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Un nouveau mort à Dakar, l'opposition appelle à manifester

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A moins d'une semaine du premier tour de la présidentielle, la situation est extrêmement tendue au Sénégal. L'opposition, dénonçant la candidature du président Wade, qu'elle juge inconstitutionnelle, appelle à descendre dans la rue au lendemain de heurts meurtriers avec la police à Dakar.
Présidentielle au Sénégal : la liste des candidats confirmés
©LCI

Une nouvelle fois, l'opposition sénégalaise appelle à manifester ce lundi à Dakar, à partir de 15 heures locales (16 heures à l'heure française). Et une nouvelle fois, cette manifestation est interdite par le pouvoir. Cet appel à défiler contre la candidature du chef de l'Etat Abdoulaye Wade à sa propre succession, à quelques jours à peine du premier tour de la présidentielle prévu le week-end prochain, survient alors que les violences à Dakar ont fait un nouveau mort dimanche : il s'agit d'un jeune homme qui avait été blessé à la tête par une pierre lors d'affrontements avec des policiers à Rufisque, dans la banlieue de Dakar. En annonçant son décès lundi, son tuteur, un imam de la confrérie musulmane tidiane, a dénoncé : "La victime ne manifestait pas, il était allé à la pâtisserie acheter du pain pour le dîner de la famille".

Ce décès porte à six le nombre de morts dans des violences liées à la candidature controversée du chef de l'Etat sortant, 85 ans dont 12 au pouvoir, à ce scrutin depuis fin janvier. La tension est très vive au Sénégal à six jours de l'élection présidentielle, et depuis près d'une semaine des violences ont lieu dans le centre de Dakar entre les forces de l'ordre et des opposants, essentiellement des jeunes, qui tentent de participer à des manifestations interdites. Ces manifestations, à l'appel du Mouvement du 23 juin (M23, coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile) ont pour but d'exiger le retrait de la candidature de Wade que le M23 juge anti-constitutionnelle. Le M23 estime qu'Abdoulaye Wade a épuisé ses deux mandats légaux, ce que contestent les partisans du président qui soulignent que des réformes de la Constitution lui donnent le droit de se représenter.

La "profanation" de la mosquée de Dakar

La répression de ces manifestations par des policiers qui tirent des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc, utilisent des canons à eau et occasionnellement des pierres comme les manifestants, ont fait au moins une vingtaine de blessés depuis vendredi. Les manifestations se sont étendues à des banlieues dakaroises dimanche soir, lorsque des heurts ont éclaté à l'occasion d'un rassemblement devant une mosquée de la capitale à l'intérieur de laquelle un policier avait lancé des grenades lacrymogènes pendant les violences de vendredi. Un millier d'adeptes de la confrérie des Tidianes s'étaient rassemblés devant cette mosquée, la Zawiya El Hadj Malick Sy, rassemblement prévu d'avance, mais survenant deux jours après ce qui est considéré par les Tidianes comme "une profanation". Les fidèles, priant agenouillés devant la mosquée, ont été rejoints par des leaders du Mouvement du 23 juin, ainsi que par le célèbre chanteur Youssou Ndour, également opposant. Le rassemblement se déroulait dans le calme, mais, selon des témoins, la venue d'une personnalité considérée comme proche du pouvoir dont le nom n'a pas été précisé, a mis en colère des fidèles auxquels se sont joints des jeunes du quartier. 

La "profanation" de la mosquée de Dakar, une première depuis le début de la contestation, a exacerbé les tensions dans la capitale et d'autres villes. Elle a profondément choqué les Tidianes qui, avec les Mourides, font partie des confréries les plus influentes du Sénégal, pays à 95% musulman. Des manifestations de colère ont eu lieu à Tivaouane, une des villes saintes des Tidianes, où la mairie tenue par un membre du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir), a été saccagée et incendiée.

C'est dans ce climat que quelque 23.000 militaires et paramilitaires ont voté samedi et dimanche. Une mission d'une quarantaine d'observateurs de l'Union africaine conduite par l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo participera à la surveillance du scrutin.

TF1 news

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