous les partis politiques, car ils doivent agir avec générosité et responsabilité pour débloquer la situation politique en Espagne, a réagi le président du gouvernement sortant. Le Parti socialiste lui aussi s’appliquera à débloquer cette situation avec générosité et responsabilité. La démocratie nous a appelés aux urnes aujourd’hui, elle nous appelle à partir de demain à sortir du blocage tous partis confondus, et elle appelle à un gouvernement progressiste dirigé par les socialistes. »

« Je dois vous dire que je m’engage à ce que cette fois, oui, oui et encore oui, nous réussissions à mettre en place un gouvernement progressiste, martèle Pedro Sanchez. Et pour cela, nous allons mettre fin à la paralysie du pays. Notre appel ne dépend pas que du PSOE, les Espagnols nous ont dit aujourd’hui dans les urnes qu’il dépendait de formations politiques différentes. Mais nous en appelons à tous les partis politiques sauf à ceux qui s’excluent eux-mêmes du vivre ensemble et qui sèment un discours haineux et  antidémocratique. »

Le phénomène est très préoccupant, alors que le pays vit de façon très instable depuis 2015, avec quatre élections qui n’ont abouti qu’à des exécutifs fragiles et minoritaires. La répétition électorale n’a fait qu’empirer la situation et provoqué une immense lassitude de l’opinion publique, relève notre correspondant à Madrid, François Musseau. Outre les conservateurs, ce sont surtout les populistes d’extrême droite qui réveillent les fruits de cette fatigue et de cette colère.

Source : RFI

 

L'ex-président brésilien Lula est sorti de prison

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mediaL'ex-président brésilien Lula a été libéré vendredi 8 novembre, accueilli par une véritable marée rouge de militants de gauche à sa sortie de prison à Curitiba (sud), après plus d'un an et demi d'incarcération.

Veste sombre et grand sourire, Luiz Inacio Lula da Silva, 74 ans, est sorti à pied, souriant aux côtés de sa compagne, la sociologue Rosangela da Silva, et embrassant chaleureusement ses sympathisants munis de drapeaux rouges. Le dirigeant du Parti des travailleurs a promis de « continuer à lutter » pour le peuple brésilien, même si ses ennuis avec la justice sont loin d’être terminés.

Combatif, l'ancien chef d'État, favori de la dernière présidentielle avant son incarcération, a rapidement harangué la foule. Des milliers de militants étaient là, certains en larmes, devant le siège de la police fédérale de Curitiba, où il purgeait une peine de huit ans et dix mois de prison pour corruption et blanchiment. Il a été libéré suite à un arrêt du Tribunal suprême fédéral, après 580 jours de détention.

Sur un score serré de six voix contre cinq, les magistrats de ce tribunal, la plus haute juridiction du pays, ont ainsi mis fin, tard jeudi soir, à une jurisprudence selon laquelle une personne peut être emprisonnée avant l'épuisement de tous ses recours si sa condamnation a été confirmée en appel, comme c'est le cas pour l'ancien président socialiste, élu en 2002 et 2006 à la tête du pays.

À sa sortie, l'émotion était grande parmi ses soutiens. « Hier, je ne voulais même pas assister au vote (des juges de la Cour suprême, NDLR), je n'y croyais pas. Mais quand j'ai vu le résultat, j'ai crié, j'ai pleuré et maintenant je suis ici, je ne pouvais pas rater ça », confie Lucia Fernandes, 58 ans, arborant devant le siège de la police de Curitiba une casquette signée par Lula da Silva lui-même.

« Toute ma vie, j'ai échangé avec le peuple brésilien, mais je n'avais jamais imaginé un jour comme celui-là, un jour où je puisse discuter avec des hommes et des femmes qui ont tenus bon pendant 580 jours en m'adressant des messages comme "bonjour Lula", "bonne soirée Lula", hurlant "bonne nuit Lula" ! Qu'il pleuve ou qu'il vente, qu'il fasse 40° ou 0° degré, vous étiez là », a lancé Lula.

Je vais m'entretenir avec les membres du syndicat de la métallurgie, et après, les portes du Brésil me seront à nouveau ouvertes pour que je puisse parcourir le pays et aller à la rencontre du peuple

Dans son premier discours, l’ancien président a critiqué ce qu’il a appelé « le côté pourri » de l’État brésilien et de sa justice. Il s’est d’ailleurs adressé à Sergio Moro, l’ancien juge anti-corruption à l’origine de sa condamnation, nommé ministre de la Justice par le président Jair Bolsonaro. « Vous n’avez pas arrêté un homme, vous avez tenté de faire disparaitre une idée », a-t-il reproché.

Même s'il affirme qu'il n'éprouve pas de rancœur, celui qui avait laissé sa place en 2010 à une fidèle, Dilma Rousseff, à l'issue de ses deux mandats de président, a dénoncé la face sombre du parquet, de la police fédérale, mais aussi du fisc, qui ont tenté, dit-il, de « criminaliser la gauche ». Il a par ailleurs accusé le président d’extrême droite de passer son temps à mentir sur Twitter.

Après ce premier bain de foule, Lula doit se rendre près de Sao Paulo, au syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo do Campo, en banlieue de Sao Paulo. C'est son quartier général historique, il y était resté retranché avec ses partisans avant de se rendre aux autorités pour commencer à purger sa peine en avril 2018. Il a annoncé qu’il allait entamer une tournée dans tout le Brésil pour fêter sa libération.

Il va donc relancer les fameuses « caravanes » qui lui ont permis d'accroître sa popularité auprès des plus pauvres du Brésil, pour incarner l'opposition à M. Bolsonaro. Si la justice l'autorise à quitter son pays, il compte également voyager à l'étranger : le journal O Globo croit savoir qu'il a été invité à l'investiture du nouveau président péroniste argentin Alberto Fernandez, le 10 décembre.

Lula affirme qu’il va reprendre son bâton de pèlerin et sillonner le Brésil, comme s’il voulait battre campagne - même si pour l’instant, il n’est pas éligible. Il va naturellement prendre la tête de l’opposition au président Bolsonaro. Une opposition qui a accusé le coup après la victoire de l’extrême droite aux élections de l’an dernier, et qui va donc tenter de retrouver un certain élan.

Des sympathisants de l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva devant le siège de la police fédérale où Lula purge une peine de prison, à Curitiba, au Brésil, le 8 novembre 2019. REUTERS/Rodolfo Buhrer

Au delà de Lula, d'autres détenus pourraient bénéficier de l'arrêt pris jeudi soir : ils sont près de 5 000 à être concernés par cette décision, qui sera appliquée au cas par cas et change radicalement l'application des peines au Brésil. De nombreux détenus condamnés dans le cadre de l'opération « Lavage Express », qui a fait trembler toute la classe politique, pourraient recouvrer la liberté.

Adulé par une partie des Brésiliens, fascinés par cet ex-ouvrier métallurgiste arrivé au sommet de l'État pour sortir des millions de personnes de la misère grâce à d'ambitieux programmes sociaux, Lula da Silva est aussi détesté par une autre partie de la population, pour qui il est responsable d’avoir couvert d’énormes scandales de corruption à grande échelle, qui minent le Brésil.

« La Cour suprême a voté contre le peuple », a déploré Major Olimpo, le leader au Sénat du PSL, le parti du président Jair Bolsonaro, animé par une farouche haine du PT. Le président, habituellement très disert sur Twitter, est resté étrangement silencieux sur le sujet, alors qu'il y a un peu plus d'un an, il avait lâché en pleine campagne qu'il souhaitait voir Lula « pourrir en prison ».

Des rebondissements judiciaires sont possibles : Lula est mis en cause dans plusieurs affaires et la Cour suprême doit rendre de nouveaux jugements. Dans un procès en appel qui aura lieu le 27 novembre, il est accusé d’avoir reçu des pots-de-vin de plusieurs centaines de milliers d’euros, lors de travaux effectués dans une maison de vacances, par une entreprise de BTP, contre des contrats publics.

Sa libération divise profondément les Brésiliens. Ses opposants ont déjà appelé à manifester contre lui... dès ce samedi. Ce qui pourrait être le début d’une grande foire d’empoigne entre l’extrême droite et l’ancien président de gauche au Brésil. Mais Lula ne risque pas d'être incarcéré de nouveau prochainement. Son tout premier projet prioritaire désormais : épouser sa nouvelle campagne.

Source : RFI

 

Guerre au Yémen: l'Arabie saoudite annonce être en «contact» avec les Houthis

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mediaL'Arabie saoudite annonce qu'elle a « des contacts » avec les rebelles houthis du Yémen dans le but de mettre fin à la guerre dans ce pays. Le royaume saoudien a pris la tête en 2015 d'une coalition régionale en guerre au Yémen contre ce mouvement rebelle sans être parvenu à défaire militairement les Houthis.

Pas de réaction des Houthis pour l'instant alors qu'un responsable saoudien parle de « contacts » depuis 2016 avec la rébellion houthie du Yémen.

Ces dernières années plusieurs efforts internationaux ont permis des discussions entre le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite et les Houthis sans réels résultats politiques.

Impasse militaire

En septembre dernier, un responsable américain a révélé que Washington était aussi en contact avec le mouvement rebelle. Désormais c'est le royaume saoudien qui reconnait qu'un canal de discussion existe avec les Houthis.

L'Arabie Saoudite, dont le choix militaire est dans une impasse puisque depuis 2015 son intervention au Yémen a causé des milliers de morts et provoqué une catastrophe humanitaire sans pour autant vaincre les rebelles qui contrôlent toujours un vaste territoire incluant Sanaa la capitale.

La négociation éventuelle passe aussi par l'Iran

Les Houthis sont soutenus politiquement par l'Iran et Téhéran est aussi accusé de les armer. Une éventuelle négociation de paix au Yémen passera donc aussi par la République islamique.

Source : RFI

 

Les États-Unis officialisent leur sortie de l'accord de Paris sur le climat

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mediaLe gouvernement américain a notifié lundi à l’ONU sa décision de sortir de l’accord sur le climat, confirmant sa promesse.

Les États-Unis ont officiellement entamé les démarches pour quitter l’accord de Paris sur le climat. La lettre était attendue depuis 2017, mais ne pouvait pas être envoyée plus tôt, aucun pays ne pouvant sortir avant le troisième anniversaire de son entrée en vigueur, le 4 novembre 2016. C’est-à-dire lundi.

Donald Trump avait annoncé son intention de se désengager de cet accord qui vise notamment à limiter les émissions de gaz à effets de serre. « Aujourd'hui, les États-Unis entament le processus de retrait de l'accord de Paris. Conformément aux termes de l'accord, les États-Unis ont soumis une notification formelle de leur retrait aux Nations unies. Le retrait sera effectif un an après la notification », a déclaré le chef de la diplomatie Mike Pompeo dans un communiqué.

Retrait effectif le lendemain de la présidentielle

Le retrait des Américains sera donc effectif le 4 novembre 2020, au lendemain de l’élection présidentielle américaine.

« Ce que ça change, c’est le signal envoyé au reste du monde, estime David Levaï, spécialiste du climat, chercheur associé à l’Institut sur le développement durable et les relations internationales (Iddri). La question qui va se poser désormais, c’est : est-ce que la parenthèse Trump sera close l’année prochaine et qu’on pourra attendre un retour d’une nouvelle administration démocrate dans l’Accord de Paris et dans l’action collective sur le climat ? Ou est-ce qu’une nouvelle période Trump va s’ouvrir après l’élection présidentielle ? Auquel cas, cela va redistribuer les cartes et cela va poser énormément de questions sur la capacité de travailler au niveau multilatéral avec les États-Unis. On est dans un effort global, collectif. Les États-Unis, c’est 17% des émissions mondiales. Il n’y a que l’action collective qui puisse sauver la planète. Donc forcément, sans les États-Unis, sans l’action du gouvernement fédéral, il y a énormément de choses qui ne pourront pas être faites. »

Les États-Unis sont le seul pays à s’être désengagés du texte signé par 197 pays. Jusqu'à présent, Washington continuait à occuper leur siège, discrètement, pour peser sur son application, au cas où justement il réintègrerait l'accord. Ils devraient continuer à envoyer des délégations aux grands sommets, comme la COP25 en Espagne, selon l'AFP qui cite le département d'État.

Les conservateurs américains ont salué l'annonce. Mais la présidente de la chambre basse du Congrès, la démocrate Nancy Pelosi, y a vu une « nouvelle décision anti-science (...) qui vend l'avenir de notre planète et de nos enfants ». La France a de son côté dit « regretter » l’annonce américaine ».

Source : RFI

 

Florence Parly débute au Tchad une tournée sahélienne

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Florence Parly débute au Tchad une tournée sahélienneLe Figaro - La ministre des Armées se rend dans les pays du Sahel, deux jours après la mort de Ronan Pointeau, un soldat de l'opération Barkhane.

La ministre française des Armées, Florence Parly, a débuté au Tchad lundi 4 novembre au matin une visite dans les pays du Sahel, deux jours après la mort au Mali d'un soldat français de l'opération antijihadiste Barkhane, dans un contexte sécuritaire régional très dégradé.

«Ce voyage se tient dans un contexte sécuritaire extrêmement difficile», a déclaré à l'AFP la ministre dans l'avion l'emmenant à N'Djamena, où elle devait rencontrer le président tchadien Idriss Déby, ainsi que le général Pascal Facon, nouveau commandant de la force Barkhane, qui mobilise 4500 militaires français dans la bande sahélo-saharienne.

La visite de Florence Parly au Sahel, dont les prochaines étapes restaient encore confidentielles pour des raisons de sécurité, intervient alors qu'un soldat français a trouvé la mort samedi dans le nord-est du Mali, près de la frontière du Niger, au lendemain d'une attaque dans la même région contre une base militaire malienne qui a fait 49 morts.

La pose de l'engin artisanal qui a tué le brigadier français Ronan Pointeau a été revendiquée par le groupe djihadiste État islamique au Grand Sahara (EIGS), de même que l'attaque la veille contre la base des forces armées maliennes (FAMa).

Les violences jihadistes persistent dans le nord du Mali, six ans après l'intervention militaire française Serval. Elles se sont propagées vers le centre du pays ainsi qu'au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires qui ont fait des centaines de morts.

Les armées nationales de ces pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d'enrayer la progression des attaques malgré l'appui de troupes étrangères et notamment des militaires français.

Voisin du Mali, le Burkina Faso est pris depuis près de cinq ans dans une spirale de violences attribuées à des mouvements djihadistes, certains affiliés à al-Qaïda et d'autres au groupe État islamique. Depuis 2016, 204 militaires burkinabés ont péri lors d'attaques djihadistes, qui ont fait au moins 630 morts civils et militaires, selon un comptage de l'AFP.

Par Le Figaro avec AFP
Source : Le Figaro (France)

 

États-Unis : la Chambre des représentants approuve l'enquête en vue de destituer Donald Trump

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États-Unis: la Chambre des représentants approuve l'enquête en vue de destituer Donald Trump La Chambre des représentants a voté pour le lancement d'une procédure de destitution à l'encontre du président Donald Trump.

La Chambre américaine des représentants a approuvé ce jeudi l'enquête en vue d'une procédure explosive de destitution contre Donald Trump, la propulsant dans une nouvelle phase publique. La Chambre des représentants, à majorité démocrate, a adopté cette résolution par 232 voix favorables contre 196 voix, les élus se conformant largement aux consignes de leur parti.

Les parlementaires démocrates tentent de démontrer que Donald Trump a fait pression sur Kiev pour obtenir de quoi salir l'ancien vice-président démocrate, Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de l'élection de 2020. Le président américain dément tout manquement à ses fonctions et se dit visé par un "coup d'Etat".

Le président Donald Trump a immédiatement réagi en publiant un tweet en lettres capitales. Il dénonce "LA PLUS GRANDE CHASSE AUX SORCIÈRES DE L'HISTOIRE AMÉRICAINE".

Source : BFMVT (France)

 

Le Premier ministre libanais Saad Hariri annonce sa démission

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mediaLe Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé ce mardi qu'il allait présenter la démission de son gouvernement. Depuis treize jours, le Liban traverse une crise politique profonde marquée par de nombreuses manifestations.

« Je me rends au Palais de Baabda pour présenter la démission du gouvernement au président de la République. » C'est par ces mots que Saad Hariri a annoncé son départ ce mardi. Une brève allocution télévisée au cours de laquelle le Premier ministre a appelé les Libanais à préserver la paix civile.  Le chef du gouvernement a reconnu être dans une « impasse ».

Depuis deux semaines, les manifestations de défiance à l'encontre d'une classe politique accusée de corruption et de mauvaise gestion des finances publiques se multiplient. Les contestataires la jugent responsable de la pire crise économique depuis la guerre civile des années 1975-1990.

Peu de concessions

Le pouvoir n'avait jusqu'à présent fait aucune concession significative face à la colère populaire déclenchée le 17 octobre par l'annonce d'une taxe sur les appels via la messagerie WhatsApp. Un impôt annulé depuis, mais cela n'a pas suffi à faire retomber la colère. Lors d'un discours télévisé le 21 octobre dernier, Saad Hariri avait annoncé un plan de réformes, qui n'avait pas convaincu les foules.

De son côté, le président Michel Aoun avait évoqué, le 24 octobre, la possibilité d'un remaniement ministériel qui ne s'est pas concrétisé jusqu'ici en raison des divisions internes dans son gouvernement.

Dans ce contexte politique extrêmement tendu, ce mardi, des manifestants bloquaient déjà certains axes de Beyrouth. Peu avant l'annonce de la démission d'Hariri, des dizaines d'assaillants armés de bâtons avaient lancé une attaque contre le principal site de rassemblement des manifestants dans le centre de Beyrouth, signe des tensions grandissantes.

Source : RFI

 

Argentine: le péroniste Alberto Fernandez vainqueur dès le premier tour

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mediaLe péroniste Alberto Fernandez a remporté dimanche la présidentielle argentine face au chef de l’État sortant, le libéral Mauricio Macri.

Les Argentins ont donc choisi le retour au péronisme. Le candidat de centre-gauche Alberto Fernandez a remporté, dès le premier tour dimanche, l'élection présidentielle avec plus de 47% des voix, contre un peu plus de 41% pour le président sortant Mauricio Macri. Selon le ministère de l'Intérieur, plus de 80% des Argentins sont allés voter.

Relancer l'économie

Dès ce lundi, le contrôle des changes a été renforcé afin de limiter la saignée qui a fait perdre 23 milliards de dollars à la Banque centrale depuis les primaires du 11 août. Objectif : éviter que le pays se retrouve sans réserves monétaires le 10 décembre, date de prise de fonctions du nouveau président, explique notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet.

C’est ainsi que commence une transition longue – six semaines – et d’autant plus délicate que Mauricio Macri et Alberto Fernandez ne se parlent pas.

Il faudra pourtant qu’ils le fassent, afin que leurs équipes se rapprochent et commencent à travailler ensemble pour rassurer les marchés, mais aussi l’Argentin de la rue, toujours prêt à réagir de manière intempestive en cas d’incertitude. Une rencontre est prévue ce lundi. Et si la transition ne se passe pas trop mal, restera au président élu à bien préparer l’après-10 décembre.

Alberto Fernandez a promis de relancer une économie en récession depuis dix-huit mois, de diminuer progressivement l’inflation tout en améliorant le pouvoir d’achat, et de renégocier sans casse la dette avec le FMI et les investisseurs privés. Ce sera d’autant plus difficile qu’il n’aura pas toute la main sur un gouvernement où pèsera aussi, entre autres dirigeants péronistes, sa colistière, l’ancienne présidente Cristina Kirchner.

« Nous allons construire l’Argentine que nous méritons »

En attendant, dimanche soir, une foule de sympathisants du candidat péroniste s'est réunie devant son siège de campagne, à Buenos Aires, pour l'acclamer, rapporte notre correspondante dans la capitale, Aude Villiers-Moriamé

Dans la foule, Ruben Toco, 63 ans, soulagé de pouvoir tourner la page du gouvernement de Mauricio Macri : « C’est douloureux de voir la pauvreté et la misère qu’a créées ce gouvernement. Ça fait mal de voir toutes les fermetures d’usines, les gens sans travail. Je crois que, finalement, les Argentins se sont fatigués. »

À l'heure actuelle, 35% des Argentins vivent sous le seuil de pauvreté. Sous le gouvernement de Mauricio Macri, l’inflation et le chômage ont explosé. Lors de son discours, Alberto Fernandez a promis de sortir l’Argentine de la crise. « Nous allons construire l’Argentine que nous méritons. Car nous ne sommes pas condamnés à vivre dans ces conditions ! Nous allons nous insérer dignement sur la scène internationale ! Nous allons construire le pays dont ont rêvé nos ancêtres ! », a-t-il lancé.

La foule à Cordoba pour célébrer la victoire d'Alberto Fernandez.RFI/Pauline Gleize

Les péronistes ont aussi fêté le résultat à Cordoba, la deuxième ville du pays, qui a majoritairement voté pour Mauricio Macri (à plus de 61%, selon Clarin).

Maintenant, on place notre espoir en Alberto Fernandez. Tout va changer, tout !

Source : RFI

 

État paralysé et montée des violences en Irak

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mediaEn Irak les violences ont continué ce samedi. Ces dernières 48 heures, 63 personnes ont perdu la vie lors de manifestations qui appellent à la « chute du régime ». Ce 26 octobre, le Parlement se réunissait d'urgence, et ce fut une fois de plus un échec.

Le Parlement avait publié un communiqué annonçant une réunion d'urgence ce samedi afin de se concentrer sur les demandes des manifestants et sur les moyens de mettre en œuvre un projet de réforme concret. Résultat, seul un tiers des députés a répondu à l'appel, selon les médias irakiens. La cession a rapidement été abandonnée.

Une preuve, une fois de plus, des profonds dysfonctionnements du système politique. Un système faible et profondément divisé par une multiplicité de partis politiques.

Alors que les autorités semblent paralysées, la violence continue de monter dans les rues d'un pays où les armes circulent dans toutes les mains. La colère populaire est particulièrement tournée vers les milices chiites nommées Hashd Al-Shaabi, elles représentent, entre autres, le pouvoir exercé par l'Iran sur un gouvernement irakien critiqué pour son manque d'autonomie.

De son côté le commandement des forces irakiennes accuse des groupes armés de s'immiscer au milieu des manifestants dans le but de tuer des militaires ou de libérer des prisonniers.  Un communiqué affirme que ces personnes seront jugées sévèrement par la loi anti-terroriste.

Source : RFI

 

Russie-Afrique à Sotchi : un sommet sur l’air des « amis retrouvés »

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Ouverture réussie pour le premier sommet Russie-Afrique organisé par Vladimir Poutine et co-présidé par le président en exercice de l’Union africaine (UA), Abdel Fattah al-Sissi. Les dirigeants africains ont répondu à l’appel de Sotchi et, en ce premier jour surtout consacré à la coopération économique, promesses, serments d’amitié et contrats se sont multipliés.

Dans les allées bondées du bâtiment principal du Parc Sirius, construit spécialement pour les Jeux olympiques de 2014, les délégations se suivent en rangs serrés, chefs d’Etat impassibles entourés de ministres tout aussi sérieux, d’officiers de sécurité concentrés et de photographes virevoltants. Pour cette première journée, et même si l’organisation ne donne pas encore de liste officielle et se contente d’évoquer « plus de 40 chefs d’État africains » présents à Sotchi, il est clair que Vladimir Poutine a réussi son pari. Celui de faire de la station balnéaire flambant neuve des bords de la Mer noire, pour deux jours au moins, l’épicentre de l’Afrique, le lieu où tout se passe.

60 ans de relations russo-africaines

Entre les stands d’exposants – principalement de grosses entreprises russes désirant exporter leur savoir-faire sur le continent ou s’y tailler une place plus importante – , la célèbre agence de presse russe TASS expose 170 clichés retraçant plus de 60 ans de relations russo-africaines. Les paysages ou les images de sportifs célèbres côtoient la photo du président égyptien Nasser serrant la main de Gagarine, ou une vue monumentale du chantier du non moins monumental barrage d’Assouan. Le message est limpide : l’amitié entre la Russie – soviétique ou non, cela importe peu – et le continent ne date pas d’hier. Message apparemment reçu cinq sur cinq par les visiteurs, à commencer par l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi, co-président de la cérémonie d’ouverture. Qui souligne combien la Russie s’est toujours comportée en « partenaire fiable du continent ».

Au premier rang de la salle de conférence, les nombreux dirigeants qui ont fait le déplacement opinent. Ont répondu à l’appel Denis Sassou Nguesso, Alpha Condé, Ibrahim Boubacar Keïta, Roch Marc Christian Kaboré, Alassane Ouattara, Félix Tshisekedi, Mahamadou Issoufou, Paul Kagame, Patrice Talon, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Ismaïl Omar Guelleh, Cyril Ramaphosa, Muhammadu Buhari, Nana Akufo-Addo, João Lourenço, Andry Rajoelina, Uhuru Kenyatta, Danny Faure, Macky Sall et beaucoup d’autres, accompagnés de dizaines de ministres… Un temps annoncé, le roi Mohammed VI a finalement délégué son chef du gouvernement, Saadeddine El Othmani. Quant à Paul Biya, qui brille par son absence, il semble qu’il ait finalement préféré rester à Yaoundé pour y recevoir le ministre français Jean-Yves Le Drian.

 

Doubler les échanges commerciaux avec l’Afrique

Tant pis pour les absents : c’est aux présents que Vladimir Poutine réserve ses annonces en forme de promesses. La Russie qui, rappelle-t-il, a déjà effacé pour 20 milliards de dettes contractées au temps de l’URSS, va continuer à soutenir l’Afrique dans son développement et entend « doubler le volume de [ses] échanges commerciaux avec le continent en quatre ou cinq ans. »

Source : jeuneafrique.com

Ouverture du forum Afrique-Russie en présence du Président de la République

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Ouverture du forum Afrique-Russie en présence du Président de la RépubliqueAMI - Les travaux du forum économique Afrique-Russie ont débuté, mercredi à Sotchi (Russie), avec la participation du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, aux côtés des dirigeants de plusieurs pays africains.

Son ouverture a été supervisée, conjointement, par le président égyptien, Monsieur Abdel Fattah –al Sissi, président en exercice de l’Union Africaine et le Président Russe, Monsieur Vladimir Poutine.

Le forum s’articule sur trois axes clés : le développement des relations économiques, la création des projets et la coopération dans les domaines humains et sociaux.

Ces axes englobent l’examen des perspectives de coopération entre la Russie et l’Afrique dans les domaines de l’investissement, de l’industrie, des échanges commerciaux, de l’habitat, des sciences et technologies, de l’enseignement, de l’information, des infrastructures, des technologies nucléaires, de l’autonomie économique africaine ainsi que la coopération bilatérale dans le domaine de l’industrie du diamant, du climat des affaires, de la transformation numérique, des ressources minières, de l’agriculture et des normes de santé ainsi que la contribution de la jeunesse africaine et russe au développement durable.

A son arrivée à la salle de conférences, le Président de la République, Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a été accueilli par son homologue russe, Monsieur Vladimir Poutine et assisté à la prise des photos souvenirs commémorative cet événement historique de haute portée.

Outre le Président de la République, ce forum, de deux jours, a vu la participation d’une forte délégation d’homme d’affaires et opérateurs économiques mauritaniens.

Il offre une excellente opportunité pour le renforcement de la coopération bilatérale entre la Mauritanie et la Russie, d’une part, et entre la Russie et l’Afrique, d’autre part, afin d’assurer le développement durable et la stabilité de l’Afrique.

Les principales séances du forum verront des débats consacrés à des échanges sur la complémentarité entre les pays, sous le thème : l’union économique Euro-Asie-Afrique : orientations et perspectives de développement des opérations de complémentarité et de coopération.

Des invités ont assisté à la séance inaugurale dont figurent le président du conseil d’administration comité économique Euro-Asie, le président de la chambre russe de commerce et le secrétaire général du groupement de l’ouest africain.

Le forum économique Afrique-Russie constitue un évènement majeur dans l’histoire des relations Russie-Afrique. Il permettra de les renforcer dans les différents domaines.

Les cinq dernières années ont vu un accroissement considérable des activités des sociétés russes dans certains pays africains dans plusieurs domaines comme les mines, l’énergie et le pétrole.

Les estimations des institutions internationales précisent que le continent africain contient 12% des réserves mondiales en pétrole, 42% des gisements de l’or, 19% de l’uranium, 45% du plutonium et 50% de la demande mondiale sur le diamant.

Notons que le volume des échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique a connu un développement constatable dans la période 2010-2017 et a atteint, au cours, des premiers mois de 2018 un plafond de 12,6 milliards de dollars, selon les chiffres de la chambre russe de commerce et d’industrie.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Sommet de Sotchi: la grande offensive russe en Afrique

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mediaÀ Sotchi, sur les bords de la mer Noire, débute ce mercredi 23 octobre 2019 un sommet Russie-Afrique. Une quarantaine de dirigeants sont reçus par Vladimir Poutine pour un rendez-vous présenté comme une réplique de ceux organisés par la France ou la Chine avec leurs partenaires africains. Une première.

Avec nos envoyés spéciaux à Sotchi,

L'évènement doit symboliser le « grand retour » de la Russie sur le continent africain. En 20 ans, Vladimir Poutine n’a fait que trois fois le déplacement en Afrique subsaharienne. Mais désormais, la Fédération russe ne cesse de répéter que l’Afrique est « importante » à ses yeux. Moscou veut s'ouvrir des marchés, trouver des relais diplomatiques et stratégiques. Pour ce faire, les Russes ont tout de même de solides arguments.

Conscients de leur retard, ils soignent leur rhétorique. La Russie tente de faire oublier qu’elle a déserté l'Afrique à la chute de l’Union soviétique ; elle essaie aussi de se démarquer de ses concurrents occidentaux, en jouant sur des cordes sensibles, à savoir son absence de passé colonial et sa défense du principe de souveraineté. Et de rappeler notamment le rôle joué par l'URSS plus tôt, au moment des indépendances, relate notre envoyée spéciale, Florence Morice.

Une relation historique, entretenue avec un grand nombre de pays africains à l'époque. « Non seulement la Russie n’a pas de passé colonial comme la France, la Belgique ou d’autres, mais elle a une histoire de lutte anticoloniale sur laquelle elle essaie de capitaliser, analyse Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe de Moscou. Et c’est tout à fait véridique : l’URSS avait beaucoup investi en termes financiers, en termes militaires, en termes d’influence. »

« Entre des Occidentaux qui ont un passé ou un passif colonial, qui sont regardants sur les droits de l’homme, et des Chinois qui sont un peu envahissants, les Russes ont une des cartes à jouer, poursuit M. Dubien. Ils peuvent proposer plusieurs choses : des coopérations économiques, la formation d’élites, voire des pactes sécuritaires, pour des dirigeants qui s’inquiètent parfois pour leur avenir à la tête de leurs États respectifs. »

Lundi encore, M. Poutine a accusé dans la presse certaines anciennes puissances coloniales de pratiquer « l’intimidation » et « le chantage » pour conserver leur influence sur le continent. Lui ne demande « aucune contrepartie » à ses partenaires, insiste-t-il. La Russie rappelle aussi régulièrement aux Africains qu’elle dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, dont elle s’est par exemple servi pour protéger son allié syrien Bachar el-Assad…

Sans doute pour se démarquer de la Chine, accusée d'entraîner l’Afrique dans le surendettement, Moscou met en avant sa politique d'effacement de la dette, héritée de l'époque soviétique, et sa volonté de fonder une coopération équilibrée. Un discours qui masque la faiblesse financière de la Russie, comparée au géant chinois. Mais quoi qu'il en soit, les échanges entre la Russie et l’Afrique s’élèvent à 20 milliards de dollars, en constante augmentation depuis quelques années.

Le regain d’intérêt de Moscou pour l’Afrique ne date pas d'hier, il remonte à une quinzaine d’années. Le tournant date néanmoins de l'année 2014. À l’époque, les Russes annexent la Crimée, et l'Occident répond par des sanctions économiques. Résultat : la Russie doit trouver de nouveaux débouchés pour relancer sa croissance, déjà ralentie depuis 2008. Elle décide notamment de miser sur le continent africain, pour ne plus laisser ce marché prometteur aux Chinois.

Au cœur de cette offensive en Afrique, les ventes d’armes. Mais les Russes vendent également des céréales - beaucoup -, et ils veulent gagner des marchés dans d’autres secteurs. Moscou a de nombreuses cartes à jouer, explique Andreï Maslov, spécialiste des relations entre la Russie et l’Afrique : « Notre approche, dit-il, est différente de celle des Chinois ou des Européens. Nous voulons avant tout développer nos exportations vers l’Afrique. »

De nombreux chefs d’entreprises sont attendus à Sotchi, et des signatures de contrats sont annoncées. Les exportations russes vers le continent ont doublé en moins de quatre ans. En matière d'armes, son point fort, la Russie équipe notamment l'Algérie ou l'Égypte. Outre la vente de céréales qui se développe, Moscou espère également étendre son offensive commerciale dans les hydrocarbures et dans le secteur du nucléaire civil.

L'Afrique regorge de minerais et d'hydrocarbures. Or les stocks russes ne sont pas inépuisables. Néanmoins, « nous sommes très peu intéressés par ces matières premières, certifie M. Maslov. C’est le marché africain qui nous intéresse avant tout. Il croît en permanence et le nombre de consommateurs ne fait qu’augmenter. Depuis 2014, c’est vers l’Afrique que nos exportations augmentent le plus ; des produits que nous fabriquons, et non de matières premières. »

Dernier point, Moscou souhaite diversifier ses clients sur le continent africain : pour l’heure, elle réalise 80% de ses échanges avec l’Afrique du Nord. Le sommet de Sotchi sera donc une occasion en or pour les entreprises russes de s’aventurer dans de nouveaux secteurs et dans d’autres zones, avec le soutien des autorités russes, explique notre second envoyé spécial pour ce sommet russo-africain, notre correspondant à Moscou Daniel Vallot.

Pour le reste, l'enjeu économique se double d’une stratégie politique. Après son retour diplomatique au Moyen-Orient, à la faveur de la crise en Syrie, la Russie souhaite asseoir son statut de puissance mondiale. En avançant ses pions en Afrique, elle gagne des points dans sa confrontation avec l’Occident. Sans oublier que les pays africains représentent près d’un tiers des voix à l'Assemblée générale de l’ONU, et constituent donc un réservoir de votes utiles pour Moscou.

Reste qu’en dépit d’un discours offensif, la Russie a encore du chemin à parcourir, et a pris beaucoup de retard. Ses échanges commerciaux avec le continent sont deux fois moins importants que ceux de la France, dix fois moins que ceux de la Chine. Une dynamique qu’un sommet ne suffira sans doute pas à inverser. Le retour n’est pas toujours évident, et il s’est accompagné par le passé d’un certain nombre d’échecs, notamment en Afrique du Sud.

Dans ce pays, rappelle Arnaud Dubien, « la Russie avait beaucoup investi en termes d’influence par le biais notamment de Rosatom, qui espérait décrocher le grand programme d’électrification du pays. On voit qu’il y a eu un échec. Il y a en d’autres, des contrats qui ont été signés et qui n’ont pas été concrétisés. » « Ce qu'il faut bien avoir l’esprit aussi, ajoute-t-il, c’est que l’Afrique, contrairement sans doute du Moyen-Orient, est une région que les Russes connaissent moins. »

Selon le directeur de l’Observatoire franco-russe de Moscou, la Russie n’a « pas forcément la profondeur d’expertise et les lobbys pro-africains suffisants pour mobiliser l’appareil d’État ». Attention donc à ne pas trop surestimer son influence. Mais il est certain que la Russie a l’intention de peser davantage, et cette volonté se traduit par l’organisation de ce sommet. Réunir à Sotchi la plupart des dirigeants africains constitue, en soi, un très joli coup

Source : RFI

 

Le frère du président du Honduras reconnu coupable de trafic de drogue

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mediaLa peine de prison ne sera prononcée que dans quelques mois, mais l'affaire risque d'avoir des conséquences politiques, d'autant que le procès a donné lieu à un grand déballage mettant en cause les dirigeants du Honduras.

« Tony » Hernandez a été arrêté il y a près d'un an à l'aéroport de Miami. Accusé d'être impliqué dans le trafic d'environ 200 tonnes de cocaïne depuis 2004, de faux témoignage et possession d’armes à feu, il a été reconnu coupable vendredi de tous les chefs d’accusation. Son procès s'est tenu ces deux dernières semaines devant un tribunal de New York qui a entendu des témoignages accablants pour le frère du président Juan Orlando Hernandez.

Un État lié au narcotrafic

Le tout dans « une impunité totale » selon le procureur, qui a souligné que l'accusé avait bénéficié de la protection de son frère. Et le président du Honduras aurait reçu des millions de dollars de pots-de-vin de la part de narcotrafiquants, notamment pour financer ses campagnes électorales, a notamment déclaré le procureur fédéral new-yorkais dès le premier jour d'audience.

Tony Hernandez connaîtra sa peine en janvier prochain. Il risque la prison à perpétuité.

Un jugement qui cherche à « salir le nom du Honduras »

Au Honduras, le président Juan Orlando Hernandez a immédiatement exprimé sa « tristesse », tout en critiquant le verdict. Pour le chef de l'État, le jugement repose « sur le témoignage d'assassins reconnus » et cherche « à salir le nom du Honduras ».

Dans ce pays d'Amérique centrale miné par la pauvreté et la criminalité, l'opposition, par la voix de l'ex-président de gauche Manuel Zelalya, avait appelé à des manifestations pour réclamer la démission du président Hernandez. Ce dernier est considéré par Donald Trump comme un partenaire privilégié de la politique américaine de lutte contre l'immigration clandestine.

Source : RFI

 

Sahara occidental : le Secrétaire général de l'ONU peine à trouver un envoyé spécial

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Sahara occidental : le Secrétaire général de l'ONU peine à trouver un envoyé spécial Avant la prorogation du mandat de la Minurso, qui expire fin octobre dans l'ancienne colonie espagnole, Antonio Guterres souhaite la poursuite du processus des tables rondes à quatre.

Le secrétaire général de l'ONU espère, dans un rapport, voir maintenir la "dynamique" politique engagée l'an dernier pour une solution au conflit du Sahara occidental, en dépit de l'absence d'un envoyé spécial sur ce dossier depuis quatre mois.

L'ex-émissaire de l'ONU, Horst Köhler, démissionnaire en mai pour raison de santé, "a pu rétablir une dynamique et un élan pour le processus politique, via des tables rondes ayant réuni le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie", souligne Antonio Guterres dans ce document remis au Conseil de sécurité.

Après une longue interruption du dialogue, deux tables rondes ont réuni en Suisse, en décembre et mars, les parties sans cependant aboutir à une percée significative. "Il est essentiel que cet élan ne soit pas perdu", ajoute le chef de l'ONU, toujours en quête d'un successeur à Horst Köhler, quatre mois après son départ.

Pour plusieurs diplomates, trouver le bon profil n'est pas évident. "Il faut quelqu'un d'un bon niveau, qui accepte de se mettre dans ce truc-là", soupire l'un d'eux en allusion à un conflit qui semble sans fin.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été le théâtre d'un conflit jusqu'en 1991, entre le Maroc, qui a annexé le territoire en 1975, et le Front Polisario, qui réclame l'indépendance de cette étendue désertique de 266 000 km² dans une région riche en phosphates et bordée d'eaux poissonneuses.

Un cessez-le-feu, signé en septembre 1991 sous l'égide de l'ONU, prévoyait un référendum d'autodétermination dans les six mois, sans cesse repoussé depuis en raison d'un différend entre Rabat et le Polisario sur la composition du corps électoral et le statut du territoire.

L'ONU maintient sur place une force de quelque deux cent quarante Casques bleus (Minurso) chargés de contrôler, notamment par des patrouilles aériennes et terrestres, le respect du cessez-le-feu. Sur la période considérée, entre avril et septembre, "la situation sur le terrain au Sahara occidental est restée relativement calme en dépit de certaines incertitudes (...) et le cessez-le-feu entre les parties a été respecté", note le secrétaire général.

La Minurso a modifié son mode opérationnel, précise-t-il. Sa zone d'intervention a été divisée en trois secteurs dotés chacun d'un hélicoptère.

Grâce à l'Union européenne, elle a accès à de l'imagerie géospatiale et à de l'analyse pour être "plus vite alertée en cas de violations ou de menaces à l'égard du cessez-le-feu". Un mécanisme pour des réunions militaires mensuelles à différents échelons a aussi été créé, mais sa mise en œuvre bute sur des divergences quant au lieu où doivent se tenir ces rencontres.

"Un manque de confiance continue de dominer entre les parties", regrette Antonio Guterres. Le Conseil de sécurité de l'ONU est appelé à renouveler en octobre le mandat de la Minurso.

Noël Ndong

Source : ADIAC (Congo)

Liban: la colère de la rue ne faiblit pas, la situation politique se complique

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mediaDes scènes de violence entre des manifestants et les forces de l’ordre secouent depuis le 17 octobre au soir le Liban, où une explosion de colère contre une augmentation des taxes s’est transformée en grave crise politique.

Au deuxième jour de colère populaire contre la classe politique accusée de corruption, le Liban était un pays figé. Du nord au sud, d’est en ouest, des milliers de manifestants ont paralysé la circulation en coupant les artères principales à l’aide de bennes à ordures et de pneus brûlés. Écoles, banques, commerces et administrations publiques étaient fermés, les rues étaient désertes, alors que d’épais nuages de fumées noires, dégagés par les feux provoqués par les manifestants, couvraient le ciel de Beyrouth et des grandes villes.

L’explosion de colère a été déclenchée jeudi 17 octobre au soir par une décision du Conseil des ministres d’imposer une taxe de six dollars par mois aux conversations par WhatsApp et d’autres messageries électroniques. Spontanément, des femmes et des hommes, de tous âges, ont commencé à affluer vers le centre-ville de Beyrouth, où se trouve le Grand Sérail qui abrite les bureaux du Premier ministre Saad Hariri. La foule, sans meneurs visibles, grossissait à vue d’œil et les manifestants, accusant la classe politique de corruption, ont réclamé le départ du gouvernement et la « chute du régime ». L’annulation de cette taxe n’a pas ramené le calme.

Tous les indicateurs économiques dans le rouge

La taxation de WhatsApp est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Mais la grande colère exprimée par les manifestants a été provoquée par un cumul dû à la dégradation drastique et progressive des conditions de vie en raison de la crise économique. Tous les indicateurs sont dans le rouge : récession, chômage, dette publique abyssale (85 milliards de dollars, soit 150% du PIB), déficit budgétaire chronique, déficit de la balance des paiements, etc. À tous ces malheurs est venue s’ajouter, ces quatre dernières semaines, une pénurie de dollars dans un pays dont l’économie est adossée au billet vert. Du coup, la livre libanaise a perdu entre 8% et 10% de sa valeur au marché noir, affaiblissant davantage le pouvoir d’achat des Libanais.

Pour stopper cette spirale infernale, le gouvernement s’est lancé dans une politique de réduction des dépenses publiques et d’augmentation des recettes de l’État. Concrètement, cela s’est traduit par une baisse des aides sociales et une augmentation des taxes et des impôts. Ces mesures impopulaires devaient être couplées à des réformes structurelles exigées par la communauté internationale pour donner le coup d’envoi aux projets de la Conférence Cedre qui s'est tenue à Paris en avril 2018 et au cours de laquelle le Liban avait obtenu des promesses d’aides de 11 milliards de dollars pour réhabiliter les infrastructures et relancer l’investissement. Mais les réformes sérieuses, qui nécessitent une quasi-unanimité au sein du gouvernement d’union nationale, se heurtaient aux divergences d’intérêts entre les différentes composantes du pouvoir exécutif. Elles ne sont jamais venues.

C’est donc dans ce contexte socio-économique difficile que les manifestations ont éclaté. Si, les premières heures, la contestation s’est déroulée sans incident, des violences ont éclaté dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 octobre dans le centre-ville lorsque des manifestants ont essayé de forcer les barrages installés par les forces de l’ordre pour s’approcher du Grand Sérail, symbole du pouvoir exécutif tant détesté.

Des dizaines de blessés

Si les autorités espéraient que la colère retomberait vendredi, elles ont été déçues. La mobilisation était encore plus importante et tout le pays était paralysé. La journée a été émaillée de nombreux incidents qui ont fait des blessés, à Tripoli dans le nord, la deuxième ville du pays, où des gardes du corps d’un ancien député, Misbah al-Ahdab, ont tiré sur la foule qui prenait à partie l’ex-parlementaire. Bilan : sept protestataires blessés.

Mais les heurts les plus violents ont éclaté en soirée dans le centre-ville de Beyrouth. Des manifestants en colère, arrosés par des dizaines de bombes lacrymogènes, ont affronté les policiers, incendiant au passage des boutiques et des voitures et vandalisant des biens publics. Des dizaines de personnes ont été arrêtées ou blessées et les forces de sécurité intérieures ont annoncé que 24 de leurs membres ont été atteints de blessures diverses. Les images retransmises en direct sur toutes les télévisions ont montré des scènes d’une violence inouïe, qui ont duré une grande partie de la nuit de vendredi à samedi.

Surprises par l’ampleur du mouvement de contestation, les autorités sont apparues démunies. Certains hommes politiques ont appuyé les revendications des manifestants, plus pour régler de vieux comptes avec le président de la République Michel Aoun et son gendre et dauphin Gebran Bassil, le ministre des Affaires étrangères, que par souci de lutter contre la corruption. C’est le cas du chef druze Walid Joumblatt, qui a appelé ses partisans à participer « pacifiquement » aux manifestations « pour faire tomber le mandat », responsable, selon lui, de la détérioration de la situation. Walid Joumblatt soupçonne le chef de l’État de vouloir l’affaiblir en favorisant ses adversaires au sein de la communauté druze dans les nominations administratives et autres postes étatiques.

Le chef de l’ancienne milice chrétienne des Forces libanaises (FL) Samir Geagea s’est aussi rangé du côté des contestataires. Se plaignant d’être marginalisé par le Courant patriotique libre (CPL) présidé par Gebran Bassil, Samir Geagea a trouvé dans cette explosion de colère une occasion inespérée pour discréditer et affaiblir le CPL, le plus grand parti chrétien du pays.

L’attitude de Walid Joumblatt et Samir Geagea peut surprendre certains observateurs d’autant qu’ils sont représentés tous deux au sein du gouvernement dont ils réclament la chute.

Cependant, cette inimitié s’explique par un profond désaccord de ces deux responsables avec les options en politique étrangère du président Aoun et de Gebran Bassil, qui sont des alliés du Hezbollah et qui prônent une normalisation des relations avec la Syrie de Bachar el-Assad.

Lors d’une conférence de presse vendredi, Gebran Bassil a accusé « certaines parties » sans les nommer, de vouloir plonger le Liban dans une guerre économique et faire dévier de ses objectifs la vague de protestations « légitime ». « Je les [les manifestants] comprends et le pire est à venir si la situation ne s’améliore pas », a-t-il dit en reconnaissant la gravité de la situation socio-économique.

Hariri reste, Joumblatt part ?

Le chef de la diplomatie a mis en garde contre la « discorde » qui pourrait résulter de la crise économique et a proposé une série de réformes pour essayer de redresser l’économie, tout en prévenant que le pays ne dispose plus que d’une fenêtre de quelques jours sans quoi il « sera trop tard ».

Le principal concerné, Saad Hariri, est intervenu vendredi en début de soirée. Dans un discours retransmis en direct sur toutes les chaînes de télévision, le Premier ministre a accusé ses partenaires au gouvernement d’avoir entravé les réformes inévitables pour empêcher un effondrement économique et financier. Il a donné 72 heures aux membres de la coalition gouvernementale pour soutenir ses réformes économiques. « Nos partenaires au gouvernement doivent nous donner une réponse claire et définitive, qui soit convaincante pour moi, pour les Libanais et pour la communauté internationale pour montrer que nous avons tous opté pour des réformes, pour en finir avec le gaspillage et la corruption », a-t-il dit. « Sinon, je tiendrai un tout autre discours dans un très court délai de 72 heures », a-t-il prévenu.

Malgré la pression de la rue et de Walid Joumblatt et Samir Geagea, Saad Hariri a donc décidé de rester à la tête du gouvernement, pour au moins 72 heures. Mais son message semble avoir été compris par le leader druze. Réagissant quelques heures plus tard aux propos du Premier ministre, Walid Joumblatt a annoncé le départ prochain de ses ministres du gouvernement. S’adressant à Saad Hariri, le chef druze a déclaré : « Vous restez, moi je quitte le pouvoir. Je ne veux pas être un faux témoin, je préfère faire partie d’une opposition calme et constructive ».

Ce qui était à l’origine une explosion de colère due au mécontentement croissant face à la détérioration des conditions de vie a mué, en moins de 24 heures, en bras de fer politique et, peut-être, en crise gouvernementale. Les prochaines heures montreront si les discours des uns et des autres auront réussi à clamer la rue.

Source : RFI

 

Révolte des Libanais après l’annonce d’une taxe sur les messageries internet

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Révolte des Libanais après l’annonce d’une taxe sur les messageries internetLe Figaro - Le gouvernement libanais a annoncé la mise en place d’une taxe sur les messageries telles que WhatsApp, avant de se rétracter.

Des centaines de manifestants libanais sont sortis dans la rue dans tout le pays jeudi 17 octobre alors que le ras-le-bol visant la classe politique, accusée de corruption et d’affairisme, grandit. La raison de la colère: une nouvelle taxe annoncée par le gouvernement et finalement avortée. Retour sur le déroulé de la soirée.

Jeudi, le gouvernement libanais a dévoilé une taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie internet. Cette mesure devait entrer en vigueur le 1er janvier 2020. Les usagers devaient être facturés 20 centimes de dollar (18 centimes d’euro) pour chaque appel.

L’organisation de défense des libertés numériques dans le monde arabe SMEX a affirmé que les principaux opérateurs téléphoniques envisageaient déjà d’introduire un système qui permettra de détecter sur leurs réseaux les appels Internet des usagers. «Au Liban, le prix de la téléphonie mobile est parmi les plus élevés de la région», rappelle SMEX sur Twitter. Et, avec cette mesure, «les usagers vont devoir payer deux fois pour les services internet», prévient l’ONG.

• Pourquoi cette taxe?

Cette mesure vise à générer des revenus pour l’État: environ 200 millions de dollars par an, d’après le gouvernement. Elle fait partie d’une série de mesures d’austérité introduites pour tenter de redresser une économie en berne.

Le Liban connaît depuis plusieurs années une dégradation de son économie, souffrant notamment de la guerre en Syrie voisine, et dont les répercussions sont venues s’ajouter à une corruption endémique et des infrastructures en déliquescence. La dette publique culmine à plus de 86 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB. Beyrouth s’était engagé en avril 2018 à engager des réformes lors d’une conférence internationale en contrepartie de promesses de prêts et de dons d’un montant total de 11,6 milliards de dollars. En septembre, le premier ministre Saad Hariri avait fait état d’«un état d’urgence économique».

• Tensions et manifestations dans le pays toute la soirée

Dans le centre de Beyrouth, près du ministère de l’Intérieur, mais aussi dans la banlieue sud, ou d’autres régions du pays, les manifestants ont brandi des drapeaux libanais, chanté l’hymne national et scandé «le peuple réclame la chute du régime», brûlant parfois des pneus et coupant des routes, d’après des correspondants de l’AFP et l’Agence de presse nationale (ANI).

«Cette taxe sur les communications Whatsapp, c’est vraiment la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ils ont touché à ce qui nous permet de communiquer, c’est quelque chose d’important pour nous», a déclaré un manifestant à L’orient le jour. D’après le quotidien, les routes menant au cœur de la capitale étaient coupées par des bennes incendiées. Les manifestations se sont répandues dans d’autres villes comme Rachaya, au sud-est de Beyrouh, et Zghorta (au nord). Plus au sud, les Libanais ont notamment manifesté devant le bureau et le domicile de deux députés.

Des heurts entre militants et policiers ont également éclaté. Des dizaines de personnes ont été blessées, selon la Croix-Rouge. Les forces de sécurité intérieure libanaises ont déclaré que 60 policiers ont été blessés.

• Le gouvernement renonce finalement à imposer la taxe

Le gouvernement libanais a finalement renoncé à imposer cette taxe , a annoncé le ministre de l’Information Mohammad Choucair. D’après L’Orient le jour, une réunion doit avoir lieu au palais de Baabda ce vendredi, après que «le président de la République, Michel Aoun, a appelé le premier ministre, Saad Hariri, pour discuter des derniers développements».

• Grève générale ce vendredi

«Nous ne sommes pas ici pour le WhatsApp, nous sommes ici pour tout: pour le carburant, la nourriture, le pain, pour tout», a déclaré un manifestant à Beyrouth à Reuters. Malgré l’annonce du gouvernement, les manifestations se poursuivent ce vendredi pour dénoncer, non plus la taxe des messageries, mais la situation économique désastreuse du pays.

Un rassemblement devrait avoir lieu place Riad el-Solh, dans le centre-ville de Beyrouth. La ligue des employés du secteur public a prévu une «grève générale». «En raison de la situation actuelle du pays», le ministre de l’Éducation, Akram Chehayeb, a annoncé la fermeture des écoles privées et publiques ainsi que des universités. Les banques aussi ont décidé de fermer leurs portes.

Par Le Figaro et AFP, Reuters Agences
Source : Le Figaro (France)

 

 

Le Qatar écarte l'éventualité d'une guerre entre Washington et Téhéran

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Le Qatar écarte l'éventualité d'une guerre entre Washington et TéhéranLe Figaro - Le ministre de la Défense du Qatar a écarté mercredi 16 octobre la possibilité d'une guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, face aux tensions qui ne cessent de monter dans le Golfe.

«Honnêtement, je ne vois aucune guerre à l'avenir entre les Etats-Unis et l'Iran», a déclaré Khaled ben Mohammed Al-Attiyah lors d'une conférence se tenant à Doha et intitulée le Global Security Forum. «En fin de compte, une guerre n'est bénéfique pour personne», a-t-il assuré, estimant que la raison prévaudra parmi «les sages dirigeants et les institutions des Etats-Unis».

A la fois allié des Etats-Unis et proche de l'Iran, le Qatar est sous le coup d'un blocus diplomatique et économique de la part de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, de Bahreïn et de l'Egypte qui l'accusent de liens rapprochés avec Téhéran -puissance régionale rivale des Saoudiens- et de soutien à des groupes islamistes radicaux, ce que Doha nie farouchement.

Ces derniers mois, les tensions dans le Golfe ont été exacerbées par des saisies de pétroliers, la destruction d'un drone américain par Téhéran et des attaques sur le sol saoudien.

En septembre, l'Arabie saoudite et les Etats-Unis, ont accusé l'Iran, leur ennemi juré, d'être responsable de ces frappes contre deux sites pétroliers dans l'est du royaume saoudien, qui ont brièvement fait bondir les prix du brut de 20%. Téhéran a nié toute implication dans ces attaques revendiquées par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran et combattus par une coalition militaire dirigée par Ryad.

Lundi, l'Iran a accusé «un gouvernement», sans le nommer, d'être derrière deux explosions survenues le 10 octobre à bord d'un pétrolier iranien en mer Rouge présentées par Téhéran comme une attaque de missiles.

Par Le Figaro avec AFP
Source : Le Figaro (France)

 

 

Syrie: l'offensive se poursuivra jusqu'à ce que ses "objectifs soient atteints" annonce Erdogan

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Syrie: l'offensive se poursuivra jusqu'à ce que ses Actu Orange - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mardi que l'offensive turque dans le nord de la Syrie se poursuivrait jusqu'à ce que ses "objectifs soient atteint", en dépit d'appels de Washington à y mettre fin.

"Nous allons poursuivre notre lutte (..) jusqu'à ce que nos objectifs soient atteints", a déclaré M. Erdogan dans un discours télévisé depuis Bakou.

Les déclarations de M. Erdogan surviennent au lendemain d'un ferme avertissement de son homologue américain Donald Trump qui a durci le ton face à la Turquie, l'appelant à mettre fin à son opération militaire en Syrie, lancée le 8 octobre, et annonçant une série de sanctions.

L'offensive turque vise à déloger du nord-est de la Syrie les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), considérées comme "terroristes" par Ankara mais alliées de l'Occident dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Les YPG sont un groupe lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation qualifiée de "terroriste" par Ankara, Washington et l'Union européenne.

"Jusqu'à ce matin, nous avons libéré une zone de près de 1.000 km2 des mains de l'organisation séparatiste terroriste", a ajouté M. Erdogan, désignant par cette expression les YPG.

"Nous allons rapidement sécuriser la région allant de Minbej (nord-ouest de la Syrie) jusqu'à notre frontière avec l'Irak", a-t-il encore dit.

Selon lui, cette zone devrait accueillir "dans un premier temps un million, puis deux millions de réfugiés syriens", parmi plus de 3,5 millions qui ont trouvé refuge en Turquie depuis le début du conflit en Syrie en 2011.

AFP
Source : Actu Orange (France)

 

 

Syrie: accord entre les Kurdes et Damas contre l'offensive turque

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mediaLes Kurdes syriens ont annoncé ce dimanche 13 octobre avoir conclu un accord avec Damas sur le déploiement de l'armée syrienne près de la frontière turque. Objectif : soutenir les Forces démocratiques syriennes (FDS). Les contacts avait repris entre les deux parties via la Russie, depuis le lancement de l'offensive d'Ankara mercredi.

Cela ne fait aucun doute : l'annonce de l'administration kurde va marquer un tournant et rebattre les cartes dans le conflit syrien. Damas va envoyer ses troupes sur un territoire contrôlé par les Kurdes - et à leur demande - pour les aider à repousser l'agression d'Ankara.

Les discussions qui ont permis l'accord ont eu lieu sur la base aérienne russe de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, entre représentants du gouvernement syrien et des Forces démocratiques syriennes (FDS), mouvement dominé par les Kurdes, et en particulier les Unités de protection du peuple (YPG).

Si les Kurdes se sont tournés vers Damas, c'est qu'ils ont été abandonnés par les Américains. Washington a annoncé ce dimanche le retrait d'un millier de ses soldats du nord de la Syrie, soit la quasi-totalité des forces en présence dans le pays.

L'accord syro-kurde n'avait rien d'évident : jusqu'à récemment, le régime de Bachar el-Assad qualifiait les combattants de cette minorité de « traîtres » pour leur alliance avec Washington. Plusieurs observateurs l'avaient souligné : le départ des Américains laisserait le champ libre à la Russie et au régime syrien.

« Compromis douloureux »

Pour justifier cet accord entre les Kurdes et Damas, le haut-commandant des FDS Mazloum Abdi a déclaré sur Foreign Policy, un magazine américain,que le régime syrien et son allié russe avaient « fait des propositions qui pourraient sauver la vie de millions de personnes ».

« Nous savons que nous devrons faire des compromis douloureux, a-t-il admis. Mais entre les compromis et le génocide de notre peuple, nous choisirons la vie. »

Juste avant l'offensive turque, les Kurdes avaient appelé la Russie à jouer un rôle de « garant » dans le « dialogue » avec le régime qui s'était alors dit disposé à « accueillir dans son giron ses enfants égarés ».

À présent, les FDS espèrent que l'armée syrienne les aidera à libérer toutes les localités occupées par les militaires turques et leurs alliés depuis le début de cette offensive. Ces dernières années, les Kurdes ont instauré une autonomie de facto sur de vastes régions du Nord et du Nord-Est syrien.

Mouvements de troupes syriennes

L'offensive turque, lancée il y a cinq jours à la faveur d'un retrait américain et malgré de vives critiques internationales, vise à instaurer une « zone de sécurité » de 32 km de profondeur pour séparer sa frontière des territoires contrôlés par les YPG, une milice qualifiée de « terroriste » par Ankara.

Cette « zone » serait susceptible d'accueillir une partie des 3,6 millions de Syriens actuellement réfugiés en Turquie, une des nombreuses conséquences du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

Sur le terrain, un mouvement de troupes syriennes a été signalé vers Manbij et peut-être aussi vers Kobané, deux villes menacées par la Turquie. Reste à savoir si Ankara ira contre la volonté de Moscou, qui demeure le maître du jeu en Syrie.

Les forces turques s'emparent de Tal Abyad

Cet accord arrive à point nommé pour les FDS, alors que les forces turques et leurs alliés syriens ont pris ce dimanche la ville frontalière de Tal Abyad, dans le nord de la Syrie, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. C'est la plus grande ville conquise jusqu'à présent par les troupes d'Ankara debut le début de leur offensive.

Malgré la défection de nombreux éléments arabes des FDS, ces derniers ont opposé une forte résistance face aux soldats turcs. Mais leurs lignes de défense ont finalement cédé sous la puissance de feu et les effectifs importants engagés par les assaillants.

L'armée turque et ses auxiliaires syriens ont également pris le contrôle dimanche d'un important axe routier dans le nord-est de la Syrie reliant des territoires contrôlés par les combattants kurdes dans les provinces de Raqqa et de Hassaké. Les Turcs et leurs alliés ont coupé l'autoroute M-4 en s'enfonçant de 30 km de profondeur.

La perte du contrôle de cet axe affaiblit les capacités de manœuvres de combattants kurdes et compromet leurs voies de ravitaillement. Des journalistes ont aperçu des dizaines de blindés turcs stationnés le long de l’autoroute, qui constitue l’unique accès à la ville de Kobané, à la frontière syro-turque.

Les combattants kurdes font face aussi à une situation difficile dans la ville de Ras al-Aïn, pratiquement encerclée par l’armée turque. Celle-ci s'est emparée de 40 villages depuis mercredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Près de 800 proches de jihadistes en fuite

Ce dimanche, les forces kurdes ont en outre annoncé la fuite de quelque 800 proches de jihadistes du groupe État islamique à la faveur de l'assaut turc. Au moins 26 civils ont été tués.

Depuis mercredi, 104 combattants kurdes et plus de 60 civils ont été tués dans les violences, selon un dernier bilan de l'OSDH. Plus de 130 000 personnes ont été déplacées d'après l'ONU.

Source : RFI

 

De Washington à Moscou, les réactions fusent après l'offensive turque en Syrie

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De Washington à Moscou, les réactions fusent après l'offensive turque en SyrieFrance24 - Les réactions internationales se sont multipliées, mercredi soir, à la suite de l'offensive turque dans le nord de la Syrie. Elles condamnent la décision de Recep Tayyip Erdogan. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir jeudi.

Premières salves de bombardements, et premières victimes. Faisant fi des mises en garde internationales, la Turquie a lancé, mercredi 9 octobre, comme elle s'y était engagée, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antijihadiste.

L'offensive a provoqué un tollé international. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence jeudi. Son président en exercice, l'ambassadeur sud-africain Jerry Matthews Matjila, a appelé la Turquie à "épargner les civils" et à "exercer un maximum de retenue". En attendant, les réactions se sont multipliées mercredi.

Le président américain Donald Trump a estimé que l'opération d'Ankara était "une mauvaise idée", tout en espérant que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan agisse de manière "rationnelle" et aussi "humaine" que possible. En début de semaine, c'est pourtant le retrait des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie et les déclarations contradictoires de la Maison Blanche qui ont ouvert la voie à l'offensive.

Mercredi, c'est dans un bref communiqué que Donald Trump a désapprouvé l'opération. "Ce matin, la Turquie, membre de l'Otan, a envahi la Syrie. Les États-Unis ne soutiennent pas cette attaque et ont clairement indiqué à la Turquie que cette opération était une mauvaise idée."

Deux sénateurs démocrate et républicain ont dévoilé mercredi une proposition visant à sanctionner très sévèrement la Turquie si elle ne retire pas son armée. Ce projet imposerait au gouvernement de Donald Trump de geler les biens aux États-Unis des plus hauts dirigeants turcs, imposerait des sanctions à toute entité étrangère qui vendrait des armes à Ankara, et viserait aussi le secteur énergétique turc.

"Priez pour nos alliés kurdes qui ont été honteusement abandonnés par l'administration Trump", a écrit sur Twitter l'influent sénateur républicain Lindsey Graham. "Je vais mener les efforts au Congrès pour qu'Erdogan paie très cher", a ajouté celui qui est d'ordinaire un proche soutien du président Trump.

"Je compte sur la Turquie pour agir avec retenue et veiller à ce que les progrès que nous avons réalisés dans la lutte contre l'[organisation] État islamique ne soient pas compromis. Je discuterai de cette question avec le président Erdogan vendredi", a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, dans un message sur son compte Twitter.

Un désaveu régional

L'Arabie saoudite condamne "l'agression de l'armée turque lancée dans le nord-est de la Syrie" contre les forces kurdes, a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères du royaume. L'offensive turque risque d'avoir des "répercussions négatives sur la sécurité et la stabilité de la région" et de "saper les efforts internationaux de lutte contre le groupe terroriste État islamique", a écrit le ministère sur Twitter.

Le ministère des Affaires étrangères du Bahreïn, qui a également condamné l'offensive turque, souhaite convoquer une réunion d'urgence du Conseil de la Ligue des États arabes afin de répondre de façon unie à la situation.

"Vous avez tué et affamé tant de civils au Yémen. De quel droit vous opposez-vous maintenant à cette opération ?", a répondu Ankara.

De son côté, le président russe Vladimir "Poutine a appelé ses partenaires turcs à bien réfléchir à la situation afin d'éviter de porter atteinte aux efforts communs visant à résoudre la crise syrienne".

"N'attendez pas de financement de l'Union européenne"

"L'UE appelle la Turquie à mettre fin à l'initiative militaire unilatérale", déclarent les 28 États-membres dans un texte commun. "Il est peu probable que la prétendue 'zone de sécurité' envisagée par la Turquie dans le nord-est de la Syrie réponde aux critères internationaux en matière de retour des réfugiés", soulignent-ils, ajoutant que l'UE ne fournirait pas "d'aide à la stabilisation ou au développement dans les zones où les droits des populations sont ignorés".

"La Turquie doit cesser l'opération militaire en cours. Elle ne donnera pas de résultat. Et si le plan de la Turquie est la création d'une zone de sécurité, n'attendez pas de financement de l'Union européenne", a affirmé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devant le Parlement européen réuni à Bruxelles.

"Je condamne l'opération unilatérale lancée par la Turquie en Syrie", a écrit sur Twitter le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, soulignant qu'elle risquait de porter atteinte à la sécurité des Européens.

"L’offensive turque dans le Nord-Est syrien est dangereuse. Dangereuse pour la sécurité des Kurdes. Dangereuse car elle est propice à Daech, contre qui nous nous battons depuis cinq ans. Elle doit cesser", écrit la ministre des Armées Florence Parly sur Twitter.

"Le Conseil de sécurité qui se réunit ce jeudi doit décider de sanctions contre la Turquie, si l'offensive se poursuit, et l'Union européenne doit faire immédiatement de même", a déclaré l'ancien président, François Hollande, dans un entretien au Parisien. Pour lui, il faut aussi "suspendre" la participation de la Turquie dans l'Otan. "Les Kurdes sont nos alliés, ils ont mené le combat contre Daech. Or, la Turquie est membre de l'Otan. Comment admettre qu'un pays qui est dans une alliance avec nous puisse attaquer une force qui a été notre principal partenaire contre Daech".

Le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a exprimé sa "sérieuse préoccupation" après l'offensive "unilatérale" de la Turquie contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie. Cette opération "risque de déstabiliser la région, exacerber la crise humanitaire et saper les progrès accomplis dans la lutte contre Daech", a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères dans un communiqué, avertissant que le Royaume-Uni ne "soutiendrait pas de projets de rapatriement [de réfugiés syriens] tant que les conditions ne seraient pas en place pour un retour volontaire et sûr".

"Nous exhortons la Turquie à mettre fin à son offensive et à défendre ses intérêts sécuritaires de manière pacifique" car cela "risque de déstabiliser davantage la région et de provoquer une résurgence" de l'OEI, a indiqué, pour sa part, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

"Des actions unilatérales risquent uniquement de porter préjudice aux résultats obtenus dans la lutte contre la menace terroriste [...] et de déstabiliser la situation sur le terrain", a mis en garde le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio.

Le pouvoir de Damas s'est engagé à "contrecarrer toute agression" de la Turquie, se disant prêt à "accueillir dans son giron" la minorité kurde.

Avec AFP et Reuters

L'analyse de notre correspondant à Washington Matthieu Mabin
Source : France24