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Politique en Afrique

Algérie : YouTube et Google bloqués après la diffusion d’une vidéo du général Nezzar

Jeudi 8 août, l’accès à Youtube et à plusieurs services de Google est resté bloqué pendant plusieurs heures en Algérie, coïncidant avec la diffusion d'un message vidéo de Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense et ex-chef d'état-major de l'armée, adressé aux militaires algériens.

C’est le site Netblock, un observatoire qui monitore l’accès à internet dans le monde, qui a tiré la sonnette d’alarme. Selon cette source de référence, l’accès à Youtube, Google Translate, Google Hangouts et Play Store n’est pas dû à une panne, mais à une véritable « restriction d’accès au contenu en ligne », comme signalé par plusieurs internautes.

« La restriction nationale a finalement été levée vers 23 heures [minuit en Algérie] », explique NetBlock. D’après les informations dont dispose la plateforme, les restrictions coïncident avec la diffusion d’une vidéo dans laquelle l’ancien ministre de la Défense Khaled Nezzar – contre lequel un mandat d’arrêt international a été émis ce mardi par le tribunal militaire de Blida et qui a récemment fui en Espagne – adresse un message à la grande muette algérienne.

Attaque frontale contre le général Gaïd Salah

Dans son intervention diffusée dans deux versions, l’une en arabe et l’autre en français, le général à la retraite s’adresse directement aux militaires algériens. Il se présente comme un fin connaisseur de l’armée, mais aussi comme un observateur attentif de la vie politique, et fait référence à l’un ses livres, publié en 2003, Algérie, le Sultanat de Bouteflika. À l’en croire, il avait alors déjà mis en garde la société algérienne contre ses dirigeants.

Il appelle ensuite les membres de l’armée à « l’autocritique constructive » et à « réaliser les revendications du peuple ». Une invitation implicite à un soulèvement ? Dans son allocution, il parle certes « d’évincer les apprentis sorciers » actuellement au pouvoir, mais « par des moyens pacifiques », et qualifie la situation actuelle « d’ubuesque ». « Il est regrettable que lorsqu’on dénonce des anomalies ou des excès, on musèle les personnes en les assimilant à des anti-révolutionnaires ou aux ennemis, surtout au parti de la France. Le dialogue entre civils et militaires doit être continué », explique-t-il.

Un vice-ministre qui passe outre des ministres, le Premier ministre et le chef de l’État par intérim, c’est le monde à l’envers

Khaled Nezzar va même plus loin en faisant une allusion à peine voilée au vice-ministre de la Défense et chef d’état-major actuel, Ahmed Gaïd Salah. « Un vice-ministre qui passe outre des ministres, le Premier ministre et le chef de l’État par intérim, c’est le monde à l’envers, dénonce-t-il. Le civil devrait prendre les grandes décisions, quand le militaire exécute », ajoute le général à la retraite, promettant que les questions militaires seront l’objet d’une prochaine vidéo.

Sur les réseaux sociaux, Nezzar ne semble toutefois pas avoir convaincu tous les partisans du hirak actuel. De nombreux internautes l’accusent notamment d’avoir participé à la répression du mouvement de contestation d’octobre 1988. C’est en effet dans la foulée des émeutes, en novembre, qu’il avait été nommé à la tête de l’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP). En 1990, Khaled Nezzar était devenu ministre de la Défense, une première depuis l’indépendance : cette fonction était auparavant rattachée à la présidence de la République.

Qui se cache derrière la diffusion ?

La vidéo est apparue en arabe et en français sur le compte YouTube Flash BFNews, ouvert il y a un an et appartenant au média Flashdisc.net. Le canal a déjà diffusé plusieurs vidéos critiquant ouvertement l’actuel chef d’état-major algérien, et relayé de nombreuses informations concernant Khaled Nezzar.

Le site et sa chaîne YouTube semblent gérées par un certain Al Saïd Bensedira, un personnage controversé mais très actif sur les réseaux sociaux (sur Twitter, mais aussi sur Facebook et Instagram). Bensedira affirme résider à l’étranger, probablement à Londres, où la chaîne Youtube – qui totalisait vendredi 48 600 abonnés – est localisée. Quelques heures seulement après la diffusion de l’allocution vidéo, il a publié sur son site la transcription intégrale du discours du général Nezzar.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie: le «panel pour le dialogue» clame son indépendance et sa bonne foi

En Algérie, c’est la première conférence de presse donnée par les membres de l’instance de dialogue. Elle a eu lieu ce jeudi 8 août à Alger. Ces personnalités, dont certaines ont été désignées par la présidence et d’autres invitées par les premiers désignés, sont chargées de rassembler les propositions pour la transition. Le « panel » est très critiqué, et avec cette conférence de presse, les médiateurs ont voulu donner des gages de bonne foi.

Ni représentants des manifestants ni représentants des autorités. Critiqués, les membres du « panel pour le dialogue » répètent qu’ils sont indépendants. Amar Belhimeur, journaliste et enseignant de droit, est chargé de la commission politique. « Nous sommes une structure indépendante, nous n’obéissions à aucun parti politique. Nous n’obéissons à aucun pouvoir civil ou militaire. Nous proposons nos bons offices pour jeter des passerelles entre les acteurs de la société civile et politique en vue d’arriver à un accord, un consensus autour d’une échéance électorale précise »

L’objectif est de récolter les propositions pour qu’une élection présidentielle soit organisée et jugée légitime. Fatiha Benabbou, constitutionnaliste et membre du panel, a reçu cette semaine des jeunes manifestants et a évoqué avec eux la commission de préparation du scrutin. « Ils (les jeunes) veulent une autorité indépendante. Ils veulent une autorité constituée des gens de la société civile parce qu’ils ne font plus confiance aux partis politiques. »

La conférence de presse a fait émerger un désaccord au sein du « panel ». Certains affirment que le prochain président de la République aura un mandat transitionnel. D’autres rétorquent que rien n’a encore été décidé.

Source : RFI

 

Algérie: «Gaïd Salah est une bête blessée»

Algérie: «Gaïd Salah est une bête blessée»RFI Afrique - En Algérie, les autorités lancent un mandat d’arrêt international contre le général Khaled Nezzar, qui a été l’homme fort du pays dans les années 1990 et qui séjourne actuellement en Espagne. Pourquoi le nouvel homme fort d’Alger, le général Gaïd Salah, s’en prend-il à l’un de ses compagnons d’armes ?

Ihsane El Kadi est une figure de la société civile algérienne. Il dirige le journal en ligne Maghreb émergent et la webradio Radio M. En ligne d’Alger, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Pourquoi ce mandat d’arrêt international contre le général Nezzar ?

Ihsane El Kadi : C’est la nouvelle étape dans l’escalade de la lutte du chef d’état-major, l’homme fort du système algérien, le général Ahmed Gaïd Salah, la lutte contre tout ce que dans l’ancien système peut lui résister ou lui nuire.

Il s’est attaqué au général à la retraite Toufik et à Athmane Tartag, autre général qui avait succédé à la tête du DRS. Et puis, le chef de file de cette mouvance qui avait plus ou moins était en place dans les années 90, c’est quand même le général Nezzar qui, lui, est quelqu’un qui est combatif et il a choisi de partir à l’étranger et de lancer une forme d’opposition personnelle contre ce qu’est en train de faire le général Gaïd Salah.

Et donc, dans la continuité des arrestations en cours, depuis plusieurs mois, c’est au tour de Khaled Nezzar d’être attaqué à l’international.

Est-ce que le général Nezzar faisait partie du clan Saïd Bouteflika jusqu’au mois de mai dernier ?

On ne peut pas dire cela. Il a toujours tenu une certaine distance vis-à-vis du clan Bouteflika, mais c’est quelqu’un qui est resté relativement influant dans l’armée, c’est un aîné qui était écouté.

C’est aussi quelqu’un qui avait une très grande fragilité, c’est quelqu’un qui aurait pu se retrouver devant la Cour pénale de La Haye, parce qu’il était à la tête de l’arrêt du processus électoral au début des années 90. L’homme le plus fort du pays jusqu’à 94, au moment de l’arrivée à la présidence de la République du général à la retraite Liamine Zéroual.

On peut lui imputer une bonne partie de la politique répressive qui a été engagée contre les islamistes, y compris ceux qui n’avaient pas encore pris le maquis ou qui n’envisageaient pas de le prendre. Je fais référence notamment à l’internement administratif, plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Donc, c’était quelqu’un qui pouvait se retrouver en prison, peut-être comme un criminel de guerre, et c’est sur ce thème qu’aujourd’hui il semblerait que tente de l’attaquer l’actuel homme fort du pays.

En lançant des poursuites contre le général Nezzar, mais aussi contre Saïd Bouteflika et le général Toufik Mediène, est-ce que le général Gaïd Salah, l’homme fort, essaye de se dédouaner aux yeux de l’opinion publique ?

Alors le général Gaïd Salah a déjà tenté de se dédouaner de son soutien à Bouteflika pour briguer un cinquième mandat. Ça, il a essayé de faire oublier à la population en étant extrêmement dynamique, zélé, dans l’arrestation de tous ceux qui ont soutenu le cinquième mandat, à peu près tous.

Une branche de ceux qui ont soutenu le cinquième mandat est proche de lui, notamment l’actuel responsable à la tête du FLN, monsieur Djemiai. Mais il a réussi à essayer de vendre à l’opinion algérienne, au mouvement populaire, cette idée que lui n’a rien à voir avec cela.

Maintenant, en allant au-delà, il ne peut pas attaquer le général Nezzar pour être un soutien de Bouteflika, parce qu’il ne l’était pas réellement. Il veut l’attaquer sur un autre terrain, celui des crimes des années 90. Mais là, c’est la boîte de Pandore, s’il devait l’ouvrir, il y a toute une partie de l’armée, les services de sécurité, la police, la gendarmerie, etc, qui est impliquée.

Ouvrir ce dossier est une très grosse prise de risques. Mais on a pris l’habitude, nous les Algériens, depuis quelques mois, avec les prises de risques complètement insensées du général Gaïd Salah.

Le général Gaïd Salah qui doit se sentir assez fort pour s’attaquer non seulement au clan Bouteflika, mais à Toufik Mediène et à Khaled Nezzar ?

Et à toute la nomenclature d’entreprises privées qui a fleuri dans les années de Bouteflika et même au-delà. Il s’attaque aussi au mouvement populaire. Il y a des dizaines d’arrestations de gens qui ont porté des drapeaux à amazigh, il y a des porte-parole, des leaders qui ont été inquiétés. Il y a des sites internet qui ont été coupés.

Il y a une politique de la main de fer qui est en train de tenter de s’abattre sur le mouvement populaire et qui bloque le dialogue. Est-ce que Gaïd Salah se sent fort pour faire tout cela ? Moi, à mon avis, c’est plutôt l’inverse.

C’est la démarche, je dirai, d’une bête blessée qui courre dans tous les sens, qui fait des dégâts, qui se sent traquée et qui va attaquer tout le monde et qui va aller au-delà de ce qui est nécessaire pour se protéger.

Ce général Gaïd Salah et le président par intérim Abdelkader Bensalah viennent de mettre en place une instance nationale de dialogue, un panel pour discuter avec la société civile du calendrier à venir des élections. Est-ce que vous y croyez ?

Moi, personnellement, j’aurais bien voulu y croire, parce qu’il faut proposer une issue politique à tout ce qui est en train d’arriver. Les Algériens ont énormément d’énergie pour dégager ce pouvoir. 24e semaine, c’est quand même inédit. Et donc l’issue politique, c’était intéressant.

Le problème, c’est que ce panel est un peu malmené, parce que les personnes qui étaient pressenties, qui étaient relativement représentatives, qui étaient rentrées dans une forme de discussion avec la personne qui était désignée pour coordonner ce panel, monsieur Karim Younès, ces personnes-là ont été abandonnées en cours de route, parce que Karim Younès a malheureusement fait une concession au président Bensalah en ne les mettant pas dans le panel.

Et puis surtout dans la démarche, il s’est trop précipité et il se retrouve aujourd’hui prisonnier d’un groupe de personnes qui n’ont pas beaucoup de crédit et sont décriées. Est-ce que pour autant c’est déjà un échec ? À mon avis, il faut attendre pour voir, notamment attendre de voir ce que va faire la société civile.

Il y a eu une conférence unitaire le 15 juin de toutes les tendances dans la société civile : syndicats autonomes, associations, collectifs nés dans le feu de l’action depuis le 22 février dernier, cette société civile qui produit elle aussi une solution de dialogue politique et qui peut éventuellement pallier à la faiblesse du panel.

Est-ce que c’est une démarche alternative pour sortir avec une seule proposition de feuille de route politique comme cela s’est passé au Soudan ? On le verra plus tard, mais clairement ce panel a fait un faux pas à son départ et il aura du mal à le réparer.

Les marches continuent tous les vendredis, mais il y a moins de monde qu’au mois de février, qu’au mois de mars, qu’au mois d’avril. Est-ce que le mouvement ne risque pas de s’essouffler ?

C’est une vraie question. Ça continue. Aujourd’hui, je dirai qu’il y a un matelas de mobilisation et de manifestants tous les vendredis dans la rue qui est suffisant pour empêcher le pouvoir de développer sa feuille de route.

Évidemment, on ne peut pas revenir au niveau du mois de mars, à l’échelle nationale. On comptait par millions les gens qui étaient dans la rue. Aujourd’hui, ça se compte par dizaine de milliers si on engage à l’échelle nationale.

À Alger, cela reste entre 15 et 20 000 tous les vendredis, c’est quand même significatif au cœur de l’été, au cœur des congés, mais le temps ne joue pas nécessairement contre le mouvement populaire. Si le mouvement populaire arrive à maintenir ce seuil de mobilisation, il est suffisamment fort pour empêcher la récupération et la perpétuation du système.

Source : RFI Afrique

 

 

Guerre en Libye: vers une ouverture d'un front au sud?

En Libye, la frappe qui a eu lieu dimanche 4 août au soir contre le quartier Al-Qalaa à Morzouk reste entourée de beaucoup d'incertitudes, notamment sur son bilan. Le gouvernement de Tripoli attribue cette frappe au camp de son adversaire, le maréchal Haftar. Il parle de « dizaines de morts et de blessés parmi les civils », ce qu'aucune source indépendante ne confirme. Une chose est sûre, la guerre en Libye semble prendre un nouveau tournant avec la multiplication des frappes aériennes à l'intérieur du pays, surtout dans le sud.

Les combats qui ont débuté il y a une semaine, à l'intérieur de l'oasis de Mourzouk, située à 900 km au sud de la capitale, sont manifestement liés à ceux qui ont lieu à Tripoli.

Selon le porte-parole de l'armée nationale libyenne (ANL), c'est Moussa Hassan al-Tabaoui, qui a été visé par les frappes de Mourzouk. Pour l'ANL, cet homme ferait partie des blessés. La semaine dernière, les combats ont commencé, quand al-Tabaoui, un chef de milices Toubou, nommé par Tripoli, à la tête d'une force « protection du sud », est entré à Morzouk en usant de la force. Des violences ont alors eu lieu, conduisant à la mort de plusieurs personnes dont des civils. Cette ville était aux mains de Khalifa Haftar depuis février dernier.

Une escalade programmée

Cet épisode des frappes à Morzouk intervient juste quelques heures après d'autres frappes de l'ANL.

Des drones ont alors visé un centre situé à Sdada, au sud-ouest de Misrata. Six personnes ont été tuées et pas n'importe lesquelles. Parmi eux figurent au moins quatre responsables jihadistes, localement connus pour leur appartenance aux groupes extrémistes chassés de l'est.

Le général al-Mabrouk al-Ghazoui, de l'ANL, explique que ces frappes ont permis de prévenir une attaque de la base militaire d'Al-Joufra au sud. Selon lui, les jihadistes avaient en leur possesssion des drones turcs qui ont également été détruits.

Début de l'escalade en juillet

Cette propagation des frappes à d'autres villes du pays a débuté à la fin du mois dernier. Le 27 juillet, des drones partis de Misrata ont réussi à détruire des avions de transport d'Ukraine, tuant un aviateur ukrainien, en frappant la base militaire d'Al-Joufra au sud, une base de l'ANL.

La réponse des forces du maréchal Haftar est arrivée à l'aube du 28 juillet. Des drones de l'ANL ont alors visé pour la première fois la piste de l'aéroport de l'académie militaire de Misrata. Des frappes qui ont été renouvelées ce mardi 6 août et qui ont visé « des moyens de défense anti-aériens ainsi qu'un très grand avion turc transportant des munitions, des drones et des missiles polyvalents », a indiqué sur Facebook le centre d'information des forces pro-Haftar.

Selon le général al-Mabrouk al-Ghazoui, les miliciens touchés appartenaient aux conseils de Choura d'Ajdabya, de Darna et de Misrata, aux brigades de défense de Benghazi voire même à al-Qaida. Il précise que les milices n'hésitent pas à se lier aux terroristes à chaque fois que leurs intérêts se conjuguent contre leur « ennemi commun » c'est-à-dire, les forces de Khalifa Haftar.

La précision de ces frappes de l'ANL, et les personnes qui ont été visées depuis le début de l'offensive de Khalifa Haftar, sont dues selon des observateurs à des renseignements qui lui sont fournis par des intelligences étrangères. Ces extrémistes se cachaient dans le centre de lutte contre le terrorisme constitué en 2016 durant la guerre contre l'organisation État islamique à Syrte.

Source : RFI

 

 

Algérie: un mandat d'arrêt international lancé contre Khaled Nezzar

En Algérie, nouveau coup de théâtre dans la crise politique. La télévision nationale a annoncé en milieu de journée qu’un mandat d’arrêt international avait été lancé contre l’ancien chef d’état-major et ancien ministre de la Défense, Khaled Nezzar. Il est poursuivi par le tribunal militaire pour complot et atteinte à l’ordre public. C’est le troisième haut responsable sécuritaire à être poursuivi pour les mêmes chefs d’inculpation.

Comme Saïd Bouteflika, le frère de l’ancien président, comme Mohamed Médiène et Athmane Tartag les anciens responsables des services de renseignement, Khaled Nezzar est poursuivi pour « complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité du commandement d’une formation militaire » mais aussi « atteinte à l’autorité de l’État ». Comme eux, il est passible de la prison à perpétuité.

L’ancien ministre de la Défense et ancien chef d’état-major est en Espagne. Le tribunal militaire a donc lancé un mandat d’arrêt international.

Poursuivi en Suisse pour « crime de guerre »

Khaled Nezzar était l’un des hommes forts de l’armée algérienne de la fin des années 80 au début des années 90. Il est d’ailleurs poursuivi par la justice suisse pour « crime de guerre », accusé d’avoir utilisé la torture à grande échelle.

Mais avec ce mandat d’arrêt, l’ancien ministre semble payer sa proximité avec la famille Bouteflika, ses rencontres avec Saïd Bouteflika alors que le mouvement de contestation avait débuté, ainsi que ses critiques, au cours des dernières semaines, contre le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah.

Source : RFI

 

Soudan : un accord ouvre la voie à un transfert du pouvoir aux civils

Les leaders de la contestation et le Conseil militaire au pouvoir ont atteint un accord sur une déclaration constitutionnelle qui ouvre la voie à un transfert du pouvoir aux civils, selon le médiateur de l'Union africaine.

« Les deux délégations sont tombées pleinement d’accord sur la déclaration constitutionnelle », a déclaré le médiateur mauritanien de l’Union africaine, Mohamed El Hacen Lebatt. à la presse samedi à l’aube.

Peu après cette annonce, une foule s’est rassemblée à l’extérieur de la salle de négociation à Khartoum en brandissant des drapeaux soudanais aux cris de « civils, civils ». Des femmes lançaient des youyous et un concert de klaxons retentissait dans les rues de la capitale.

L’accord, qui sera signé au cours d’une cérémonie, est intervenu après deux jours de pourparlers à Khartoum sur la transition politique au Soudan entre l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, et le Conseil militaire mis en place après la chute du président Omar el-Béchir le 11 avril.

Négociations difficiles

Au terme de très difficiles négociations, les deux camps s’étaient déjà mis d’accord début juillet sur la création d’un Conseil souverain composé de cinq militaires et six civils chargé de mener la transition pendant un peu plus de trois ans.

Les points encore en suspens portaient sur les pouvoirs de ce Conseil souverain, sur le déploiement des forces de sécurité et l’immunité de généraux impliqués dans la répression de la contestation, notamment la dispersion meurtrière du sit-in devant l’armée le 3 juin à Khartoum.

Questions sensibles

« Nous nous sommes mis d’accord sur des questions sensibles relatives à la sécurité, à l’indépendance de la justice et sur les pouvoirs du gouvernement, de même que sur le Conseil souverain », a déclaré un des leaders de la contestation, Ibrahim al-Amin.

« Les Forces de soutien rapide seront placées sous l’autorité du chef des forces armées », a ajouté un autre responsable protestataire, Monzer Abu al-Mali.

Les pourparlers entre militaires et contestation, initialement prévus mardi, avaient été repoussés après la mort de six personnes dont quatre lycéens à Al-Obeid (centre) lundi lors d’une manifestation contre les pénuries de pain et de carburants.

Neuf paramilitaires arrêtés

Le Conseil militaire a annoncé vendredi l’arrestation de neuf paramilitaires des RSF accusés d’être impliqués dans la mort des lycéens.

« Une enquête a été ouverte sur les événements d’Al-Obeid et sept membres des RSF ont été limogés et remis à la justice civile pour être jugés », a déclaré le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole du Conseil militaire. Jeudi, « deux autres membres des RSF ont été arrêtés, donc ils sont neuf au total ».

Mercredi, le général Jamal Omar, membre du Conseil militaire, avait accusé des paramilitaires des RSF d’avoir « tiré sur les manifestants » à Al-Obeid sans recevoir d’ordres en ce sens, après avoir essuyé des jets de pierres. « Nous avons identifié ceux qui ont tiré à balles réelles et entraîné la mort des six » manifestants, avait-il affirmé.

Source : jeuneafrique.com

 

Mozambique: accord de paix signé entre le gouvernement et la Renamo

Un nouvel accord de paix a été signé jeudi 1er août au Mozambique entre le Frelimo, le parti au pouvoir, et la Renamo, l'ancienne rébellion devenue la principale force d'opposition depuis la fin de la guerre civile en 1992. C'est le troisième accord de paix depuis 2013, année où la Renamo avait repris les armes contre le gouvernement, et il est signé à deux mois des élections générales prévues pour le 15 octobre.

Le président Philipe Nyusi a fait le déplacement jusqu'au fief de la Renamo dans le centre du pays pour la signature. C'est une main tendue du pouvoir, après le vote lundi au Parlement d'une nouvelle loi d'amnistie pour tous les crimes commis durant le conflit.

Pour Caifadine Manasse, porte-parole du Frelimo, parti au pouvoir, cet accord est un véritable aboutissement du mandat du président : « Lorsque le président a été investi, il s'est engagé à tout faire pour ramener la paix dans le pays. Or la signature de cet accord, pratiquement à la fin de son mandat, est bien la preuve du travail excellent du chef de l'État. Un travail permettant de raisonner la Renamo pour faire en sorte que nous puissions tous contribuer au développement du pays ».

De son côté, la Renamo a timidement entamé le désarmement de ses membres. L'ex-rébellion se félicite de cet accord qui, selon elle, va permettre le bon déroulement des prochaines élections. « Nous nous réjouissons de la signature de cet accord. Cela veut dire que finalement que notre leader, mais aussi d'autres acteurs de l'échiquier politique mozambicain pourront se joindre à nous ici à Maputo ou parcourir le pays afin d'y faire campagne. D'autant plus qu'Ossufo (leader de la Renamo) est candidat à l'élection présidentielle du 15 octobre », a déclaré Antonio Muchanga, député de la Renamo.

Reste à savoir si l'accord de paix tiendra plus longtemps que les deux précédents.

Le gouvernement et la Renamo avaient signé en 1992 un accord de paix qui a mis fin à 16 années de guerre civile. Cet accord avait été violé entre 2013 et 2014. Un deuxième accord de paix avait conclu en 2014, lui-même violé. En 2016, un cessez-le-feu avait été déclaré suite à des négociations, mais il n'y avait pas eu d'accord signé.

Ossufo Momade, le leader de la Renamo, est aujourd'hui contesté au sein de ses propres rangs. Et puis, les prochaines élections pourraient raviver les tensions entre les deux partis. Selon Amnesty International plusieurs candidats de l'opposition au poste de gouverneur ont déjà reçu des menaces.

Source : RFI

 

Soudan: signature d’une déclaration politique entre les militaires et les civils

Cet accord doit déterminer le partage du pouvoir au sommet de l’État jusqu’aux prochaines élections. Il s'agit d'une avancée dans la crise soudanaise même si les négociations ne sont pas encore terminées.

Cette déclaration politique est le premier accord formellement signé entre civils et militaires depuis la chute d’Omar el-Béchir début avril. Après son annonce le 5 juillet, ce document d’une vingtaine d’articles a nécessité près de deux semaines de négociations et un round final de 14h de discussions, pour aboutir à son adoption définitive.

« La coalition civile avait beaucoup d’amendements. La séance n’a pas été facile. Il a fallu faire preuve de souplesse, d’écoute. Mais ça a fini par déboucher », explique Mohamed Hacen Ould Lebatt, qui a présidé cette réunion marathon. L’envoyé spécial de l’UA parle d’une « déclaration très importante, avec des questions majeures désormais réglées ». « Revenir dessus est impossible », ajoute le diplomate mauritanien.

Encore des points litigieux

Le texte prévoit une transition de trois ans et trois mois, un partage du pouvoir dans le Conseil souverain, l’organe qui dirigera la transition, avec cinq militaires et six civils. Ce sixième civil sera choisi par consensus.

Une commission d’enquête se penchera sur les crimes commis ces derniers mois. Il s'agira d'une commission indépendante, mais nationale, alors que les civils la voulaient internationale. « Elle pourra demander des soutiens extérieurs », précise Mohamed Hacen Ould Lebatt.

Côté militaire, la déclaration a été signée par Hemetti lui-même, le chef des miliciens FSR, accusé d’avoir massacré des dizaines de civils. Il a parlé d’un « moment historique ». Mais pour lancer la transition, les deux parties doivent encore signer le décret constitutionnel d’une soixantaine d’articles, dans lequel il reste plusieurs points litigieux à régler, notamment la question d’une immunité des putschistes, totalement rejetée par les civils. Le dialogue doit reprendre vendredi.

Source ; RFI

 

Algérie : que devient Abdelaziz Bouteflika, président déchu ?

Poussé à la démission par l'armée et la rue, qui s'est massivement soulevée contre sa candidature à un cinquième mandat, l'ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika n'est plus apparu en public depuis le mardi 2 avril dernier. Alors que bruissent les rumeurs les plus folles, Jeune Afrique a enquêté sur la nouvelle vie du raïs.

La dernière image que les Algériens gardent du président Bouteflika, chassé du pouvoir par la révolution pacifique initiée le 22 février dernier, est celle d’un homme en gandoura remettant sa démission au soir du mardi 2 avril.

Depuis, l’ancien chef de l’État est contraint au silence. Que devient-il ? Comment vit-il cette déchéance, lui qui a voulu s’accrocher au fauteuil présidentiel au point d’envisager l’irréparable ?

Rumeurs et spéculations

Plus de trois mois après son départ, le sort de Bouteflika alimente rumeurs et spéculations. Il serait à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, où il possède d’un ranch de 500 hectares. Il aurait fui en famille à bord d’un avion présidentiel pour s’exiler dans un château près de Genève. Il serait placé en résidence surveillée dans sa villa de Sidi Fredj, sur le littoral ouest d’Alger. Il aurait été chassé de la résidence médicalisée de Zeralda, où il vit depuis qu’un AVC l’a cloué sur un fauteuil roulant, et tous ses meubles auraient été restitués à l’État. Pour d’autres, il serait même hospitalisé dans une clinique suisse sous une fausse identité…

Point de tout cela. Jeune Afrique a enquêté en Algérie sur la vie de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika et de ses proches. Contrairement à toutes les supputations, l’ex-raïs vit toujours dans sa maison médicalisée de Zeralda. Physiquement amoindri, il est psychologiquement très affecté par son exil intérieur. Et encore plus par l’incarcération de son jeune frère, Saïd Bouteflika, écroué dans une prison militaire pour « complot contre l’autorité de l’État » et « atteinte à l’autorité de l’armée ».

Source : RFI

 

Algérie : Djamel Ould Abbes placé en détention préventive

L'ancien ministre et ex-secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) est notamment poursuivi pour "dilapidation de deniers publics", selon la télévision publique.

Djamel Ould Abbes a par ailleurs été placé en détention préventive dimanche 7 juillet par le magistrat enquêteur de la Cour suprême.

Il est poursuivi en tant qu’ancien ministre de la Solidarité nationale pour « dilapidation de deniers publics, conclusion d’un marché en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur, abus de fonction et faux en écritures publiques », toujours selon la télévision publique.

Le parquet général près la Cour suprême avait engagé les procédures de poursuite judiciaire à l’encontre de Djamel Ould Abbes, après qu’il eut volontairement renoncé à son immunité parlementaire.

Plusieurs fois ministre

Djamel Ould Abbes a enchaîné jusqu’en 2012 les postes ministériels, dès l’arrivée à la tête de l’État, en 1999, du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Depuis 2013, il était membre de la Chambre haute, le Conseil de la Nation. Il avait été nommé sur le contingent du chef de l’État, qui désigne un tiers de ses membres. Il avait également été à la tête du FLN, parti au pouvoir, de 2016 à 2018.

Depuis qu’Abdelaziz Bouteflika a démissionné le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée, la justice a lancé une série d’enquêtes sur des faits de corruption, visant de hauts responsables et des hommes d’affaires réputés proches de l’ancien président.

Source : jeuneafrique.com

 

Sommet de l’UA: la Zlec entre officiellement dans sa phase opérationnelle

Une plaque a été dévoilée à Niamey, la Zlec entre officiellement dans sa phase opérationnelle. La Zone de libre-échange économique continentale a été mise sur les rails ce dimanche soir dans la capitale nigérienne, à l'occasion d'un sommet extraordinaire de l'Union africaine. Trente-deux chefs d'État ont fait le déplacement pour la naissance de ce marché commun africain.

Il était environ 20 heures, hier soir à Niamey, lorsque les chefs d’État ont officiellement lancé la phase opérationnelle de cette zone de libre-échange, la Zlec ou la Zlecaf, comme on l’appelle, une nouvelle entité qui doit permettre de multiplier les échanges intra-africains et ainsi accélérer le développement du continent.

Les chefs d’État et de gouvernement ont donc officiellement lancé cette zone de libre-échange et se sont entendus sur certains des instruments à mettre en place pour permettre son fonctionnement, en particulier en ce qui concerne les offres tarifaires en ligne, le système de paiement numérique et l’observatoire africain du commerce.

Le choix d’Accra comme siège du futur secrétariat permanent de cette Zlec a été validé, il a également été confirmé que la zone n’entrera pleinement en vigueur que dans un an, le 1er juillet 2020.

Au cours de la cérémonie de lancement, les noms des pays qui ont signé cet accord ont été égrenés : ils sont 54. Seule l’Érythrée ne l’a pas signé ; le Nigeria et le Bénin, eux, l’ont fait ce matin. Vingt-sept pays au total ont ratifié ce texte, les deux derniers à l’avoir fait dimanche matin sont le Gabon et la Guinée équatoriale.

Pour beaucoup, ce lancement est un moment historique. En ouverture des travaux ce matin, le président nigérien Mahamadou Issoufou avait estimé que c’était là « l’événement le plus important dans la vie du continent africain », et ce depuis la création de l’OUA et sa transformation en Union africaine.

Source : RFI

 

Présidentielle en Mauritanie : Le président Macky Sall félicite El Ghazouani...

 Présidentielle en Mauritanie : Le président Macky Sall félicite El Ghazouani...DakarActu - Le président de la république du Sénégal Macky Sall a envoyé une lettre de félicitations à son homologue nouvellement élu de la Mauritanie le président Cheikh Mohamed Ahmed Cheikh El Ghazouani.

Le président Macky Sall lui souhaite plein succès dans l’accomplissement de ses hautes charges au service de ses compatriotes.

Le président du Sénégal n’a pas oublié d’indiquer à son homologue de la Mauritanie son attachement à l’idée d’œuvrer avec lui au raffermissement des liens privilégiés entre les deux pays qui sont des relations de bon voisinage, d’amitié cordiale et de coopération conviviale.

Source : DakarActu

 

Guinée-Bissau : un nouveau gouvernement formé après l’ultimatum de la Cédéao

Le nouveau gouvernement d'Aristides Gomes a été annoncé le 3 juillet, date limite de l’ultimatum adressé par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), médiatrice dans la crise politique en Guinée-Bissau, qui exigeait aussi la nomination d'un nouveau procureur général.

Le nouveau gouvernement du Premier ministre Aristides Gomes formé mercredi compte 16 ministères – une équipe paritaire -, selon le décret présidentiel publié le 3 juillet. Quinze secrétaires d’État ont également été nommés.

Ce nouveau gouvernement est en grande partie composé de membres du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation historique qui a remporté les législatives du 10 mars. Suzi Barbosa devient la nouvelle cheffe de la diplomatie bissau-guinéenne, tandis que Luis Melo accède au ministère de la Défense. Autre maroquin clé, le ministère de l’Économie et des Finances est confié à Geraldo Martins.

à lire En Guinée-Bissau, l’attente d’un nouveau Premier ministre cristallise les tensions

Le nouveau gouvernement accorde aussi une place de choix aux alliés du PAIGC au Parlement. Ainsi, Armando Mango, de l’APU-PDGB – parti de Nuno Gomes Nabiam, 5 sièges à l’Assemblée nationale – devient ministre de la Présidence du conseil des ministres et des Affaires parlementaires. Issu du même parti, Juliano Fernandes est nommé ministre de l’Intérieur. Quant à Iaia Djalo, président du PND, il devient ministre du Commerce.

Un nouveau procureur général

Le président bissau-guinéen José Mário Vaz a par ailleurs nommé un nouveau procureur général après la démission du titulaire de ce poste, en conflit avec la majorité parlementaire, selon un décret présidentiel.

« M. Ladislau Clemente Fernando Embassa est nommé procureur général jusqu’à l’investiture du nouveau président de la République », indique un décret présidentiel publié mercredi 3 juillet. L’ancien titulaire du poste, Bacari Biai, avait démissionné la veille après un conflit avec la majoritaire parlementaire.

Il avait en effet réclamé le 29 juin l’arrestation, pour « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel », du président de l’Assemblée nationale, Cipriano Cassama, désigné par la majorité pour assurer « l’intérim » du chef de l’État, José Mário Vaz, dont le mandat a expiré le 23 juin dernier.

« La conduite des affaires » revient au gouvernement

Contesté par le PAIGC, José Mário Vaz reste à la tête du pays mais « laissera la conduite des affaires au gouvernement », a tranché samedi la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), exigeant également qu’un nouveau procureur général soit nommé et qu’un nouveau gouvernement soit formé au plus tard le 3 juillet.

Le premier tour de l’élection présidentielle a été fixé au 24 novembre, et un second pourra avoir lieu le 5 janvier 2020, a annoncé mercredi la Commission électorale nationale.

La Guinée-Bissau est en crise politique depuis août 2015 et le limogeage par José Mário Vaz de son Premier ministre de l’époque, Domingos Simões Pereira, chef du PAIGC. Après la victoire de son parti aux législatives de mars, le président avait pourtant refusé de le renommer à la primature.

Après plusieurs semaines de bras de fer avec la majorité, Aristides Gomes, déjà en fonction depuis le printemps 2018, a finalement été désigné par le PAIGC comme Premier ministre. Le PAIGC et ses trois formations alliées contrôlent une majorité de 54 sièges sur 102 à l’Assemblée nationale contre 48 pour l’opposition représentée par le Madem G-15, formé de députés frondeurs du PAIGC, et le Parti pour la rénovation sociale (PRS).

Source ; jeuneafrique.com

 

Algérie : Abdelkader Bensalah propose un dialogue sans la participation de l’armée

Le président par intérim en Algérie, Abdelkader Bensalah, a proposé le 3 juillet un dialogue pour préparer la présidentielle, dans lequel ni les autorités politiques ni l'armée ne seront selon lui impliquées.

« Le processus de dialogue sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales, crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale », a déclaré mercredi Abdelkader Bensalah, qui assure l’intérim depuis le 9 avril.

« L’État dans toutes ses composantes, y compris l’Institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus », a-t-il affirmé.

« Exigences irréalistes »

Selon lui, « il est devenu aujourd’hui nécessaire de mettre de côté (…) les exigences irréalistes qui sont de nature à prolonger la situation actuelle et d’entraîner notre pays dans une situation de vide constitutionnel, source d’incertitude et d’instabilité ».

Son discours est intervenu à quelques jours de l’expiration, prévue le 9 juillet, de la période d’intérim à la tête de l’État, ouverte par la démission d’Abdelaziz Bouteflika. Face à l’impossibilité d’organiser le scrutin à la date du 4 juillet, faute de candidats, Abdelkader Bensalah a déjà annoncé qu’il prolongerait ses fonctions jusqu’à l’élection d’un nouveau président, à une date pour l’heure non indiquée.

Il s’agit de la deuxième proposition de dialogue du chef de l’État par intérim. Le 6 juin, il avait appelé l’ensemble de la classe politique au dialogue afin d’arriver à un consensus autour de l’organisation de l’élection présidentielle. Mais cette proposition avait été rejetée par la contestation.

Appel de plusieurs personnalités

Ce discours survient par ailleurs alors que plusieurs personnalités algériennes ont appelé leurs compatriotes à participer massivement vendredi à la 20e manifestation hebdomadaire contre le régime, qui coïncidera avec le 57e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

Cette année, « faisons du 5 juillet la concrétisation de la libération de l’Homme, après la libération de la patrie » du pouvoir colonial français, le 5 juillet 1962, ont lancé dans une vidéo postée sur internet ces personnalités. Parmi elles, le célèbre avocat Me Mustapha Bouchachi, la professeure de droit Fatiha Benabbou, l’économiste Smail Lalmas, le diplomate Abdelaziz Rahabi, le sociologue Nacer Djabi et Karim Tabbou, porte-parole de l’Union pour la démocratie sociale (UDS).

Source : jeuneafrique.com

 

Éthiopie: «tentative de coup d'État» opérée dans la région d'Amhara

En Éthiopie, les autorités dénoncent une tentative de coup d’État dans la région Amhara, dans le nord du pays. Le Premier ministre Abiy Ahmed a fait une déclaration à la télévision nationale. Le chef d'état-major, le général Seare Mekonnen, et le président de la région Amhara, Ambachew Mekonnen, ont été tués. Le gouvernement éthiopien assure ce dimanche 23 juin au matin que la situation est sous contrôle.

Dans la nuit de samedi à dimanche, en uniforme militaire et le visage grave, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé qu’une tentative de coup d’État avait été perpétrée dans l'État d'Amhara. L’Éthiopie est un État fédéral.

L’opération a échoué et la situation est sous contrôle, a affirmé le chef du gouvernement, expliquant que plusieurs officiers avaient été visés ainsi que des représentants de la région Amhara, lors d'une réunion dans la capitale, Bahir Dar.

Les dernières informations font état de la mort du président de la région, Ambachew Mekonnen, à Bahir Dar. Cet ancien conseiller en infrastructures du chef du gouvernement était en poste depuis le mois de mars seulement.

Il a été tué, samedi, alors qu’il était en réunion de travail, lors d'une attaque orchestrée par le chef de la sécurité de la région Amhara, selon les autorités. Selon plusieurs sources, un de ses principaux collaborateurs, Ezez Wasé, a été tué avec lui.

Le ministre de la Justice nationale a été grièvement blessé. Cela s'est passé aux environs de 6h30, heure locale. Quelques dizaines de minutes plus tard, cette fois-ci à Addis-Abeba, le chef d’état-major, le général Seare Mekonnen, a été tué par son garde du corps à son domicile.

Dans un premier temps blessé par balle, l’officier a été transporté à l’hôpital Washington de la capitale éthiopienne, où il a succombé à ses blessures. Un ancien militaire, haut gradé de l'armée à la retraite, Gezae Abera, qui était en sa compagnie a aussi été abattu.

Le dernier bilan fait donc état de quatre morts et un blessé grave. Des interpellations, dont celle du chef de la sécurité de la région Amhara Asaminew Tsige, ont eu lieu. La situation est sous contrôle, selon les autorités.

Les autorités affirment par ailleurs que les deux événements sont liés, que des opérations sont en cours pour arrêter les cerveaux de ce que le pouvoir présente comme une tentative de coup d’État. Depuis samedi soir, internet serait en grande partie coupé dans le pays.

Tôt ce dimanche matin, l'ambassade des États-Unis a alerté ses ressortissants au sujet d'échanges de coups de feu et leur a demandé d'éviter de sortir.

Le chercheur Awol Allo rappelle que ces violences surviennent après plusieurs mois de tension, de déplacements massifs et de montée de l’ethno-nationalisme. « Ces événements vont laisser des traces et seront un héritage menaçant » pour l’avenir, dit-il.

De fait, l'Éthiopie connaît régulièrement des violences intercommunautaires. Le Premier ministre Abiy Ahmed, salué dans le monde entier pour ses efforts en faveur de la paix dans la Corne de l’Afrique, et notamment au Soudan, ne trouve pour l’instant pas de solution pour stopper ces cycles d’affrontements dans son propre pays.

Source : RFI

 

Soudan: les contestataires acceptent une proposition éthiopienne de transition

La principale coalition d’opposition a annoncé samedi soir avoir accepté un plan proposé par la médiation éthiopienne prévoyant la formation d’un gouvernement de transition composé majoritairement de civils, et qui dirigerait le Soudan jusqu’à des élections prévues dans trois ans.

La proposition éthiopienne prévoit un gouvernement de transition constituée de 15 personnes : huit civils et sept militaires. Sur les huit civils, sept seraient issus de l’Alliance pour la liberté et le changement, fer-de-lance de la contestation. Le huitième poste serait attribué à une personnalité jugée impartiale.

Selon un porte-parole de l’opposition, cet organe serait dirigé par une présidence tournante entre militaires et civils, les militaires assurant la première moitié de la transition.

Cette ébauche de compromis a donc été acceptée par cette coalition d’opposition. Une rencontre est d’ailleurs prévue ce dimanche entre elle et le médiateur éthiopien.

Le Conseil militaire – au pouvoir – n’a pas encore réagi. Mais samedi, son numéro deux, le général Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemeti, a déploré que les deux tiers du Parlement soient réservés à cette coalition d’opposition. « Ce n'est pas possible qu'eux seuls imposent leurs opinions », estime celui qui dirige les Forces de réaction rapide (FSR), cette milice responsable de la dispersion sanglante du sit-in des manifestants, et dont plusieurs milliers d’hommes sont déployés dans Khartoum.

Les négociations entre le régime militaire en place et l’opposition sont suspendues depuis début juin. Les forces de sécurité avaient alors violemment dispersé un sit-in de manifestants, faisant plus de 120 morts.

Source : RFI

 

Algérie: 7 partis d'opposition se fédèrent pour sortir de l'impasse politique

En Algérie, en début de semaine, les organisations de la société civile se mettaient d'accord pour une « transition de six mois à un an ». Cette fois, ce sont les partis d'opposition démocratiques qui se réunissent. Et c'est une première depuis le début du mouvement populaire il y a 4 mois. Alors que le processus démocratique amorcé par le départ d'Abdelaziz Bouteflika est dans l'impasse, sept formations politiques d'opposition ont signé, mardi 18 juin, l'appel aux forces de l'alternative démocratique. Le Front des forces socialistes (FFS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), PT, PST, UCP, MDS, PLD ainsi que des responsables de Ligue algérienne des droits de l'homme (LADDH) – joignent leurs forces pour élaborer un plan de sortie de crise qui passe par une transition démocratique.

Fini l'isolement au sein de l'opposition, place au collectif. Le Mouvement démocratique et social (MDS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et 5 autres partis politiques entendent désormais travailler ensemble pour trouver une solution politique à la crise.

« Il n’y a aucun parti qui peut, à lui seul, trouver une issue réclamée par le peuple algérien qui veut en finir avec le régime actuel, explique Ramdane-Youssef Tazibt, dirigeant du Parti des travailleurs. Donc, chaque parti est conscient que l’enjeu est grand. »

Pour cette frange de l'opposition signataire de l'appel, la seule option possible est la transition démocratique. « On est pour le changement radical du système, on est pour la transition démocratique, pas pour la présidentielle, poursuit Ali Laskri, du Front des forces socialistes (FFS). C’est-à-dire qu’il y a une instance suppléante, et pourquoi pas par la suite un gouvernement de transition. On est pour la constituante pour aller par la suite à la présidentielle, aux législatives et locales. C’est un processus. Si on demande un changement du système, c’est pas pour pérenniser encore le système, le renforcer, le consolider. »

Pour ce qui est du dispositif détaillé, la réflexion se poursuit. L'opposition démocratique a donné rendez-vous aux adeptes de la transition le 26 juin prochain pour une concertation.

Source : RFI

 

Guinée-Bissau : l’élection présidentielle fixée au 24 novembre

Le président bissau-guinéen José Mário Vaz a fixé la date de l'élection présidentielle au 24 novembre 2019, quelques heures après avoir convié le parti vainqueur des législatives du 10 mars à indiquer le nom de son candidat au poste de Premier ministre.

« Le 24 novembre 2019 est la date retenue pour l’élection présidentielle », selon le décret publié mardi 18 juin après des concertations entre le président José Mário Vaz, les 49 partis politiques légalement inscrits dans le pays, le gouvernement et la Commission nationale des élections (CNE).

En mai, la CNE avait proposé la date du 3 novembre pour le premier tour du scrutin présidentiel qui doit se tenir cette année, avec un éventuel second tour le 8 décembre.

Malgré le bon déroulement des élections législatives du 10 mars, remportées par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) dirigé par Domingos Simões Pereira, la Guinée-Bissau ne parvient pas à sortir de la crise politique qui paralyse le pays depuis août 2015.

Un Premier ministre bientôt nommé ?

L’annonce de la date de la prochaine présidentielle n’a d’ailleurs pas permis de débloquer le contentieux autour de la composition du bureau de l’Assemblée nationale, où le PAIGC et ses alliés contrôlent une majorité de 54 sièges sur 102. Ce blocage contribue au retard persistant de la désignation du Premier ministre, poste pour lequel la majorité parlementaire a proposé Domingos Simões Pereira, dit DSP.

Un chef de gouvernement pourrait toutefois être prochainement nommé. Le président Vaz a ainsi demandé, dans une lettre datée du 17 juin, au PAIGC « d’indiquer le nom de son candidat au poste de Premier ministre ».

Blocage au Parlement

L’opposition contrôle le reste de l’Assemblée nationale populaire. Le Madem, formé par 15 députés frondeurs du PAIGC, et le Parti pour la rénovation sociale (PRS) se partagent les 48 sièges restants de l’Assemblée, respectivement 27 et 21.

Depuis la reprise des travaux parlementaires le 18 avril, les débats achoppent sur le poste de deuxième vice-président de l’Assemblée, revendiqué par le Madem pour un de ses dirigeants, Braima Camara. Mais le PAIGC et ses alliés rejettent le nom de cet ancien frondeur du PAIGC, qui avait préféré José Mário Vaz à DSP.

La crise entre les deux hommes, pourtant issus du même parti, a éclaté en août 2015 avec le limogeage par le président Vaz de Domingos Simões Pereira, qui était alors son Premier ministre. Elle inquiète d’autant plus la communauté internationale que les élections de 2014 – qui avaient abouti à l’arrivée des deux hommes au pouvoir – avaient marqué un retour à l’ordre dans ce pays secoué par de nombreuses tentatives de putsch.

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie : le Code électoral polémique adopté à l’Assemblée

Après une première tentative avortée la semaine dernière, l’exécutif tunisien est parvenu à faire adopter une série d'amendements du Code électoral jugés contestables par une partie de la classe politique et de la société civile tunisienne.

L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a adopté une série d’amendements au Code électoral, dont plusieurs ont fait polémique, lors de sa session plénière de ce mardi 18 juin. Le texte, adopté par 122 voix « pour », sur les 170 présents pour les 217 députés que compte l’ARP, entérine une série de modifications qui ont fait largement débat.

Un seuil de représentativité a notamment été instauré pour les législatives et la présidentielle. Fixé à 3% dans l’amendement voté ce mardi, là où la commission parlementaire avait proposé de le fixer à 5%, ce seuil fixe le niveau au-dessous duquel une liste se voit exclue de la répartition des sièges au Parlement. Si le seuil des 3% avait été appliqué lors des municipales de mai 2018, il est une nouveauté pour les scrutins nationaux.

Le nouveau texte prévoit également d’écarter les candidats qui, au cours des douze mois précédent le scrutin, ont assuré des postes de direction dans des médias ou des associations, au motif qu’ils auraient bénéficié par ce biais d’une publicité considérée comme politique. Un amendement taillé sur mesure pour exclure les favoris des derniers sondages : Nabil Karoui et Olfa Terras.

Autre amendement adopté, qui avait fait polémique, celui qui stipule que « ceux qui critiquent la révolution », « regrettent l’ère Ben Ali » ou « appellent à la haine ». Celui-là vise Abir Moussi, benaliste convaincue. L’amendement visant à moraliser la vie politique, en interdisant le « nomadisme parlementaire » lors de la prochaine législature a, en revanche, été rejeté par les députés.

Négociations et marchandages

Sous la coupole du Bardo, il semblait évident que les négociations et marchandages avaient été menés tambour battant pour arracher ce résultat. Les tentatives de la députée Samia Abbou (Courant démocratique) d’obtenir une discussion avant le vote ont été vaines. D’autres députés se sont indignés de ce que le projet leur soit parvenu en début de séance sans avoir  été soumis objet de discussion au préalable. « Si le texte ne vous convient pas, vous pouvez appuyer sur le bouton rouge », leur a rétorqué le vice-président de l’Assemblée, Abdelfatah Mourou.

Pour l’ancien ministre de la Justice Mohamed Salah Ben Aïssa, « les résultats sont contestables ».  Le constitutionnaliste cite notamment des recours possibles et plaidé pour obtenir l’avis de la Cour constitutionnelle, même si elle n’est que temporaire. « Ce n’est pas fini ! », a prévenu en écho le député indépendant Mondher Belhaj Ali.

Pour être validée, la loi doit en effet encore être signée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Elle doit aussi être appliquée par l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie), dont le président, Nabil Baffoun, avait estimé que ces modifications du code électoral étaient « inappropriées » et que la nouvelle loi risquait de provoquer un report des élections. Une crainte que partagent également l’UGTT (principale centrale syndicale) et l’Utica, qui représente le patronat. Des constitutionnalistes ont par ailleurs pointé le fait que cette nouvelle loi entrait en contradiction avec l’article 74 de la Constitution, qui prévoit explicitement les conditions requises pour les candidats au poste de Chef de l’État.

Réactions internationales

L’âpre débat a même débordé les frontières tunisiennes. L’Union européenne a fait par de sa position de soutien à l’Assemblée des représentant du peuple, tant que celle-ci « agit conformément à la Constitution ». Selon des sources diplomatiques européennes, la question doit être abordée par le Conseil européen, qui se réunit les 20 et 21 juin à Bruxelles. Donald Bloome, ambassadeur des États-Unis en Tunisie, s’est également élevé contre le vote de ces amendements. Par ailleurs, le député des Français de l’étranger de la 9e circonscription, M’jid El Guerrab (LRM, parti d’Emmanuel Macron), a déposé une question écrite à l’adresse du ministre français des Affaires étrangères à qui il réclame « la position de la France vis-à-vis de ces projets d’amendements ».

Outre ces inquiétudes, le vote de ce mardi à l’ARP met également en lumière la nouvelle alliance entre Tahya Tounes, parti du Chef de gouvernement Youssef Chahed, et Ennahda, qui se nouera après les élections, mais est déjà çà l’œuvre dans l’hémicycle. Une configuration que les Tunisiens connaissent d’autant plus que Tahya Tounes est lui-même un parti dérivé de Nida Tounes qui, après avoir remporté les précédentes législatives, avait noué une alliance avec Ennahdha.

Une alliance qui peut avoir un impact fort sur l’image internationale de la Tunisie. D’autant plus que des députés d’Ennahdha, qui nie toute proximité avec les Frères Musulmans, ont récité la fatiha en mémoire de Mohamed Morsi, l’ex-président égyptien décédé la veille, dont ils ont fait l’éloge. Un acte qui a clivé au sein de l’Assemblée, et qui ne devrait pas être sans conséquence sur les relations diplomatiques tunisiennes.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie: des organisations de la société civile adoptent une déclaration commune

Cela fait quatre mois que les Algériens manifestent. Cela fait aussi des semaines que des organisations de la société civile tentent de discuter ensemble de propositions de sortie de crise. Une centaine d’organisations étaient réunies, samedi 15 juin, à Alger. Elles ont adopté une déclaration commune et appelé à une transition politique, de six mois à un an, ainsi qu’à la nomination d’une commission indépendante pour organiser les élections. Mais certains expriment déjà des réserves.

C’est une initiative inédite en raison de la diversité des idéologies représentées. Une centaine de personnes sont autour de la table.

« Nous sommes arrivés à faire une feuille de route commune avec trois dynamiques avec leurs divergences et leurs idéologies. C’est très important sauf que je trouve - et c’est ce que je vais dire dans mon intervention – qu’il manque le principe important d’égalité », nous explique Siham Hammache, avocate et membre du Forum civil.

Dans le document commun, les participants ont listé des préalables nécessaires à la transition dont le respect des libertés individuelles mais l’expression « égalité hommes-femmes » a coincé et n’est pas mentionnée. Certains participants s’inquiètent de l’emprise des organisations les plus conservatrices sur les propositions de transition.

« Il reste des voix qui font le rappel du dialogue sans conditions, du dialogue avec le président intérimaire alors que c’était acté qu’il n’y aurait pas de dialogue avec les représentants du système, avec les vieux chevaux du système qui plus est… Ça me désole un peu parce que la voix des progressistes ne s’entend pas assez », déplore Samia Seguir, enseignante et membre du Collectif pour la société civile.

Prochaine étape pour ces organisations de la société civile: une rencontre prévue avec les partis d’opposition.

Source : RFI

 

Le président Issoufou accueille une base militaire émiratie au Niger

Le président Issoufou accueille une base militaire émiratie au NigerLes négociations entre le Niger et les Émirats arabes unis qui souhaitent installer une base militaire dans ce pays sahélien d’Afrique de l’Ouest sont entrées dans leur phase finale.

Les discussions entre les Émiratis et les Nigériens ont été longues et difficiles, mais elles sont désormais sur le point d’aboutir. Plus que quelques détails à régler afin que dans les prochains mois l’armée émiratie installe une base militaire à la frontière nord du Niger qui jouxte l’Algérie et la Libye.

Le risque d’embrasement

Il s’agit d’une opération à hauts risques pour le président Isssoufou qui met ainsi un pied dans le bourbier libyen. Cette alliance avec « le parrain » essentiel de l’offensive d’Haftar contre le gouvernement libyen d’union nationale présidé par Fayez Sarraj et cautionné par l’Onu pourrait fragiliser la situation sécuritaire au Niger qui n’est déjà pas brillante.

L’accord entre le Niger et les Émiratis témoigne à quel point la décision du maréchal Haftar de tenter une prise de pouvoir par la force en Libye pourrait embraser la région entière.

Le président du gouvernement libyen, Fayez Sarraj a déclaré, dans un entretien accordé à la chaîne Sky News, que les combats autour de Tripoli ont eu pour première conséquence, un regain certain de la force de Daech, avec le réveil de nombreuses cellules dormantes.

La diplomatie du carnet de chèques

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait, au départ, marqué sa réticence à un accord avec les Émirats, arguant que son pays venait de refuser l’installation d’une base militaire à l’Italie. Rome voulait justement installer une base militaire dans le nord du Niger surtout pour combattre l’immigration clandestine vers l’Europe.

S’ils sont entrés dans la quête de l’installation d’une base militaire longtemps après l’Italie, les Émiratis semblent avoir trouvé des arguments plus décisifs : le carnet de chèques et les pressions diplomatiques, notamment l’aide de leurs alliés saoudiens très influents au Niger.

Haftar en ligne de mire

En fait, ce n’est pas tant le Niger ou la menace terroriste dans le Sahel qui intéressent les Émirats arabes unis qui, soit-dit en passant, n’ont pas de tradition militaire. L’obsession de ce petit État de sept émirats répartis sur 83.600 km2, c’est la Libye. Prendre pied au nord du Niger, à un jet de pierre de la Libye, c’est pour les Émiratis être en mesure de soutenir massivement et plus facilement le maréchal Khalifa Haftar, leur allié dans le conflit qui oppose le chef de l’armée nationale libyenne au gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj.

Au-delà du soutien au maréchal Haftar, l’installation d’une base émiratie au Niger prolonge la rivalité entre, d’un côté, les Émirats arabes unis et leurs alliés saoudien et égyptien soutiens déclarés de l’armée nationale libyenne et de, l’autre côté, la Turquie et le Qatar, parrains du gouvernement d’union nationale d’el-Sarraj et des milices armées qui défendent Tripoli.

Une opération à hauts risques

Pour le Niger, l’arrivée d’une base militaire émiratie est une opération à hauts risques. En effet, plusieurs ressortissants nigériens sont déjà pris au piège de la guerre en Libye. Ils pourraient faire les frais d’une absence de neutralité de leur pays dans les affrontements qui opposent Haftar à el-Sarraj.

A quoi s’ajoutent les risques d’une nouvelle frustration des forces armées nigériennes déjà condamnées à cohabiter avec les bases militaires allemande, américaine et française.

Avec l’arrivée de l’armée émiratie, le Niger comptera donc 4 forces étrangères sur son sol sans que cela le mette forcément à l’abri d’attaques terroristes sur la frontière Ouest commune avec le Mali et le Burkina Faso ; sud-est qu’il partage avec le Nigeria.

La rédaction de Mondafrique
Source : Mondafrique