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Politique en Afrique

Le candidat à la présidentielle tunisienne Nabil Karoui reste en prison

En Tunisie, la cour d'appel a rejeté ce mardi la demande de remise en liberté déposée par ses avocats. Qualifié pour le second tour de la présidentielle du 13 octobre, l'homme d'affaires Nabil Karoui est poursuivi depuis 2017 pour blanchiment d'argent et évasion fiscale.

Nabil Karoui ne participera pas à la campagne pour les législatives. Ses militants, et notamment son épouse, Salwa Smaoui, continueront de défendre ses idées sur le terrain, comme ils l'ont fait depuis début septembre.

Une question reste en suspens : celle de la participation de l'homme d'affaires aux débats télévisés avec son challenger Kaïs Saeid en vue du second tour.

Cette décision de la Cour d'appel maintient par ailleurs l'incertitude sur le statut de Nabil Karoui en cas de victoire à la présidentielle. Et elle laisse planer un doute sur la crédibilité du

Au nom du principe d'équité, ces derniers jours en effet, plusieurs voix se sont élevées : son parti, des adversaires politiques et des observateurs internationaux... tous appellent à ce que l'homme d'affaires puisse battre campagne comme les autres candidats.

Même l'instance en charge des élections affiche son scepticisme : « Il est possible que l'intégrité du processus électoral soit contestée », estime Nabil Baffoun, le président de l'ISIE.

Interrogé par le quotidien Al Arab, Nabil Karoui annonce qu'il déposera un recours pour inégalité des chances, en cas de défaite au second tour.

L'appareil judiciaire tunisien est un peu comme un tourbillon. Quand on est à l'intérieur, c'est difficile de s'en sortir.

« Un tribunal de l’État tunisien émet souvent ce genre de décision, explique Youssef Cherif. Tout le monde parle de Nabil Karoui mais des centaines et des milliers de Tunisiens se retrouvent dans la même situation pratiquement tous les jours. L’appareil judiciaire tunisien est un peu comme un tourbillon. Lorsqu’on est à l’intérieur, difficile de s’en sortir. L’appareil judiciaire est très sévère en Tunisie, et le cas de Nabil Karoui est un cas isolé ».

« C’est très souvent des décisions assez dures, surtout pour les gens dont on n’entend pratiquement pas parler qui se retrouvent vraiment dans de très mauvaises situations pour trois fois rien, poursuit le chercheur. L’appareil judiciaire en fait a gagné beaucoup d’autonomie ces dernières années en partie grâce à l’aide internationale ou des partenaires étrangers de la Tunisie qui ont encouragé cette autonomie pour éviter les pressions politiques ».

Source : RFI

 

Massacre du 28 septembre en Guinée : l’ONU appelle à l’organisation rapide d’un procès

Dix ans après l'attaque perpétrée par l'armée dans une stade de Conakry, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a appelé les autorités à "accélérer" l'organisation du procès des responsables.

« L’impunité règne depuis trop longtemps en Guinée et empêche les cicatrices des victimes de guérir. La paix et la réconciliation durables ne seront pas atteintes tant que justice et responsabilité ne seront pas maintenues », a déclaré Michelle Bachelet dans un communiqué.

à lire Guinée : le lundi noir du 28 septembre 2009

Le 28 septembre 2009, les forces de défense et de sécurité et des militaires avaient battu, poignardé et tué par balles des opposants au régime militaire, rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour réclamer que le président autoproclamé depuis décembre 2008, Moussa Dadis Camara, ne se présente pas à la prochaine élection présidentielle.

« Crime contre l’humanité »

L‘instruction sur le massacre est clôturée depuis fin 2017, mais la date du procès n’a toujours pas été fixée. Une Commission d’enquête internationale nommée par l’ONU a établi en décembre 2009 que l’attaque « a fait au moins 156 morts et disparus, dont un certain nombre de femmes décédées des suites de violentes agressions sexuelles », a rappelé le Haut-Commissariat dans un communiqué.

Ce rapport a accablé les autorités de l’époque, expliquant qu’elles ont modifié les lieux du crime. Des détenus ont par ailleurs été torturés, au moins 109 filles et femmes ont été victimes de violences sexuelles et des cadavres ont été enterrés dans des fosses communes.

La Commission a également conclu que ce massacre constitue un « crime contre l’humanité », et a conclu à la responsabilité pénale individuelle de plusieurs responsables guinéens, dont Moussa Dadis Camara.

Hauts fonctionnaires toujours en poste

« Bien que la Commission d’enquête ait recommandé il y a près de dix ans aux autorités guinéennes de poursuivre les responsables et d’indemniser les victimes, peu de progrès tangibles ont été enregistrés jusqu’à présent », a déploré Michelle Bachelet, appelant les autorités à « accélérer l’organisation du procès ».

« Ces procédures judiciaires tant attendues – si et quand elles auront réellement lieu – devraient garantir la responsabilité à la fois dans l’intérêt des victimes et renforcer l’état de droit dans l’ensemble du pays », a-t-elle souhaité.

La Haut-Commissaire a souligné que les efforts pour engager des poursuites et organiser une procédure judiciaire « ont été extrêmement lents et n’ont pas abouti à un procès ni à des condamnations réelles des responsables ». « Il est particulièrement préoccupant qu’un certain nombre de hauts fonctionnaires mis en accusation soient toujours en poste et ne soient pas encore traduits en justice », a-t-elle conclu.

Source : jeuneafrique.com

 

En Algérie, la rue maintient la pression sur les dirigeants de la transition

En Algérie, la rue maintient la pression sur les dirigeants de la transitionAfricanews - La rue algérienne maintient la pression sur le pouvoir, malgré les avertissements du chef d‘état-major de l’armée. Des centaines de manifestants ont encore marché vendredi à Alger pour demander le départ de tous les hauts cadres politiques du pays liés à la gestion du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Les protestataires rejettent ainsi la décision des responsables de la transition de tenir une élection présidentielle en décembre prochain. “Il y a juste un objectif dans ce pays, pour ce pays. Nous voulons que le gang parte, la fin du régime. Nous voulons de nouvelles figures. Nous voulons un nouveau pays”, a lancé un manifestant dans les rues d’Alger, la capitale.

“Ce régime fera ce qu’il veut. Tous ces gens, aucun d’entre nous ne va voter. Ce gouvernement sait déjà qui il va désigner président. Les gens ne voteront pas. Je ne prendrais pas ma carte d‘électeur”, prévient un autre.

La colère de la rue a connu un pic avec l’annonce cette semaine de la candidature à la présidentielle des anciens Premiers ministres Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune, considérés comme comptable de la gestion de Bouteflika.

“Nous ne voulons pas d‘élections avec Tebboune, assène un manifestant. Chaque jour, il y a un nouveau candidat du gang. Nous voulons un nouveau président pour servir le pays afin que la jeunesse arrête d’immigrer. Nous voulons le meilleur pour notre pays. Nous avons commencé pacifiquement et nous continuerons pacifiquement.”

L’armée, la principale institution de l’Algérie, a fait savoir que la tenue d‘élections dans les plus brefs délais est le seul moyen de sortir de la crise actuelle. Mais les propositions de la classe politique ne semblent pas pour l’instant convaincre les manifestants.

William Bayiha avec AFP
Source : Africanews

 

 

Mort de Chirac: les réactions de dirigeants africains

L'ancien président français Jacques Chirac est mort ce matin à l'âge de 86 ans. On le surnommait parfois Chirac l’Africain, un surnom qui colle au souvenir de l'ancien président tant il a marqué les relations entre Paris et le continent comme l’attestent ses réactions de dirigeants africains.

Sur l’antenne de RFI, le premier à avoir réagi à la mort de Jacques Chirac sur le continent, c’est Denis Sassou-Nguesso. Le président du Congo-Brazzaville dans une interview exclusive évoque sa tristesse : « Je suis vraiment bouleversé par la nouvelle et je dois aussi dire que Jacques Chirac, c’était un ami personnel, un ami du Congo et de l’Afrique. Je garderai le souvenir de lui de ma visite d’Etat à Paris en pleine cohabitation Mitterrand-Chirac. Et j’ai pu voir à cette occasion-là que c’était une forte personnalité. »

J’ai pu voir comment il défendait ses opinions avec fermeté et autorité.

Henri Konan Bédié, le Président de la Côte d'Ivoire de 1993 à 1999, Henri Konan Bédié a fait part de sa « tristesse » à l'annonce de la disparition d'un « grand homme d’État ». « Je me souviens que le président Chirac m’a sauvé la vie après le complot qui a abouti au coup d’État militaire en 1999, a-t-il déclaré. Le premier en Côte d’Ivoire qui développe encore ses effets négatifs. Ses effets négatifs et déstabilisants sur la vie politique en Côte d’Ivoire. Il meurt un modèle de courage, de lucidité, de persévérance en dépit d’échecs répétés. »

Autre tristesse en RDC, celle d’André-Alain Atundu. Il était l'un des responsables du renseignement sous le maréchal Mobutu. Aujourd'hui, il est l'un des porte-paroles de la majorité parlementaire, la coalition pro-Kabila. Il se souvient de Jacques Chirac, l'ami du Zaïre : « Je garde le souvenir d’un ami du président Mobutu, d’un ami de la République du Zaïre, d’un ami de l’Afrique et, enfin, un bon vivant. Tout le monde connaît la belle fourchette de Chirac, c’est sous ces aspects-là que je l’ai connu. Quand j’assistais parfois ses rencontres avec le président, il y avait beaucoup de familiarité, de convivialité. C’était un homme d’une joie communicative, il avait la joie de vivre, il savait communiquer sa passion pour le Congo, pour le Zaïre à l’époque. Il ne cachait pas son amitié pour le président Mobutu. Je crois que c’était un vrai ami qui soutenait le président Mobutu. Il savait en quelle circonstance donner conseil, il ne donnait pas conseil à travers les internet comme certains aujourd’hui. »

Le roi du Maroc Mohammed VI a salué la mémoire d'un « grand homme d'Etat » qu'il a connu enfant. « Le Maroc gardera précieusement le souvenir d'un grand ami qui a activement contribué à la consolidation des relations d'amitié entre nos deux peuples en les érigeant en un partenariat d'exception », a-t-il écrit dans un message de condoléances.

Source : RFI

 

Guinée : Alpha Condé demande à ses partisans de « se préparer pour le référendum »

En marge de sa visite à New York, le président guinéen a lancé un appel à ses partisans pour qu'ils se préparent « pour le référendum et les élections ». Une allusion à un référendum sur une éventuelle réforme constitutionnelle qui figure parmi les questions que doivent trancher les « concertations nationales » actuellement en cours.

C’est une petite phrase qui n’a pas manqué de résonner sur les réseaux sociaux guinéens. « Je vous demande de vous organiser et de vous préparer pour le référendum et les élections », lance le président guinéen, devant un parterre de militants de la diaspora, déclenchant un tonnerre d’applaudissements. Et Alpha Condé d’ajouter : « Ce qui veut dire que ceux qui n’ont pas leurs cartes d’électeur doivent commencer à se faire recenser », tandis que certains se levaient dans l’assistance pour scander « Prési ! Prési ! »

La vidéo amateur, tournée à l’ambassade de Guinée lors d’une rencontre d’Alpha Condé avec des Guinéens de la diaspora, dimanche 22 septembre à New York, est d’autant plus largement relayée et commentée que,  jusqu’ici, la parole du président guinéen sur le sujet était rare et mesurée. Surtout, l’opposition guinéenne n’a pas manqué de s’en saisir, jugeant que ces propos venaient confirmer les doutes émis sur les « concertations nationales » lancées depuis une dizaine de jours par le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana.

Le président de la République a parlé au conditionnel

Contacté par Jeune Afrique, le Premier ministre Kassory Fofana assure au contraire que « le président de la République a parlé au conditionnel » et que « ces consultations sont utiles ». « Je suis là pour écouter et prendre acte des demandes de tous les partis. L’opposition a été trop vite en besogne en refusant d’y participer », affirme-t-il.

Le bilan des consultations dressé dans deux semaines

Sur les législatives, le Premier ministre souligne que « de toute façon, la date [des élections] est fixée au 28 décembre 2019, comme l’a recommandé le président de la Ceni après s’être concerté avec ses commissaires ». Un choix de calendrier qui avait révélé des dissensions au sein de la Ceni, une partie des commissaires considérant ce délai trop court et plaidant pour qu’elles ne soient pas organisées avant mars 2020.

Sur la question du référendum, en revanche, Kassory Fofana se montre plus prudent. « Je continue mon travail. Dans deux semaines, quand j’aurai mené toutes les consultations, je ferai un bilan. C’est à ce moment-là qu’une décision pourra être prise concernant la tenue ou non d’un référendum », insiste le Premier ministre.

Amadou Damaro Camara, président du groupe RPG arc-en-ciel (mouvance présidentielle) à l’Assemblée nationale, se montre en revanche beaucoup plus affirmatif . « La tendance de ces consultations est claire. Les retours que nous avons eu montrent que la tendance est en faveur d’un référendum pour une nouvelle Constitution », a-t-il confié à Jeune Afrique.

L’opposition de son côté, maintien sa position, et se félicite même des propos d’Alpha Condé. « Au sein du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), nous nous réjouissons d’avoir refusé de participer à ces consultations. Pour Alpha Condé, elles n’étaient qu’un moyen de se doter d’une certaine légitimité. Et par ces déclarations, il ridiculise Kassory Fofana », estime ainsi le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, joint par JA.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : "Le pouvoir se dirige vers une impasse"

Algérie : Le Journal du Dimanche - Alors que l’Algérie a connu cette semaine son 31e vendredi de mobilisation, Brahim Oumansour, chercheur associé à l’Iris, revient sur l’intransigeance du régime et sa volonté d’imposer une élection présidentielle le 12 décembre dont les manifestants ne veulent pas.

Des milliers de personnes ont encore manifesté à Alger vendredi, le 31e consécutif. Cette nouvelle mobilisation intervient quelques jours après l'annonce d'une présidentielle en décembre. Un scrutin rejeté par le mouvement de contestation, qui exclut toute élection d'un successeur à Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission en avril sous la pression conjuguée de la rue et de l'armée, sans un départ préalable du "système" au pouvoir depuis deux décennies.

Pour Brahim Oumansour, chercheur associé à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), le durcissement du pouvoir, qui a accéléré le calendrier, est "un pari risqué".

La contestation algérienne a-t-elle raison quand elle dénonce aujourd’hui un durcissement du pouvoir?

Oui, incontestablement. Depuis quelques semaines, on assiste à un raidissement dans le discours du chef d’Etat-major Ahmed Gaïd Salah (qui dirige de facto le pays depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika en avril, NDLR). Il fait de plus en plus appel à une solution rapide, à savoir cette élection présidentielle programmée le 12 décembre, pour régler la crise. Cela s’accompagne d’arrestations de manifestants et de personnalités très respectées au sein de la contestation. Parallèlement, le pouvoir empêche les protestataires du reste du pays d’accéder à Alger, les menaçant de très lourdes amendes s’ils tentent de le faire.

Pourquoi ce raidissement?

Si l’on s’en tient à la logique de Salah, il peut être compréhensible du point de vue sécuritaire et économique. Mais les manifestants craignent surtout qu’elle soit une échappatoire : sortir de cette crise sans changer le système. Il y a une absence de dialogue, aucune volonté de transition démocratique n’est affichée. C’est une erreur car cela débouche sur un durcissement de la contestation. Le pouvoir se met tout seul dans une impasse. Vouloir engager une présidentielle est d’ailleurs un pari risqué.

Pourquoi?

Si la population la rejette et que la participation est très faible, alors quelle sera la légitimité du nouveau président? Il serait de facto fragilisé. Or, les mois qui viennent vont être très difficiles en Algérie, puisqu’il se dirige vers une crise économique sévère. Le pays est en pleine stagnation et au bord de la cessation de paiement. Il a un besoin urgent de réformes et d’investissements. Mais tout cela ne peut être engagé sans une stabilité politique, ce que n’offre pas cette solution bricolée par le régime. Les décisions d’un futur président qui ne serait pas légitimé par les urnes pourraient déboucher sur une colère sociale bien plus importante.

Y-a-t-il un risque de radicalisation du mouvement?

Oui même si cela ne se traduirait pas forcément par de la violence. Si le pouvoir s’entête, alors une partie de la population pourra se dire que la mobilisation pacifique n’est pas efficace et qu’il faut passer à des modes d’actions plus dures, comme la grève générale.

Les émeutes qui ont entraîné la mort cette semaine de deux jeunes à Oued Rhiou (250 km à l’ouest d’Alger) sont-ils des signes avant-coureurs de cette radicalisation?

Non, ce sont des événements isolés qui n’ont pas de réels liens avec ce qui se passe dans le pays. Le mouvement continue d’être pacifique. Mais, il faut tout de même souligner que la moindre étincelle pourrait allumer une mèche dangereuse. Cela pourrait entraîner une surenchère de la violence.

Les manifestants réclament maintenant le départ d’Ahmed Gaïd Salah. Est-il fragilisé?

On ne sait pas ce qui se passe exactement au sein de l’armée. Celle-ci jouit d’une bonne image : elle s’était jusqu’alors plutôt montrée du côté des manifestants, avait gagné leur confiance en procédant à des arrestations spectaculaires d’anciens dirigeants, d’hommes d’affaires liés au clan Bouteflika. Mais la politique menée par Ahmed Gaïd Salah ces dernières semaines a abîmé cette image. Cela pourrait se retourner contre lui. A l’intérieur de l’Etat-major, certains pourraient réclamer son départ.

Par Antoine Malo
Source : Le Journal du Dimanche (France)

 

 

Tunisie : l’ex-président Ben Ali enterré à Médine en Arabie saoudite

Le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, décédé jeudi, a été enterré samedi dans la ville sainte musulmane de Médine dans l'ouest de l'Arabie saoudite, ont rapporté des témoins.

L’ancien chef de l’État, qui est mort à Jeddah, au sud de Médine, a été inhumé dans le cimetière d’Al-Baqi, près du mausolée du prophète Mahomet, après la prière de l’après-midi, ont ajouté ces témoins.

Son enterrement à Médine avait été annoncé auparavant par un de ses gendres sur Instagram.

« Aujourd’hui, les funérailles du président Zine El Abidine Ben Ali auront lieu après la prière de l’après-midi à Médine et il sera enterré dans les lieux saints, près du tombeau du

Une partie de la famille de Ben Ali recevra par ailleurs des condoléances dimanche à Sidi Bou Saïd, banlieue huppée de Tunis, selon une annonce publiée dans le quotidien francophone tunisien La Presse.

Silence dans les médias saoudiens

Chassé par la rue le 14 janvier 2011 après avoir installé un régime policier en Tunisie deux décennies durant, Ben Ali est décédé jeudi en exil.

Son décès a été passé sous silence par les médias saoudiens.

Il n’a pas fait la Une de l’actualité ni des conversations en Tunisie alors que le pays s’apprête à élire ses députés le 6 octobre, puis à choisir un président entre deux outsiders, un homme d’affaires emprisonné et un universitaire prônant une décentralisation radicale.

Source : jeubneafrique.com

 

Algérie : des milliers de manifestants à Alger malgré un gros déploiement policier

Des milliers de personnes ont manifesté à Alger pour le 31e vendredi consécutif de mobilisation malgré un important déploiement des forces de l'ordre et quelques jours après l'annonce d'une présidentielle en décembre, un scrutin rejeté par le mouvement de contestation.

Ce mouvement exclut toute élection d’un successeur à Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission en avril sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée, sans un départ préalable du « système » au pouvoir depuis deux décennies.

Si en début d’après-midi – quand commencent habituellement des manifestations –les rues de la capitale algérienne étaient quasiment vides, elles se sont remplies au fur et à mesure, et des milliers de personnes s’étaient retrouvées dans les rues d’Alger en milieu d’après-midi.

« Le peuple ne s’arrêtera pas »

« Le peuple veut renverser Gaïd Salah », « Mettez-nous tous en prison », « Le peuple ne s’arrêtera pas », ont-ils scandé, en référence à Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et véritable homme fort du pays.

Avant le début de la manifestation, des photographes de l’AFP ont vu des membres des forces de l’ordre arrêter plusieurs manifestants à proximité de la place de la Grande Poste, point de rassemblement phare du mouvement de contestation, dans le centre-ville.

La police a multiplié ces dernières semaines les arrestations à Alger avant le début des manifestations hebdomadaires du vendredi. Trois figures de proue de la contestation ont été arrêtées récemment en l’espace d’une semaine.

La mobilisation était cependant au rendez-vous, et ce également en dépit d’un déploiement des forces de sécurité encore plus important que lors des vendredis précédents.

La police était fortement présente dans le centre de la capitale et sur les axes y menant. Elle a arrêté des véhicules dans les rues principales de la capitale menant notamment à la Grande Poste.

Un journaliste de l’AFP a vu des policiers en civil examiner les papiers d’identité de nombreux passants, et certains d’entre eux ont été interpellés puis mis dans des camions.

Circulation bloquée

À l’entrée sud-ouest de la capitale, des membres des forces de l’ordre ont stoppé des voitures venant de l’extérieur d’Alger.

Idir, manifestant venu de Tizi Ouzou, à environ 100 km à l’est d’Alger, a réussi à rejoindre la capitale.

« Je suis parti à cinq heures du matin de Tizi Ouzou, où les routes étaient vides, mais au niveau du point de contrôle, j’ai vu des dizaines de voitures se faire contrôler », a-t-il déclaré à l’AFP. « J’ai réussi à y échapper car ma plaque d’immatriculation est enregistrée à Alger », a-t-il ajouté.

Sur les médias sociaux, des militants ont fait état d’un embouteillage s’étendant sur « plusieurs kilomètres » aux entrées de la capitale. Un hélicoptère de la police a survolé la capitale depuis le matin.

Les manifestants se sont dispersés sans incident vers 17h00 (16H00 GMT), en scandant: « Nous reviendrons (manifester) mardi avec les étudiants. »

Des manifestations massives ont par ailleurs eu lieu dans plusieurs régions du pays, notamment à Constantine, Béjaïa, Tizi Ouzou et Oran, selon des images publiées sur les réseaux sociaux.

Faisant fi du refus du mouvement de contestation de la tenue d’une élection, le pouvoir a choisi le passage en force en annonçant dimanche une nouvelle date pour la présidentielle, fixée au 12 décembre.

Intégrité du processus électoral

La présidentielle pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, initialement prévue le 4 juillet, avait dû être annulée, aucun candidat ne s’étant déclaré, face à l’ampleur de la contestation.

« Il n’y a pas lieu, pour quiconque, de chercher des faux prétextes pour remettre en cause l’intégrité du processus électoral ou l’entraver », a lancé mercredi lors d’un discours Ahmed Gaïd Salah.

À cette occasion, il a indiqué que l’armée empêcherait désormais les manifestants des autres régions de se joindre aux cortèges à Alger.

Il a motivé cette décision par l’existence de « certaines parties (…) aux intentions malveillantes » qui drainent « chaque semaine des citoyens (…) vers la capitale afin d’amplifier les flux humains dans les places publiques, avec des slogans tendancieux qui n’ont rien d’innocent ».

« Leur véritable objectif est d’induire l’opinion publique en erreur (…) pour s’autoproclamer fallacieusement comme les porte-voix du peuple », a-t-il tonné.

Cette mesure a été dénoncée comme « illégale » par Me Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH).

Selon lui, il n’existe « aucune réglementation en ce sens, bien au contraire: la Constitution garantit aux Algériens l’égalité citoyenne et la liberté de circulation ».

Source : jeuneafrique.com

 

Ben Ali, 23 ans de pouvoir de la chute de Bourguiba à la révolution tunisienne

Zine el-Abidine Ben Ali est mort ce jeudi 19 septembre à l'âge de 83 ans. Il avait été président de la République tunisienne de 1987 à 2011, une présidence de plus de 23 ans, marquée par des atteintes importantes aux droits de l’homme.

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur ambulant de Sidi Bouzid, s’immole par le feu, pour protester contre la saisie de sa marchandise par les autorités. Dans un pays gangréné depuis des années par la corruption et le népotisme, ce suicide provoque une série de manifestations insurrectionnelles dans tout le pays.

Petit à petit les Tunisiens n'ont plus peur et sont de plus en plus nombreux à le dire haut et fort. Ces protestations ont même créé une onde de choc, à des degrés très variables, dans d’autres pays arabes, aboutissant à ce que l’on appelle le « Printemps arabe ».

La mobilisation est alors à la hauteur de la peur des Tunisiens de s'exprimer jusque-là dans la rue et de la répression de la contestation, qui fera 300 morts. Une pression populaire telle que Ben Ali doit quitter le pays le 14 janvier 2011. Son projet est de protéger sa famille en Arabie saoudite et de revenir dès le lendemain en Tunisie. Mais la situation politique est telle que Ben Ali est contraint de rester à Djeddah. Il est mort ce jeudi 19 septembre.

Depuis 2011, Ben Ali avait donc été réfugié en Arabie saoudite, avec son épouse Leïla Trabelsi, son fils Mohamed et sa fille Halima. Peu d’informations ont filtré sur son exil. En février 2011, une rumeur avait indiqué que Ben Ali souffrait d’un cancer de la prostate depuis plusieurs années et était tombé dans le coma après une attaque cardiaque. Des affirmations largement exagérées, Ben Ali ayant plutôt souffert d’une crise d’hypoglycémie, comme l’a rapporté RFI à l’époque.

Dans la ville portuaire de Djeddah, Ben Ali a pu profiter d’une « demeure bourgeoise », vivant avec des gardes du corps de l’armée saoudienne, de manière discrète, comme le lui ont demandé les autorités du pays. Des autorités qui ont refusé par deux fois les demandes d’extradition émises par la Tunisie. L'ancien président a été jugé par contumace, dans son pays, dans de nombreux procès. Il est notamment accusé dans des affaires de corruption, de malversations et lié à la répression des manifestations.

Un président qui a constitué une « quasi-mafia » à la tête du pays

Ben Ali laisse en effet la trace d’un président autoritaire qui, avec son entourage et en particulier la famille de sa seconde épouse, l'ex-coiffeuse Leïla Trabelsi, a généralisé la corruption dans le pays. Il est toujours difficile à ce jour d'évaluer avec précision la fortune du « clan ».

Avec sa seconde épouse Leïla Trabelsi, qui a progressivement étendu son influence sur le pays, Ben Ali s’est installé à la tête d’une « quasi-mafia », selon les mots de l’ancien ambassadeur américain Robert F. Godec (dans un mémo confidentiel révélé par WikiLeaks). Leur influence s’est illustrée par l’implication graduelle de certains membres de la famille Trabelsi dans plusieurs pans de l’économie du pays, sans compter les membres de la famille de Ben Ali. Le personnage le plus connu étant peut-être  Sakhr El Materi, son gendre, qui était à la tête d’une puissante holding présente dans le commerce automobile, l’immobilier, le tourisme de croisière, les finances, les médias, les télécommunications et l’agriculture. À la révolution, El Materi s’enfuit en France, au Qatar, puis aux Seychelles, et est aussi condamné par contumace dans plusieurs affaires de corruption et de malversations.

Le 7 novembre 1987 : le « Changement »

La présidence de Ben Ali avait pourtant commencé en 1987 avec des promesses de démocratisation. À l’époque, la Tunisie était en pleine crise de succession, le président Habib Bourguiba, vieillissant et malade, devant faire face à une crise économique et financière et à une importante contestation sociale et islamiste. Nommé Premier ministre le 2 octobre 1987, Ben Ali se confirme comme le possible successeur de Bourguiba. Le 7 novembre, il dépose le président pour sénilité dans un « coup d’État médical ».

Ben Ali rejetait ce terme de « coup d’État ». Lors d’une interview à la chaîne de télévision française Antenne 2 (ex-France 2) le 9 septembre 1988, il qualifiait sa prise de pouvoir comme un « acte de redressement, de salut national. […] Avant le 7 novembre [1987], la loi était bafouée, les institutions paralysées. Et je devais bien entendu rétablir l’état de droit. […] Et ça a été fait dans le strict respect de la Constitution et de la loi sans une goutte de sang et sans la moindre égratignure. »

ajoutant que Bourguiba « était malade, il n’était pas [en] état de gouverner ». Ce « putsch médical » a été plutôt bien accueilli par le monde politique, le nouveau président Ben Ali cherchant à apaiser le climat politique, en donnant des signes d’ouverture aux partis de l’opposition et aux associations.

Mais rapidement des atteintes importantes aux droits de l’homme sont constatées en Tunisie. Et la politique de Ben Ali a devient synonyme de répression, à l’emprisonnement et à la torture de ses opposants ainsi qu’à des atteintes à la liberté d’expression et à la liberté de la presse.

Le chiffre 7 (issu de la date du 7 novembre 1987) est devenu le symbole de sa présidence, faisant l’objet d’un culte. Le 7 novembre est un jour férié, et le chiffre 7 est visible dans la quasi-totalité des lieux publics : administrations, cafés, magasins, avenues, établissements scolaires, transports, stades, etc. L’image de Ben Ali était omniprésente dans le pays.

Un « homme de l’ombre » passé par l’armée avant la politique

Mais comme l’écrivait en 2002 le journaliste Jean-Pierre Tuquoi, Ben Ali restait un « inconnu » pour les Tunisiens : c’est « un personnage lisse. Il est à la fois omniprésent et absent. C’est un visage, mais pas une voix. […] Ben Ali reste aux yeux des Tunisiens un personnage lointain, inaccessible et difficile à cerner. » Avant la politique, Ben Ali a effectué l’essentiel de sa carrière dans l’armée et les services de sécurité, restant un « homme de l’ombre », comme le qualifie un de ses anciens compagnons de route.

Né le 3 septembre 1936, dans une famille modeste de Hammam Sousse, Ben Ali intègre très jeune les structures locales du Néo-Destour, le parti de Habib Bourguiba. Il entre dans l’armée après l’indépendance du pays en 1956. Quatrième enfant d’une famille qui en comptait onze, il est affecté au service du général Kéfi, un des plus hauts gradés de l’armée, dont il épouse la fille Naïma en premières noces en 1964.

En janvier 1978, il est nommé à la tête de la sûreté générale, avant de devenir ambassadeur de Tunisie en Pologne en 1980. Le 26 avril 1986, il obtient le poste de ministre de l’Intérieur. C’est alors qu’il commence à fréquenter Leïla Trabelsi, avec qui il se marie en 1992, quatre ans après avoir divorcé de sa première épouse.

Modernisation de l’économie tunisienne et promotion des droits des femmes

C’est autour de cette période que le processus politique de démocratisation, qui était promis et avait commencé à s’engager depuis 1987, a fortement ralenti. Mais du point de vue économique et social, Ben Ali a poursuivi la politique de Bourguiba. Libéralisme économique, privatisations dans le secteur touristique et ouverture envers les investisseurs étrangers étaient les mots d’ordre en économie.

D’un point de vue social, Ben Ali s’est inscrit dans le prolongement de Bourguiba pour la promotion de la laïcité et la place de la femme. Il a étendu le Code du statut personnel, la loi qui donnait à la femme tunisienne une place inédite dans le monde arabe, en donnant plus de droits aux femmes, et en particulier aux mères. La femme tunisienne a ainsi pu transmettre à son enfant sa nationalité, une nouveauté alors dans le monde arabe.

En son temps, les soutiens de Ben Ali le défendaient souvent en mettant en valeur la bonne santé économique du pays et le statut privilégié des femmes, qu’ils lui attribuaient. Mais l’historienne et journaliste franco-tunisienne Sophie Bessis se demandait si le régime de Ben Ali était féministe « par nécessité politique et pour masquer le déficit démocratique qu'il semble se plaire à creuser, ou par conviction moderniste ».

En tout cas, après la révolution de janvier 2011, le pays est passé par tant d’instabilités économiques et sécuritaires que certains Tunisiens ont un temps, souhaité le retour de Ben Ali en Tunisie. La nostalgie portait peut-être plus sur une période où l’économie allait mieux et où le pays était beaucoup plus verrouillé sur le plan sécuritaire qu'elle ne portait sur le personnage. Mais les nostalgiques, n'ont jamais été majoritaires. Quand le 14 mars 2016, Khaled Chouket, porte-parole du gouvernement, a demandé le retour de Ben Ali en Tunisie au nom de « la réconciliation » et de « la tolérance ». Aussitôt, cette déclaration a provoqué un tollé dans un pays où le nom même de Ben Ali reste un repoussoir.

Source : RFI

 

Kidal, ville du nord, inquiète les voisins du Mali

Kidal, ville du nord, inquiète les voisins du Mali L'Express - La situation de Kidal suscite l'inquiétude des pays du Sahel, pour qui cette ville du nord-est du Mali en guerre sert de base arrière à des jihadistes pour semer la terreur dans la région.

Jusqu'alors prononcées sous le manteau, les accusations visant Kidal, à quelques centaines de kilomètres de l'Algérie et du Niger, ont été lancées haut et fort par le président nigérien Mahamadou Issoufou début septembre.

"Le statut de Kidal est une menace" pour la stabilité du Sahel, a déclaré M. Issoufou malgré la présence à ses côtés de son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta. Kidal fait partie de ces vastes zones du Mali qui échappent de facto à l'autorité de l'Etat.

Prise en 2012 par les rebelles salafistes, elle est aujourd'hui, malgré la présence de bases française et des forces onusiennes, sous le contrôle d'ex-rebelles séparatistes touareg qui se sont soulevés contre le pouvoir central en 2012 avant de signer un accord de paix à Alger en 2015.

Aujourd'hui, Kidal est devenue une "évidente base arrière et rampe de lancement de plusieurs opérations terroristes", a déclaré mi-septembre auprès de la presse burkinabè Maman Sidikou, secrétaire général du G5 Sahel engagée dans la lutte contre le jihadisme.

A l'origine de cette escalade verbale, selon le chercheur Ibrahim Yahya Ibrahim, du think-thank International Crisis Group (ICG), l'attaque menée en juillet par des jihadistes contre un camp militaire nigérien proche de la frontière. Dix-huit soldats ont été tués.

"Beaucoup au sein du gouvernement nigérien pensent que les assaillants sont partis d'une base de la Coordination des mouvements de l'Azawad", CMA, dont une des composantes contrôle Kidal, explique Ibrahim Yahya Ibrahim. Le Niger assure en avoir les preuves, mais ne les a jamais rendues publiques, ajoute-t-il.

"Se faire attaquer par des terroristes venant de la base d'un groupe signataire de l'accord d'Alger a agacé l'Etat" nigérien, poursuit le chercheur.

De fait, le président Issoufou se plaint que des groupes armés maliens signataires de l'accord d'Alger aient une "position ambiguë" vis-à-vis des jihadistes, faisant peser le soupçon d'alliances locales et opportunistes entre séparatistes et jihadistes.

Les informations indépendantes sont très difficiles à obtenir dans un secteur dangereux. Mais le CMA réfute les accusations nigériennes.

- "Chimère" -

Réunis à Ouagadougou samedi, les pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont lancé un appel aux Etats sahéliens pour "ne pas accepter que les terroristes utilisent leur territoire comme sanctuaire ou base de repli". Un apparent tacle au Mali pour son incapacité à restaurer son autorité étatique à Kidal, selon un observateur à Bamako.

Lors de la même conférence, une source haut placée du Tchad disait ne pas vouloir que les troupes tchadiennes déployées au Mali au sein de la mission de l'ONU "restent l'arme au pied". Elle souhaitait que ces troupes "aillent combattre là où ça se passe", laissant entrevoir la tentation éprouvée par certains d'intervenir militairement dans la zone.

Signe du sérieux de l'affaire, une réunion du comité de suivi de l'accord (CSA) d'Alger de 2015, initialement prévue à Kidal mardi, a été reportée. C'était la première fois qu'une telle réunion était délocalisée, dans ce qui devait symboliser un retour de l'Etat malien dans le nord et illustrer la mise en oeuvre de l'accord.

"Des éléments nouveaux (sont) intervenus", a justifié devant des diplomates le ministre malien des affaires étrangères Tiébilé Dramé, sans préciser lesquels. Selon un représentant d'un pays africain au CSA, tenir la réunion à Kidal revenait du point de vue malien à "conforter les indépendantistes dans leur chimère".

La CMA a demandé une réunion urgente en terre "neutre" pour "clarifier l'ensemble des questions" liées à la non-tenue de la réunion.

Le président du CSA, Ahmed Boutache, qui a quitté ses fonctions mardi, a estimé en réponse que cette demande de clarifications "n'augure pas de jours meilleurs pour l'application de l'accord menée si patiemment tout au long de ces cinq dernières années".

La mise en place de l'accord reste fastidieuse, tandis que les violences se multiplient au Mali et que les attaques jihadistes se sont étendues ces dernières années au Burkina Faso et au Niger.

Source : L'Express (France)

 

 

Mali : les ex-rebelles de la CMA suspendent leur participation au processus de l’accord de paix

Après l’annulation de la réunion du comité de suivi de l’application de l’accord de paix, à la demande du gouvernement malien, les ex-rebelles ne décolèrent pas et conditionnent désormais leur participation à la tenue d’une réunion avec le gouvernement. Un casse-tête pour la médiation internationale.

Ce qui aurait dû être le signe d’un progrès notable dans l’application de l’accord de paix s’est finalement transformé en obstacle. Pour montrer que le processus de paix avance au Mali, les membres du comité de suivi de l’accord de paix (CSA) avaient pour la première fois prévu de délocaliser leurs travaux mensuels le 17 septembre dans le nord, à Kidal.

Mais à la veille de la rencontre, à laquelle devaient assister le ministre algérien des Affaires étrangères Sabri Boukadoum et son homologue malien Tiébilé Dramé, le gouvernement a demandé d’annuler la rencontre et de la reprogrammer à Bamako. Motif : « des raisons d’État impératives », sans autre précision.

En réaction, la Coordination des mouvements de l’Azawad, ex-rébellion du nord, a annoncé qu’elle ne prendrait part à la réunion de Bamako que si une rencontre urgente avec le gouvernement malien dans un lieu neutre avait lieu.

« Nous ne savons pas avec qui discuter »

« Après l’annulation de la réunion du CSA à Kidal, nous demandons une réunion avec la partie gouvernementale sur un terrain neutre afin qu’on se dise nos vérités et pour décider s’il faut continuer avec cet accord de paix, ou s’il convient de le déclarer caduc », affirme Almou Ag Mohamed, cadre du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA). Et d’ajouter : « Nous constatons aussi les agissements de certains pays médiateurs, qui sortent de leur cadre de neutralité ».

Pour la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), la réunion demandée peut être tenue « en Algérie ou dans un autre État non membre de la Cedeao », et doit avoir lieu avant toute autre rencontre dans le cadre de l’accord de paix. « Le problème est que nous ne savons même pas avec qui discuter. Tantôt c’est le ministre de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré, tantôt le gouvernement nous envoie Tiébilé Dramé, ministre des Affaires étrangères, donc nous avons l’impression d’un désordre total », déplore Sidi Brahim Ould Sidati, président en exercice de la CMA.

« Les combattants du MOC livrés à eux-mêmes »

Plus grave encore, la CMA accuse le gouvernement malien de négligence dans la gestion des combattants du MOC, le mécanisme opérationnel de coordination, chargé de sécuriser les autorités dans le nord, et qui ont été intégrés à l’armée malienne. « Nous avons l’impression qu’il y a un laxisme dans les actes du gouvernement. Après leur formation militaire, les combattants du MOC ont été livrés à eux-mêmes, malgré la menace sécuritaire qui pèse à leur encontre. Aujourd’hui, certains sont perdus, d’autres sont otages des groupes armés », dit Sidi Brahim Ould Sidati.

En effet, après la fin de leur formation il y a deux semaines, certains combattants du MOC avaient pris une permission pour saluer leur famille. Mais sur les routes menant au nord du pays, plusieurs d’entre eux ont été pris pour cible par des hommes armés non identifiés. Une vingtaine de ces nouveaux soldats maliens manquent toujours à l’appel.

Des obstacles « non négligeables »

Dans une lettre adressée à ses collègues, et dont Jeune Afrique a obtenu copie, le président du CSA, l’Algérien Ahmed Boutache, se montre pessimiste. « Devant ces sérieux développements, signes avant-coureur d’obstacles non négligeables qui viendront, dans un avenir non lointain, affaiblir le processus de mise en œuvre de l’accord qui, au lieu d’être accéléré comme ne cesse de le réclamer la communauté internationale, risque de connaître encore davantage de retard », écrit-il.

Contacté par Jeune Afrique, le ministre malien de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré, joue la carte de l’apaisement. « Nous travaillons pour débloquer la situation, mais pour nous, il est encore prématuré de dire que nous devons aller parler dans un lieu neutre »

Pour l’heure, tous les leaders de la Coordination du mouvement de l’Azawad se sont retirés dans la ville de Kidal, le fief de la rébellion, en attendant une suite à leur requête. Pourtant, le calendrier presse : le gouvernement malien et la médiation internationale ont besoin que le CSA se réunisse avant le 24 septembre prochain, date de l’ouverture du débat à l’assemblée générale des Nations Unies, afin de rassurer les États membres de l’ONU du progrès de la crise malienne.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle en Tunisie : Ennahdha reconnaît sa défaite et le « carton jaune » adressé par les électeurs

Arrivé troisième avec 12,9 % des suffrages, Abdelfattah Mourou a reconnu mardi sa défaite au premier tour de l'élection présidentielle, et salué les vainqueurs Kaïs Saïed et Nabil Karoui. Pour les cadres de son parti, Ennahdha, c'est désormais l'heure du bilan.

Au quartier général d’Abdelfattah Mourou, candidat tardif d’Ennahdha à l’élection présidentielle du 15 septembre, l’ambiance n’est pas à la fête. Devant les caméras, les affiches « Mourou 2019 » et les photos du candidat affublé du numéro 14 rappellent les espoirs déçus du parti à la colombe. Mis à part les gardes du corps à l’entrée de cette villa du quartier El Manar, en périphérie de Tunis, les trois hommes qui s’expriment en conférence de presse paraissent plus petits qu’avant dans leurs costumes.

Aux côtés du candidat paré de ses habituelles jebba et chechia, Samir Dilou, son directeur de campagne et ex-ministre des Droits de l’homme, et Rached Ghannouchi, le chef de la formation à référentiel islamique. Tous deux cravatés, ils tentent tour à tour de trouver des raisons à cette dégringolade. Ennahdha, qui se démarquait jusqu’alors par ses bases solides et sa structuration, était habitué depuis 2011 à peser fortement dans le jeu politique, jusqu’à devenir première force à l’Assemblée des représentants du peuple. Sa récente mue en formation « musulmane démocrate » – selon les derniers éléments de langage – était d’ailleurs censée élargir ses perspectives. Il faudra finalement compter sans le fauteuil de Carthage.

Une candidature tardive

Ses cadres ont reconnu la défaite et la place de troisième de leur candidat à la présidence, avec 12,9 % des voix, selon les résultats officielles annoncés mardi après-midi par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). La faute à un manque de temps, s’accordent-ils à justifier.

Ennahdha a en effet traîné et attendu la dernière minute pour annoncer une candidature et choisir son « oiseau rare », après avoir hésité à soutenir un visage extérieur à ses rangs. Beaucoup trop tard, de l’avis d’Oussama Sghaïer, député nahdaoui des Tunisiens de l’étranger (circonscription Italie).

Si on avait eu quelques jours de plus, on aurait pu faire beaucoup mieux. Surtout que nous n’avons que deux points d’écart avec le candidat arrivé deuxième

« Nombre de citoyens avaient déjà fait leur choix quand nous nous sommes décidés, confie-t-il à Jeune Afrique. Si on avait eu une campagne normale et non pas des élections anticipées, avec quelques jours de plus, on aurait pu faire beaucoup mieux. Surtout que nous n’avons que deux points d’écart avec le candidat arrivé en deuxième position. »

Selon lui, les douze jours accordés pour faire campagne et sillonner toutes les régions ont été largement insuffisants. Il en veut pour exemple la ville de Gabès, où Ennahdha était classé troisième des intentions de vote avant la visite de son candidat, qui aurait contribué à l’y propulser finalement en première place.

« Avènement de candidats de la révolution »

« Tous les représentants et cadres du parti sont descendus sur le terrain en force », a salué Rached Ghannouchi, tout en se félicitant de « l’honorable » résultat obtenu. Peu avant, le bureau exécutif d’Ennahdha avait salué « le militantisme, la persévérance et la capacité [d’Abdelfattah Mourou] à communiquer avec différentes catégories sociales ».

Le leader a également souligné la défaite des candidats de l’ancien régime et de ses ennemis – pourtant alliés d’hier. Il estime que le scrutin a en revanche permis « l’avènement de gouvernements d’essence révolutionnaire, grâce aux candidats de la révolution dont Mourou, mais aussi Kaïs Saïed, l’ex-président Moncef Marzouki, Safi Saïd, Lotfi Mraihi et Seifeddine Makhlouf ».

« On ne peut pas décrypter en quelques heures le message lancé par les Tunisiens », a nuancé Samir Dilou, reconnaissant toutefois un « séisme ». Et Mourou de rappeler que « l’érosion n’a pas touché seulement Ennahdha, mais tous les partis et politiciens ». « C’est un carton rouge pour le pouvoir et un carton jaune pour nous », reconnaît leur cadet Oussama Sghaïer.

La concurrence Saïed

Le candidat arrivé en tête, Kaïs Saïed, a-t-il puisé dans les réserves de la formation islamiste ? « Il a commencé sa campagne il y a trois ans. Pendant ce temps-là, j’étais à la tête de l’Assemblée [comme vice-président]. Ce qui m’intéressait, c’était le cours des choses dans l’hémicycle. Il a pris de l’avance, mais nous ne savons pas encore s’il a pris des voix chez nos potentiels électeurs ou chez nos voisins », rétorque à Jeune Afrique un Abdlelfattah Mourou qui tente de garder le sourire et son habituelle bonhomie.

Les instances du parti devraient se prononcer dans les prochains jours sur son éventuel appui à l’un ou l’autre des candidats du duo de tête. Si un soutien était envisagé, l’option Kaïs Saïed semble la plus réaliste. « Nabil Karoui a tenté de nous détruire et a beaucoup dépensé pour cela ces dernières années », rappelle ainsi Oussama Sghaïer.

Source : jeunearique.com

 

 

Présidentielle en Tunisie : l’Isie confirme la qualification de Kaïs Saïed et Nabil Karoui pour le second tour

mediaL'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a proclamé mardi les résultats officiels du premier tour de l'élection présidentielle, confirmant les sondages qui donnaient les candidats Kaïs Saïed et Nabil Karoui qualifiés pour la seconde manche.

Annoncée dimanche soir par les instituts de sondage, la nouvelle, qui a surpris bon nombre d’observateurs, a été confirmée mardi en milieu d’après-midi par l’Instance électorale : le constitutionnaliste Kaïs Saïed est bien arrivé en tête du premier tour, avec 18,4 % des voix, suivi par le magnat des médias emprisonné Nabil Karoui (15,6 %). Ces deux candidats « hors système » sont donc qualifiés pour le second round du scrutin, après avoir éliminé tous les représentants des formations politiques traditionnelles.

Les deux premiers devancent assez nettement les autres prétendants – selon des chiffres qui varient quelque peu de ceux communiqués par Sigma Conseil. L’islamiste d’Ennahdha Abdelfattah Mourou se classe ainsi troisième, avec 12,8 % des suffrages. Il est suivi de l’ex-ministre de la Défense Abdelkrim Zbidi (10,7 %) et du chef du gouvernement sortant Youssef Chahed (7,38 %). Souvent citée dans le peloton des favoris, Abir Moussi, la présidente du Part destourien libre (PDL) et nostalgique de l’ancien président Ben Ali, est encore plus largement distancée, ne récoltant que 4,7 % des votes.

« Nabil Karoui reste candidat »

Quelque sept millions d’électeurs tunisiens étaient appelés aux urnes dimanche 15 septembre, afin de départager les 26 candidatures validées par l’Isie. Initialement prévu en novembre, le premier tour de l’élection présidentielle avait été avancé au dimanche 15 septembre après la mort le 25 juillet du chef de l’État en exercice, Béji Caïd Essebsi. Ce décès a entraîné une inversion du calendrier électoral – le scrutin législatif étant désormais programmé entre les deux tours de la présidentielle – , bousculant les stratégies des partis politiques qui n’ont eu que très peu de temps pour se préparer.

La pré-campagne avait également été marquée par l’arrestation rocambolesque du candidat Nabil Karoui, incarcéré depuis à la prison de la Mornaguia, près de Tunis, dans le cadre d’une enquête judiciaire pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ». « En l’absence de jugement, Nabil Karoui reste candidat », a affirmé dimanche soir Nabil Baffoun, le président de l’Instance électorale.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle en Tunisie: un duel «antisystème» se dessine pour le second tour

Les résultats du premier tour de la présidentielle tunisienne de ce dimanche 15 septembre ne sont que partiels, mais ils sont déjà un message très clair envoyé à la classe politique au pouvoir.

Ce lundi 16 septembre, en fin d'après-midi, l’Instance de surveillance des élections (Isie) a publié les résultats de ce premier tour après le dépouillement de 66% des bulletins - les résultats définitifs tomberont au plus tard ce mardi. Et les chiffres sont très proches des précédentes mises à jour. L’universitaire conservateur sans parti politique Kaïs Saied est en tête avec 18,9% des voix. Suivi par l’homme d’affaires Nabil Karoui (15,5%), le candidat soutenu par Ennahdha, Abdelfattah Mourou (12,9%) et le ministre de la Défense, Abdelkrim Zbdi (10,1%).

Ce premier tour aura été marqué par une offre inédite de candidats - plus d’une vingtaine - et de choix « antisystème ». Les représentants des partis traditionnels, anciens ministres ou sympathisants de partis ont été balayés, à l’exception du candidat soutenu par Ennahdha, le parti d’inspiration islamiste qui a toujours pu compter sur un réservoir de votants disciplinés.

La participation, très faible à 45,2%, est à relativiser, car avec la hausse des inscriptions sur les listes électorales, le nombre de votants est quasiment égal (trois millions) avec la présidentielle de 2014 qui avait vu une participation de 63%.

Réactions politiques

Rapidement, Youssef Chahed, avec 7,4% des voix, a reconnu sa défaite et a repris son poste de Premier ministre, sans donner de consignes de vote. Idem pour Moncef Marzouki, l’ancien président. D’ailleurs, les candidats défaits consultent leurs bases en ce moment pour savoir s’il est opportun ou non d’appeler à voter pour l’un ou l’autre des prétendants.

L’homme en tête du scrutin, Kaïs Saied, a plusieurs fois commenté sa première place, sans marque particulière d’enthousiasme, évoquant le bien de la Tunisie. Kaïs Saïed a été le  le candidat  le plus discret au cours de la campagne électorale où il a séduit les jeunes : il n’a quasiment pas fait de déclaration auprès des médias et a organisé très peu de meetings. Il a d'ailleurs mené cette campagne électorale avec ses moyens personnels, et sillonné le pays dans sa propre voiture.

Du côté de Nabil Karoui, le style est différent. La fête, à son QG de campagne, a duré une bonne partie de la nuit malgré l’absence du candidat, actuellement en cellule à la Mornaguia.

Une longue campagne pour Karoui

La situation est inédite en Tunisie et n’est pas prévue par le code électoral. Ce vide juridique est en fait géré directement par le juge d’instruction en charge de l’affaire. Doit-il être libéré indépendamment du dossier qui pèse sur lui ? Doit-on lui assurer des moyens de communiquer malgré sa détention ? Des magistrats planchent en ce moment sur ces questionnements.

En attendant, son épouse Salwa Smaoui assure la campagne. Elle a pris le relais de son mari depuis son incarcération en août en multipliant les meetings partout dans le pays. Les citoyens ont découvert une femme battante, militante qui donne de la voix pour défendre les idées de son époux.

Nabil Karoui a commencé cette campagne avant tout le monde. Cela fait trois ans qu’il sillonne l’intérieur du pays, où l’État n’a pas investi. Sur place, il distribue des vivres, rencontre les classes populaires. Ses actions caritatives lui ont forgé l’image d’un homme généreux. « C’est quelqu’un d’humain, contrairement à toute la classe politique », confiait à RFI une veuve sans revenu, lors de son meeting de clôture.

L’échec d’Ennahdha

Du côté du camp arrivé troisième, Ennahdha, on préfère attendre les résultats définitifs avant de réagir même si on relativise déjà cet échec. D’abord parce que la priorité d’Ennahdha, ce n’est pas la présidentielle, mais les législatives du 6 octobre.

La disparition du président Béji Caïd Essebsi, en juillet, a totalement chamboulé le calendrier électoral, conduisant à organiser une présidentielle avant ces législatives. Or le parti ne pouvait pas se permettre d’être hors course, Abdel Fattah Mourou a donc été désigné il y a quelques semaines seulement.

Il n’a eu de cesse de le répéter : même s’il a été choisi par les cadres du parti, il n’est pas le candidat du parti d’inspiration islamiste. Il a voulu drainer plus large, au risque de perdre des voix.

D’ailleurs plusieurs candidats indépendants, issus des rangs d’Ennahdha, n’ont que peu rassemblé. Selon l’institut de sondage Sigma, les deux candidats finalistes ont pu compter chacun sur 15% d’électeurs qui votent traditionnellement Ennahdha.

Le vote nahdhaoui habituellement discipliné s’est donc disséminé parmi les différents candidats. Les prérogatives limitées de la fonction présidentielle n’ont jamais fait de Carthage une cible réelle des islamistes. Et confier à un islamiste le fauteuil présidentiel dont les pouvoirs couvrent la défense, l’armée et la diplomatie, peut avoir eu un effet repoussoir chez certains électeurs.

En Tunisie, le véritable pouvoir se situe à l’Assemblée. Pour les élections législatives d’octobre, le parti promet d’arriver en ordre de bataille, solidaire et motivé. Ce sera alors le meilleur indicateur pour savoir si Ennahda reste la première force politique du pays.

Source : RFI

 

Terrorisme : La Cedeao se dote d’un plan d’action à un milliard de dollars pour contrer les jihadistes

À l'issue de son sommet extraordinaire à Ouagadougou, samedi 14 septembre, la Cedeao a décidé de se doter d'un plan d'action pour la période 2020-2024 afin d'améliorer la lutte contre le terrorisme. L'organisation sous-régionale prend ainsi la main sur le dossier, sans toutefois se substituer au G5 Sahel.

Les modalités de ce plan d’action prioritaires de cinq ans seront entérinées lors du prochain sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), prévu en décembre à Abuja. À l’occasion de la réunion extraordinaire qui s’est tenue samedi 14 septembre à Ouagadougou, les chefs d’État ont annoncé que l’organisation sous-régionale allait mobiliser des ressources à hauteur d’un milliard de dollars (environ 900 millions d’euros). “Cette contribution financière démontre notre engagement à faire la différence”, a expliqué le président Mahamadou Issoufou, également président en exercice de la Cedeao.

à lire Face à l’expansion de la violence terroriste, les chefs d’État de la Cedeao en quête d’une nouvelle approche

“Nous allons mobiliser ces ressources sur cinq ans à partir de 2020. Le président de la commission de la Cedeao [l’Ivoirien Jean-Claude Brou] va regarder comment chaque pays va participer au financement du mécanisme”, a pour sa part précisé Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabè.

Selon nos informations, 500 millions de dollars seront décaissés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Un comité technique se réunira bientôt pour préciser le mode de financement de la somme restante. “Des prélèvements communautaires pourraient être privilégiés”, explique un ministre ouest-africain. La commission de la Cedeao a également invité le Tchad et à la Mauritanie, deux États représentés au sommet – respectivement en tant que pays appartenant au Bassin du lac Tchad et au G5 Sahel – , à participer à l’effort financier.

“La Cedeao prend la main”

Ces ressources seront débloquées pour la formation des unités engagées dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, notamment les trafics d’armes, de tabac ou de drogue. Elles vont permettre également aux États d’organiser et de mutualiser les informations récoltées par leurs unités de renseignement. Cela pourrait aboutir à la mise en place d’un système numérisé de données biométriques pour faciliter la collaboration entre les services.

Tout en actant le droit de poursuite, les participants au sommet ont décidé d’impliquer la force en attente de l’organisation sous-régionale

“La Cedeao prend la main”, analyse un ministre. Tout en actant le droit de poursuite dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les participants au sommet ont décidé d’impliquer la force en attente de l’organisation sous-régionale. “Les ministres de la Sécurité vont étudier les scénarios d’implication de cette force. Cette question sera élucidée en décembre lors du prochain sommet”, précise un participant au huis clos

“Pas un substitut au G5 Sahel”

Mais alors que l’avenir du G5 paraissait incertain à de nombreux observateurs, la Cedeao n’a toutefois pas vraiment décidé de refondre totalement l’organisation ni de l’élargir à d’autres pays. Et si la force conjointe du G5 n’a pas encore prouvé son efficacité sur le terrain, Mahamadou Issoufou a défendu l’initiative. “Il ne s’agit pas de trouver un substitut à la force conjointe du G5 Sahel et la force multinationale mixte du Bassin du lac Tchad. Dans l’immédiat, il faut renforcer les instruments en place, et la force en attente est prévue sur le moyen terme”, a-t-il déclaré.

à lire Sommet de la Cedeao à Ouagadougou : le G5 Sahel a-t-il encore un avenir ?

Face à la dégradation alarmante de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, et le spectre de plus en plus pesant de propagation aux pays côtiers, les dirigeants ont lancé un appel à la communauté internationale, notamment les Nations unies, qu’ils exhortent à doter la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) d’un mandat aux prérogatives renforcées. “La communauté internationale ne doit pas détourner son regard du Sahel et du Bassin du lac Tchad. C’est elle qui a provoqué la crise libyenne, véritable foyer d’alimentation de la crise dans notre région”, a fustigé le président nigérien.

À l’ouverture du sommet, Moussa Faki, le président de la Commission de l’UA, avait milité pour que l’ONU mette en place “des contributions obligatoires” de ses États membres pour financer la lutte contre le terrorisme. “Les Nations unies doivent assumer leur rôle”, avait-il déclaré.

Source : jeuneafrique.com

 

Violences xénophobes en Afrique du Sud : hué au Zimbabwe, Ramaphosa présente ses « excuses »

Le président sud-africain a été hué, samedi, lors des obsèques de Robert Mugabe au Zimbabwe après les récentes émeutes dirigées contre des étrangers qui ont secoué l'Afrique du Sud. Il a présenté ses « excuses » en assurant que ses compatriotes n'étaient « pas xénophobes ».

Alors qu’il s’apprêtait à rendre homme à l’ancien maître du Zimbabwe dans un stade de la capitale Harare, Cyril Ramaphosa a été longuement sifflé et conspué par la foule qui assistait aux obsèques.  « Je me tiens ici devant vous comme un frère africain, qui exprime ses regrets et présente ses excuses pour ce qui s’est passé dans mon pays », a lancé le président sud-africain, après avoir pu reprendre son discours.

Au début du mois, l’Afrique du Sud a été secouée pendant plusieurs jours par une vague d’émeutes et de pillages dirigées en priorité contre les habitants et les commerces des étrangers, principalement dans sa plus grande ville Johannesburg.

Ces violences, qui ont fait au moins 12 morts, dont une majorité de Sud-Africains, et causé d’importants dégâts, ont profondément choqué sur l’ensemble du continent. L’écho en a été d’autant plus fort à Harare  que plusieurs millions de Zimbabwéens – les statistiques officielles n’existent pas – ont fuit la répression et la crise économique qui sévissent dans leur pays pour se réfugier en Afrique du Sud.

« Les Sud-Africains ne sont pas xénophobes »

 

Nous travaillons très dur pour encourager notre peuple à accueillir toute la population des pays africains

« Ce qui s’est passé en Afrique du Sud va à l’encontre du principe d’unité du peuple africain pour qui le président Mugabe, Nelson Mandela (…) se sont battus », a indiqué Cyril Ramaphosa.

« Je me tiens ici devant vous (…) pour vous dire que nous travaillons très dur pour encourager notre peuple à accueillir toute la population des pays africains », a-t-il poursuivi, « les Sud-Africains ne sont pas xénophobes, ils n’ont rient contre les citoyens des autres pays »

Première puissance industrielle du continent, l’Afrique du Sud accueille des millions de migrants en quête de paix ou d’emplois.

Dans les townships pauvres, ces étrangers, souvent en situation irrégulière, tiennent de nombreux petits commerces et occupent des emplois sans qualification pour des salaires très bas que refusent la plupart des Sud-Africains.

Nourries par le fort taux de chômage et la pauvreté, les tensions entre communautés y sont vives et virent régulièrement à l’émeute.

Source : jeuneafrique.com

L’ombre de Ben Ali plane sur la présidentielle tunisienne

La Tunisie retient son souffle avant le premier tour de l’élection présidentielle demain. Ce scrutin anticipé met aux prises 26 candidats en vue de succéder au président Essebsi mort en juillet. La campagne s’est refermée vendredi 13 septembre. À l’heure du choix, l’ancien dictateur Zine el Abidine Ben Ali, s’est invité dans le scrutin car sa santé se serait dégradée ces derniers jours.

La Tunisie retient son souffle avant le premier tour de l’élection présidentielle demain. Ce scrutin anticipé met aux prises 26 candidats en vue de succéder au président Essebsi mort en juillet. La campagne s’est refermée vendredi 13 septembre. À l’heure du choix, l’ancien dictateur Zine el Abidine Ben Ali, s’est invité dans le scrutin car sa santé se serait dégradée ces derniers jours.

Exilé en Arabie saoudite, l’ancien président Ben Ali serait malade. La propre fille du dictateur déchu est intervenue pour affirmer qu’il n’était pas mourant, mais souffrant comme on peut l’être à 83 ans. Il n’en fallait pas plus pour que resurgisse le fameux débat sur la fin de vie de celui qui s’installa à Carthage le 7 novembre 1987 avant d’en être chassé le 14 janvier 2011.

En mai dernier déjà, des informations alarmantes sur sa santé avaient enflammé la Toile précisant qu’il souhaitait être enterré en Tunisie. Le débat pour ou contre son éventuel retour sur le sol tunisien fut tranché par l’exécutif qui afficha une fin de non recevoir. Sa nouvelle hospitalisation dans un établissement saoudien a logiquement remis ce questionnement sur le tapis et cette fois la réponse est bien différente.

Le Premier ministre vêtu cette fois de sa tenue de candidat ne s’oppose plus, s’il est malade, à son retour sur le sol qui l’a vu naître. À l’heure où chaque voix compte, Abir Moussi, la seule candidate qui se revendique ouvertement du dictateur, espère également drainer le regain nostalgique qu’évoque la figure de Ben Ali sur bon nombre d’électeurs. Mais sa popularité reste limitée tant l’ouverture démocratique qu’a connue le pays a définitivement enterré tout relent passéiste d’ampleur.

Source : RFI

 

Présidentielle en Tunisie : quand l’affaire Karoui ravive les craintes de dérapages politiques

La détention du candidat à la présidence Nabil Karoui a renforcé les craintes de règlements de comptes, voire de retour des violences politiques en Tunisie. Si des partis appellent à moraliser la vie politique, une initiative gouvernementale en ce sens n'a pas encore abouti.

D’abord discret, le bruissement des inquiétudes est devenu lancinant dans les couloirs des partis tunisiens. Depuis des mois, des membres de la classe politique anticipent des règlements de comptes en vue des élections. Mais tous les coups sont-ils permis ? L’arrestation du candidat à la magistrature suprême Nabil Karoui, le 23 août, juste avant le début de la campagne, renforce les craintes et alimente les incertitudes.

Beaucoup pointent du doigt la responsabilité directe ou indirecte de l’exécutif dans cette décision de justice. Youssef Chahed, le chef du gouvernement (qui a tardivement délégué ses fonctions pour préparer sa propre campagne présidentielle), s’en défend fermement.

Une charte d’éthique politique en suspens

Ce dernier n’avait-il pas porté en étendard, en avril dernier, le projet d’une charte d’éthique politique censée édicter les règles de bonne conduite ? Mohamed Fadhel Mahfoudh, le ministre chargé des relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les droits de l’homme, en a été missionné et a entamé des consultations avec la société civile, les médias, les instances indépendantes et les partis. Le but : protéger les acquis démocratiques.

Les retards seraient dus aux contraintes logistiques dans l’organisation des premières consultations secteur par secteur

Mais son élaboration, censée aboutir avant la fin juillet, n’a pas été parachevée. Depuis, le ministre a démissionné pour mener campagne en vue des législatives. Le dossier a été confié à la direction générale des droits de l’homme, qui n’a pas souhaité donner suite aux questions de Jeune Afrique. Mohamed Fadhel Mahfoudh, lui, assure que le processus est en cours, et que ses anciens services assurent le principe de continuité de l’État. Il a également confié le dossier avant son départ en cogestion à l’Institut arabe des droits de l’homme pour « garantir la neutralité de l’initiative et se prémunir des tabous ». Un observatoire de la vie politique devrait même voir le jour.

Les retards seraient dus, selon lui, aux contraintes logistiques dans l’organisation des premières consultations secteur par secteur, et à la volonté d’en entamer au niveau régional, où la société civile a des problématiques propres. L’ex-ministre espère que le processus aboutira.

Violence verbale

« Il y a quelques mois, nous avons constaté que la violence verbale commençait à régner dans le paysage politique et médiatique, et nous ne souhaitons pas que ce phénomène mène à des situations défavorables pour l’exercice des droits et libertés et pour la démocratie. Il s’agit de prévenir une escalade », nous a-t-il précisé.

à lire [Tribune] L’assassinat de Chokri Belaïd a dévié le processus de la révolution tunisienne

Nombre de Tunisiens ont en tête les violences politiques qui avaient marqué l’année 2013. Les députés Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi avaient été tour à tour froidement assassinés en pleine rue. L’ouverture d’internet s’est aussi accompagnée de dérives, ciblant souvent les politiques, qui dénoncent régulièrement insultes et menaces.

Face à la récente montée des soupçons, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a, à son tour, mis en garde contre le recours aux rumeurs, informations erronées et propagande pouvant induire les électeurs en erreur.

« Une campagne à scandales »

Redoutant le risque de dérapages, des partis se saisissent aussi de la thématique. Dénonçant des « dépassements », Machrou Tounes a ainsi appelé les directeurs de campagne des candidats à l’élection présidentielle à se réunir pour s’accorder sur une charte morale pour la campagne démarrée le 2 septembre et qui prendra fin le 13.

Tout le monde est d’accord pour élever le débat et se concentrer sur les questions de fond, mais personne n’a répondu à notre appel

« Tout le monde est d’accord pour élever le débat et se concentrer sur les questions de fond, mais personne n’a répondu à notre appel », regrette Slim Tlatli, directeur de campagne de Mohsen Marzouk, qui dénonce « une campagne à scandales, des attaques de personnes qui ne servent qu’à alimenter rumeurs et ragots invérifiables ». Pour lui, ce contexte fait non seulement craindre des glissements violents, mais accentue aussi la défiance des citoyens vis-à-vis des politiques. Or, la participation des électeurs sera l’un des grands enjeux des scrutins à venir.

Une énième controverse de campagne a notamment nourri les appréhensions : l’interview, diffusée le 4 septembre sur El Hiwar Ettounsi, du candidat Slim Riahi, qui dénonce une justice à charge contre lui et Nabil Karoui – et a valu à la chaîne une amende de 50 000 dinars (14 800 euros) pour « publicité et propagande au profit d’un candidat ». À cette occasion, l’Association des magistrats tunisiens a saisi le ministère public ainsi que le Conseil supérieur de la magistrature pour qu’ils enquêtent sur ces allégations.

Source : Jeuneafrique.com

 

Libye: le gouvernement de Tripoli dénonce l’ingérence des Émirats arabes unis

Libye: le gouvernement de Tripoli dénonce l’ingérence des Émirats arabes unisRFI Afrique - Depuis Abou Dhabi, un responsable des forces du maréchal Haftar a refusé toute négociation, alors que le gouvernement de Tripoli (GNA) dénonce « la position hostile » des Émirats arabes unis.

Le contenu, le lieu et le moment. Tout, dans la conférence de presse tenue dimanche par le porte-parole des forces armées de Khalifa Haftar, avait de quoi énerver le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli.

Le général al-Mismari a déclaré que le temps des négociations était fini. Pour lui, la solution militaire est la seule viable pour restaurer la stabilité dans Tripoli. Surtout, le porte-parole de l’autoproclamée « armée nationale libyenne » s’est exprimé aux Émirats arabes unis.

Le pays du golfe est l’un des plus proches soutiens de Haftar qui a lancé sa campagne militaire il y a cinq mois pour conquérir la capitale libyenne.

Le gouvernement de Tripoli a d’ailleurs dénoncé « la position hostile » des Émirats arabes unis qui, selon lui, a fait de Abou Dhabi, « une plateforme médiatique pour les milices qui attaquent la capitale libyenne ».

Le timing a aussi beaucoup énervé Tripoli. La conférence de presse a eu lieu neuf jours avant l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unis à New York.

La question libyenne doit y être débattue en marge de l’événement. Avec cette sortie, al-Mismari espère saper le principal atout du gouvernement d’union nationale, qui est d’être officiellement reconnu par l’ONU.

Depuis le 5 avril, les combats pour la prise de Tripoli a fait 1 093 morts et 5 752 blessés. Ils ont également forcé 120 000 personnes à quitter leur foyer.

Source : RFI Afrique

 

 

En Algérie le blocage politique grippe l’économie

En Algérie le blocage politique grippe l’économieRFI Afrique - En Algérie six mois de contestation populaire n’ont toujours pas débouché sur une solution politique. Une 29ème journée de manifestation est prévue demain vendredi. L’économie du pays commence à souffrir de ce blocage politique.

Les grandes entreprises privées dans le collimateur de la justice ont été les premières à voir leur activité se gripper, voire totalement s’arrêter suite à l’arrestation de leur PDG poursuivi pour corruption. Le cas le plus emblématique est celui du groupe de BTP appartenant à Ali Haddad. Depuis que l’ancien dirigeant du patronat proche du clan Bouteflika est en prison, les comptes de ses sociétés sont gelés.

Certains de ses employés ont été licenciés, d’autres ne sont plus payés. Les grands chantiers en cours sont suspendus et les entreprises dans lesquelles le groupe a des participations sont elles aussi paralysées, elles n'ont le droit ni d'importer ni de régler leurs factures.

La justice a désigné la semaine dernière des administrateurs indépendants pour que ces entreprises puissent reprendre une activité normale.

Cela concerne les groupes de Ali Haddad, des frères Kouninef et de Mahieddine Tahkout. D’autres nominations devraient avoir lieu dans les prochains jours pour les autres sociétés concernées. Cette opération main propre a vitrifié une partie de l’activité privée mais ce n’est qu’une partie du problème. C’est surtout l’impasse politique qui a figé l’activité économique estime l’économiste Fatiha Talahite. Tous les marchés dans lesquels l’Etat est impliqué sont bloqués.

Le bâtiment en est la première victime. Faute de perspectives, de cadre institutionnel clair les entreprises reportent leurs investissements. Faute aussi de soutien financier. Les banques sont devenues très frileuses dans les prêts qu’elles veulent bien accorder.

En revanche l’Algérie continue à exporter son gaz et son pétrole.

Les vannes de l’or noir et de l’or bleu sont toujours ouvertes et c’est capital puisque ces hydrocarbures sont la vache à lait de l’Etat : elles représentent 60% de ses recettes, et ce sont aussi les grands pourvoyeurs de devise puisque le pétrole et le gaz c'est 95% des exportations algériennes.

La Sonatrach, la société nationale des hydrocarbures et ses 100 000 salariés sont toujours au travail. Le PDG a tenu hier, mercredi, une conférence de presse pour le confirmer et démentir les rumeurs sur le gel des négociations avec les partenaires étrangers, des majors très recherchées pour relancer la production algérienne.

Est-ce que le gouvernement a pris des mesures pour soutenir l'activité?

Il y a aujourd'hui en Algérie un président par intérim et un gouvernement qui gère les affaires courantes. Cette équipe a surtout évité d'alimenter le mécontentement populaire en retenant la mise en oeuvre des lois destinées à ouvrir l'économie. Sa priorité absolue c'est de résorber le double déficit du pays, le mal chronique de l'économie algérienne.

Déficit des comptes extérieurs, le déficit commercial s'est aggravé de 12% au premier semestre malgré les restrictions aux importations. La tâche est ardue car ces restrictions ont contribué au ralentissement économique en privant l'industrie automobile par exemple des kits d'assemblage qu'elle importe pour monter les voitures. Le déficit jumeau, c'est celui des comptes publics.

La loi de finances 2020 est en cours de préparation. Ce sera une fois encore un exercice d'équilibriste rendu encore plus périlleux par d'une part le recul des recettes pétrolières et d'autre part des cours mondiaux plutôt orientés à la baisse.

►En bref

La construction de l'oléoduc reliant l'Ouganda au port de Tanga en Tanzanie est complètement suspendue


C'est la conséquence de l'annulation de l'accord passé entre Total et le gouvernement ougandais. La compagnie française, associée au chinois CNOOC a refusé les conditions fiscales de la transaction. Total était par ailleurs accusé par des ONG de porter atteinte à l'environnement en exploitant des gisements dans le parc naturel protégé des Murchison Falls.

Les bourses chinoises rebondissent ce jeudi matin

A Shangaï comme à Shenzen et à Hong Kong, tous les indices remontent. Les marchés sont dopés par le retrait total de la loi controversée d'extradition à Hong Kong, la reprise des négociations commerciales sino américaines au mois d'octobre annoncée aujourd'hui par Pékin va aussi conforter cette embellie.

Source : RFI Afrique

 

 

Robert Mugabe, l’ancien président du Zimbabwe, est mort

L'ancien président zimbabwéen Robert Mugabe, qui a dirigé le pays de 1980 à 2017, est décédé à l'âge de 95 ans, a annoncé vendredi 6 septembre le chef de l'État, Emmerson Mnangagwa.

« C’est avec la plus grande tristesse que j’annonce le décès du père fondateur du Zimbabwe et de l’ancien président, le commandant Robert Mugabe« , a déclaré Emmerson Mnangagwa dans un tweet.

« Le commandant Mugabe était une icône de la libération, un panafricain qui a dédié sa vie à l’émancipation (…) de son peuple. Sa contribution à l’histoire de notre nation et de notre continent ne sera jamais oublié. Que son âme repose en paix », a-t-il ajouté.

« Un nuage noir a enveloppé le Zimbabwe et bien au-delà », a réagi un ancien ministre de Robert Mugabe, Jonathan Moyo, à l’annonce de la mort de l’ancien président. « Un jour noir », a tweeté son porte-parole Jealousy Mawarire.

Robert Mugabe avait pris les rênes de l’ex-Rhodésie, devenue indépendante, en 1980. Pendant son règne de trente-sept ans à la tête du Zimbabwe, l’un des plus longs sur le continent africain, il est passé du statut de héros de l’indépendance et chouchou de l’Occident à celui de tyran qui a provoqué l’effondrement économique de son pays.

Accueilli en libérateur en 1980, sa politique de réconciliation, au nom de l’unité du pays, lui vaut des louanges générales, notamment dans les capitales étrangères. Mais rapidement, le héros se perd dans une dérive autoritaire et le régime se durcit contre ses opposants.

Personnage controversé

Ses abus contre l’opposition, des fraudes électorales et surtout sa violente réforme agraire lancée en 2000 lui valent les condamnations de l’Occident.

Le « camarade Bob », longtemps jugé insubmersible, est progressivement lâché par les fidèles de son régime.

Fin 2017, à la suite d’un coup de force de l’armée soutenu par son parti, la Zanu-PF, le plus vieux chef de l’Etat en exercice de la planète à l’époque est alors contraint de démissionner. Il laisse un pays englué dans une profonde crise économique qui ne cesse aujourd’hui d’empirer.

Il a été remplacé à la tête du pays par son ancien vice-président, Emmerson Mnangagwa, qu’il avait limogé peu de temps auparavant.

Habitué des formules choc, souvent provocatrices, Robert Mugabe a souvent déclenché l’indignation de ses détracteurs ainsi que les applaudissements de ses partisans.

Depuis sa démission humiliante, le vieil homme à la santé fragile avait fait de très rares apparitions publiques. Selon la presse locale, il a effectué de nombreux séjours médicaux à Singapour, où il allait régulièrement depuis plusieurs années.

Source : jeuneafrique.com