Mon08102020

Last update06:54:11 AM GMT

Back Divers Faits Divers Faits Divers en Afrique

Politique en Afrique

Afrique du Sud : l’ANC en tête des législatives selon des résultats partiels

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, arrive en tête des élections législatives, selon des premiers résultats partiels présentés ce jeudi par la Commission électorale indépendante, portant sur près d'un quart des districts du pays.

L’ANC, parti historique de Nelson Mandela qui possède la majorité absolue dans l’Assemblée nationale sortante, est actuellement crédité de 54,65% des suffrages, selon les chiffres de la commission électorale indépendante.

L’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition, arrive en deuxième position avec 26,49% des suffrages, largement devant la troisième force politique du pays, le parti radical de gauche des Combattants pour la liberté économique (EFF) avec 8,07%.

Vainqueur de tous les scrutins qui ont suivi la chute du régime de l’apartheid et l’avènement de la démocratie en 1994, l’ANC a vu sa popularité plonger sous le règne émaillé de scandales du président Jacob Zuma (2009-2018).

Mais son successeur Cyril Ramaphosa, l’actuel chef de l’Etat, s’est donné comme mission d’insuffler une nouvelle dynamique au parti, promettant de lutter contre la corruption, le chômage et les disparités sociales.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : Louisa Hanoune incarcérée dans l’enquête sur Saïd Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag

La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a été placée jeudi 9 mai sous mandat de dépôt par le tribunal militaire de Blida. Elle avait répondu le matin à une convocation du juge d’instruction dans le cadre de l'enquête pour « complot » impliquant Saïd Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag.

Louisa Hanoune a été placée jeudi en fin d’après-midi sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal militaire de Blida, avoir été longuement auditionnée depuis le matin. « On ignore les motifs de son incarcération. Le bureau du juge nous a simplement demandé de lui ramener ses médicaments », confie Ramdane Taazibt, député du parti.

La patronne de ce parti d’opposition avait reçu mercredi une convocation du juge d’instruction pour se rendre au tribunal en qualité de témoin, a appris Jeune Afrique de sources internes au PT. « Elle a été convoquée comme témoin et non comme prévenue, explicitait un député du parti qui a souhaité garder l’anonymat. Elle a été appelée à témoigner en sa qualité de responsable politique. » « Elle s’y est rendue sereine », confiait un parlementaire de sa formation qui l’a accompagnée à Blida.

Saïd Bouteflika, frère cadet et conseiller de l’ex-président Bouteflika, ainsi que les généraux et ex-patrons du renseignement Mohamed Mediène, dit Toufik, et Athmane Tartag, alias Bachir, ont été placés sous mandat de dépôt ce week-end par le tribunal militaire de Blida, et inculpés pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’État ».

Témoin des discussions sur le report de l’élection

La convocation de Hanoune a-t-elle un lien direct avec l’inculpation de Saïd, Toufik et Tartag ? « Louisa Hanoune se trouve jusqu’à présent [13h40 heure d’Alger] au tribunal militaire de Blida, où elle est entendue comme témoin, selon ce qui a été indiqué sur sa convocation », a confirmé en début d’après-midi un communiqué du PT. Une source proche de la Secrétaire générale (SG) précise que son audition est liée aux discussions qui avaient eu lieu en décembre dernier au sommet du pouvoir autour du report de l’élection présidentielle d’avril 2019, et de l’idée de prolonger le quatrième mandat du président Bouteflika.

La convocation de la SG du PT pourrait être le prélude à la convocation d’autres dirigeants de partis proches du pouvoir ou de l’opposition

L’incarcération de la SG du PT pourrait être le prélude à la convocation d’autres dirigeants de partis proches du pouvoir ou de l’opposition, qui avaient pris part à ces pourparlers pilotés par Saïd Bouteflika. Opposante de longue date, Louisa Hanoune n’a jamais fait mystère de sa proximité avec l’ex-chef de l’État et sa famille. Jusqu’à un passé récent, elle était en contact régulier avec Saïd Bouteflika et aussi avec Zhor, la sœur qui s’occupe de l’ex-président dans sa résidence bunker de Zéralda.

Source : jeuneafrique.com

 

Faure Gnassingbé s'offre une prolongation du mandat

Faure Gnassingbé s'offre une prolongation du mandatBBC Afrique - Les députés togolais ont adopté tard ce mercredi, la loi qui introduit dans la constitution la limitation du mandat du président de la république à cinq ans renouvelable une fois.

Toutefois, les nouveaux députés viennent de trancher, en précisant que les mandats déjà réalisés et ceux en cours ne seront pas pris en compte dans l'application des nouvelles modifications constitutionnelles.

Ainsi, Faure Gnassingbé au pouvoir depuis 2005 après des élections controversées pourra se représenter à la fin de son mandat actuel de 5 ans qui prendra fin en 2020.

Ce qui signifie qu'après la fin du mandat actuel, le chef de l'Etat togolais pourrait briguer deux autres mandats et rester au pouvoir jusqu'en 2030.

L'opposition boycotte le recensement au Togo

Sur les 91 députés présents au parlement, les 90 ont voté pour l'adoption de ce projet de loi qui a déjà échoué à deux reprises, faute de recueillir la majorité qualifiée des 4 cinquièmes des députés.

Les nouvelles modifications consacrent également le mode de scrutin à deux tours pour l'élection du président de la république.

Le mandat des députés est aussi désormais limité à six ans renouvelables deux fois.

Source : BBC Afrique

Maroc : le prince héritier Moulay El Hassan toujours plus sur le devant de la scène

Le prince héritier Moulay El Hassan, qui fête mercredi 8 mai ses seize ans, multiplie les déplacements et les cérémonies. Autant de moments utiles pour apprendre le métier de roi.

Le prince héritier du royaume du Maroc, le fils de Mohammed VI, souffle sa seizième bougie ce mercredi 8 mai. « Smyet Sidi » continue de suivre sa scolarité, à l’intérieur du palais, à Rabat, mais son emploi du temps est toujours plus occupé par des activités officielles ou protocolaires.

Les remises de trophées d’équitation ne sont plus les seules sorties publiques du prince qui a commencé le « job » à 8 ans, avec un premier discours à l’Académie militaire de Kenitra. Fin février, c’est lui qui a accueilli au Palais des invités à Rabat le prince Harry de la famille royale britannique, petit-fils de la reine Élizabeth II, et son épouse Meghan Markle. Le protocole, qui occupe déjà une place importante dans la vie du prince, n’est pas une « matière » enseignée au Collège royal, mais plutôt une éducation.

Formation accélérée en 2018

Dans les semaines qui précédaient, le prince a aussi été remarqué par la presse française, en selham et tarbouch, aux obsèques de Henri d’Orléans, Comte de Paris. Le prince représentait son pays aux côtés de l’ambassadeur du roi du Maroc en France, Chakib Benmoussa, et de Fouad Ali El Himma, conseiller du roi. À la veille de son anniversaire, il s’est rendu à la Fondation Abou Bakr El Kadiri, du nom d’un intellectuel du mouvement national marocain.

Ces dernières années, le prince héritier s’est plié à la plupart des exercices publics auxquels le roi est habitué : il a présidé une prière rogatoire, assisté à la nomination d’un gouvernement, passé des troupes en revue, remis des trophées sportifs, rencontré des personnes de la société civile…

L’année 2018 a été l’occasion d’une accélération dans la vie officielle de Moulay Hassan, puisqu’il l’avait entamé en présidant un dîner en l’honneur de l’ancien président français François Hollande. Durant le mois de février 2018, il avait multiplié les sorties : son père, le roi Mohammed VI, était alors en convalescence à Paris après une opération chirurgicale pour une arythmie cardiaque.

Source : jeuneafrique.com

 

Soudan : les militaires accusés de retarder le transfert du pouvoir

Les leaders de la contestation au Soudan ont accusé les généraux de chercher à retarder la transition du pouvoir vers le civil, et menacé de lancer un mouvement national de "désobéissance".

« Les formes de l’escalade sont (déjà) définies : poursuivre les sit-in et préparer un mouvement de désobéissance civile », a déclaré à la presse mercredi 8 mai l’un de ces leaders, Khaled Omar Youssef.

Il a jugé « décevantes » les réponses des généraux aux propositions de son groupe et estimé qu’elles risquaient de plonger le pays dans une « situation dangereuse ».

Le Conseil militaire de transition a pris le pouvoir après la destitution et l’arrestation, le 11 avril par l’armée, du président Omar el-Béchir sous la pression de la rue.

Les chefs de la contestation tirent eux leurs forces des milliers de manifestants qui campent depuis le 6 avril devant le QG de l’armée à Khartoum et réclament désormais un transfert du pouvoir à une autorité civile.

Mercredi, ces leaders, dont des laïcs venant notamment du Parti communiste, ont dans un premier temps publié un communiqué comportant leur réponse aux réserves du Conseil militaire à leur vision de la période de transition.

« La réponse du Conseil militaire va dans le sens d’une prolongation des négociations et non vers une transition » rapide, a souligné l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui représente les manifestants.

La veille, les généraux ont déclaré qu’ils étaient d’accord avec la plupart des propositions de l’ALC sur la transition, mais précisé qu’ils avaient « beaucoup de réserves » sur d’autres.

Divergences

Ils ont soulevé notamment la question de la charia (loi islamique), en estimant qu’elle devait rester la source de la législation, et en reprochant à l’ALC de ne pas l’avoir mentionnée dans leurs propositions.

Dans sa réaction, l’ALC a estimé que les généraux avaient soulevé « des questions non pertinentes, y compris celles de la langue officielle du pays et des sources de la législation dans une répétition ennuyeuse des surenchères de l’ancien régime ».

Le régime du président déchu appliquait la charia, ce qui avait donné lieu, selon les défenseurs des droits humains, à de violents abus comme la flagellation de femmes pour « comportement indécent ».

« Nous appelons le Conseil militaire à conclure un accord pour transférer le pouvoir aux forces révolutionnaires », ont ajouté les dirigeants de la contestation.

Des responsables anonymes de l’ALC cités par le quotidien Sudan Tribune avaient estimé dans des réactions à chaud à la déclaration des militaires que la nature du régime pendant la période de transition et au-delà ne pouvait être définie dans l’immédiat.

Des experts estiment eux que la question devrait être soumise à référendum après une réflexion nationale.

Outre la charia, le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, a exprimé d’autres réserves aux propositions de l’ALC.

Selon lui, le Conseil est d’avis que la déclaration de l’état d’urgence devait revenir à un « conseil souverain » et non au gouvernement comme le proposent les leaders des manifestants. La composition d’un « conseil souverain » n’a pas encore fait l’objet de discussions entre les militaires et l’ALC.

Les deux parties divergent sur sa composition. L’ALC exige qu’il soit dominé et dirigé par des civils, et les généraux insistent pour y garder la main haute.

Résidence surveillée

Autre point de désaccord : les civils veulent une période de transition de quatre ans alors que les militaires considèrent qu’elle peut être de deux ans seulement, selon le général Kabbachi.

Mardi, l’un des chefs de l’ALC, Mohamed Naji al-Assam, a réitéré l’opposition de l’alliance à toute participation des figures de l’ancien régime à la période de transition.

« Le succès de la révolution repose sur le transfert du pouvoir à une autorité civile à part entière », a-t-il dit.

L’une des figures de ce régime, l’ancien patron du renseignement, Salah Ghosh, a été placé en résidence surveillée, a indiqué le général Kabbachi pour souligner la volonté du Conseil militaire de rompre avec l’ère Béchir.

Source : jeuneafrique.com

 

Élections en Afrique du Sud: les électeurs entre amertume et déception

Élections en Afrique du Sud: les électeurs entre amertume et déceptionRFI Afrique - En Afrique du Sud, on vote ce mercredi pour des élections législatives et provinciales.

Le Parlement désigné à la fin de cette journée aura ensuite la tâche d’élire le prochain chef de l’État. Des élections qui coïncident avec le 25e anniversaire de la fin de l‘apartheid. L’ANC, le parti au pouvoir, est certain de garder sa majorité et donc son président Cyril Ramaphosa d’être réélu même s’il est de plus en plus contesté dans le pays.

Il y a de l’amertume et de la déception parmi les électeurs rencontrés ce mercredi matin dans un bureau de vote du quartier de Sophiatown de la banlieue ouest de Johannesburg. Dans ce quartier de classe moyenne, très mélangé, Blancs, Noirs, Indiens, les électeurs en veulent au parti au pouvoir de ne pas avoir tenu ses promesses.

Vingt-cinq ans après la fin de l’apartheid, ils dénoncent le chômage élevé, la corruption au sein du gouvernement sur les dix dernières années de la présidence de Jacob Zuma. Les scandales financiers se sont multipliés et les Sud-Africains en ont assez. Ils veulent du travail et que le futur chef de l’État s’occupe de l’économie du pays.

Ce scrutin risque d’être un avertissement à l’ANC. « Il faut arrêter les promesses et agir », disent ses électeurs. Reste à savoir comment va se traduire ce désaveu dans les urnes. L’ANC reste en effet loin devant ses rivaux et va conserver sa majorité au Parlement, mais avec quelle avance ? Les sondages le créditent de 51 à 61% des votes, c’est en baisse par rapport aux élections précédentes. Certains électeurs veulent tout de même croire que le chef de l’État, Cyril Rapaphosa, est l’homme du changement. Il a notamment promis de relancer l’économie.

Mais l’on risque d’assister à une montée en puissance de l’opposition qui d’année en année grignote l’électorat indécis de l’ANC. Les deux principaux partis d’opposition sont l’Alliance démocratique de Mmusi Maimane qui convoite le vote de classe moyenne noire, et l’EFF, les Combattants pour la liberté économique. Le parti de la gauche radicale de Julius Malema est en train de rafler le vote des jeunes et des plus pauvres. C’est notamment le cas dans les townships comme à Alexandra, à Johannesburg.

Dans ce quartier pauvre, où de nombreuses personnes habitent dans des cabanes de tôles, les électeurs veulent des logements, des sanitaires et de l’eau.

Source : RFI Afrique

 

 

La corruption des élites africaines : "Un cancer qui tue" les institutions et les peuples

La corruption des élites africaines : La tragédie de l’Afrique, c’est la "scandaleuse impunité" qui protège ses élites, responsables du pillage systématique des ressources de leurs pays. L’ancien diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah accuse "ces oligarchies" qui ruinent le continent. Il s’est confié à franceinfo Afrique.

"La concentration du pouvoir et des richesses aux mains des élites est un mélange cancérigène devenu de plus en plus une marque dans nos pays." C’est le constat amer d’Ahmedou Ould Abdallah. L’ancien chef de la diplomatie mauritanienne sait de quoi il parle. C’est un bon connaisseur du continent africain qu’il a sillonné pendant plusieurs années en tant que Secrétaire général adjoint de l’ONU.

"La corruption est un véritable cancer qui tue sur le continent africain. C’est vrai qu’il s’agit d’un phénomène international, mais il y a une énorme différence en Afrique. C’est l’impunité qui protège les élites corrompues", explique-t-il à franceinfo Afrique.

"Une escroquerie à grande échelle qui discrédite les Etats"

En plus de sa casquette de diplomate, Ahmedou Ould Abdallah est membre fondateur de Transparency International. Il siège encore aujourd'hui au sein de son conseil d’administration. Cette organisation non gouvernementale a pour vocation principale la lutte contre la corruption à travers le monde. Tous les rapports publiés ces dernières années font le même constat : les élites opèrent de véritables hold-up sur les ressources du pays. Ahmedou Ould Abdallah dénonce une escroquerie à grande échelle qui discrédite et tribalise les Etats.

"Un petit groupe, un petit clan contrôle l’économie d’un pays et se met au-dessus de la loi. Ce phénomène d’oligarchie se développe avec arrogance. Ces oligarchies ruinent nos pays et se drapent dans la souveraineté nationale pour ne pas rendre compte à leurs propres populations. Ce fléau explique certains sujets brûlants actuels comme les guerres civiles et l’immigration", observe Ahmedou Ould Abdallah. Et il tient à préciser qu’il ne parle pas ici de la corruption du petit douanier ou du petit policier au coin de la rue, qui n'est que le résultat de la grande corruption des élites dirigeantes jouissant d’une scandaleuse impunité.



Ainsi, des dizaines de milliards de dollars s’évaporent chaque année sur le continent, sans que personne ne lève le petit doigt. "En Europe de l’Ouest, lorsque les dirigeants sont accusés de corruption, c’est la fin de leur carrière. Ça provoque immédiatement un scandale et les responsables se retrouvent derrière les barreaux. La tragédie dans nos pays, c’est l‘impunité et l’arrogance de ceux qui sont corrompus", se désole l'ancien haut fonctionnaire de l'ONU.

Et les multinationales dans tout ça ? Ne sont-t-elles pas complices de ce fléau qui pénalise les populations africaines ? Ahmed Ould Abdallah balaye l’argument qui veut qu’il n’y a pas de corruption sans corrupteur. "Mais pourquoi vous l’acceptez ? Pourquoi à Singapour on ne l’accepte pas ? Pourquoi on le refuse de plus en plus en Malaisie ? Si quelqu’un vous donne un million de dollars pour sauter du haut de la tour Eiffel, allez-vous le faire ?", interroge-t-il.

"La corruption justifie le terrorisme et le radicalisme"

Depuis Nouakchott, en Mauritanie, où il s’est installé, Ahmedou Ould Abdallah mène ses recherches sur les enjeux globaux de la paix et de la sécurité en Afrique. Pour lui, la corruption rampante des élites africaines constitue aujourd’hui la plus grande menace sur la paix et la sécurité qui justifie le terrorisme et le radicalisme dans la société africaine.

"Il faut que cessent les pillages arrogants et systématiques de nos pays. Des contrats distribués en une journée, sans appels d’offres, qui se concluent par la cession de vastes concessions minières, pétrolières, agricoles et j’en passe. C’est une véritable tragédie."

La corruption ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique, reconnaît-il. C’est un combat de longue haleine, un combat de toute une vie, auquel tous les citoyens et la société civile africaine doivent être sensibilisés, explique-t-il à franceinfo Afrique.

Martin Mateso
Source : Francetvinfo

 

Mali : ce qu’il faut retenir de la composition d’un gouvernement d’ouverture inédit

Le nouveau gouvernement malien a été dévoilé ce dimanche. Arrivée d'opposants dans une logique d'ouverture, mais aussi de nouveaux ministres et des poids lourds toujours présents : voici les principaux enseignements à retenir de la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Boubou Cissé.

Depuis sa réélection contestée en aout 2018, de nombreuses voix s’élevaient pour réclamer à Ibrahim Boubacar Keïta un gouvernement d’union nationale. Seule manière, pour ses partisans, de répondre aux innombrables défis – à commencer par celui de la sécurité – auxquels le Mali fait face.

Après avoir fait la sourde oreille à ces promoteurs de l’union sacrée, le président a fini par se laisser convaincre. Pour la première fois depuis son arrivée au palais de Koulouba, en 2013, il gouvernera avec ses adversaires politiques.

• Des ministres issus de l’opposition

Ce n’est peut-être pas une « large ouverture », comme cela avait été annoncé après la nomination de Boubou Cissé, mais c’est une ouverture quand même. Trois jours après la signature d’un accord politique entre la majorité présidentielle et une partie de l’opposition, le 2 mai, plusieurs opposants ont fait leur entrée au gouvernement.

L’arrivée la plus marquante est celle de Tiébilé Dramé, le président du Parti pour la renaissance nationale (Parena), à la tête du prestigieux ministère des Affaires étrangères. Cette figure du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD, la principale coalition de l’opposition) et ex-directeur de campagne de Soumaïla Cissé était un des plus virulents opposants à Ibrahim Boubacar Keïta, à l’égard duquel il n’avait pas de mots assez durs.

Lui aussi membre du FSD, Oumar Hamadoun Dicko, le président du Parti pour la solidarité et le progrès (PSP), rejoint également le gouvernement au poste sensible de ministre du Dialogue social, du travail et de la fonction publique.

Housseini Amion Guindo, dit « Poulo », hérite lui du ministère de l’Environnement. Ce quadragénaire était arrivé en cinquième position de la présidentielle de 2018, en recueillant 3,9% des voix.

Autre figure montante de la classe politique malienne à intégrer le gouvernement : Amadou Thiam, député de l’Alliance démocratique pour la paix – Maliba (ADP-Maliba), nommé ministre des Réformes institutionnelles et des relations avec la société civile.

• Plusieurs nouveaux ministres

Le général Ibrahim Dahirou Dembélé, un des officiers de la junte qui a renversé le président ATT est désormais ministre de la Défense

Outre les opposants, de nouvelles personnalités ont été choisies par IBK pour tenter de donner un nouveau souffle au pouvoir exécutif.

Michel Hamala Sidibé, jusqu’à présent directeur exécutif de l’Onusida, est nommé ministre de la Santé et des Affaires sociales. Fragilisé depuis la publication d’un rapport pointant sa gestion de cas de harcèlement sexuel au sein de l’organisation, il avait annoncé qu’il mettrait un terme à ses fonctions en juin, soit six mois avant la fin de son mandat.

De son côté, Malick Coulibaly hérite du ministère de la Justice. Un poste de Garde des Seaux qu’il a déjà occupé sous le gouvernement de transition, en 2012.

À l’époque, le général Ibrahim Dahirou Dembélé, un des officiers de la junte qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, était chef d’état-major général des armées. Cet ex-putschiste est désormais ministre de la Défense, dans un contexte sécuritaire très complexe. Poursuivi dans l’affaire de l’assassinat d’une vingtaine de Bérets rouges opposés au coup d’État de 2012, le général Dembélé avait réintégré l’armée après la levée de son contrôle judiciaire, en janvier 2018.

Autre poste stratégique : celui de ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, qui revient à Boubacar Alpha Bah, dit « Bill », ancien maire de la commune V de Bamako.

Témoré Tioulenta, ex-député de l’Alliance pour la démocratie au Mali – Parti africain pour la justice et la solidarité (Adema-Pasj), est lui le nouveau ministre de l’Éducation nationale. Il a la délicate mission de mettre fin aux grèves à répétition qui font planer la menace d’une année scolaire blanche.

• Des poids lourds toujours présents

Kamissa Camara, ex-ministre des Affaires étrangères et symbole de la volonté de rajeunissement du gouvernement, lui succède à Arouna Modibo Touré à l’Économie numérique

Plusieurs ministres déjà présents dans le dernier gouvernement de Soumeylou Boubeye Maïga ont conservé la confiance du président.

Le général Salif Traoré est une fois de plus maintenu au ministère de la Sécurité et de la protection civile, qu’il occupe depuis 2015. Lui aussi présent au gouvernement depuis 2015, Mohamed Ag Erlaf quitte l’Administration territoriale pour l’Industrie et le commerce. Ag Erlaf n’est pas le seul à changer de portefeuille.

Amadou Koita, ex-ministre de la Jeunesse, est nommé ministre des Maliens de l’extérieur. Il est remplacé par Arouna Modibo Touré, ex-ministre de l’Économie numérique et de la communication, qui récupère aussi le ministère des Sports.

Kamissa Camara, ex-ministre des Affaires étrangères et symbole de la volonté de rajeunissement du gouvernement affichée par IBK, lui succède à l’Économie numérique. Cette trentenaire passée par les États-Unis est une des rares femmes du gouvernement : elles ne sont que neuf ministres, contre onze dans la précédente équipe. La plupart  d’entre elles ont conservé leurs postes, à l’instar de Nina Wallet Intalou à l’Artisanat et au tourisme, de Seynabou Diop Traoré aux Infrastructures et à l’équipement, ou encore de Ramatoulaye Diallo N’Diaye à la Culture.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : le nouveau gouvernement de Boubou Cissé dévoilé

La liste du nouveau gouvernement de Boubou Cissé a été dévoilée le 5 mai. Des membres de l'opposition y font notamment leur entrée, comme Tiébilé Dramé, président du Parti pour la renaissance nationale, nommé ministre des Affaires étrangères.

Les noms des membres du gouvernement de Boubou Cissé, nommé Premier ministre le 22 avril dernier, ont été annoncés dimanche par Moustapha Ben Barka, le secrétaire général de la présidence.

Le nouveau gouvernement comporte au total 36 ministres et deux secrétaires d’État (dont huit femmes), contre 32 membres dans l’équipe gouvernementale sortante.

La composition de ce nouveau gouvernement intervient quelques jours après la signature, jeudi 2 mai, d’un accord politique qualifié d’« historique » entre la mouvance présidentielle et une partie de l’opposition. Le Premier ministre Boubou Cissé, nommé par Ibrahim Boubacar Keïta le 22 avril, avait promis un gouvernement d’ouverture. L’arrivée de Tiébilé Dramé, président du Parti pour la renaissance nationale, nommé au poste de ministre des Affaires étrangères – 7e dans l’ordre protocolaire – en est l’un des signes les plus visibles.

La lecture du decret portant nomination des membres du Gouvernement Dr Boubou Cissé, par le Ministre Secrétaire Général de la Présidence, Monsieur Moustapha Ben Barka

Publiée par Présidence de la République du Mali sur Dimanche 5 mai 2019

Voici la liste complète :

1. Premier ministre, chef du gouvernement, ministre de l’Économie et des Finances :
Docteur Boubou CISSE

2. Ministre de la Santé et des Affaires sociales :
Monsieur Michel Hamala SIDIBE

3. Ministre de la Justice et des Droits de l’homme, garde des Sceaux :
Monsieur Malick COULIBALY

4. Ministre de la Défense et des Anciens combattants :
Général de Division Ibrahim Dahirou DEMBELE

5. Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation :
Monsieur Boubacar Alpha BAH

6. Ministre de la Sécurité et de la Protection civile :
Général de Division Salif TRAORE

7. Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale :
Monsieur Tiébilé DRAME

8. Ministre de l’Intégration africaine :
Maître Baber GANO

9. Ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté :
Monsieur Hamadou KONATE

10. Ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale :
Monsieur Lassine BOUARE

11. Ministre de l’Industrie et du Commerce :
Monsieur Mohamed AG ERLAF

12. Ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Population :
Monsieur Adama Tiémoko DIARRA

13. Ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique :
Monsieur Oumar Hamadoun DICKO

14. Ministre des Infrastructures et de l’Équipement :
Madame TRAORE Seynabou DIOP

15. Ministre de l’Énergie et de l’Eau :
Monsieur Sambou WAGUE

16. Ministre des Transports et de la Mobilité urbaine :
Monsieur Ibrahima Abdoul LY

17. Ministre de la Culture :
Madame N’DIAYE Ramatoulaye DIALLO

18. Ministre des Mines et du Pétrole :
Madame LELENTA Hawa Baba BAH

19. Ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement :
Monsieur Yaya SANGARE

20. Ministre de l’Économie numérique et de la Prospective :
Madame Kamissa CAMARA

21. Ministre de la Promotion de l’Investissement privé, des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Entreprenariat national :
Madame Safia BOLY

22. Ministre chargé des Réformes institutionnelles et des Relations avec la Société civile :
Monsieur Amadou THIAM

23. Ministre des Maliens de l’Extérieur :
Monsieur Amadou KOITA

24. Ministre des Affaires religieuses et du Culte :
Monsieur Thierno Amadou Omar Hass DIALLO

25. Ministre de l’Agriculture :
Monsieur Moulaye Ahmed BOUBACAR

26. Ministre de la Jeunesse et des Sports :
Monsieur Arouna Modibo TOURE

27. Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable :
Monsieur Housseini Amion GUINDO

28. Ministre de l’Éducation nationale :
Docteur Témoré TIOULENTA

29. Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique :
Professeur Mahamadou FAMANTA

30. Ministre de l’Elevage et de la Pêche :
Docteur KANÉ Rokia MAGUIRAGA

31. Ministre de l’Artisanat et du Tourisme :
Madame Nina WALET INTALLOU

32. Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille :
Docteur DIAKITE Aïssata Kassa TRAORE

33. Ministre des Domaines et des Affaires foncières :
Monsieur Alioune Badara BERTHE

34. Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Logement social :
Monsieur Hama Ould Sidi Mohamed ARBI

35. Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle :
Maître Jean Claude SIDIBE

36. Ministre délégué auprès du Premier ministre, Chef du Gouvernement, ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget :
Madame BARRY Aoua SYLLA

37. Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, chargé de la Promotion et de l’Intégration de l’Enseignement bilingue :
Monsieur Moussa Boubacar BAH

38. Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, chargé de l’Aménagement et de l’Équipement rural :
Monsieur Adama SANGARE

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : arrestation de Saïd Bouteflika, frère et conseiller de l’ex-président

Saïd Bouteflika, le frère de l'ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika, et les généraux Mohamed Mediène, dit Toufik, et Athmane Tartag, dit Bachir, ont été transférés ce dimanche au tribunal militaire de Blida. Les trois hommes ont été interpellés la veille, soupçonnés de complot contre l’armée par le nouvel homme fort du régime, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah.

Saïd Bouteflika et les généraux Mohamed Mediène, dit Toufik, et Athmane Tartag, dit Bachir, ont été transférés ce dimanche au tribunal militaire de Blida, ont confirmé les autorités du pays.

Plus tôt dans la matinée, le journal public algérien El Moudjahid se félicitait dans son édito de « l’arrestation hier (samedi 4 mai) de trois importantes personnalités de l’ancien régime, à savoir Saïd Bouteflika, Athmane Tartag et Mohamed Mediène ».

Les trois piliers de la présidence d’Abdelaziz Bouteflika ont été interpellés samedi par les services de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Complot contre l’armée

Saïd Bouteflika, frère de l’ancien chef de l’État et ex-conseille à la présidence, est soupçonné d’avoir comploté contre l’armée, ce dont l’accusait notamment l’ancien président Liamine Zeroual (1995-1999). Dans un courrier adressé à la presse le 2 avril, ce dernier avait en effet évoqué une rencontre avec « le général de corps d’armée à la retraite Mohamed Mediène ». « [Il] m’a proposé de présider l’instance de gestion de la période de transition. Il m’a confirmé que cette proposition est le fruit d’un accord avec Saïd Bouteflika », avait-il déclaré.

Suite à la publication de ce courrier, le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, avait intimé à Abdelaziz Bouteflika l’ordre de démissionner. Ce que celui-ci avait fait le soir-même.

Saïd Bouteflika craignait d’être arrêté à tout moment

Le 29 avril, c’est l’ancien ministre de la Défense Khaled Nezzar qui accusait de nouveau Saïd Bouteflika de complot. Dans un courrier publié par le site algeriepatriotique, Nezzar relatait un coup de téléphone passé « le 30 mars, vers 17 heures » par le frère du président. « Il voulait savoir s’il n’était pas temps de destituer le chef d’état-major, écrivait Nezzar. Saïd – il le disait – craignait d’être arrêté à tout moment. »

Comparution le 5 mai

Au tribunal militaire de Blida, en 1e Région militaire, Saïd Bouteflika comparaît ce dimanche aux côtés des deux anciens patrons du renseignement, à savoir le général de corps d’armée à la retraite et ancien patron du DRS (Département du renseignement et de la sécurité) Mohamed Mediène, dit « Toufik », et le général à la retraite Athmane Tartag, dit « Bachir », ancien coordinateur des services de sécurité. Tartag, considéré comme proche de Saïd Bouteflika, avait démissionné de son poste le même jour que l’ancien président, le 2 avril.

Attiser la situation

Quant au général Toufik, il a été publiquement accusé par le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah de comploter contre l’armée et le mouvement populaire. Le 16 avril dernier, le même, en visite à Ouargla (Sud), l’avait sommé, dans « un dernier avertissement », de cesser de « s’agiter contre la volonté du peuple et d’œuvrer à attiser la situation ». « Dans le cas où il persiste dans ses agissements, des mesures légales fermes seront prises à son encontre », avait alors prévenu Ahmed Gaïd Salah.

Source : jeuneafrique.com

 

 

 

 

Sénégal : la révision de la Constitution adoptée à l’Assemblée nationale

Sénégal : la révision de la Constitution adoptée à l’Assemblée nationaleJeune Afrique - Les députés sénégalais ont adopté le 4 mai le projet de révision constitutionnelle visant à supprimer le poste de Premier ministre. Avec seulement 7 voix contre et 7 abstentions, l’opposition a brillé par son absence.

Moins d’un mois après l’annonce de la volonté de Macky Sall de supprimer le poste de Premier ministre, l’Assemblée nationale sénégalaise a adopté le 4 mai le projet de révision de la Constitution avec 124 voix pour, 7 contre et 7 abstentions. Si l’issue du vote ne fut pas une surprise – la coalition présidentielle disposant d’une majorité qualifiée des 3/5e, suffisante pour entériner la révision constitutionnelle –, le très faible nombre de voix contre interroge.

Malgré les 38 sièges que comptent les députés de la minorité et la contestation soulevée par l’opposition pendant les neuf heures de débat qui ont précédé le vote, seuls sept parlementaires se sont opposés au projet de loi, sept autres se sont abstenus.

L’opposition a également brillé par l’absence de certaines de ses principales figures, à l’instar du député Ousmane Sonko, arrivé troisième à l’élection présidentielle du 24 février 2019. « Il était en déplacement à Bignona », justifie un membre de son équipe.

Présents dans l’hémicycle, sept députés du Parti démocratique sénégalais (PDS) ont décidé de s’abstenir, face à « une loi sans intérêt ». « Le PDS refuse de participer au vote d’une révision pour laquelle le président n’a pas jugé nécessaire de discuter avec les différents acteurs politiques. Ni d’en parler durant sa campagne et qui n’a pour seul objet que de rendre le pouvoir de Macky Sall monocéphale », confie le député Toussaint Manga.

L’opposition aux abonnés absents ?

Déjà à l’annonce du projet de révision, l’opposition n’avait pas, ou très peu, réagi. Il aura fallu attendre plus de trois semaines pour que les quatre candidats à la présidentielle – Ousmane Sonko, Idrissa Seck, Issa Sall et Madické Niang – publient un timide communiqué commun, déplorant que « des modifications aussi substantielles de la Constitution aient été initiées en l’absence de toute forme de concertation ».

« Ce projet de loi aurait dû faire l’objet d’une concertation ou être annoncé par votre candidat lors de la campagne électorale »
, a renchéri Aïssatou Sabara dans l’hémicycle. En effet, la suppression du poste du Premier ministre ne figurait pas dans le programme du candidat Macky Sall pour la présidentielle de février. Pas plus qu’il n’a été soumis au vote des citoyens lors du référendum de 2016 portant sur la révision de la Constitution. Bien que l’idée soit apparue dès le premier mandat de Macky Sall, selon un proche de la présidence.

« Avec ce projet, le chef de l’État n’est plus le chef de l’exécutif, il est l’exécutif lui-même. Or, la démocratie nécessite une déconcentration du pouvoir. Avec cette révision constitutionnelle, l’instabilité institutionnelle deviendra la règle », a mis en garde Cheikh Mamadou Abiboulaye Dieye.

« Les pouvoirs exorbitants de Macky Sall »

Parmi les arguments mis en avant par les parlementaires opposés au texte : le basculement vers un « régime présidentialiste » jugé autoritaire. « Cette révision viendra renforcer les pouvoirs déjà exorbitants du président de la République », a fustigé la députée de l’opposition Aïssatou Sabara lors des débats.

Du côté de l’exécutif, on martèle la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des réformes et de passer en mode « fast track » pour atteindre l’émergence. Le mandat présidentiel étant passé de sept à cinq ans, l’exécutif veut « faire sauter les goulots d’étranglement ». Seul à la tête de l’exécutif, Macky Sall pourra ainsi « être lui-même au contact direct avec les niveaux administratifs » chargés d’appliquer ses politiques.

Un risque de blocages institutionnels ?

Pour les quelques membres de l’opposition présents dans l’hémicycle, cette nouvelle Constitution « signe la mort du gouvernement en tant qu’institution », selon les mots de Cheikh Mamadou Abiboulaye Dieye, député non-inscrit. Pour cause, selon la nouvelle loi fondamentale, le gouvernement n’est plus tenu de rendre des comptes à l’Assemblée qui pouvait jusqu’ici voter la confiance et déposer une motion de censure à son endroit. À l’inverse, l’exécutif ne serait plus en mesure de dissoudre l’Assemblée nationale. « Il s’agissait de deux armes de dissuasion dont disposaient les deux institutions. En se retirant le droit de dissoudre l’Assemblée, le président permet à l’Assemblée de gagner en sérénité, donc en indépendance », a justifié le garde des Sceaux Malick Sall, qui représentait le gouvernement.

Mamadou Diop Decroix, vice-président du groupe parlementaire Liberté et démocratie, s’est fendu d’une intervention virulente à l’endroit de l’ « Empereur » Macky Sall. Pour le député, cette révision vise à empêcher l’opposition de désigner un Premier ministre si elle obtient la majorité parlementaire aux législatives de 2022. « Cela entraînera de nombreux blocages, car l’Assemblée trouvera des moyens pour saboter le travail [de Macky Sall] et l’empêcher de gouverner », promet-il.

Si la révision est censée supprimer le pouvoir de l’exécutif de dissoudre l’Assemblée, l’opposition craint que l’article 52 de la nouvelle Constitution ne l’y autorise quand même, en cas de blocages institutionnels. « Lorsque les institutions de la République (…) sont menacées d’une manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ou des institutions est interrompu, le président de la République dispose de pouvoirs exceptionnels. Il peut (…) prendre toute mesure tendant à rétablir le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions », dispose l’article en question.

Vers une réforme de l’administration

« Cette révision constitutionnelle permettra de mettre en œuvre plus rapidement les réformes nécessaires pour atteindre les orientations et objectifs de la majorité, notamment autour du Plan Sénégal émergent (PSE) », estime quant à lui Pape Biram Touré, vice-président du groupe parlementaire majoritaire Benno Bokk Yaakaar.

Désormais seul aux manettes, Macky Sall entend à présent s’atteler à une réforme en profondeur de l’administration pour la rendre « plus efficace, plus diligente », comme il l’a appelé de ses vœux lors de son discours d’investiture le 2 avril. Pour cela, il devrait notamment mettre l’accent sur la décentralisation des administrations. Des réformes qui seront annoncées sous peu, l’exécutif étant désormais en mode « fast track » face à une opposition quasi inaudible.

Source : Jeune Afrique

 

 

Mali : l’attaque d’Ogossagou pourrait être qualifiée de crime contre l’humanité selon l’ONU

L’équipe d’enquête de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) dépêchée à Ogossagou du 25 au 29 mars, après le massacre de 157 membres de la communauté peule, a livré jeudi ses conclusions préliminaires.

« Le samedi 23 mars 2019, aux alentours de 5 heures du matin, un groupe composé d’au moins une centaine d’hommes armés, identifiés comme des chasseurs traditionnels (dozos) et accompagnés par une dizaine d’hommes en tenue militaire et d’autres en tenue civile, a mené une attaque planifiée, organisée et coordonnée sur la partie peule du village d’Ogossagou », a déclaré le 3 mai la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) dans un communiqué. Cette attaque a coûté la vie à 157 membres de la communauté peule et suscité l’émoi tant au Mali qu’à l’international.

La Minusma qui avait déployé sur le terrain une équipe d’enquêteurs chargée « d’établir les circonstances de l’attaque et le déroulement des faits » et de « permettre de situer les responsabilités de ce crime » a livré ses conclusions préliminaires à Bamako jeudi.

Selon elle, l’attaque a dans un premier temps donné lieu à une confrontation armée ayant opposé les dozos aux éléments armés peuls faisant partie d’un rassemblement de candidats au processus de « désarmement volontaire », installés dans le village. Ceux-ci s’étaient constitués de facto en groupe d’auto-défense.

« Le groupe de chasseurs, supérieurs en nombre et en puissance de feu, a continué d’avancer sur le village, tuant de manière indiscriminée hommes, femmes et enfants, et incendiant les maisons à l’aide de torches et autres combustibles préparés à cet effet », détaille le communiqué.

« Impunité »

L’équipe d’enquête de la Minusma a pu « localiser et confirmer l’existence d’au moins trois fosses communes contenant au moins 40 corps dans chacune des deux premières, et au moins 70 dans la troisième ». L’attaque a également fait 65 blessés.

Cette attaque qui intervient dans un contexte de tensions communautaires et d’attaques jihadistes dans la région de Mopti, est loin d’être un cas isolé. Selon la Minusma, « dans le seul cercle de Bankass, plus de 37 cas d’atteintes aux droits de l’homme ayant causé la mort d’au moins 115 personnes, sont attribuables à des groupes d’auto-défense communautaires depuis novembre 2018 ».

La Division des droits de l’homme et de la protection de la mission onusienne pointe du doigt « l’impunité » dont bénéficient ces groupes. « L’attaque planifiée, organisée, et coordonnée sur la partie peule du village d’Ogossagou s’inscrivait dans un contexte de nombreuses autres attaques similaires par des groupes de chasseurs traditionnels, à l’encontre des populations peules. Ainsi, les atteintes aux droits de l’homme documentées à Ogossagou, prises dans leur contexte, et jugées par un tribunal compétent, pourraient être qualifiées de crimes contre l’humanité. »

« L’émotion suscitée par cette horrible tragédie n’aura de sens que si la chaîne judiciaire se déclenche de façon prompte et efficace pour mettre fin à l’impunité. Le rétablissement de la paix et de la cohésion sociale au Mali est à ce prix « , a estimé Mahamat Saleh Annadif, chef de la Minusma.

Enquête des autorités maliennes

Alors qu’il était à Ogossagou le 25 mars pour se recueillir devant les fosses communes creusées pour enterrer les victimes de la tuerie, Ibrahim Boubacar Keïta a promis que « justice sera[it] faite ».

Les autorités maliennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête sous la direction du procureur général de Mopti, Maouloud Ag Najim. Fin mars, le procureur de Mopti annonçait l’arrestation de cinq personnes en lien avec l’attaque. « Parmi les blessés, cinq personnes ont été identifiées par les rescapés comme étant des assaillants présumés. Nous les soupçonnons d’être des membres du groupe qui a attaqué le village d’Ogossagou le 23 mars », a-t-il expliqué.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé la dissolution du groupe de chasseurs dogons Dan Na Ambassagou, suspecté d’être à l’origine de l’attaque, mais qui nie en être l’auteur.

Plusieurs hauts gradés, comme celui du chef d’état-major général des armées, le général M’Bemba Moussa Keïta, du chef d’état-major de l’armée de terre, le colonel major Abderrahmane Baby, et celui du directeur de la sécurité militaire ont également été limogés.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : nouveau vendredi de contestation, le dernier avant le ramadan

De nombreux Algériens se sont rassemblés lors du 11e vendredi consécutif de manifestations, le dernier avant le début du mois de jeûne musulman de ramadan, durant lequel ils entendent continuer de réclamer le départ du régime dans son ensemble.

De nombreux Algériens se sont rassemblés plusieurs heures avant le départ du cortège, prévu en début d’après-midi devant la Grande Poste d’Alger, devenue le point de ralliement des manifestations dans la capitale.

Un mois après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, poussé au départ le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée après vingt années au pouvoir, le mouvement de contestation ne faiblit pas, aucune autre revendication n’ayant été satisfaite depuis.

Les manifestants entendent toujours obtenir le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir et refusent que l’appareil hérité du président déchu, suspecté d’avoir truqué les scrutins depuis deux décennies, gère la transition et organise la présidentielle devant élire son successeur.

« On marchera jusqu’à ce que toute la bande des hommes de Bouteflika parte », a déclaré un commerçant venu de Jijel, à 350 km d’Alger.

« Nous refusons ce système. Il faut qu’il parte. Ce gouvernement ne peut pas assurer la transition », a martelé un étudiant de Tizi Ouzou, arrivé la veille pour éviter les barrages filtrants mis en place chaque vendredi aux entrées d’Alger.

En tête des personnalités visées par les manifestants, le chef de l’État par intérim Abdelkader Bensalah et le Premier ministre Noureddine Bedoui, deux anciens cadres zélés du régime Bouteflika, extrêmement discrets depuis des semaines.

Le pouvoir « ne donne aucun signe »

Seule voix audible, en face des manifestants, celle du chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, devenu de facto l’homme fort du pays depuis qu’il a lâché Bouteflika, dont il était un indéfectible soutien.

Semaine après semaine, il a appuyé le processus de transition mis en place conformément à la Constitution, dont l’organisation de la présidentielle, convoquée le 4 juillet par Bensalah. Il a appelé cette semaine la contestation au « dialogue avec les institutions de l’État », martelant le refus de l’armée de « s’écarter de la voie constitutionnelle » : une nouvelle fin de non-recevoir aux revendications des manifestants, qui exigent la mise sur pied de structures ad hoc pour gérer l’après-Bouteflika.

Mobilisations prévues durant le ramadan

Les manifestants ne comptent pas s’arrêter là, promettant de rester mobilisés durant le mois de ramadan qui commence dans les prochains jours. « On continuera à marcher durant le ramadan pour exiger une période de transition avec des personnes propres, on ne va rien lâcher », assure, comme de nombreux autres manifestants, une femme venue de Boumerdes, à environ 40 km à l’est de la capitale.

Pour pallier à la fatigue, la faim et la soif de la journée, la plupart des manifestants proposent de déplacer pendant le ramadan les marches le soir, après le « ftor », la rupture du jeûne.

Source : jeuneafrique.com

 

Soudan : Omar el-Béchir va être interrogé sur le « financement du terrorisme »

Omar el-Béchir va être interrogé sur des affaires de « blanchiment d'argent et de financement du terrorisme », a indiqué jeudi l'agence de presse officielle à Khartoum, où une foule immense a réclamé aux militaires qui ont succédé au président déchu un transfert du pouvoir aux civils.

Le procureur général du Soudan Al-Walid Sayyed Ahmed a ordonné l’interrogatoire de Omar el-Béchir « en vertu des lois sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », selon l’agence de presse Suna. Une source au sein du bureau du procureur général a confirmé qu’il était actuellement détenu et qu’il serait interrogé à ce sujet.
Son régime qui a duré trois décennies, a été renversé jeudi 11 avril par la hiérarchie militaire, après quatre mois de protestations à l’échelle nationale.

Les États-Unis ont levé en octobre 2017 leur embargo commercial sur le Soudan vieux de vingt ans, mais maintiennent Khartoum sur sa liste des soutiens internationaux du terrorisme, avec l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord.

Le Soudan avait été inclus sur cette liste en raison d’accusations de liens avec des militants islamistes radicaux. Le fondateur d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, a vécu au Soudan entre 1992 et 1996.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, le chef du Conseil militaire de transition qui a succédé à Omar el-Béchir, avait indiqué récemment qu’une délégation soudanaise allait prochainement se rendre à Washington pour discuter d’un retrait du Soudan de la liste américaine des « pays soutenant le terrorisme ».

Les États-Unis ont dit soutenir « la demande légitime » d’un gouvernement dirigé par des civils réclamé par le mouvement de contestation au Soudan.

Foule immense

Une immense foule de Soudanais s’est réunie jeudi devant le QG de l’armée à Khartoum pour « une marche d’un million » de personnes afin de maintenir la pression sur les militaires pour qu’ils satisfassent cette revendication.

Les ponts et les rues menant au complexe militaire, situé dans le centre de Khartoum, étaient noirs de monde. « Que tu chutes ou non, nous resterons », scandent les contestataires, en référence au Conseil militaire.
Les deux camps se sont jusqu’à présent mis d’accord pour établir un Conseil conjoint militaro-civil, appelé aussi Conseil souverain, pour remplacer le Conseil militaire mais les négociations achoppent sur le nombre de membres et sa composition, chaque partie insistant pour être majoritaire dans cet organe.

Certains manifestants soulignent le risque d’impasse dans la crise.

« Si le Conseil militaire a la majorité dans le conseil souverain, les droits des civils ne seront pas garantis (…) Mais si le sit-in se poursuit encore longtemps, des divisions apparaîtront qui serviront les objectifs des militaires », note Hassan Rabeh, un manifestant de Gadaref dans le centre.

L’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui regroupe les principales formations du mouvement de protestation, a présenté jeudi au Conseil militaire un document proposant d’établir une administration civile, avec des organes exécutif, législatif et judiciaire.

Satea al-Haj, un des chef du mouvement, a déclaré jeudi soir à des journalistes que l’ALC voulait une réponse du Conseil à cette demande d’ici « 72 heures ».

Dans un communiqué, le Conseil militaire a indiqué qu’il examinerait le document. « Nous poursuivrons notre dialogue avec l’Alliance », a-t-il souligné.
Mardi, le général Salah Abdelkhalek, membre du Conseil militaire, a annoncé que le chef de cette instance, Abdel Fattah al-Burhane, serait « le chef du (futur) Conseil souverain ».

Fer de lance de la contestation, l’ALC a alors accusé les militaires de « ne pas envisager sérieusement de céder le pouvoir au peuple » et appelé « à une marche d’un million » de manifestants jeudi pour réclamer un pouvoir civil.

La situation s’est d’autant plus tendue que les militaires ont annoncé mardi la mort de six membres des forces de sécurité, tués dans des heurts avec les manifestants à travers le pays. Selon un bilan officiel, 65 personnes sont mortes depuis le début de la contestation en décembre.

« Pillages, violences »

Le Conseil militaire a prévenu qu’il ne laisserait pas le chaos s’installer, exhortant les manifestants à retirer les barricades installées et à rouvrir les routes et ponts bloqués aux alentours du QG de l’armée.

Le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole du Conseil militaire, a fait état de « pillages, de violences sur des citoyens, de routes bloquées, d’attaques contre les forces de sécurité ». « Les forces armées doivent rester au sein du Conseil souverain » en raison des tensions que traversent le pays, a-t-il affirmé mardi.

Parmi ses autres revendications, l’ALC a indiqué vouloir inclure des représentants des groupes rebelles armés dans la « structure de transition civile », selon Khalid Omar Youssef, un chef de l’ALC.

Depuis plus de 15 ans, le Soudan est le théâtre d’insurrections dans les régions du Kordofan-Sud (sud), du Nil-Bleu (sud-est) et du Darfour (ouest).

Dans cette dernière région, où les violences ont nettement baissé ces dernières années, le conflit entre pouvoir et rebelles des minorités ethniques a fait plus de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU.

La Cour pénale internationale (CPI) a lancé deux mandats d’arrêt contre Omar el-Béchir pour qu’il réponde d’accusations de génocide, crimes de guerre et contre l’humanité lors du conflit au Darfour.

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc : pourquoi le débat sur les conditions de désignation du chef du gouvernement refait surface

Les partis marocains anticipent déjà les prochaines élections législatives - prévues pour 2021 - , à en croire le débat qui resurgit sur l'article 47 de la Constitution, prévoyant que c'est au sein de la formation arrivée en tête du scrutin que le roi choisit le futur chef du gouvernement. Jeune Afrique vous explique pourquoi.

Des « cancres dans une cour de récréation, qui s’agitent parce qu’ils sont mécontents de leurs résultats ». Les mots du ministre des Affaires générales et de la gouvernance, Lahcen Daoudi, à propos des défenseurs de la réforme de l’article 47 de la Constitution, ont le mérite de la franchise.

Cette disposition, qui oblige le roi à « nommer le chef du gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête de l’élection des membres de la Chambre des représentants, et au vu de leurs résultats », est devenu une question clivante au sein de la classe politique marocaine.

Le débat autour de cet article est né en 2016, lors du blocage politique qui avait duré plus de six mois, consécutivement à la victoire du Parti de la justice et du développement (PJD) aux élections législatives, et surtout à sa difficulté à former un gouvernement car dépourvu de majorité absolue. Abdelilah Benkirane, alors secrétaire général du PJD, chef du gouvernement sortant et vainqueur des législatives de 2016, ayant échoué, Mohammed VI avait nommé pour le remplacer Saadeddine El Othmani, issu du même parti.

L’Istiqlal, l’USFP et le RNI à la manœuvre

Si la loi fondamentale contraint le souverain à choisir le chef du gouvernement dans les rangs de la formation arrivée en tête du scrutin, elle ne prévoit rien en cas d’incapacité à former une majorité. Le Parti authenticité et modernité (PAM), réputé plus proche du Palais que le PJD dont il est un farouche opposant, était arrivé second aux législatives. Le secrétaire général du PAM à l’époque, Ilyas El Omari, avait argué que l’introduction de l’article 47 dans la nouvelle Constitution de 2011 était une initiative du PJD.

À l’aune du prochain scrutin législatif, prévu pour 2021, l’hypothèse d’un blocage dans la formation d’un gouvernement refait surface

L’article 47 a été conçu comme la garantie d’un exercice démocratique. Mais à l’aune du prochain scrutin législatif, prévu pour 2021, l’hypothèse d’un blocage dans la formation d’un gouvernement refait surface. Pour les partisans de la réforme, qui savent bien que le PJD est la première formation du pays en terme de mobilisation militante, l’enjeu serait d’introduire une clause selon laquelle le chef du gouvernement peut être choisi en dehors du parti arrivé en tête des élections législatives.

C’est l’Istiqlal qui a, le premier, mis le sujet sur la table. Dès la rentrée parlementaire 2018, le parti de la balance a exprimé son point de vue : l’article 47 ne permet pas toujours de former des majorités solides. Une autre vieille écurie, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), s’est vite alignée sur une position similaire. C’est désormais au tour du Rassemblement national des indépendants (RNI) d’appuyer à fond l’idée d’un changement concernant le mode de nomination du chef de gouvernement. Le mouvement du ministre de l’Agriculture et grand patron Aziz Akhannouch est certes membre de la majorité gouvernementale, mais a surtout été au centre du bras de fer et du blocage politique de 2016. Avec la perte de vitesse du PAM, le RNI est aujourd’hui l’une des principales formations qui semble encore en mesure de faire barrage au PJD.

« Pourquoi seul l’article 47 ? », s’interroge le PPS

Lors d’une conférence ce 25 avril, Rachid Talbi Alami, ministre des Sports et membre du bureau politique du RNI, a assuré qu’il n’était pas nécessaire de mener une réforme constitutionnelle, mais simplement d’amender la loi fondamentale afin de corriger le tir. Le ministre n’a toutefois pas explicité les moyens d’y parvenir. « On voit mal comment la Constitution pourrait être réformée d’ici aux prochaines élections », nuance le politologue et enseignant en droit Mustapha Sehimi.

Pour le PJD, certain de sa puissance politique, c’est clair : ces appels prouvent le « désespoir » de leurs adversaires, selon les mots du chef de gouvernement El Othmani, rapportés par le quotidien Al Ahdath Al Maghribia. Seul le Parti du progrès et du socialisme (PPS) s’est pour l’instant rangé du côté des islamistes.

« Nous nous interrogeons : pourquoi parler seulement de l’article 47 ? Est-ce pour pouvoir priver le parti arrivé en tête de constituer un gouvernement ? Ça semble être l’unique objectif de certains », souligne Nabil Benabdallah, interrogé par Jeune Afrique. Pour le secrétaire général du PPS, des discussions en vue d’une modification de ce seul passage, c’est niet. En revanche, l’intéressé se dit ouvert : « Quelques années après son adoption, il y a plusieurs points qui peuvent poser question dans leur application concrète. Nous devons les répertorier de manière collective et réfléchir à de possibles ajustements. »

Source : jeuneafrique.com

 

Bénin : au moins deux morts au cours d’une nouvelle journée de violences post-électorales à Cotonou

Au moins deux personnes ont été tuées jeudi à la suite d'heurts entre les forces de l'ordre et des partisans de l'ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, quelques jours après les élections législatives.

Les heurts entre la police, l’armée et les partisans de Thomas Boni Yayi se poursuivaient jeudi 2 mai autour de la résidence de l’ancien président de la République. Ce matin, les forces de l’ordre ont demandé à la foule massée dans le quartier de Cadjehoun de se disperser. Les manifestants ont refusé, avant de brûler des pneus et de marteler des slogans hostiles au président Patrice Talon. La police a tiré des gaz lacrymogènes, tandis que les militaires du Bataillon d’intervention rapide (BIR) étaient déployés en nombre.

Selon plusieurs témoins, des rafales de tirs ont été entendues et au moins deux personnes, dont une décédée, ont été transportées à l’hôpital par les sapeurs pompiers. Au total, deux personnes sont décédées depuis le début des violences, a confirmé à Jeune Afrique une source à la présidence.

En fin d’après-midi, le calme semblait être revenu. Les militaires se sont légèrement repliés, faisant baisser la tension.

Violences post-électorales

Les violences ont débuté mercredi à la mi-journée quand des groupes de jeunes partisans de Boni Yayi se sont rassemblés autour de son domicile, craignant que la police ne vienne arrêter leur leader. Une station essence, un concessionnaire de voitures et des banques ont été vandalisés.

Deux personnes avaient été blessées dans la nuit de mercredi à jeudi, un homme et une femme qui a succombé à ses blessures au CHU de Cotonou, selon l’AFP. D’après une source présente sur place, il s’agirait d’une bavure d’un militaire ayant voulu effectuer des tirs de sommation face à la foule massée devant le domicile de Boni Yayi. Le ministre de l’Intérieur, Sacca Lafia, a reconnu sur RFI que des armes à feu ont été utilisées, précisant que ces personnes étaient allées « contre les consignes données de ne pas faire usage d’armes létales ».

Depuis mercredi, des rumeurs circulaient affirmant que l’armée allait investir le domicile de Thomas Boni Yayi. Des informations démenties par les autorités. « C’est une fake news », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Sacca Lafia, lors d’un point de presse, assurant que les forces de l’ordre avaient été déployées pour empêcher des rassemblements de manifestants.

Selon une source à la présidence contactée par Jeune Afrique mercredi après-midi, ce déploiement policier avait été décidé car l’ancien président « souhaitait organiser une marche surprise dans la ville ». « Il n’y avait aucune marche prévue aujourd’hui. Le pouvoir panique », avait rétorqué un cadre de l’opposition présent au domicile de Boni Yayi et joint par JA.

Ces violences interviennent alors que les résultats définitifs des élections législatives sont attendues dans la soirée.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : à peine élu à la tête du FLN, Mohamed Djemai déjà contesté

Mohamed Djemai a été élu mardi 30 avril au poste de secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), lors d'une session extraordinaire du 10e congrès du comité central. Une issue loin de faire l'unanimité dans les rangs du vieux parti.

Un mois après la chute d’Abdelaziz Bouteflika, Mohamed Djemai a été élu à la tête du FLN. Ancien président du groupe parlementaire à l’Assemblée populaire nationale (APN) et député pendant dix-sept ans, le nouveau Secrétaire général (SG) du parti a recueilli 223 voix, devançant largement le favori Djamel Benhamouda (125 voix) et l’ancien président de l’APN Saïd Bouhadja (35 voix). Mohamed Djemai remplace ainsi Djamel Ould Abbès, qui avait démissionné en novembre.

Aussitôt élu à la tête du FLN, Mohamed Djemai est déjà contesté. Le coordinateur du « mouvement de redressement » Abdelkrim Abada définit le résultat du scrutin comme une « véritable catastrophe pour le parti » et se dit « encore sous le choc ». Dans une déclaration au site d’information algérien TSA, l’ancien dirigeant n’a pas hésité à dénoncer une « mafia qui s’est emparée de la formation ».

« Ceci est le résultat de la politique de [l’ex-secrétaire général Amar] Saadani et de [son prédécesseur Abdelaziz] Belkhadem », a ajouté Abdelkrim Abada. Ce samedi 27 avril, ce dernier a violemment chargé l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, l’accusant d’avoir « mené le FLN à sa perte. Il s’est vengé du parti parce que nous l’avons exclu en 1980. Voilà comment on en est arrivés là », a-t-il déclaré. Le directoire du parti, conduit par le coordinateur général et président de l’Assemblée Mouad Bouchareb, se réunira vendredi.

Un « nouveau départ » ?

Politicien expérimenté, Mohamed Djemai (50 ans) est également un puissant homme d’affaires. Député de Tébessa, il est membre de l’une des plus influentes familles de l’est du pays. Ses frères Brahim et Salah sont à la tête de plusieurs entreprises, dont la société algérienne Essalem Electronics. Son élection a été fortement critiquée aussi bien au sein du comité central que sur les réseaux sociaux, où les internautes l’accusent de n’être que « le symbole de l’arrivée de la chkara [argent suspect] en politique ».

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : l’armée appelle au dialogue et met en garde contre la violence

Algérie : l’armée appelle au dialogue et met en garde contre la violenceSahara Médias - Le chef d’état-major de l’armée algérienne le général Ahmed Ghaïd Saleh a invité mercredi au dialogue avec les institutions de l’état afin de sortir de la crise, et a mis en garde contre la violence, au lendemain d’une déclaration dans laquelle il a réaffirmé que la tenue des élections présidentielles le 4 juillet prochain était la solution idéale, une proposition rejetée par la rue qui continue à manifester.

Dans une déclaration publiée sur le site du ministère algérien de la défense, le général Ghaïd Saleh a dit qu’il était convaincu que le dialogue constructif avec les institutions de l’état était l’unique processus de sortie de crise.

Mardi, le chef d’état-major de l’armée algérienne avait dit qu’il était du devoir de tous de préparer les conditions appropriées pour l’organisation d’élections présidentielles, la solution idéale pour une sortie de crise, réaffirmant que l’armée ne déviera pas de la constitution quelque soient les conditions.

Il a salué la disponibilité de certaines personnalités et certains partis politiques à privilégier un dialogue dont devra naître des mécanismes réalistes pour sortir de la crise sans faire allusion aux élections présidentielles.

Depuis le début du mouvement de protestation le 22 février, les manifestants ne cessent de réclamer le départ du régime en place avec tous ses symboles et avec à leur tête le président de la transition, Abdel Kader Ben Salah, le premier ministre Noureddine Bedeoui, tous deux proches de l’ancien président Abdel Aziz Bouteflika qui avait démissionné le 2 avril.

Les manifestants rejettent catégoriquement que les prochaines élections présidentielles à l’issue desquelles ils auront à choisir le successeur d’Abdel Aziz Bouteflika, soient organisées par les appareils d’un système qui a dirigé le pays pendant 20 ans, incapable à leurs yeux, d’assurer l’organisation d’élections honnêtes et transparentes.

A l’occasion de la fête du 1er mai des centaines de travailleurs ont manifesté sur la place du 1er mai où se trouve le siège de l’union générale des travailleurs mais la police les a empêché d’organiser une marche pour rejoindre un autre rassemblement à la place de la poste centrale.

Le chef d’état-major de l’armée algérienne, désormais l’homme fort du pays depuis la démission du président Bouteflika, n’a de cesse de rappeler aux algériens le lourd tribut payé lors de la guerre civile (1992-2002) qui a secoué le pays au lendemain de l’annulation par l’armée des élections législatives et qui auraient fait 200.000 victimes.

Le mouvement « société de paix », le plus grand parti d’opposition en Algérie, a salué l’appel de l’armée algérienne au dialogue entre les personnalités politiques et les partis et les institutions de l’état afin de dépasser les difficultés et parvenir à une entente nationale large.

Le front des forces socialistes, parti d’opposition, dans un communiqué qu’il a publié, a condamné l’intervention du chef d’état-major dans les affaires politiques du pays et ajouté qu’il ne croit pas aux promesses de préserver la révolution algérienne contre toutes les pressions et la répression.

Source : Sahara Médias (Mauritanie)

 

A Ouagadougou, Angela Merkel appelle à aider les pays du Sahel dans leur lutte contre le terrorisme

A Ouagadougou, Angela Merkel appelle à aider les pays du Sahel dans leur lutte contre le terrorismeLe Monde Afrique - La chancelière allemande a annoncé « une aide à hauteur de 7 à 10 millions d’euros » pour soutenir le Burkina dans « le renforcement de la capacité de la police ».

La chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé mercredi 1er mai à Ouagadougou, première étape d’une mini-tournée sahélienne, les pays européens à consentir plus d’efforts pour les pays du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad), en première ligne contre les djihadistes.

Le G5 Sahel a été créé pour donner une réponse militaire conjointe et coordonnée aux attaques récurrentes au Sahel, les groupes armés se jouant des frontières.

« Ce n’est pas uniquement la responsabilité de ces cinq Etats, mais c’est une responsabilité qui concerne l’Europe également, car si le chaos prend le dessus – ce que nous tenons à éviter à tout prix –, cela a également un impact sur d’autres domaines », a affirmé Mme Merkel après une réunion avec les présidents Roch Marc Christian Kaboré (Burkina), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Mohamed Ould Abdelaziz (Mauritanie), Mahamadou Issoufou (Niger) et Idriss Deby (Tchad).

« On a clairement démontré l’urgence en ce qui concerne la menace terroriste et c’est une menace qui ne cesse de s’accroître. Le temps presse », a ajouté Mme Merkel, première chancelière allemande à se rendre au Burkina. « Nous, en Europe, devons être plus réactifs. Certaines choses ont déjà été mises en route, mais certaines choses peinent encore à se matérialiser. C’est pour cela que je m’engagerai pour que ces choses soient mises en œuvre rapidement », a-t-elle assuré.

« Les pays affectent 15 voire 20 % de leur budget à la défense et à la sécurité. Donc beaucoup de projets de développement ne peuvent pas être mis en œuvre », a analysé la chancelière allemande, qui a promis une aide au Burkina : « Nous allons soutenir le Burkina dans le renforcement de la capacité de la police […] Nous allons fournir une aide à hauteur de 7 à 10 millions d’euros. C’est nécessaire car dans l’est et dans le nord du pays, des enfants ne peuvent pas aller à l’école », des milliers d’établissements scolaires ayant été fermés en raison des attaques djihadistes qui menacent les enseignants et les font fuir. « Cinq millions d’euros supplémentaires seront mis à disposition au-delà de ce qui a été prévu » pour des aides au développement, a conclu la chancelière.

Libye : Kaboré accuse les Occidentaux

Résumant la réunion avec le G5 Sahel, le président Roch Marc Christian Kaboré a dit : « Nous avons eu […] des discussions franches sur la lutte contre le terrorisme aussi bien dans le Sahel que dans le bassin du lac Tchad. Nous avons passé en revue l’ensemble des questions : l’opérationnalisation de la force du G5 Sahel, sa phase de montée en puissance, les questions qui concernent les engagements pris de part et d’autre, les procédures qui entachent la réalisation d’un certain nombre d’objectifs. […] Il est important, aussi bien sur la sécurisation des populations que du développement économique, que les peuples du Sahel sentent que quelque chose se met en route. »

Le président Kaboré a aussi parlé de la situation en Libye, accusant les Occidentaux de ne pas avoir écouté l’Afrique. « Nous avons demandé aux grandes nations de prendre leurs responsabilités pour régler la question de la Libye. Il est clair que la vision africaine – qui était […] de rechercher les voies internes – a été balayée du revers de la main. […] La solution qui a été choisie était de faire partir [Mouammar] Kadhafi et ce départ a amené aujourd’hui une dislocation du pays en plusieurs sous-groupes, avec des équipements militaires qui sont énormes et qui inondent notre sous-région. […] L’Europe doit avoir une position commune […] de manière à ce que nous puissions trouver une solution définitive qui permette de geler l’approvisionnement des groupes terroristes à travers Libye. »

Quant au Burkina, « l’Allemagne a annoncé une aide de 46 millions d’euros qui devrait nous permettre de mieux prendre en charge la question sécuritaire dans le nord et l’est et conduire des actions qui aideront à renforcer la résilience des populations », a-t-il dit. « Nous avons mis l’accent sur le renforcement de la formation de nos forces de défense, y compris en matière de droits humains », a précisé le président, alors que l’armée est accusée d’exactions contre les populations peules, souvent considérées comme complices des djihadistes, dans un contexte de tension ethnique croissante.

Mme Merkel devait passer la nuit à Ouagadougou, où un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé. Elle devait rencontrer jeudi matin des étudiants à l’université de Ouagadougou, avant de partir au Niger.

Le Monde avec AFP
Source : Le Monde Afrique (France)

 

Algérie : le général Gaïd Salah veut des élections « le plus tôt possible »

Le chef d'état-major de l'armée s’est à nouveau exprimé mardi 30 avril, en marge d’une visite à Constantine (nord-est). Principaux messages de son discours : lutter contre « corruption et corrupteurs », respecter la Constitution et organiser des élections dans les plus brefs délais.

Dans un nouveau discours prononcé mardi 30 avril depuis la cinquième région militaire, le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) et vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah, est revenu sur la nécessité de « tenir des élections le plus tôt possible », « solution idéale pour sortir de la crise et déjouer les desseins hostiles qui nous entraîneraient vers le vide constitutionnel en déstabilisant le pays ».

Si le général n’a pas précisé la date du scrutin, il a souligné « l’attachement profond du Commandement de l’ANP à la Constitution. Tout changement ou amendement ne relève pas des prérogatives de l’armée, mais de celles du président qui sera élu. » La grande muette n’a pas l’intention de « s’écarter de la voie constitutionnelle, quelles que soient les conditions et les circonstances. Quiconque prétend le contraire fait preuve d’ingratitude envers l’armée », a-t-il martelé.

« Des dossiers de corruption lourds »

Ahmed Gaïd Salah a demandé à la justice « d’accélérer » la lutte contre la corruption, tout en promettant de « nettoyer l’Algérie des corrompus et des corrupteurs », tout comme des « arrivistes qui ont profité des richesses du pays à bien des égards et veulent aujourd’hui donner des leçons à l’ANP et à son commandement ».

J’ai pris personnellement connaissance de plusieurs dossiers de corruption lourds, dévoilant des faits de spoliation des fonds publics avec des chiffres et des montants faramineux

Le général a affirmé avoir pris « personnellement » connaissance de plusieurs « dossiers de corruption lourds, dévoilant des faits de spoliation des fonds publics avec des chiffres et des montants faramineux », qui sont entre les mains des services du ministère de la Défense nationale. « Les services de sécurité se sont chargés de mettre ces dossiers à disposition de la justice, pour les étudier et pour poursuivre tous ceux qui sont impliqués », a-t-il ajouté.

Les étudiants contre les « règlements de comptes »

Quelques heures avant le discours du chef d’état-major, comme tous les mardis depuis maintenant deux mois, des centaines d’étudiants sont descendus dans la rue, à Constantine mais aussi à Alger, Tlemcen, Bejaïa ou encore Bouira. Les jeunes ont exprimé leur opposition « à Gaïd Salah et [au président par intérim Abdelkader] Bensalah » ainsi qu’aux « règlements de comptes ».

Source : jeuneafrique.com

 

Gabon : après un mois d’absence médiatique, Ali Bongo Ondimba reçoit le Premier ministre à Libreville

Le chef de l'État gabonais Ali Bongo Ondimba, dont on était sans nouvelles depuis près d'un mois, a reçu lundi le Premier ministre Julien Nkoghe Bekalé à Libreville, a-t-il annoncé sur Twitter.

« J’ai longuement échangé ce lundi au Palais présidentiel à Libreville avec le Premier ministre », a déclaré le président gabonais. Son tweet de lundi est accompagné d’une photo où on le voit recevoir le Premier ministre.

Une communication remarquée à Libreville, où la présidence n’avait pas donné de nouvelles depuis plus de trois semaines. Selon les informations de Jeune Afrique, Ali Bongo Ondimba avait pris l’avion pour Londres le 4 avril dernier. Aucune information officielle n’a été communiquée sur les raisons de ce voyage.

Victime d’un accident vasculaire cérébral en octobre, le président Ali Bongo, avait passé cinq mois de convalescence en dehors du Gabon. Il était rentré fin mars à Libreville pour un « retour définitif », qui devait, notamment, faire taire l’opposition qui réclamait depuis son AVC que la vacance du pouvoir soit déclarée. Durant plusieurs jours, Ali Bongo Ondimba avait reçu personnalités politiques et membres de la majorité. Le 3 avril dernier, il avait notamment reçu en audience le secrétaire général du Parti Démocratique Gabonais (PDG), Éric Dodo Bounguendza. Mais depuis le 4 avril, la présidence n’avait plus donné de nouvelles.

« La question que je pose, c’est: où était-il ? »

« Nous avons passé en revue les dossiers prioritaires », a ajouté dans son tweet lundi le président gabonais au sujet de son entretien avec le Premier ministre. « Je lui ai rappelé la nécessité d’une action publique (…) qui conjugue efficacité économique et justice sociale », a-t-il ajouté, en référence à la vague de divers mécontentements qui traverse le pays à la suite de l’annonce de plusieurs mesures d’austérité.

« Il a disparu plus de trois semaines et réapparait comme s’il avait disparu la veille », a réagi auprès de l’AFP Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, signataire d’un « appel à agir » avec neuf autres personnalités. « La question que je pose, c’est: où était-il ? ». Ce collectif d’opposants a saisi fin mars la justice « afin que soit ordonnée une expertise médicale sur Ali Bongo » qui doit déterminer s’il peut continuer à exercer ses fonctions.

Début avril en conférence de presse, le Premier ministre Julien Nkhoge Bekale assurait: le président « va bien et sa santé n’est pas un tabou ».

Source : jeuneafrique.com