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Le candidat à la présidentielle tunisienne Nabil Karoui reste en prison

En Tunisie, la cour d'appel a rejeté ce mardi la demande de remise en liberté déposée par ses avocats. Qualifié pour le second tour de la présidentielle du 13 octobre, l'homme d'affaires Nabil Karoui est poursuivi depuis 2017 pour blanchiment d'argent et évasion fiscale.

Nabil Karoui ne participera pas à la campagne pour les législatives. Ses militants, et notamment son épouse, Salwa Smaoui, continueront de défendre ses idées sur le terrain, comme ils l'ont fait depuis début septembre.

Une question reste en suspens : celle de la participation de l'homme d'affaires aux débats télévisés avec son challenger Kaïs Saeid en vue du second tour.

Cette décision de la Cour d'appel maintient par ailleurs l'incertitude sur le statut de Nabil Karoui en cas de victoire à la présidentielle. Et elle laisse planer un doute sur la crédibilité du

Au nom du principe d'équité, ces derniers jours en effet, plusieurs voix se sont élevées : son parti, des adversaires politiques et des observateurs internationaux... tous appellent à ce que l'homme d'affaires puisse battre campagne comme les autres candidats.

Même l'instance en charge des élections affiche son scepticisme : « Il est possible que l'intégrité du processus électoral soit contestée », estime Nabil Baffoun, le président de l'ISIE.

Interrogé par le quotidien Al Arab, Nabil Karoui annonce qu'il déposera un recours pour inégalité des chances, en cas de défaite au second tour.

L'appareil judiciaire tunisien est un peu comme un tourbillon. Quand on est à l'intérieur, c'est difficile de s'en sortir.

« Un tribunal de l’État tunisien émet souvent ce genre de décision, explique Youssef Cherif. Tout le monde parle de Nabil Karoui mais des centaines et des milliers de Tunisiens se retrouvent dans la même situation pratiquement tous les jours. L’appareil judiciaire tunisien est un peu comme un tourbillon. Lorsqu’on est à l’intérieur, difficile de s’en sortir. L’appareil judiciaire est très sévère en Tunisie, et le cas de Nabil Karoui est un cas isolé ».

« C’est très souvent des décisions assez dures, surtout pour les gens dont on n’entend pratiquement pas parler qui se retrouvent vraiment dans de très mauvaises situations pour trois fois rien, poursuit le chercheur. L’appareil judiciaire en fait a gagné beaucoup d’autonomie ces dernières années en partie grâce à l’aide internationale ou des partenaires étrangers de la Tunisie qui ont encouragé cette autonomie pour éviter les pressions politiques ».

Source : RFI