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Obsèques de Jacques Chirac : les chefs d’État africains présents au dernier hommage

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Denis Sassou Nguesso, Faure Gnassingbé ou encore Teodoro Obiang Nguema Mbasogo étaient à Paris ce lundi pour assister aux obsèques de l’ancien président français, décédé jeudi 26 septembre à 86 ans.

Étaient-ils venus rendre hommage au « lion politique » français, maire de Paris, deux fois Premier ministre puis deux fois président (1995-2007) ? À l’homme chaleureux et drôle qu’il était réputé être dans l’intimité ? Au soutien qu’il avait pu leur apporter à un moment ou à un autre de ses quarante années de carrière politiques ? Plusieurs chefs d’États africains étaient présents, ce lundi, à l’église Saint-Sulpice, dans le 6ème arrondissement de Paris, où plusieurs milliers de personnes sont venues rendre hommage à Jacques Chirac.

Obiang, Sassou, Azali et Gnassingbé

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo le président de Guinée équatoriale, Denis Sassou N’Guesso, le président du Congo-Brazzaville, le Djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, le Comorien Azali Assoumani ou encore Faure Gnassingbé, le président Togolais – dont le père, Eyadéma Gnassingbé était un proche de l’ancien président français -, étaient aux côtés d’Emmanuel Macron et de sa femme, Brigitte, des anciens président français François Hollande, Nicolas Sarkozy et Valery Giscard d’Estaing,de  l’Américain Bill Clinton, mais aussi de l’actuel président russe Vladimir Poutine.

Mohammed VI s’est fait représenter par le prince héritier Moulay El Hassan

L’ancien président français avait aussi de forts liens avec le roi marocain Hassan II, dont le fils, Mohammed VI s’est fait représenter par le prince héritier, à cause d’une « pneumopathie bilatérale aiguë d’origine virale », indique un communiqué du cabinet royal. À son arrivée, Moulay el Hassan, 16 ans, a été applaudi par les badauds.

Autres ami de Jacques Chirac, Amadou Toumani Touré, l’ancien président malien, qui avait fait le déplacement depuis Dakar, où il vit depuis qu’il a quitté le pouvoir. Ali Bongo Ondimba, le président gabonais, qui se remet d’un accident vasculaire-cérébral était quant à lui absent. À noter également, la présence de Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du nouveau président congolais Félix Tshisekedi.

Foule nostalgique

« Des présidents africains sont là parce que Chirac les a aidés, comme certains d’entre eux ont aidé Chirac ! », s’exclame Henri, Centrafricain vivant à Paris, qui a rejoint la foule massée sur le parvis de l’église Saint-Sulpice pour suivre les hommages.

Proche de plusieurs chefs d’États africains depuis son élection à la mairie de Paris, à la fin des années 1980, Jacques Chirac avait été accusé d’avoir financé ses campagnes électorales grâce à l’aide de certains de ses amis du continent, notamment le Gabonais Omar Bongo. « C’est la face sombre du personnage », estime Jean-Michel, originaire de Dakar et présent lui aussi à l’hommage rendu à Paris.

Sur l’esplanade, quelques milliers de personnes sont venues écouter l’homélie. Parmi eux, quelques membres de la diaspora africaine, comme Fatoumata, une Ivoirienne installée à Paris qui a rencontré Jacques Chirac à la fin des années 1980. C’était à l’hôtel Masserand, la résidence de Felix Houphouët-Boigny. Celui qui est alors Premier ministre vient voir – en toute discrétion – le président ivoirien. « Chirac venait régulièrement le voir, et en arrivant, il a salué tous ceux qui étaient là, chaleureux, agréable. »

« C’était un homme plein d’humour, très simple », renchérit Henriette Konan Bédié, la femme de l’ancien président ivoirien Henri Konan Bédié, présente également.

En matière de politique africaine, Jacques Chirac était bien l’héritier de Charles de Gaulle et de Jacques Foccart. Adepte d’une forme de real politik flirtant avec le cynisme et familier des vieux réseaux de la françafrique.

Mais parmi les curieux, aucun semble ne s’offusquer aujourd’hui de l’interventionnisme de l’ancien président français en Afrique, comme ce fut notamment le cas en Côte d’Ivoire, dès 2003. « Pour moi, c’était une obligation d’être là. Chirac est un homme de dialogue. Il était un soutien et un ami », estime Gouza, une ivoirienne qui faisait partie des anonymes présents à ce dernier adieu. Le reste, tout le monde semblait vouloir l’oublier. Ce lundi, devant l’église Saint-Sulpice, la foule était composée de nostalgiques.

Source : jeuneafrique.com