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Politique en Afrique

Mali: les militaires mutins appellent la population à reprendre ses activités

Le porte-parole des putschites du CNSP, Ismael Wagué, s'adresse à la presse le 19 août au lendemain d'un coup d'Etat qui a amené à la démission du président malien Ibrahim Boubacar Keïta.Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), la junte au pouvoir à Bamako, a appelé mercredi 19 août les Maliens à « vaquer librement à leurs occupation et à reprendre sainement leurs activités », réclamant également l'arrêt du vandalisme, au lendemain du coup d'Etat qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta et son gouvernement.

Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), l'instance créée par les putschistes maliens, a tenu une conférence de presse ce 19 août dans l'après-midi. Devant une forêt de micros, le porte-parole des putschistes, le colonel-major Ismaël Wagué a voulu faire passer plusieurs messages, rapporte notre correspondant à Bamako, Serge Daniel.

Le CNSP a par exemple invité les fonctionnaires maliens à reprendre le travail ce jeudi 20 août et assure que des dispositions seront prises pour protéger les biens des personnes. Des actes de vandalisme ont en effet eu lieu hier : des boutiques et des bâtiments publics ont été saccagés. Le porte-parole du comité a mis en garde les auteurs de ces actes et a ajouté que tout militaire surpris en train de piller sera sévèrement sanctionné. Enfin, au sujet des quatre blessés qui ont rendu l'âme à l'hôpital Gabriel Touré de Bamako selon des sources hospitalières, il a déclaré que selon eux, il y avait eu « zéro mort et zéro blessé ».

RFI était en édition spéciale ce mercredi 19 août pour revenir sur le coup de force des militaires du Comité national pour le salut du peuple. Pour réagir à cet événement, RFI a invité Ibrahim Maïga, chercheur à l'Institut d'Études de Sécurité de Bamako, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire adjoint de l'ONU aux opérations de paix ainsi que Marc-André Boisvert, chercheur indépendant et spécialiste des armés maliennes.

Écoutez notre édition spéciale du 19 août sur le Mali

« Nous, forces patriotiques regroupées au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l'Histoire », a déclaré plus tôt sur la télévision publique ORTM le porte-parole des militaires, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air.

Bérets bleus, marron ou verts, vissés sur la tête : ils sont cinq officiers supérieurs de l’armée malienne, assis devant la caméra. D’autres sont debout dans la salle. Ils sont quasiment tous des officiers supérieurs.

Les militaires, qui ont pris le pouvoir au Mali et poussé à la démission le président Ibrahim Boubacar Keïta, déclarent vouloir mettre en place une « transition politique civile » devant conduire à des élections générales dans un « délai raisonnable ». La continuité des services publics sera assurée.

Qui sont les mutins ?

En plus du colonel-major Ismaël Wagué, chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air, il y a un autre officier supérieur parmi eux : on reconnaît le colonel Malick Diaw, chef de la 3e division militaire de Kati. Il s'agit d'un des cerveaux du putsch. Il connaît parfaitement le camp militaire d’où sont parties les opérations. Il est connu pour s’être battu dans le nord du Mali et il a dirigé, à un moment, la Force spéciale des services de renseignement du Mali, à l’époque du président Amadou Toumani Touré. Lors des événements de 2012, il avait repris l’ORTM des mains des insurgés.

Il y a également d’autres officiers, comme Sadio Camara, par exemple. C’est un colonel de l’armée qui revient à peine de Russie, où il était en formation. Il a joué un rôle-clé. Le colonel Assimi Goïta en fait partie aussi, il est colonel de l’armée de terre. C’est l’actuel patron des Forces spéciales qui sont au centre du Mali, un homme rigoureux. Et enfin, il y a Modibo Kolé, colonel et patron du Groupement de la garde de Mopti. Il s'agit d'un homme de terrain. C’est donc bien un coup d’État d’officiers supérieurs, nous décrit notre correspondant à Bamako, Serge Daniel.

Pour le chercheur indépendant Marc-André Boisvert, interrogé sur RFI, ces militaires sont d'ailleurs beaucoup plus expérimentés que ceux ayant fait le putsch de 2012 : « Si on compare à 2012, ce sont des officiers qui ont un bon curriculum vitae et qui ont de l’expérience. Cela se voit déjà juste à la façon dont ils ont formulé leur intervention. Ils savent actionner les leviers pour tenter de rassurer la communauté internationale et tenter de rétablir un dialogue. En 2012, jusqu’à la dernière minute, on ne savait pas à qui l'on avait affaire. Et les putschistes à ce moment-là étaient nettement moins expérimentés en communication. Pendant près d’une semaine, on ne savait pas trop on allait. »

Les engagements internationaux respectés

Dans cette déclaration, Ismaël Wagué assure également que tous les accords internationaux seront bien respectés. Il précise enfin que des forces telles que la Minusma (force de l'ONU) ou encore Barkhane, le G5 Sahel et la force Takuba « demeurent des partenaires pour la restauration de la stabilité ». « Tous les accords passés », notamment le processus d'Alger signé en 2015, seront respectés.

Dans l'édition spéciale de RFI, Ibrahim Maïga souligne l'importance de pouvoir faire cette transition rapidement pour éviter tout risque d'instabilité : « C’est un temps qui peut être mis à profit par les groupes extrémistes violents et terroristes pour non seulement propager l’insécurité à l’intérieur du pays. Mais au-delà de la question des groupes armés qui essayeront de profiter de ce vide institutionnel, la question se pose aussi sur les ex-groupes rebelles. Et même si le comité national pour le salut du peuple tend la main à ses groupes dans le cadre de la poursuite de la mise en œuvre de l’accord de paix, on peut encore s’interroger sur la réaction de ces anciens groupes rebelles. »

De son côté, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire adjoint de l'ONU aux opérations de paix, reste sceptique face au coup de force malgré le discours des militaires de ce matin : « On ne peut pas se satisfaire de la manière dont les institutions démocratiques et constitutionnelles ont été interrompues par la force. Les pays de la région l’ont exprimé d’une manière très claire. Je note que la Cédéao a annoncé un certain nombre de mesures, mais aussi une délégation de haut-niveau qui devrait se rendre prochainement à Bamako. Et nous soutiendrons ces initiatives. »

Il rejoint Ibrahim Maïga sur les risques engendrés par cette prise de pouvoir : « Mais il y a un risque : un vide constitutionnel qui risque d’aggraver les problèmes auxquels le Mali fait face. Il est essentiel qu’un retour à un fonctionnement normal des institutions du Mali se fasse le plus rapidement possible. Nous soutiendrons tous les efforts en cours. »

Le discours du CNSP dresse aussi un tableau sombre de la situation du pays, dénonçant pêle-mêle le « clientélisme politique », la « gestion familiale des affaires de l'État », la « gabegie, le vol et l'arbitraire ». Cette mutinerie est le résultat d'une grogne sensible depuis plusieurs mois dans l'armée. Les membres du Comité expliquent vouloir lutter contre la corruption. Ils ont également annoncé la fermeture des frontières jusqu’à nouvel ordre et décrété un couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin, heure locale.

Les arrestations de hauts responsables militaires et civils

En revanche, pas un mot sur l'avenir du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), ni sur les responsables politiques arrêtés mardi 18 août. Dans les couloirs, ils annoncent qu’ils vont mettre à la disposition de la justice un certain nombre de personnes soupçonnées d’avoir détourné de l’argent dans le cadre de la moralisation, raconte notre correspondant à Bamako, Serge Daniel.

Mais le problème est que pour le moment, il n’y a pas eu d’annonce sur ces arrestations. Un putschiste interrogé par RFI dans la nuit de mardi à mercredi, explique : « Nous prenons la garantie que rien n’arrivera. On ne touchera pas un seul cheveu des personnes interpellées et arrêtées ».

En dehors du président et du Premier ministre, les membres du CNSP ont notamment arrêté le chef d’état-major des armées et quasiment tout l’état-major, c’est-à-dire, les hauts gradés de l’armée, des chefs d’état-major des différents corps. Le ministre de la Défense est également entre leurs mains, tout comme celui de la Sécurité, un général.

Parmi eux, il y a également des civils dont nous sommes sans nouvelles ou qui sont arrêtés : le président de l’Assemblée nationale, qui a d'ailleurs été dissoute, et puis des ministres, comme celui des Finances ou le ministre de la Justice dont nous sommes sans nouvelles.

Source : RFI

Mali: de la grogne à la mutinerie, un coup de force prévisible?

Des soldats maliens paradent dans le square de l'Indépendance à Bamako après l'arrestation par des mutins du président IBK et du Premier ministre, le 18 août 2020.Le Président malien Ibrahim Boubacar Keïta, a démissionné mardi dans la nuit suite à un coup de force militaire. Il a été arrêté sans résistance, les mutins étant même encouragés par la foule. Le chef de l'État est contesté par une partie de l'opinion malienne depuis plusieurs mois. Alors, ce coup de force était-il prévisible ?

Jusque lundi dans la nuit, il était difficile d'imaginer un tel scénario. Les militaires étaient jusqu'à présent restés en dehors du mouvement de contestation qui agite le Mali depuis les élections législatives d'avril, rappelle notre correspondante à Bamako, Coralie Pierret.

Le M5, une coalition d'opposants composée d'hommes politiques, de représentants de la société civile et de religieux, dénoncent la gabegie dans le pays. Dans les rues, ils réclament depuis plusieurs mois la démission du président. Les mêmes partisans du M5 qui, ce mardi 18 août, sont descendus place de l'Indépendance pour soutenir le mouvement des militaires.

Mais au sein de l'armée, la grogne n'est pas nouvelle. L'année dernière, en novembre, les femmes de militaires avaient manifesté à Sévaré, dans le centre du Mali et dans la capitale Bamako. Une émotion déclenchée après la double attaque jihadiste à Mondoro et à Boulkessi où une cinquantaine de soldats avaient perdu la vie. À ce moment, le silence des autorités et du président avait été perçu comme de l'indifférence par certains militaires et des rumeurs de coup d'État avaient circulé.

Ces deux dernières années, l'armée malienne a subi de nombreux revers dans le centre et dans le nord du pays. Depuis, des voix continuent de s'élever pour dénoncer la corruption dans l'armée, accusée de détournement de fonds ou de surfacturations.

À l'automne dernier, une information judiciaire a été ouverte autour des conditions d'acquisition de matériel militaire, dont deux hélicoptères Puma livrés à l’armée malienne puis tombés en panne peu après.

Mais cette mutinerie pourrait aussi être liée aux conditions d’avancement dans les rangs de l’armée malienne et au limogeage d’un lieutenant-colonel, chef de la sécurité présidentielle. Cela pourrait être l’étincelle qui a mis le feu aux poudres d’un pays déjà exaspéré.

L'armée en arbitre de la crise ?

« On assiste là à un délitement total de la situation au Mali, analyse Niagalé Bagayoko, présidente de l’African Security Sector Network (ASSN) et spécialiste des politiques de sécurité internationales en Afrique subsaharienne. La crise sécuritaire, crise sociale ; à la crise politique s’ajoute aujourd’hui une crise d’ordre militaire. On voit que chaque jour, cette crise multidimensionnelle ne peut absolument pas être résumée à la lutte contre les groupes jhadistes. »

Pour la chercheure,« on est bien au-delà de la mutinerie. En effet, il y a des éléments qui laissent penser à un mouvement de mécontentement de certains éléments de l’armée. Mais pour moi, cette dynamique s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus profond qui était perceptible. Il y avait des rumeurs laissant entendre que l’armée pourrait être utilisée comme arbitre dans la crise politique qui se produit aujourd’hui au Mali et qui, effectivement, échappe à toutes les solutions promues, à commencer par celles de la communauté internationale et régionale, la Cédéao. »

La Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) a dépêché à Bamako une mission parlementaire dont les membres sont arrivés ce week-end. Cette dernière devait rencontrer notamment le président de l'Assemblée nationale, le M5, le Premier ministre et le président IBK. Des rencontres qui n'ont pas pu avoir lieu du fait de la mutinerie.

La députée burkinabè Reine Sakandé, membre de la mission, explique que cette mutinerie était prévisible : « Nous sommes arrivés à Bamako le week-end et, au vu des entretiens que nous avons eus, les prémices étaient déjà visibles. Déjà hier (lundi), certaines personnes nous disaient que terminer notre mission ne serait pas évident, parce que, vu qu’au niveau de la rue ils n’arrivaient pas à faire démissionner le président, ce serait la solution militaire qui allait être envisagée ».

Source : RFI

Mali : le président Ibrahim Boubakar Keïta annonce sa démission

Mali : le président Ibrahim Boubakar Keïta annonce sa démissionTchad Infos - Le Président malien victime d’un putsch ce jour du 18 aout 2020, vient d’annoncer sur les antennes de la télévision nationale sa démission.

La Communauté des États ouest-africains (Cédéao) a condamné le renversement du président malien Ibrahim Boubacar Keïta et de son gouvernement par des « militaires putschistes ». Les frontières aérienne et terrestre entre ses membres et le pays ont été fermées. Une visioconférence des chefs d’États aura lieu jeudi.

Le chef de l'Etat malien et son Premier ministre Boubou Cissé avaient été arrêtés mardi en fin d'après-midi au domicile du président Keïta et emmenés au camp militaire de Kati, dans la banlieue de Bamako, où la révolte avait débuté en début de journée.

Source : Tchad infos

Mali : arrestation du président IBK et du premier ministre Boubou Cissé

Mali : arrestation du président IBK et du premier ministre Boubou CisséFinancial Afrik - Au Mali, siège d’une tentative du coup d’Etat depuis ce matin, le président Ibrahima Boubacar Keita et le premier ministre Dr Boubou Cissé ont été arrêtés par les militaires et acheminés au camp de Kati, à 15 km de Bamako, a constaté le correspondant de Financial Afrik. Revoir le film des événéments :

Selon l’ambassadeur de Norvège, des soldats maliens se sont mutinés mardi aux abords de Bamako. Le camp militaire de Kati (camp Soundjata) d’où était parti la déstabilisation contre le président Amadou Toumani Touré (ATT) en 2012 est en ébullition.

Plusieurs ministres et généraux arrêtés. Suivez la situation de minute en minute. Le nouveau président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné, aurait été arrêté. Tout comme le ministre malien de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Daffé , arrêté tôt ce matin par des hommes armés.

10:50 GMT. L’état-major des armées sous le contrôle des militaires de la garde nationale conduits par le colonel Sadio Camara, l’ancien directeur du Prytanée, l’école militaire de Kati.

11h:00 GMT: Des véhicules militaires convergent devant le département de La Défense. L’ORTM (Télévision nationale)a été évacuée pour raison de sécurité mais son signal n’est pas coupé.

12:30 GMT: le chef d’État malien, Ibrahima Boubacar Keita, se serait réfugié dans le camp des forces des Nations unies au Mali (MINUSMA). Une source sécuritaire proche du palais Koulouba dément l’information mais évoque “une mutinerie orchestrée par un haut gradé limogé la veille et qui a des comptes à régler. C’est une affaire entre militaires”.

13h58 GMT: L’Envoyé Spécial des États Unis pour le Sahel, Peter Pham, réitère l’opposition de son pays à toute prise de pouvoir par la force.

14:30 GMT: communiqué de la CEDEAO

La CEDEAO suit avec une grande préoccupation les développements en cours au Mali depuis la matinée de ce 18 août 2020, avec une mutinerie déclenchée dans un contexte sociopolitique déjà très complexe. Cette mutinerie intervient alors que, depuis plusieurs mois, la CEDEAO entreprend des initiatives et déploie des efforts de médiation entre toutes les parties maliennes.

Aussi, la CEDEAO appelle-t-elle les militaires à regagner sans délai leurs casernes, en demandant à toutes les parties prenantes maliennes de privilégier le dialogue pour résoudre la crise que traverse leur pays. La CEDEAO rappelle sa ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel et invite les militaires à demeurer dans une posture républicaine. En tout état de cause, elle condamne vigoureusement la tentative en cours et prendra toutes les mesures et actions nécessaires à la restauration de l’ordre constitutionnel, par le rétablissement des institutions démocratiquement élues, conformément aux dispositions de son Protocole additionnel sur la Bonne Gouvernance et la Démocratie. Par ailleurs, la CEDEAO réitère sa disponibilité, en rapport avec les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et tous les partenaires multilatéraux et bilatéraux du Mali, de continuer à accompagner les parties prenantes maliennes dans leurs efforts pour résoudre la crise.

Fait à Abuja le 18 août.

15h30 GMT : Déclaration de Jean-Yves le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires Étrangères

La France a pris connaissance avec inquiétude de la mutinerie qui s’est engagée aujourd’hui à Kati au Mali. Elle condamne avec la plus grande fermeté cet événement grave. A cet égard, la France partage pleinement la position exprimée par la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans le communiqué qu’elle vient de faire paraître et qui appelle au maintien de l’ordre constitutionnel et exhorte les militaires à regagner sans délai leurs casernes. La France réaffirme avec force son plein attachement à la souveraineté et à la démocratie maliennes. Les autorités françaises au plus haut niveau restent très attentives à l’évolution de la situation au Mali.

16h30: Les instigateurs de la mutinerie qui s’est transformé en une tentative de coup d’Etat sont trois officiers supérieurs. Le général Cheick Fantamady Dembélé, les colonels Diaw et Mama Sekou Lelanta. Le mouvement fait face à une partie de l’armée restée loyale au président IBK.

17H00GMT: déclaration du premier ministre du Mali, Dr Boubou Cissé

“Le Gouvernement de la République du Mali suit avec une grande attention les événements qui se déroulent depuis ce matin dans notre pays, singulièrement au niveau de deux camps militaires de la ville de Bamako. Les mouvements d’humeur constatés traduisent une certaine frustration qui peut avoir des causes légitimes. Le Gouvernement du Mali demande aux auteurs de ces actes de se ressaisir. Il n’ y’a pas de raisons au dessus de notre cher Mali qui vaillent des actes dont l’issue incertaine peut déboucher sur des actes dommageables pour la Nation entière. Le Gouvernement appelle à la raison et au sens patriotique et demande de faire taire les armes. Il n’y a aucun problème dont la solution ne saurait être trouvée dans le dialogue. Le Gouvernement appelle a l’apaisement et se rend disponible des l’instant de ce communiqué pour engager un dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus”.

Ce communiqué signé par le premier ministre du Mali, Dr Boubou Cissé, appelle au dialogue. Pour l’heure, aucune réaction de la part des mutins.

Par Daouda Bakary KONÉ

Source : Financial Afrik


Libye: nouvelles escarmouches entre les factions de Haftar et d’el-Sarraj

Des éléments de l'Armée nationale libyenne dirigée par Khalifa Haftar (image d'illustration).En Libye, depuis plus de deux mois, un calme relatif domine les lignes de fronts autour de Syrte-Aljoufra. La zone qui entoure Syrte et el-Joufra a été définie par l’Egypte et par la Russie, comme une ligne rouge à ne pas franchir par la partie adverse, le gouvernement d’union nationale (GNA).

Depuis le 5 juin, à chaque fois que les forces de Fayez el-Sarraj, ont tenté de franchir ces lignes, elles ont été stoppées net dans leur avancée. C’était le cas, une nouvelle fois mercredi 12 aout, alors qu’une colonne de véhicules militaires fidèles au GNA, avançait vers Syrte, elle a été visée par les avions de chasse de Khalifa Haftar.

Selon une source militaire de l’armée nationale libyenne (ANL) « des dizaines de véhicules qui s’approchaient ont été anéantis » avec les mercenaires qui étaient à bord. Il n’y a eu aucune réaction officielle de la part du gouvernement d’union nationale de Tripoli à la suite de cette frappe.

Livraison d’armes et de mercenaires

La veille, l’ANL a visé un zodiaque en mer. Selon le porte-parole de l’armée nationale libyenne, il transportait 20 mercenaires de différentes nationalités. Il a été détruit après avoir « franchi la zone militaire interdite ».

Ces deux incidents interviennent alors que les deux parties opposées continuent à recevoir armes et mercenaires de la part de la Russie et de la Turquie, ce qui selon des experts internationaux « risque de relancer la guerre ».

La tension monte d’un cran autour de Syrte et les deux camps s’emploient à repositionner leurs forces. Khalifa Haftar a déployé les S300 russes. D'autres systèmes de défense anti-aérienne turques ont été déployés par les forces de Fayez el-Sarraj.

Le Caire soutient Khalifa Haftar alors que Tripoli est soutenue par la Turquie.

Source : jeuneafrique.com

Mali : qui est Amadou Ousmane Touré, le nouveau président de la Cour constitutionnelle ?

Amadou Ousmane Touré, le nouveau président de la Cour constitutionnelle du Mali, a pris ses fonctions le 10 août 2020.Élu à l’unanimité par les autres juges dimanche 9 août, le nouveau président de la Cour constitutionnelle s’est notamment illustré dans la lutte contre la corruption, lorsqu’il était à la tête du bureau du Vérificateur général.

Le nouveau président de la Cour constitutionnelle, qui prête serment ce 10 août devant l’Assemblée nationale, est loin d’être un inconnu sur la scène politique malienne. Jusqu’à sa élection dimanche, Amadou Ousmane Touré occupait le poste de directeur de cabinet du Premier ministre, Boubou Cissé, avec rang de ministre. Il a également été ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire de 2008 à 2011.

Figure de la lutte anticorruption

Mais c’est surtout son rôle en tant que Vérificateur général, de 2011 à 2018, qui a fait de lui une personnalité de premier plan, en le plaçant au cœur de l’un des sujets les plus épineux, et qui concentre les attentes de ses concitoyens : la lutte contre la corruption.

Ses rapports lors des premières années du mandat d’Ibrahim Boubacar Keïta ont soulevé de nombreux scandales de détournement de fonds publics et de corruption. Les deux plus emblématiques sont ceux portant sur l’achat de l’avion présidentiel et celui concernant la surfacturation du matériel militaire, en 2014.

Fin mars, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune III de Bamako, Mahamadou Kassogué, avait d’ailleurs annoncé la réouverture de ces deux dossiers, dans lesquels des proches du président étaient cités.

 

« Amadou Ousmane Touré est vu comme un homme honnête et travailleur », confie un ancien haut fonctionnaire malien qui a travaillé en lien avec bureau du Vérificateur général. « C’est un homme de dossiers », ajoute Brehima Mamadou Koné, chercheur à l’Institut de recherche et de promotion des alternatives de développement en Afrique.

Âgé de 63 ans, ce magistrat de formation a traité des dossiers de délinquance financière en tant que procureur de la République près le tribunal de première instance de la Commune III du district de Bamako, puis, à partir de 2004, en tant que procureur général de la Cour d’appel de Bamako, jusqu’à son départ pour Abidjan en 2008.

Courrier confidentiel

Plus récemment, Amadou Ousmane Touré a été au centre de l’attention médiatique, le 14 juillet dernier. Quelques jours après la répression des manifestations à Bamako, il a adressé un courrier confidentiel au ministre de la Sécurité intérieure, Salif Traoré – démissionnaire depuis le 11 juin – lui demandant des explications sur l’engagement de la la Force spéciale antiterroriste. Au moins onze personnes ont été tuées, selon les décomptes officiels, et au moins 22, selon le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP).

Mais pour Clément Dembélé, président de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage et membre du M5-RFP, « c’est aussi lui le signataire du déblocage de 200 millions de francs CFA qui ont permis de renforcer la sécurité lors des manifestations ».

« Il a joué un rôle dans la lutte contre la corruption. Mais il a aussi été directeur de cabinet du Premier ministre. Sera-t-il du côté du peuple ou à la solde du régime ? », s’interroge l’activiste.

La mise en place de la nouvelle Cour constitutionnelle était l’une des recommandations de la Cedeao afin de résoudre la crise socio-politique qui secoue le pays.

Dans sa nouvelle composition, elle comprend Amadou Ousmane Touré – qui en prend donc la présidence – , Asser Kamate, et Doucourou Kadidia Traoré, tous trois désignés par le président de la République ; Maliki Ibrahim, Ba Haoua Toumagnon et Beyla Ba, désignés, eux, par le bureau de l’Assemblée nationale ; Demba Tall, Mohammed Abdourahamane Maïga et Djénéba Karabenta, désignés par le Conseil supérieur de la magistrature. Ils prêtent serment ce 10 août devant l’Assemblée nationale, en présence du président Ibrahim Boubacar Keïta et de l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, médiateur de la Cedeao.

Contentieux électoral

Leur première mission sera de plancher sur le contentieux électoral qui a éclaté après les législatives de mars et d’avril. Alors que les résultats provisoires annonçaient 43 députés pour le Rassemblement pour le Mali (RPM, au pouvoir), la Cour constitutionnelle avait annoncé, après examen des recours, que le parti présidentiel avait emporté 51 des 147 sièges que compte l’Assemblée nationale. Des manifestants étaient alors descendus dans les rues de plusieurs villes du pays pour exprimer leur mécontentement.

« La Cour pourrait reprendre les résultats du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation dans les circonscriptions contestées. L’autre possibilité est que le président décide de dissoudre l’Assemblée nationale. Pour cela il fallait d’abord mettre en place une Cour », analyse Brehima Mamadou Koné.

« La meilleure option reste la dissolution de l’Assemblée, juge le chercheur. Mais le Mali n’est pas en capacité financière et technique d’organiser des élections dans les délais impartis par la loi. De plus, nous faisons face à une crise sécuritaire, qui touche désormais également l’ouest du pays, à quoi il faut ajouter l’épidémie de coronavirus ».

La prestation de serment des magistrats formant la nouvelle Cour constitutionnelle se tient à la veille de l’appel à une nouvelle grande manifestation du M5-RFP, qui continue de réclamer le départ du président.

« La nouvelle Cour va certes permettre de trouver une solution au contentieux électoral, mais elle n’est pas la solution pour le Mali », prévient d’ores et déjà Clément Dembélé, également membre d’Espoir Mali Koura (EMK), un mouvement de la société civile dirigé par le cinéaste et ancien ministre de la Culture Cheick Oumar Sissoko. « Le problème du Mali n’est pas politique, il est social. Les Maliens ne mangent pas à leur faim, l’école est en crise depuis des années, nous faisons face à une crise sécuritaire, à des détournement de fonds, et à une défiance à l’égard des gouvernants… Tout cela, ni un gouvernement d’union nationale, ni le départ de Boubou Cissé ne pourra le changer ».

Source : jeuneafrique.com

Idriss Déby, le président tchadien, est devenu officiellement maréchal

Idriss Déby, le président tchadien, est devenu officiellement maréchalBBC Afrique - Le président du Tchad a été élevé au grade maréchal à l'occasion des 60 ans de l'indépendance du pays.

Lors de la cérémonie marquant l'évènement, Idriss Déby Itno a reçu les insignes et symboles liés à son grade. Il s'agit d'une vareuse bleu sombre col doré et d'un sabre que lui a tendu le général Yaya Oki Dagache, grand chancelier de l'Etat.

Les attributs de la dignité de Maréchal confèrent officiellement au président un titre obtenu après un vote de la majorité des députés à l'Assemblée Nationale et ceux d'une partie de l'opposition.

"J'ai accepté ce titre Maréchal pour récompenser leur vaillance et leur sacrifice. Je voudrais dire à tous ces hommes et femmes que je porte seul les attributs du Maréchal, mais les porte en leurs noms, morts, à la retraite ou jeunes", déclare le désormais Maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno.

Certaines voix au sein de l'opposition ont dénoncé le fait que la cérémonie visant à élever M. Déby au rang de maréchal se tienne le même jour que celle marquant l'indépendance du pays.

Cependant, Maitre Jean-Bernard Padaré, porte-parole du MPS (Mouvement patriotique du salut), le parti au pouvoir estime qu'il est tout à fait normal que le président soit honoré le jour de la fête de l'indépendance.

Ce 11 août 2020, le Tchad a célébré sobrement le 60ème anniversaire de son indépendance.

La traditionnelle célébration en grande pompe avec parade militaire a été remplacée par une cérémonie organisée à l'Assemble Nationale.

Source : BBC Afrique

Algérie : l’avant-projet de réforme constitutionnelle laisse un goût d’inachevé

La révision de la Constitution était l'une des revendications des manifestants du Hirak.L’avant-projet de réforme constitutionnelle promet de rééquilibrer les pouvoirs, sans proposer un changement de régime. Et peine à convaincre opposition, juristes et société civile.

Au lendemain de son élection le 12 décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune avait tendu la main au Hirak, et promis, lors de son discours d’investiture, une révision « profonde » de la Constitution, soumise à  référendum, pour ériger une « nouvelle République. »

Un mois plus tard, en janvier, une commission d’experts était chargée de formuler des propositions, présidée par le professeur de droit public Ahmed Laraba, qui avait mené la même mission en 2014 sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika.

Cette commission a remis ses travaux fin mars, mais la première mouture des propositions n’a été rendue publique que le 7 mai en raison de la pandémie de Covid-19. Le document comporte 73 recommandations, réparties en six grands axes : le renforcement de la séparation des pouvoirs, les droits fondamentaux et les libertés publiques, le pouvoir judiciaire, la Cour constitutionnelle, la transparence, la prévention et la lutte contre la corruption et, enfin, l’Autorité nationale indépendante des élections.

Le texte prévient, dès son préambule, que la commission d’experts n’avait pas mandat pour proposer un changement de régime, l’une des demandes du Hirak. Selon les autorités, il s’agit d’une « simple mouture pour une révision globale et profonde de la Constitution ». Aussi, cet avant-projet a suscité des réactions mitigées parmi les défenseurs d’une réforme radicale.

« Replâtrage »

Une plateforme de partis et d’associations liés au Hirak, regroupés au sein du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD), a rejeté le projet, considérant que la satisfaction des revendications « légitimes » du peuple passe par la mise en place d’« institutions de transition », dont une nouvelle Constitution, et non une révision de la loi fondamentale « présidentialiste » héritée des vingt ans de règne d’Abdelaziz Bouteflika.

« La crise de légitimité qui frappe le régime depuis l’indépendance ne peut être réglée par des mesures de replâtrage », dénonce ainsi le PAD. L’avant-projet est « juste un gain de temps pour acquérir une certaine légitimité », renchérit Smaïl Maâref, professeur de droit à l’Université d’Alger.

On ne débat pas d’un texte constitutionnel dans le contexte de confinement sanitaire

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« Cet avant-projet de Constitution ne consacre pas un régime démocratique et vise à perpétuer un régime non démocratique », analyse l’avocat Mostefa Bouchachi, dans un entretien au site TSA-Algérie, pour qui le texte préliminaire accorde « des prérogatives larges au président de la République, à l’instar de la Constitution de 2016 de Bouteflika et celles qui l’ont précédé. »

Le militant des droits de l’homme relève par ailleurs que, sur la forme, la manière d’élaborer la réforme est « antidémocratique » : « On ne débat pas d’un texte constitutionnel dans le contexte de confinement sanitaire, durant lequel les gens ne se rencontrent pas. C’est une forme de fuite en avant. »

« Régime hybride »

L’opposition islamiste a aussi réagi avec force. Le bureau exécutif du Front de la justice et du développement (FJD) se désole que « la mouture présentée consacre la primauté du pouvoir exécutif, consolide le pouvoir personnel », « l’immunise contre toute responsabilité politique ou pénale », et « maintient les facteurs de la prolifération de la corruption et les entraves à la vie partisane. » Le parti d’Abdallah Djaballah critique le maintien du « caractère hybride du régime politique, imposé par les Constitutions précédentes et consacré par celle de 2016. »

La même réserve est émise, avec les mêmes termes, par le Mouvement de la société pour la paix (MSP), pour qui la mouture proposée ne tranche pas « sur le type de régime politique, maintenant une forme hybride qui ne représente aucune de celles connues de par le monde (régime présidentiel, parlementaire ou semi-présidentiel). »

Le parti d’Abderrazak Makri remarque que le texte « prive la majorité de son droit à la gestion », car il « ne fait pas obligation de nommer le chef du gouvernement de la majorité. » La formation islamiste pointe aussi l’« opacité » qui entoure le poste de vice-président, son rôle, ses attributions et la forme de sa désignation. « Cet avant-projet est loin des aspirations exprimées par le peuple algérien avec ses différents courants lors des manifestations du Hirak », conclut le MSP.

« Gain de temps »

Amertume aussi, du côté des juristes. Massensen Cherbi, expert en droit constitutionnel, s’attend à ce qu’ « il n’y ait pas de nouvelle Constitution avec le président Tebboune, mais des amendements qui n’affectent pas le fond. » « Cette première mouture est principalement une continuité de l’actuelle Constitution », abonde de son côté Fatsah Ouguergouz, pourtant membres de la commission d’experts, et juge de la Cour africaine des droits de l’Homme jusqu’à sa démission, début avril.

Parmi les avancées proposées par ses pairs, la limitation de l’exercice du pouvoir présidentiel à deux mandats « consécutifs » ou « séparés ». Autre nouveauté : que le Premier ministre soit directement responsable devant le Parlement. « Les (nouveaux) amendements octroient certaines prérogatives au gouvernement et au Parlement mais la décision restera du ressort du président lorsqu’il s’agira d’un enjeu central », tempère le professeur Maâref.

Élu au suffrage universel direct, le président détient le pouvoir de nomination au sein des institutions, du Premier ministre aux organes sécuritaires, en passant par les chefs de l’armée. « Qu’il s’agisse de la Constitution de 1996, de la révision de 2016 ou de la prochaine, les principes sont les mêmes : un toilettage sans remise en cause des pouvoirs du président de la République » qui « n’ont pas fondamentalement changé  » depuis Houari Boumédiène, président de l’Algérie de 1965 à 1979, tranche Massensen Cherbi.

Source : jeuneafrique.com

 

Libye: le chef du renseignement de Fayez el-Sarraj décède dans des circonstances ambiguës

Libye: le chef du renseignement de Fayez el-Sarraj décède dans des circonstances ambiguësRFI Afrique - En Libye, le chef de renseignement, le général Abdelkader Touhami, est mort dans des circonstances ambiguës alors que les combats s’intensifient dans la guerre qui oppose depuis maintenant depuis plus d’un an l’ouest représenté par le Premier ministre Fayez el-Sarraj à Tripoli et le dirigeant de l’Armée nationale libyenne, le maréchal Khalifa Haftar.


Les versions sont toujours contradictoires sur les circonstances de cette mort du chef des renseignements intervenue à Tripoli ce dimanche 10 mai. Après avoir gardé le silence, le Gouvernement d’union nationale (GNA) a affirmé dans un communiqué qu’il serait « mort d’une crise cardiaque survenue à son domicile ». Sa famille tient la même version. Il a eu droit à des funérailles militaires.

Mais d’autres versions, dont celles des voisins, mettent en doute cette version officielle. Plusieurs habitants du quartier 20 Ramadan à Tripoli affirment qu’il a été enlevé par une milice tripolitaine la veille.

Au coeur du système

Pourtant, l’homme semblait être au cœur du système. Il avait été le commanditaire des opérations d’enlèvements de responsables accusés d’être pro-Khalifa Haftar. Il a été aussi l’architecte de la relation avec la Turquie qui soutient très activement le camp de Fayez el-Sarraj.

L’année dernière, ce dernier l’avait démis de ses fonctions avant de le réhabiliter sans explications. À la tête de ce service depuis 2017, Abdelkader Touhami avait alors menacé de révéler des secrets.

Pour plusieurs observateurs, cette mort est la conséquence de la lutte d’influences qui a lieu entre différentes milices à l’ouest libyen, une lutte qui caractérise par ailleurs toute la crise libyenne.

Source : AFP Afrique

 

Pacification de l’Afrique: les chefs d’Etat à pied d’œuvre à Addis-Abeba

Pacification de l’Afrique: les chefs d’Etat à pied d’œuvre à Addis-AbebaApanews - L’Union Africaine (UA), dont le 33e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement se tient dans la capitale éthiopienne, cherche des solutions pour « faire taire les armes » sur le continent.

Le constat est amer : les conflits sont légion en Afrique. Du Sahel à la Corne de l’Afrique en passant par la Centrafrique, ce continent subit de plein fouet les affres de la guerre. Il y a un mois, les islamistes de Shebab ont lancé un assaut contre une base militaire américaine dans la région de Lamu (est du Kenya), régulièrement visée.

Cette attaque, inscrite dans le cadre de leur campagne baptisée « Jérusalem ne sera jamais judaïsée », a été fatale pour eux car quatre assaillants ont été tués et cinq complices présumés auraient été arrêtés.

Malgré ces rudes coups qu’ils reçoivent de la part des armées éthiopiennes et, depuis 2011, kényanes, avec l'appui de l'aviation américaine (effectif en mars dernier), les Shebab ont une réelle capacité de nuisance. Les attentats d’avril 2015 contre l'université de Garissa, avec 142 étudiants non-musulmans exécutés, sont encore frais dans les mémoires.

Il y a un an encore à Nairobi, la capitale kenyane, un commando de cinq hommes armés de kalachnikovs et de grenades a tué 21 personnes dans un complexe hôtelier et de bureaux avant que deux terroristes ne soient tués le lendemain dans une autre attaque. Toutefois, les Shebab confirment qu’ils demeurent la principale menace terroriste dans la Corne de l'Afrique. Comme l’est le groupe Boko Haram au Sahel.

L’initiative G5 Sahel

En proie au terrorisme, cette zone a vu la naissance en 2014 du G5 Sahel. Cette organisation politico-militaire est composée du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie. Son objectif est d’endiguer la menace des groupes terroristes dont la principale force est le représentant de l’Etat Islamique en Afrique de l’ouest : Boko Haram.

En 2019, les quatre premiers pays susmentionnés ont laissé des plumes dans cette guerre asymétrique. Depuis novembre 2017, le G5 Sahel a lancé des opérations militaires même si la réalité est tout autre sur le terrain.

Les nécrologies concernant des éléments des forces armées sont devenues fréquentes au Burkina Faso, sans compter les nombreux civils tués. Selon un décompte fait par des médias, le pays a enregistré près de 500 victimes de janvier à novembre, faisant de 2019 une année noire.

Le Mali n’est pas parvenu à contrôler l’intégralité de son territoire dont une partie est toujours sous le joug des djihadistes en dépit de la présence des forces étrangères (Minusma puis Barkhane). Début novembre, 24 soldats ont été tués dans une attaque terroriste.

Par ailleurs, la Mauritanie peut se réjouir de son accalmie même si des spécialistes préviennent qu’elle n’est pas à l’abri des « menaces djihadistes », auxquelles sont confrontés ses voisins du G5 Sahel. Dans cette zone, les attaques sont également attribuées à des groupes affiliés à Al-Qaida ou à l’État Islamique. Selon des médias locaux, celles-ci auraient fait près de 600 morts.

La crise libyenne en toile de fond

La Libye sera également au cœur des échanges durant ce sommet de l’UA. Ce sera l’occasion pour les chefs d’État africains de faire enfin entendre la voix du continent sur ce dossier.

Après l’effondrement du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, divers groupes armés ont plongé ce pays très riche en hydrocarbures dans une crise sans précédent. Pis, Fayez al-Sarraj (reconnu par la communauté internationale) et le maréchal Khalifa Haftar (chef du gouvernement parallèle) se livrent une bataille sans merci pour le contrôle politique de la Libye.

On est très loin de l’époque où ce pays de l’Afrique du nord était un Etat florissant, apportant son soutien financier à d’autres nations du continent. Aujourd’hui, elle « ne peut même plus s’occuper d’elle-même en tant qu’Etat », regrette Ali, citoyen libyen interrogé par APA en 2019 lors du 8e anniversaire de la révolution libyenne.

Comme nombre de ses compatriotes, c’est l’image du corps ensanglanté de Kadhafi qu’ils gardent encore comme souvenir au milieu d’un Etat et d’une population divisés.

A travers le thème de son 33e sommet : « faire taire les armes », l’UA veut « créer des conditions propices au développement de l'Afrique ». La mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale (Zlecaf), lancée en juillet dernier à Niamey (Niger), sera ainsi l’un des principaux sujets de discussion.

Le Conseil de paix et de sécurité travaille aussi sur le financement des opérations de soutien à la paix pour appuyer le projet de l’UA visant à amorcer le décollage économique du continent et de mettre fin aux conflits.

Par ailleurs, au cours de ce sommet de deux jours, l’Egyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l’UA, va passer le témoin à son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa. Ce dernier présidera aux destinées de l’UA en 2020.

Source : Apanews

 

 

Guerre en Libye: les deux camps prêts à transformer la trêve en cessez-le-feu

L’envoyé spécial de l’ONU en Libye Ghassan Salamé. le 18 avril 2019.Les deux camps qui s'opposent en Libye sont d'accord sur le principe pour transformer la trêve en un cessez-le-feu durable, a annoncé l'émissaire de l'ONU pour le pays, Ghassan Salamé, ce 4 février, à Genève.

La commission militaire 5+5, composée de cinq représentants du Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU, et de cinq autres de Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, est réunie pour la première fois depuis le 3 février pour des négociations indirectes, pour le moment. Les représentants des deux camps ont donné leur accord de principe, mais il faut encore en trouver les modalités, selon Ghassan Salamé, l'émissaire des Nations unies dans le pays.

Une trêve est entrée en vigueur dans le pays, il y a un peu plus de trois semaines, soit plus de huit mois après que Khalifa Haftar a lancé une offensive en direction de Tripoli, la capitale. Mais depuis, les deux camps s'accusent mutuellement, et régulièrement, de violer cette trêve.

Violations des engagements

Cette réunion de la commission militaire, prévue la semaine dernière, avait été reportée faute de participation du camp de Khalifa Haftar. Elle a donc finalement commencé le 3 février, deux jours après sa rencontre avec l'émissaire de l'ONU, près de Benghazi.

Les rencontres internationales se multiplient, ces dernières semaines, autour de la crise libyenne, par crainte d'une internationalisation du conflit. Ghassan Salamé a à nouveau dénoncé ce 4 février les violations des engagements pris lors de la conférence internationale de Berlin du 19 janvier. Il affirme que mercenaires et équipements continuent à arriver en Libye, au profit des deux parties.

« Nous avons des preuves que chaque camp reçoit des armes et des combattants étrangers, a-t-il déclaré. Les deux camps violent l'embargo sur les armes. Et par conséquent, les pays qui les soutiennent militairement les violent aussi. J'espère que ceux qui exportent ces armes réalisent qu'il y a déjà plus de 20 millions d'armes en circulation en Libye. Cela doit cesser. Le pays n'a pas besoin d'armes supplémentaires ».

Aucun pays n'est nommé, rapporte notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche. Mais tout le monde comprend que la Turquie, soupçonnée d'envoyer des mercenaires syriens pour aider le gouvernement de Fayez al-Sarraj et la Russie pro-Haftar, voire même la France, sont visées. Pour renforcer un embargo mal en point, Ghassan Salamé compte sur l'aide du Conseil de sécurité de l'ONU. Un projet de résolution, porté par le Royaume-Uni, est en discussion pour demander le retrait des combattants étrangers. Sans que l'on sache vraiment si le texte a des chances d'être adopté.

Source : RFI

 

Sénégal: Macky Sall attendu en Mauritanie vers mi Février

Sénégal: Macky Sall attendu en Mauritanie vers mi FévrierSenalioune - Des sources médiatiques, citant des sources officielles du gouvernement sénégalais, ont indiqué que le président sénégalais Macky Sall prévoit de se rendre en Mauritanie les 16 et 17 de ce mois.

Selon les sources, il est prévu que lors de cette prochaine visite, ils discuteront des moyens de coopération et de coordination pour développer les relations entre les deux pays (Mauritanie et Sénégal), qui ont des frontières géographiques et des intérêts communs, dont les plus importants sont les gisements de gaz communs.

Le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, s’est rendu au Sénégal après son accession au pouvoir, où il a participé à la Conférence internationale de Dakar sur la sécurité.

Source : Senalioune

 

Mali : selon l’ONU, l’armée peut revenir à Kidal dès le début du mois de février

Mali : selon l’ONU, l’armée peut revenir à Kidal dès le début du mois de févrierLe Monde - Symboliquement, ce sont des unités dites « reconstituées » qui doivent retourner dans la ville, comprenant d’anciens rebelles conformément à l’accord de paix d’Alger.

L’armée malienne peut commencer à se diriger vers Kidal (nord) à partir du 1er février pour reprendre le contrôle de cette ville symbole qui échappe de longue date à l’autorité de l’Etat malien, a indiqué mercredi 29 janvier la mission de l’ONU dans le pays (Minusma).

C’est à l’armée malienne de décider à présent si elle retient cette date de déploiement, a expliqué une source onusienne. Quelques jours de piste lui seraient ensuite nécessaires pour atteindre Kidal au départ de Gao, environ 200 kilomètres plus au sud, où se trouvent déjà quelques centaines de soldats appelés à se déployer à Kidal.

Le retour de l’armée malienne dans cette ville, aujourd’hui sous le contrôle d’anciens rebelles, est anticipé comme une affirmation forte de l’autorité de l’Etat malien sur le territoire, dont de larges pans lui échappent.

Une commission technique, réunie le 24 janvier au quartier général de la Minusma à Bamako, a fait le point sur les aspects logistiques et techniques du retour des forces maliennes à Kidal, a rapporté la mission de l’ONU dans un communiqué.

Le président de la commission, le général Dennis Gyllensporre, commandant de la force de l’ONU, « a demandé la poursuite de la mise en place des équipements du bataillon, tout en soulignant que cela ne devrait pas être un obstacle au déploiement prévu le 1er février », a rapporté la Minusma.

Le retour de l’armée malienne à Kidal constituerait une « étape déterminante dans la mise en œuvre » de l’accord de paix d’Alger de 2015, selon la Minusma.

Sous le contrôle d’anciens rebelles touareg

L’application de cet accord est considérée comme un facteur primordial d’une sortie de crise au Mali, confronté depuis 2012 aux insurrections indépendantistes, salafistes et djihadistes et aux violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. La crise, qui s’est propagée aux pays voisins, s’est aggravée ces derniers mois.

Malgré la présence de bases françaises et des forces onusiennes, Kidal est sous le contrôle d’anciens rebelles séparatistes touareg qui se sont soulevés contre le pouvoir central en 2012 avant de signer un accord de paix à Alger trois ans plus tard.

L’accord piétine et le sort de Kidal est une source de fortes crispations. Les voisins du Mali y soupçonnent ou y dénoncent des alliances entre séparatistes et djihadistes. Pour eux, Kidal a aussi servi de base arrière aux attaques djihadistes.

Kidal donne aussi lieu à des accusations contre la responsabilité imputée à la France dans la situation particulière de la ville, mises en cause que la France réfute mais qui nourrissent certains discours contre la présence militaire française au Mali.

Symboliquement, ce sont des unités dites « reconstituées » de l’armée malienne qui doivent retourner à Kidal. Ces unités comprennent d’anciens rebelles intégrés dans l’armée conformément à l’accord d’Alger.

A ce jour, 1 300 anciens rebelles ont été intégrés dans l’armée et affectés aux unités « reconstituées », dont l’une doit s’établir à Kidal, et deux autres à Gao et Tombouctou.

Le rôle du bataillon « reconstitué » de Kidal consiste « premièrement (à) assurer la protection du gouverneur à Kidal.

Le gouverneur, c’est l’élément numéro un du gouvernement à Kidal », disait en janvier un officiel civil impliqué dans l’opération, Samba Tall. L’armée malienne est sous la pression d’attaques jihadistes qui ont fait des centaines de morts dans ses rangs ces derniers mois.

Source : Le Monde (France)

 

 

Gambie: contre-attaque du gouvernement pour éteindre la contestation anti-présidentielle

Gambie: contre-attaque du gouvernement pour éteindre la contestation anti-présidentielleLa Libre Afrique - Le gouvernement gambien a lancé dimanche une contre-attaque drastique pour éteindre le mouvement de contestation réclamant le départ du président Adama Barrow, interdisant avec effet immédiat le collectif à l’origine d’une manifestation ayant tourné à l’émeute.

La police a procédé à plus de 100 arrestations et ceux qui soutiennent ce mouvement anti-présidentiel devront faire face à des « conséquences graves », a affirmé le gouvernement dans un communiqué.

« Pas une seule personne n’est morte pendant la manifestation d’aujourd’hui », ont affirmé les autorités dans ce communiqué signé du porte-parole du gouvernement, Ebrima Sankareh. Un responsable d’hôpital avait affirmé plus tôt dans la journée que trois personnes avaient été tuées, sans préciser leur identité et les causes de leur décès.

Le bilan de la manifestation, qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes dans la banlieue de Banjul, est néanmoins sévère: 137 personnes arrêtées par la police, d’autres en fuite ou tentant de quitter le territoire, selon le gouvernement.

Bien qu’il n’y ait pas eu de décès, « certaines personnes ont subi des blessures ne mettant pas leur vie en danger, dont 18 membres des forces de sécurité et sept civils », selon la même source.

Rassemblés à l’appel du collectif « Operation Three Years Jotna » » (« Trois ans, il est temps », dans un mélange d’anglais et de wolof), les manifestants réclamaient qu’Adama Barrow quitte le pouvoir après trois ans, comme il s’y était engagé en devenant le candidat unique de l’opposition fin 2016.

Des heurts ont éclaté lorsque les manifestants ont voulu dévier de leur itinéraire pour se rapprocher du centre de la capitale gambienne.

La police a fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser et les manifestants ont répliqué en lançant des pierres sur les forces de l’ordre et en allumant des pneus sur la voie rapide menant au centre-ville, selon un correspondant de l’AFP.

– « Mouvement subversif » –

Expliquant l’avoir jusqu’ici toléré, le gouvernement considère à présent le collectif anti-présidentiel comme « un mouvement subversif, violent et illégal ». Il lui « interdit à jamais d’agir sur le territoire de la Gambie », selon le communiqué.

Ce mouvement a « toutes les caractéristiques d’un groupe déterminé à renverser illégalement le président élu constitutionnellement, Adama Barrow », ajoute le texte.

Son président, Abdou Njie, a été interpellé dimanche, a rapporté le journaliste de l’AFP. Le gouvernement n’a pas donné d’information à son sujet dimanche soir.

Investi par une coalition de l’opposition pour défier le président Yahya Jammeh, qui dirigeait cette ancienne colonie britannique d’Afrique de l’Ouest d’une main de fer depuis 22 ans, Adama Barrow a remporté la présidentielle du 1er décembre 2016.

Il avait prêté serment à l’ambassade de Gambie à Dakar le 19 janvier 2017, alors que Yahya Jammeh se résignait à partir en exil après une intervention politico-militaire régionale.

Selon la charte fondatrice de la « Coalition 2016 », le nouveau président devait diriger un gouvernement provisoire pendant trois ans, avant d’organiser une nouvelle élection à laquelle il ne pourrait pas se présenter.

Mais il assure à présent que « personne ne pourra (le) forcer à quitter la présidence avant 2021 », s’attirant les foudres de ses anciens compagnons, qui l’accusent de « trahison ».

Dans son communiqué, le gouvernement exhorte les autorités locales à « conduire les suspects au poste de police le plus proche ». Et avertit que « donner refuge à des fugitifs est une violation de la loi ».

Il demande à tous de « cesser leurs relations avec ce mouvement illégal », ajoutant que « toute personne, station de radio, entreprise ou association » qui contreviendrait à cette directive sera « confrontée à conséquences sévères ».

– Radios fermées –

Les autorités ont également décidé de fermer le temps d’une enquête deux radios, Home Digital FM et King FM, les accusant d’avoir servi de plateforme pour la diffusion de messages incitant à la violence ou à rejoindre le collectif anti-présidentiel, le tout pour « menacer la sécurité de la Gambie ».

Le propriétaire de Home Digital FM, Pa Modou Bojang, et le directeur de King FM, Gibbi Jallow, « aident la police dans son enquête », selon le gouvernement.

Les deux hommes font partie des personnes interpellées, selon un employé de King FM et le secrétaire général du Syndicat des journalistes de Gambie, Saikou Jammeh.

Des milliers de partisans de l’ex-président Yahya Jammeh avaient été autorisés à manifester jeudi pour réclamer son retour d’exil, suscitant la colère et l’incompréhension des victimes de son régime, qui ont à leur tour manifesté samedi par centaines pour réclamer qu’il soit traduit en justice.

AFP
Source : La Libre Afrique (Belgique)

 

 

Libye: les livraisons d'armes se poursuivent malgré la réunion de Berlin, déplore l'ONU

Libye: les livraisons d'armes se poursuivent malgré la réunion de Berlin, déplore l'ONULe Point Afrique - Les livraisons d'armes aux factions rivales libyennes par des Etats étrangers se poursuivent en dépit des engagements pris lors de la récente conférence internationale de Berlin, a dénoncé dimanche l'ONU, en s'inquiétant du sort de la trêve actuelle.

La Mission des Nations unies en Libye (Manul) "regrette profondément les violations flagrantes et persistantes de l'embargo sur les armes", objet d'une résolution du Conseil de sécurité en 2011, "malgré les engagements des pays concernés" pris à Berlin le 19 janvier, est-il écrit dans un communiqué.

Selon la même source, "des vols de fret, entre autres", ont atterri ces dix derniers jours dans l'ouest et l'est de la Libye pour livrer aux belligérants "des armes avancées, des véhicules blindés, des conseillers et des combattants".

Réagissant à cette annonce, l'Allemagne, hôte de la réunion du 19 janvier, s'est dite "préoccupée", en évoquant des rapports "non confirmés mais crédibles de violations de l'embargo des deux côtés".

"Ce qui importe maintenant, c'est de parvenir à un cessez-le-feu stable que le comité militaire 5+5, dont les représentants ont été récemment nommés par les deux parties, va négocier dans les prochains jours", a ajouté dans un communiqué le ministère allemand des Affaires étrangères, se référant à la principale avancée concrète à Berlin -la constitution d'un comité militaire mixte.

En proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est actuellement déchirée entre deux pouvoirs rivaux: celui du gouvernement d'union (GNA), basé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU, et celui du maréchal Haftar, l'homme fort de l'est libyen.

Alors que ce conflit menace de dégénérer avec une implication étrangère croissante, les participants à la conférence de Berlin ont pris plusieurs engagements, dont celui de cesser les livraison d'armes.

Ces pays ont aussi promis de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires libyennes et de tout acte susceptible d'exacerber le conflit, tel le financement des capacités militaires ou le recrutement de mercenaires.

"Répit bienvenu"

Depuis le 4 avril 2019, la guerre est aux portes de Tripoli: à cette date, le maréchal Haftar, soutenu par la Russie, les Emirats arabes unis et l'Egypte, a lancé une offensive sur la capitale, siège du GNA, de son côté appuyé par la Turquie.

Plus de 2.000 combattants et plus de 280 civils ont été tués, d'après l'ONU. Près de 150.000 Libyens ont été déplacés.

Un cessez-le-feu a été instauré le 12 janvier à l'initiative de Moscou et Ankara, mais il reste précaire, les deux parties s'accusant de violer la trêve.

Dans son communiqué, la Manul souligne que la baisse des combats a tout de même offert "un répit bienvenu pour les habitants de la capitale".

Mais "cette trêve fragile est aujourd'hui menacée par l'acheminement de combattants étrangers, d'armes, de munitions et de systèmes avancés aux parties par les Etats membres, dont plusieurs ont participé à la conférence de Berlin", a insisté la mission de l'ONU, sans identifier ces pays.

Samedi, de nouveaux accrochages autour de Tripoli ont fait au moins un mort -un Marocain, âgé de 42 ans selon Rabat- et blessé sept civils, a indiqué dimanche à l'AFP Amine al-Hachémi, du ministère de la Santé du GNA.

Et les "violations en cours" de l'embargo sur les armes risquent de replonger le pays dans "une nouvelle spirale de combats intenses", a prévenu la Manul.

Pétrole à l'arrêt

Selon un accord signé fin novembre entre Ankara et le GNA, la Turquie apporte un soutien militaire à Tripoli tandis que Moscou, malgré ses dénégations, est soupçonné d'appuyer les pro-Haftar avec des armes, de l'argent et des mercenaires.

Dans ce contexte, la communauté internationale craint de voir le conflit en Libye dégénérer en "nouvelle Syrie".

Ce risque d'escalade se double de craintes de voir l'économie s'effondrer en raison de l'arrêt des exportations du pétrole --la quasi unique source de revenu du pays.

Le 18 janvier, à la veille du sommet de Berlin, des forces pro-Haftar ont bloqué les principaux terminaux et champs pétroliers dans l'est et le sud, entraînant une chute drastique de la production et des pertes estimées à plus de 256 millions de dollars par la Compagnie nationale de Pétrole (NOC).

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont appelé ces derniers jours à une reprise "immédiate" des opérations pétrolières", en mettant en garde contre le risque d'aggravation de la situation humanitaire.

AFP
Source : Le Point Afrique (France)

 

Umaro Sissoco Embalo, président élu de la Guinée-Bissau : "J'incarne un nouvel espoir"

Umaro Sissoco Embalo, président élu de la Guinée-Bissau : France24 - Lors d’un entretien accordé à France 24, le nouveau président de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, a exposé les défis qui l’attendaient. Le premier d'entre eux : l’attente d’un jugement de la Cour suprême sur la validité de son élection.

Trois semaines après le scrutin du 29 décembre en Guinée-Bissau, le nouveau président Umaro Sissoco Embalo est toujours dans l'attente d'un jugement de la Cour suprême, qui doit valider son mandat, mis en cause par le candidat déchu Domingos Simoes Pereira.

"Depuis 1998, chaque fois que le président et le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale ont été issus du PAIGC [parti dominant, NDLR], il y a eu un blocage institutionnel", a déclaré Umaro Sissoco Embalo, mardi 21 janvier, à France 24.

"Mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Ce désordre s’est terminé en Guinée Bissau aujourd’hui parce que j’incarne une nouvelle génération, un nouvel espoir", a-t-il ajouté.

Vainqueur à 53,55 % des voix

La Cour suprême de Guinée-Bissau a annoncé, mardi, attendre une vérification des procès-verbaux, mais a écarté un nouveau comptage des voix du second tour. Les résultats publiés par la commission électorale donnent Umaro Sissoco Embalo vainqueur avec 53,55 % des voix.

Ces résultats, Domingos Simoes Pereira les conteste et la Cour suprême, qu'il a saisie, a rendu ces derniers jours deux arrêts maintenant le statu quo. La commission électorale estime "définitifs" les résultats qu'elle a annoncés.

Source : France24

 

Le Maroc intègre les eaux du Sahara occidental dans son espace maritime

Le Maroc intègre les eaux du Sahara occidental dans son espace maritimeAtlantico - Le Maroc a intégré mercredi les eaux du Sahara occidental dans son espace maritime, en adoptant deux lois élargissant sa compétence juridique sur cette ancienne colonie espagnole au statut toujours indéfini.

"Ces lois visent à réactualiser l'arsenal juridique national", en phase avec "la souveraineté totale du royaume sur ses frontières effectives, terrestres et maritimes", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avant l'adoption du texte au Parlement à Rabat.

Ces lois, établissant la compétence juridique du Maroc sur l'espace maritime couvrant les eaux territoriales de Tanger (nord) à Lagouira, à la frontière mauritanienne, ont été adoptées à l'unanimité par les députés et saluée par des applaudissements.

La question du statut du Sahara occidental, toujours considéré comme un "territoire non autonome" par l'ONU en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc au Front Polisari, qui milite pour l'indépendance et réclame un référendum d'autodétermination.

Cette vaste étendue désertique située au nord de la Mauritanie, bordée par environ 1000 km de côte atlantique, est en grande partie contrôlée par le Maroc, qui veut une "autonomie sous contrôle" pour la zone qu'il considère comme partie intégrante de son territoire.

En gestation depuis des années, la délimitation des eaux, au statut toujours indéfini, a par le passé suscité des tensions entre le Maroc et l'Espagne, notamment après des explorations pétrolières dans la zone.

Le dossier sera abordé vendredi à l'occasion de la première visite à Rabat de la nouvelle ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez, a indiqué M. Bourita après le vote.

"Nous ne voulons pas imposer un fait accompli mais nous sommes prêts au dialogue avec l'Espagne dans le cadre de nos droits essentiels et souverains", a-t-il dit devant le Parlement.

Mi-décembre, le gouvernement espagnol avait rappelé au Maroc que la délimitation des frontières maritimes avec des pays voisins était régie par "un accord mutuel".

AFP
Source : Atlantico (France)

 

Tunisie : Hédi Baccouche, artisan du coup d’État de Ben Ali, meurt à 90 ans

Hédi Baccouche, ancien Premier ministre de la Tunisie, dans sa maison à Tunis le 18 novembre 2013L’ancien Premier ministre de Ben Ali et artisan du coup d’État médical du 7 novembre, Hédi Baccouche, est décédé dans sa 90e année, dans son Sahel natal.

Ce destourien, profondément attaché à Bourguiba, avait intégré à l’âge de 13 ans dans les années 1940, les circuits du Néo-Destour, parti phare qui a mené la lutte de libération nationale. Avec une licence en histoire obtenue à la Sorbonne et un diplôme de Sciences-Po Paris, le militant du syndicat étudiant de l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET) symbolise la nouvelle génération des bâtisseurs de la Tunisie moderne.

Successivement gouverneur, maire, patron de l’Office national des pêches, ambassadeur, député, directeur du parti, ministre, chef du gouvernement, il a évolué dans les arcanes du pouvoir et du Parti socialiste destourien (PSD), traversé des temps de disgrâce, notamment pour avoir œuvré à la politique collectiviste menée par le ministre des Finances et du Plan, Ahmed Ben Salah.

Il est revenu aux affaires dans le gouvernement Hédi Nouira (1970-1980) mais en restant un homme discret, à la fois admiratif et critique, du leader Habib Bourguiba. Il n’en sera pas moins le principal instigateur de la destitution du raïs et de la prise de pouvoir de Ben Ali en 1987.

Un retraité de la politique toujours sollicité

Il s’en explique longuement dans son ouvrage En toute franchise, paru en 2018 chez Sud Éditions, qui résonne aujourd’hui comme un témoignage d’un homme de son temps mais aussi un testament politique.

Devenu Premier ministre de Ben Ali, son compagnon de lycée, l’auteur de la déclaration du 7 novembre 1987 sera limogé moins de deux ans plus tard.

Membre de la Chambre des conseillers et du comité central du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti de Ben Ali dissous au lendemain de la révolution de 2011, Hédi Baccouche se tenait depuis en retrait de la vie publique mais son avis était régulièrement sollicité par les nouveaux acteurs politiques.

Passionné d’information et toujours alerte, il suivait avec grand intérêt les évènements qui agitent la région et écoutait les différentes opinions, sans faire de commentaires. Il réservait les analyses approfondies à ses amis proches, dont Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Museveni: "les Africains ont échoué à protéger la Libye contre les occidentaux"

Museveni: BBC Afrique - Le président ougandais Yoweri Museveni affirme que les Africains n'ont pas réussi à protéger la Libye.

Il a reproché aux pays africains de ne pas protéger la Libye contre l'intervention militaire des États-Unis et d'une coalition dirigée par l'OTAN en mars 2011. Le président Museveni a déclaré à Allan Kasujja, de la BBC, que les pays africains auraient dû opposer une résistance militaire pour "donner une leçon" aux puissances occidentales.

"Les pays africains n'auraient pas dû permettre aux pays occidentaux d'attaquer la Libye. Nous aurions dû intervenir. Nous avons essayé diplomatiquement, mais nous aurions pu intervenir même militairement", explique-t-il.

Selon lui, l'Afrique aurait pu intervenir et "donner une leçon à ces gens".

"La Libye était un pays africain attaqué par des puissances étrangères, nous aurions dû intervenir", ajoute-t-il.

Le président Museveni a également qualifié de "symbolique" l'invitation des États africains au sommet de Berlin qui s'est tenu la semaine dernière.

Le président russe Vladimir Poutine, le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président français Emmanuel Macron et le premier ministre britannique Boris Johnson ont participé à ce sommet.

Source : BBC Afrique

 

 

Gambie : l’ex-président Jammeh serait « immédiatement arrêté » s’il revenait

Le dernier meeting du président Yahya Jammeh, en novembre 2016 à Banjul (Gambie).L’ex-président gambien Yahya Jammeh, en exil en Guinée équatoriale depuis sa chute il y a trois ans, serait « immédiatement arrêté » s’il revenait au pays et poursuivi pour les crimes commis durant ses 22 ans de pouvoir, a affirmé dimanche le ministre de la Justice, après une récente manifestation pour le retour de l’ex-dirigeant.

« Si jamais l’ancien président Yahya Jammeh retournait au pays, il serait immédiatement arrêté et poursuivi pour les plus graves affaires », a déclaré Abubacarr Tambadou, dans un discours consacré à la nouvelle année judiciaire en Gambie.

Dans un récent enregistrement diffusé sur les réseaux sociaux, Jammeh réclamait le respect de ce qu’il considère comme ses droits, et notamment celui de rentrer. Des milliers de ses partisans ont également manifesté jeudi dans la capitale Banjul pour réclamer son retour d’exil. Cette polémique survient alors que les travaux de la Commission Vérité Réconciliation doivent reprendre lundi matin.

« Crimes contre l’humanité »

« Après un an d’auditions (de témoins) et alors que nous entrons probablement dans la seconde et dernière année, on ne peut plus écarter les crimes contre l’humanité commis en Gambie entre juillet 1994 et janvier 2017, sous l’ancien président Yahya Jammeh. Ceux identifiés par la Commission seront portés devant la justice », a ajouté Tambadou.

La Commission a été établie en 2017 et a débuté ses auditions en janvier 2019. Sa mission est d’enquêter sur les violations des droits humains entre 1994 et 2016, favoriser la recherche de la justice et des réparations pour les victimes, oeuvrer à la réconciliation.

Officier arrivé à la tête de la Gambie par un coup d’État en 1994, Yahya Jammeh a dirigé pendant 22 ans un régime de féroce répression. Il a été poussé à s’exiler en Guinée équatoriale en janvier 2017, cédant à une intervention militaire africaine après avoir rejeté sa défaite à la présidentielle face à Adama Barrow.

Dans un communiqué publié à l’époque, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et les Nations unies s’engageaient à œuvrer pour le respect de la sécurité et des droits de Yahya Jammeh, et notamment celui de rentrer en tant que citoyen et ancien chef de l’État.

Source : jeuneafrique.com

 

Gambie : Des milliers de manifestants réclament le retour de Jammeh.

Gambie : Des milliers de manifestants réclament le retour de Jammeh.Des milliers de partisans de l’ancien président gambien Yahya Jammeh, qui a dirigé pendant 22 ans un régime de féroce répression, ont manifesté jeudi dans la capitale Banjul pour réclamer son retour d’exil, ont constaté des correspondants de l’AFP.

Officier arrivé à la tête de la Gambie par un coup d’État en 1994, puis élu et réélu, Yahya Jammeh a été poussé à s’exiler en Guinée Équatoriale en janvier 2017, cédant à une intervention militaire africaine après avoir rejeté sa défaite à la présidentielle face à l’opposant Adama Barrow, toujours au pouvoir aujourd’hui.

Dans un communiqué publié à l’époque, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et les Nations unies s’engageaient à oeuvrer pour le respect de la sécurité et des droits de Yahya Jammeh, et notamment celui de rentrer en tant que citoyen et ancien chef de l’État.

A l’appel du parti de Yahya Jammeh, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), les manifestants ont pris la direction du siège de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples pour y déposer une pétition destinée à l’Union africaine.

« Avant son départ, il y a eu un accord pour qu’il puisse rentrer dans le pays. Nous avons besoin de notre chef de parti », a déclaré à l’AFP l’un des manifestants, Ismaila Colley, 26 ans, en décrivant l’ex-président comme un « homme de paix », alors que, depuis un an, une Commission Vérité et Réconciliation entend les témoignages accablants des victimes des atrocités commises sous Yahya Jammeh.

« Les temps sont durs sous l’actuel gouvernement, c’est pourquoi nous voulons que l’ancien président revienne et reprenne les rênes du pays à Adama Barrow », a expliqué dans le cortège, encadré par les forces de l’ordre, Maïmuna Jaju, une commerçante de 23 ans.

L’ancien dictateur s’est fait entendre samedi pour soutenir la manifestation, dans un enregistrement diffusé sur les réseaux sociaux.

Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, enclavé dans le Sénégal à l’exception d’une étroite façade atlantique, connaît une recrudescence de mobilisation politique.

Des milliers de Gambiens ont défilé dimanche en faveur du maintien au pouvoir pour cinq ans du président Barrow, malgré son engagement initial à ne servir que trois ans.

Les partisans d’un départ de M. Barrow comptaient faire de même le 19 ou le 20 janvier, mais leur demande d’autorisation de manifester a été rejetée. La manifestation pro-Jammeh de jeudi a en revanché été autorisée.

Source : AFP