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Meurtre à Neteg : Papa « Essellal » avoue son forfait

Comme tout le monde le sait, la banlieue Sud de Nouakchott est classée par la police en zone à très haut risque. Le taux de criminalité y est particulièrement élevé. Des crimes en tout genre y sont commis quotidiennement.

Le quartier Neteg ne fait pas exception  à cette règle. Mercredi 13 Janvier vers le crépuscule, des témoins y remarquent deux jeunes hommes qui semblent se disputer un peu à l’écart d’une rue. Tout-à-coup, l'un d'eux poignarde l’autre et prend ses jambes à son cou. Le blessé s'écroule, baignant dans son sang… on s'approche  pour constater qu'il est déjà mort. La police vient sur place pour garder le lieu jusqu'à la fin des formalités habituelles. On évacue le cadavre à la morgue de l'hôpital de l'Amitié où il est identifié :un dépravé connu dans les commissariats et les prisons sous le pseudonyme de Papa « Bousneïna ». Une enquête est ouverte par le commissariat de police El Mina1. Vingt-quatre heures plus tard, un suspect est épinglé à Riyad : Papa « Essellal », un multirécidiviste fraîchement relâché du bagne. Lors de son audition, il avoue avoir eu une dispute avec son complice autour d'un téléphone portable dont ils avaient délesté la veille une victime qu'ils avaient agressée et braquée. Le défunt voulait le vendre alors que Papa « Essellal » l’exigeait pour ses besoins personnels. L'instruction de l’affaire est en cours. Après la reconstitution du meurtre, Papa sera envoyé vers le centre de confinement qui précède l'incarcération.

Le blessé des jardins décède au CHN

Les jardins maraîchers situés entre la Medina 3 et Sebkha  sont un terrain « traditionnel »des malfaiteurs et voyous en quête de proies. Le fameux Gougouhy terrorisales jardiniers et nombre de passants. Un bandit guinéen à coiffure rasta y sema lui aussi la peur avant d'être arrêté et expulsé du pays. On ne compte plus les victimes de braquages, agressions et même viols dans ces jardins maraîchers, parfois en plein jour.

Jeudi 14 Janvier vers 22 h, des passants découvrent, dans un des sentiers qui séparent les jardins, un homme à terre, grièvement blessé, inconscient  et ensanglanté. On l'évacue sans tarder aux urgences du Centre hospitalier national où il décède avant d’avoir reçu le moindre soin, négligence habituelle du service aidant. Après son identification par la police – Mouadh ould Badili, connu des fichiers – une enquête est diligentée par la fameuse Brigade de recherche du banditisme (BRB). Deux jours plus tard une piste conduit à Modou Cissé, un récidiviste étranger qui avoue avoir poignardé à mort feu ould Badili.  Le meurtrier est placé en garde à vue au commissariat de police Sebkha 2, avant la période de confinement post-carcérale.
La même nuit, une bande a agressé et blessé grièvement Brahim, commerçant à Dar ElBeïdha, avant de s’enfuir. Aux dernières nouvelles, ils courent toujours sans que la police n’ait encore pu les identifier.

Plus de trois cent viols en 2020

Le viol est malheureusement devenu quotidien en Mauritanie, avec une forte progression, ces dernières années, de celui perpétré sur des mineures. La majeure partie reste cependant inconnue, en raison du tabou pesant sur notre société. Règle générale, ce sont donc seulement au constat de grossesse qu’ils sont déclarés, malgré le travail de sensibilisation que mènent diverses ONG. De vrais monstres continuent à échapper à la justice, comme le tristement fameux violeur de Nouakchott qui court depuis 2004, après avoir violé plusieurs bébés de moins de deux ans.

Lourd bilan pour l’année écoulée, selon les chiffres avancés par ces ONG et confirmés par la police. La majorité des viols ont été perpétrés par des voisins des victimes :87 ;les bandits déclarés les suivant de peu : 83. Les amis des familles victimes arrivent en troisième position : 40. La quatrième place revient aux « inconnus » qu'on peut classer eux aussi comme malfaiteurs : 23. Viennent ensuite les taximen : 18 ; les domestiques et employés de maison : 16 ;les boutiquiers : 9 ; les oncles maternels des victimes : 7. Hommes en uniformes (4), maris des mamans des victimes (4), maîtres de Coran et condisciples de Mahadra (4). Les derniers de ce sinistre classement sont les parents qui habitent chez les victimes : 3.

Mosy