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Tentative de parricide

Faits divers… Faits divers… Faits divers…

On croyait la criminalité à Nouakchott à son comble. Le caractère inédit du tout récent drame suivant doit, hélas, nous en détromper. Quartier poteau 19 vers quatorze heures, un homme sort titubant d’une petite villa. Il tombe dans la rue, saignant du thorax et du bras.

Il fait signe aux voitures et aux passants pour qu’on lui porte secours. Aucune voiture ne s’arrête et les passants ne semblent pas remarquer qu’il saigne abondamment. Enfin, quelques badauds s’attroupent et, constatant la gravité de son état, hèlent les automobilistes.

Finalement, l’un d’eux accepte, compatissant, d’embarquer le blessé et lui propose de l’amener à l’hôpital mais l’homme préfère aller à la clinique El Avia du Carrefour, « dirigée par mon parent », explique-t-il. Là-bas, les médecins constatent qu’il a été poignardé à deux reprises et qu’une des blessures semble profonde.

Le poumon a été touché, établit la radiographie. Aussi évacue-t-on le blessé aux urgences de l’hôpital cardiologique avant de l’y placer en réanimation. Le même jour, la police interpelle sa femme et ses deux filles : W.B. et M. B., dernières personnes en sa compagnie aux alentours du drame.

Lorsqu’il reprend connaissance, O.B., le blessé, est interrogé par les policiers. Divorcé de la mère de ses deux filles, il y a plus d’une année, il s’inquiétait, déclare-t-il, du peu d’importance que la maman donnait à leur éducation, notamment morale, et lui avait demandé de les lui confier. Devant son refus, il avait fait appel au cadi qui promulguait un jugement mettant les deux filles à disposition de leur père.

Comme il ne s’est pas encore remarié, celui-ci loue une chambre non loin du domicile de son ex-femme et, surveillant maintenant mieux le comportement de ses enfants, entreprend de réprimander toute sortie nocturne injustifiée.

La réaction de la mère est de dresser ses filles contre leur père. Manques de respect et déplorables comportements en sa présence se multiplient au point qu’il envisage sérieusement de les séparer de leur mère, « vraiment pas respectable », dit-il.

Le jour du drame, une de ses filles l’appelle au téléphone en l’invitant à déjeuner chez la maman. Mais à peine entré, le voici poignardé par chacune des deux demoiselles ! Avaient-elles vraiment l’intention de le tuer pour rester avec leur mère et vivre leur vie ? Une telle folle idée si peu soucieuse des conséquences fait frémir.

Cela n’a en tout cas empêché le papa de se rendre au commissariat, dès sa sortie de l’hôpital avant-hier, pour les faire libérer.

Le faux médecin

Les réseaux sociaux et les sites électroniques d’information parlent, ces jours-ci, d’un prétendu médecin exerçant au service urologie de l’hôpital Cheikh Zayed. Sympathique, Taher est aimé de tous les patients, tant son bon comportement le distingue.

Mais les étudiants qui l’ont côtoyé en Algérie affirment qu’il n’y fut jamais inscrit en fac de médecine mais plutôt dans une école d’ingénieurs. Cependant son amour pour la médecine est réel et c’est pour cela qu’il s’est présenté en telle enseigne. « Il est intelligent et s’acquitte fort bien des soins primaires », reconnaît un médecin du service.

Cela nous rappelle l’épopée du faux médecin des années quatre-vingt-dix. Un certain Mohamed ould Bahou présentait, au dispensaire de Boutilimitt, une note de service en bonne et due forme, signée par le ministère de la Santé, le nommant médecin-chef de la localité.

Trois mois durant, il s’emploie à distribuer et vendre beaucoup de matériel de valeur entreposé dans les magasins du dispensaire, avant de quitter la ville sans être démasqué. Deux mois plus tard, le voilà à Guérou. Encore en médecin-chef ! Mais, cette fois, la gendarmerie va découvrir assez tôt le pot aux roses et le coffrer. On apprend alors sa véritable identité : Mohamed Ould Moihimmid.

Un repris de justice condamné à maintes reprises pour faux et usage de faux. Il détient des dizaines de cachets et des réserves de papiers à en-tête de toute l’administration du pays, ainsi que toutes sortes de faux diplômes. Sitôt hors de prison, l’escroc n’a cessé de reprendre et diversifier ses arnaques… jusqu'à nos jours.

Source : Le Calame (Mauritanie)