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La Culture en Afrique

"DeSenghoriser"le Sénégal et revenir a la réalité

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L'hommage au premier Président de la république du Sénégal,  bat son plein à l’occasion  du dixième anniversaire de sa disparition. A juste titre. En effet, il fait partie, sans aucun doute, de ces figures qui ont marqué leur temps. Mais, est-il nécessaire de tenter de travestir l’histoire du Sénégal pour magnifier toute son œuvre ? Devrait-on coûte que coûte essayer de le présenter comme le meilleur dirigeant que le Sénégal n’ait jamais connu ?  Les nègres, savent-il « raison » garder et « émotion » brider pour s’accorder le droit d’inventaire afin de donner à leurs  enfants tous les moyens de bien faire le bilan de Sédar ?  
Voilà des interrogations qui nous taraudent l’esprit. Sachant le Sénégal au carrefour des influences orientale et occidentale, il nous importe ici de voir comment Léopold a vécu ce double héritage ?  Comment il l’a géré ?

A)    Senghor et la culture oriento-occidentale du Sénégal !

Dieu a fait naître Monsieur Léopold Sédar Senghor dans un Sénégal colonisé par la France et bien influencé par l’Arabie. Et, depuis ce pays il a découvert la langue de Molière et appris à l'aimer comme le seul contenant possible de la civilisation universelle. Mais, l'estime incommensurable qu’il avait pour la société de l'Hexagone, lui avait valu, comme à tant d'autres de sa génération, moult désillusions. Ses difficultés scolaires et le racisme lui rappelèrent brutalement ses origines. Se remémorant ainsi de sa patrie mère, il recommença à s'intéresser à la façon d'être des africains. Ce qui fait dire à certains, que Senghor a connu le Sénégal (l'Afrique) tardivement ! En tout état de cause, son combat pour l'établissement de la dignité de l'homme noir a bien coïncidé avec ses désillusions parisiennes.

Seulement, une fois aux affaires, responsable au Sénégal, Senghor rechute et ses faiblesses de jeunesse reviennent au galop. Incapable d'être un homme de rupture, il se révéla meilleur ambassadeur de la France, militant exclusivement pour la promotion de la culture de Faidherbe. Ainsi, en pur produit de l'École chauvine française, il n'a jamais cru en la capacité émancipatrice de cette culture orientale dite arabo-musulmane que les Sénégalais chérissent tant dans leur majorité. Cette attitude s’était très tôt manifestée chez lui. Député à l'Assemblée française, il était contre toute subvention qui renforcerait l'enseignement arabe. Président de la République, il forçait ceux qui rejetaient l’Ecole officielle, en préférant quitter le pays pour aller s’instruire ailleurs, à signer un document désengageant l’Etat à les couvrir. Face à la générosité des pays arabes, il a tenu à contrôler leurs offres de bourse de formation afin de les limiter.  Pis, l’ancien président, au-delà de ses obstructions matérielles, avait l’ambition de reform    ater la société sénégalaise à l’image du peuple francilien.

B)    Senghor et son projet sociétal de rêve!

Il faut dire que la vision politique de Léopold Senghor est loin d'être adaptable à notre réalité. Son ambition était tout sauf réaliste. Le modèle civilisationnel sénégalais ne méritant pour lui aucune considération, l'homo-senegalensis de son rêve ne pouvait jamais naître dans ce pays. Il avait beau organiser des festivals, instaurer un code famille, créer des écoles de danses, ouvrir des théâtres, imposer un costume et utiliser l'École et les médias comme il l'entendait, la greffe n'a pu tenir. Pire, puisque cette vision ne s'est jamais basée sur les atouts du Sénégal, sur la foi en l'homme sénégalais tout simplement, l'action qui en résulta nous a porté et nous porte encore moult préjudices :

-La dilapidation de notre patrimoine intellectuel et spirituel

Senghor et ses disciples, ont organisé avec beaucoup de pompes, des festivals mondiaux d’arts et « sciences » nègres. Ils ont ainsi tenté et de démontrer au monde l'apport des noirs à la civilisation humaine et de déconstruire les thèses des négationnistes et afro pessimistes. Mais ce faisant, ces promoteurs de la négritude, anciens ou actuels, ont-ils jamais investi tout le patrimoine intellectuel et spirituel du Sénégal? Ont-ils jamais rendu hommage aux premiers hommes de lettres de ce pays?  Ont-ils jamais considéré la poésie sénégalaise du 18 et 19ème siècle? Ont-ils jamais voulu mettre en relief l'ancienneté de l'Ecole Sénégalaise d’origine orientale et son rôle d’humanisation ou d'émancipation des populations autochtones ? Pour ces promoteurs, l’Histoire du Sénégal n’a commencé qu’après l’intrusion de l’Occident dans nos villages et l’écriture n’y a vu le jour qu’en ce moment. Ce qui fait qu’à leurs yeux, aucun établissement de l'enseignement supérieur public ne mérite de porter le nom d'un de ses illustres premiers hommes de lettres, aucune des ses cités scientifiques d’antan n’est à valoriser. Pir Saniokhor ou autres centres d’enseignements de Fuuta (Sintchiou, Nguigilone ou Tchilone, etc) sont aussi ordinaires que n’importe quel petit village du Sénégal. Autrement dit,  Senghor et ses héritiers n’ont jamais su mettre en avant la richesse intellectuelle et spirituelle que les marabouts nous ont léguée. Ils n’ont jamais voulu reconnaitre que l'histoire culturelle du Sénégal, ne pourrait être écrite en  ignorant ses plus qu’illustres fils et sa bibliothèque serait assez pauvre sans leurs œuvres. Ils n’ont jamais admis que le Sénégal peut aussi s'écrire de droite à gauche sans rien perdre de sa valeur, que l'alphabet utilisé dans ce pays dépasse les 26 caractères nous provenant     d'Europe.

-La dévaluation de notre richesse linguistique

Rappelons-nous que c’est la langue arabe qui a donné à ce pays, son premier alphabet, ses premiers écrits et les premiers intellectuels qui l’ont fait rayonner dans le monde. C’est celle-ci que Cheikhou Oumar El Foutiyyou Tall a utilisée pour réaliser sa grandiose œuvre; Cheikhou Moussa Camara pour fixer l’histoire du Sénégal ainsi qu’El Hadj Ibrahima Niasse pour donner à la culture sénégalaise toute sa stature scientifique dans les tribunes du monde. Elle était la langue officielle de l’État des révolutionnaires et Almamy  du Fouta, celle utilisée     par l’Administration française pour communiquer avec l’aristocratie locale. Elle est aujourd’hui, la langue de sauvegarde de messages et sagesses des guides religieux de ce pays. Ella porte les écrits d’El Hadj Malick SY, d’Ahmadou Bamba MBACKE et tant d’autres érudits.  Des écrits qui permettent de caractériser la culture sénégalaise et de l’identifier.

Senghor et ses compagnons n’ont jamais voulu mesurer l’attachement des sénégalais au système éducatif arabo-islamique. Malgré le dénigrement continu des Daaras par les média et les ONG en quête de subvention, la demande d’accès à ce système est restée forte. Les cours du soir de l’Institut islamique de Dakar sont remplis de hauts fonctionnaires et cadres de ce pays qui regrettent de ne pas avoir appris la langue de Mohammad (PSSL) durant leur scolarité. Des milliers de jeunes sénégalais s’inscrivent chaque année dans les instituts et universités du monde arabe. Une étude récente (M.Y. SALL, 2009  www.arabisants.org ) a montré que le Sénégal vient en deuxième position après le Soudan (un pays arabe) dans le classement des pays africains par nombre de diplômés d’Al Azhar d’Égypte de 1961 à 2005. Celle-ci a aussi permis de savoir que la proportion de scientifiques parmi les diplômés d’ Al Azhar, dépasse celle des bacheliers du système éducatif officiel (34% vs 27% de non littéraires). D’ailleurs, près de 26%  de sénégalais sont alphabétisés en cette cinquième (5ème) langue mondiale à côté des 38% qui savent lire en français (classé onzième 11ème du monde). Elle est plus enseignée que la langue officielle à Diourbel, Kaolack, Louga, Matam et Saint Louis     (RGPHS,     2002). Senghor et ses héritiers n’ont jamais daigné valoriser ce capital en l’investissant comme n’importe quelle autre richesse culturelle ou économique! Leur francophonisme débordant ne le permet     pas!

Pour dire, en résumé, qu’on a intérêt à déconstruire le Sénégal de Senghor et revenir à la réalité. Cet homme, d'une culture immense, peut être une fierté nationale mais pas un modèle de dirigeant. Il n’a jamais incarné le Sénégal réel. Sa perspective politique, ayant bien ébranlé notre confiance nationale, ne devrait pas être divulguée. L'enracinement (le déracinement !!) et l'ouverture qu'il a tant prônés ne sont jamais sortis de son univers poétique. En réalité, dans l'École de Senghor, il n'est jamais donné à l'élève l'opportunité de connaître les véritables porte-drapeaux de sa culture, les véritables auteurs classiques de son pays. Au contraire, on s'y évertue à réduire ces hommes de Lettres - puisqu'ils s'expriment en arabe - en marabouts, chefs religieux incapables de réfléchir sur les affaires de "ce bas monde". Alors qu'ailleurs, on les étudie comme des hommes de religion penseurs tout simplement. Ils sont édités, traduits et leurs textes figurent dans des programmes scolaires. Mais, dans le référentiel Senghorien, ils n'existent pas. Seul les Pères Teilhard de Chardin, Lebret et Lelouche y figurent.

Enfin, il faut avouer que ce sont la générosité des sénégalais et leur tolérance qui ont permis à Sédar de se bâtir une stature qui a pu dépasser celle des autres militants de la cause nègre. Malheur nous en a pris, car ce sëreer nous a empêchés de compter sur nous même pour mieux évoluer. Dieu pardonne à Senghor… !

Mamadou Youry SALL
Enseignant/Chercheur à l’UGB

"DeSenghoriser"le Sénégal et revenir a la réalité

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L'hommage au premier Président de la république du Sénégal,  bat son plein à l’occasion  du dixième anniversaire de sa disparition. A juste titre. En effet, il fait partie, sans aucun doute, de ces figures qui ont marqué leur temps. Mais, est-il nécessaire de tenter de travestir l’histoire du Sénégal pour magnifier toute son œuvre ? Devrait-on coûte que coûte essayer de le présenter comme le meilleur dirigeant que le Sénégal n’ait jamais connu ?  Les nègres, savent-il « raison » garder et « émotion » brider pour s’accorder le droit d’inventaire afin de donner à leurs  enfants tous les moyens de bien faire le bilan de Sédar ?  
Voilà des interrogations qui nous taraudent l’esprit. Sachant le Sénégal au carrefour des influences orientale et occidentale, il nous importe ici de voir comment Léopold a vécu ce double héritage ?  Comment il l’a géré ?

A)    Senghor et la culture oriento-occidentale du Sénégal !

Dieu a fait naître Monsieur Léopold Sédar Senghor dans un Sénégal colonisé par la France et bien influencé par l’Arabie. Et, depuis ce pays il a découvert la langue de Molière et appris à l'aimer comme le seul contenant possible de la civilisation universelle. Mais, l'estime incommensurable qu’il avait pour la société de l'Hexagone, lui avait valu, comme à tant d'autres de sa génération, moult désillusions. Ses difficultés scolaires et le racisme lui rappelèrent brutalement ses origines. Se remémorant ainsi de sa patrie mère, il recommença à s'intéresser à la façon d'être des africains. Ce qui fait dire à certains, que Senghor a connu le Sénégal (l'Afrique) tardivement ! En tout état de cause, son combat pour l'établissement de la dignité de l'homme noir a bien coïncidé avec ses désillusions parisiennes.

Seulement, une fois aux affaires, responsable au Sénégal, Senghor rechute et ses faiblesses de jeunesse reviennent au galop. Incapable d'être un homme de rupture, il se révéla meilleur ambassadeur de la France, militant exclusivement pour la promotion de la culture de Faidherbe. Ainsi, en pur produit de l'École chauvine française, il n'a jamais cru en la capacité émancipatrice de cette culture orientale dite arabo-musulmane que les Sénégalais chérissent tant dans leur majorité. Cette attitude s’était très tôt manifestée chez lui. Député à l'Assemblée française, il était contre toute subvention qui renforcerait l'enseignement arabe. Président de la République, il forçait ceux qui rejetaient l’Ecole officielle, en préférant quitter le pays pour aller s’instruire ailleurs, à signer un document désengageant l’Etat à les couvrir. Face à la générosité des pays arabes, il a tenu à contrôler leurs offres de bourse de formation afin de les limiter.  Pis, l’ancien président, au-delà de ses obstructions matérielles, avait l’ambition de reform    ater la société sénégalaise à l’image du peuple francilien.

B)    Senghor et son projet sociétal de rêve!

Il faut dire que la vision politique de Léopold Senghor est loin d'être adaptable à notre réalité. Son ambition était tout sauf réaliste. Le modèle civilisationnel sénégalais ne méritant pour lui aucune considération, l'homo-senegalensis de son rêve ne pouvait jamais naître dans ce pays. Il avait beau organiser des festivals, instaurer un code famille, créer des écoles de danses, ouvrir des théâtres, imposer un costume et utiliser l'École et les médias comme il l'entendait, la greffe n'a pu tenir. Pire, puisque cette vision ne s'est jamais basée sur les atouts du Sénégal, sur la foi en l'homme sénégalais tout simplement, l'action qui en résulta nous a porté et nous porte encore moult préjudices :

-La dilapidation de notre patrimoine intellectuel et spirituel

Senghor et ses disciples, ont organisé avec beaucoup de pompes, des festivals mondiaux d’arts et « sciences » nègres. Ils ont ainsi tenté et de démontrer au monde l'apport des noirs à la civilisation humaine et de déconstruire les thèses des négationnistes et afro pessimistes. Mais ce faisant, ces promoteurs de la négritude, anciens ou actuels, ont-ils jamais investi tout le patrimoine intellectuel et spirituel du Sénégal? Ont-ils jamais rendu hommage aux premiers hommes de lettres de ce pays?  Ont-ils jamais considéré la poésie sénégalaise du 18 et 19ème siècle? Ont-ils jamais voulu mettre en relief l'ancienneté de l'Ecole Sénégalaise d’origine orientale et son rôle d’humanisation ou d'émancipation des populations autochtones ? Pour ces promoteurs, l’Histoire du Sénégal n’a commencé qu’après l’intrusion de l’Occident dans nos villages et l’écriture n’y a vu le jour qu’en ce moment. Ce qui fait qu’à leurs yeux, aucun établissement de l'enseignement supérieur public ne mérite de porter le nom d'un de ses illustres premiers hommes de lettres, aucune des ses cités scientifiques d’antan n’est à valoriser. Pir Saniokhor ou autres centres d’enseignements de Fuuta (Sintchiou, Nguigilone ou Tchilone, etc) sont aussi ordinaires que n’importe quel petit village du Sénégal. Autrement dit,  Senghor et ses héritiers n’ont jamais su mettre en avant la richesse intellectuelle et spirituelle que les marabouts nous ont léguée. Ils n’ont jamais voulu reconnaitre que l'histoire culturelle du Sénégal, ne pourrait être écrite en  ignorant ses plus qu’illustres fils et sa bibliothèque serait assez pauvre sans leurs œuvres. Ils n’ont jamais admis que le Sénégal peut aussi s'écrire de droite à gauche sans rien perdre de sa valeur, que l'alphabet utilisé dans ce pays dépasse les 26 caractères nous provenant     d'Europe.

-La dévaluation de notre richesse linguistique

Rappelons-nous que c’est la langue arabe qui a donné à ce pays, son premier alphabet, ses premiers écrits et les premiers intellectuels qui l’ont fait rayonner dans le monde. C’est celle-ci que Cheikhou Oumar El Foutiyyou Tall a utilisée pour réaliser sa grandiose œuvre; Cheikhou Moussa Camara pour fixer l’histoire du Sénégal ainsi qu’El Hadj Ibrahima Niasse pour donner à la culture sénégalaise toute sa stature scientifique dans les tribunes du monde. Elle était la langue officielle de l’État des révolutionnaires et Almamy  du Fouta, celle utilisée     par l’Administration française pour communiquer avec l’aristocratie locale. Elle est aujourd’hui, la langue de sauvegarde de messages et sagesses des guides religieux de ce pays. Ella porte les écrits d’El Hadj Malick SY, d’Ahmadou Bamba MBACKE et tant d’autres érudits.  Des écrits qui permettent de caractériser la culture sénégalaise et de l’identifier.

Senghor et ses compagnons n’ont jamais voulu mesurer l’attachement des sénégalais au système éducatif arabo-islamique. Malgré le dénigrement continu des Daaras par les média et les ONG en quête de subvention, la demande d’accès à ce système est restée forte. Les cours du soir de l’Institut islamique de Dakar sont remplis de hauts fonctionnaires et cadres de ce pays qui regrettent de ne pas avoir appris la langue de Mohammad (PSSL) durant leur scolarité. Des milliers de jeunes sénégalais s’inscrivent chaque année dans les instituts et universités du monde arabe. Une étude récente (M.Y. SALL, 2009  www.arabisants.org ) a montré que le Sénégal vient en deuxième position après le Soudan (un pays arabe) dans le classement des pays africains par nombre de diplômés d’Al Azhar d’Égypte de 1961 à 2005. Celle-ci a aussi permis de savoir que la proportion de scientifiques parmi les diplômés d’ Al Azhar, dépasse celle des bacheliers du système éducatif officiel (34% vs 27% de non littéraires). D’ailleurs, près de 26%  de sénégalais sont alphabétisés en cette cinquième (5ème) langue mondiale à côté des 38% qui savent lire en français (classé onzième 11ème du monde). Elle est plus enseignée que la langue officielle à Diourbel, Kaolack, Louga, Matam et Saint Louis     (RGPHS,     2002). Senghor et ses héritiers n’ont jamais daigné valoriser ce capital en l’investissant comme n’importe quelle autre richesse culturelle ou économique! Leur francophonisme débordant ne le permet     pas!

Pour dire, en résumé, qu’on a intérêt à déconstruire le Sénégal de Senghor et revenir à la réalité. Cet homme, d'une culture immense, peut être une fierté nationale mais pas un modèle de dirigeant. Il n’a jamais incarné le Sénégal réel. Sa perspective politique, ayant bien ébranlé notre confiance nationale, ne devrait pas être divulguée. L'enracinement (le déracinement !!) et l'ouverture qu'il a tant prônés ne sont jamais sortis de son univers poétique. En réalité, dans l'École de Senghor, il n'est jamais donné à l'élève l'opportunité de connaître les véritables porte-drapeaux de sa culture, les véritables auteurs classiques de son pays. Au contraire, on s'y évertue à réduire ces hommes de Lettres - puisqu'ils s'expriment en arabe - en marabouts, chefs religieux incapables de réfléchir sur les affaires de "ce bas monde". Alors qu'ailleurs, on les étudie comme des hommes de religion penseurs tout simplement. Ils sont édités, traduits et leurs textes figurent dans des programmes scolaires. Mais, dans le référentiel Senghorien, ils n'existent pas. Seul les Pères Teilhard de Chardin, Lebret et Lelouche y figurent.

Enfin, il faut avouer que ce sont la générosité des sénégalais et leur tolérance qui ont permis à Sédar de se bâtir une stature qui a pu dépasser celle des autres militants de la cause nègre. Malheur nous en a pris, car ce sëreer nous a empêchés de compter sur nous même pour mieux évoluer. Dieu pardonne à Senghor… !

Mamadou Youry SALL
Enseignant/Chercheur à l’UGB

Cesaria Evora, la gloire aux pieds nus

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La chanteuse cap-verdienne est décédée samedi à l'âge de 70 ans. Elle avait popularisé la musique de son archipel.

Grâce à elle, on a appris à situer le Cap-Vert sur une carte. Et la musique de cet archipel de dix petites îles sis à l'ouest du Sénégal et de la Mauritanie s'est invitée parmi les sons les plus célébrés au rayon «musiques du monde». Cesaria Evora s'est éteinte samedi, trois mois à peine après avoir annoncé ses adieux à la scène. Comme si la perspective de ne plus jamais chanter rendait la vie insupportable à cette femme qui aura consacré son existence entière à la musique. Si elle était devenue immensément populaire dans les deux dernières décennies de son existence, elle n'avait jamais couru après le succès, consacrant les deux tiers de sa carrière à chanter pour le seul plaisir de le faire.

Une fois la gloire et la reconnaissance arrivées, elle était restée fidèle à sa ville, Mindelo, sur l'île de Sao Vincente, où elle avait vu le jour le 27 août 1941.

Originaire d'un milieu très modeste, elle avait été élevée par une mère cuisinière avant d'être placée en orphelinat au décès de son père, alors qu'elle n'avait que 7 ans. De celui-ci, guitariste et violoniste occasionnel, elle avait tiré un amour de la musique traditionnelle du Cap-Vert, la morna. Cousin du blues américain comme du fado portugais, ce chant plaintif disposait d'un ambassadeur de choix en la personne du compositeur B. Leza, parent du père de Cesaria. C'est à sa mort, en 1958, que Cesaria Evora commencera véritablement sa carrière de chanteuse. Jamais mariée, mère d'un enfant, Cesaria croise le chemin d'Eduardo, un guitariste portugais qui lui donnera un deuxième enfant et l'accompagnera dans les bals populaires. Très vite, le public découvrira à quel point le ton lancinant de cette jeune femme se prête à la mélancolie de la morna. Elle chante tard, dans des bars où l'alcool coule à flots et où sa rémunération se résume bien souvent à quelques verres de whisky et de cognac.

Dix ans de silence

Abandonnée par Eduardo, elle se trouve un mentor en Ti Boy (Gregorio Gonçalves), de vingt ans son aîné, qui lui fournit un répertoire original. Découvreur de talents et compositeur reconnu, il lui redonne espoir et lui permet d'entrevoir un avenir tout entier tourné vers la musique. C'est ainsi qu'elle grave ses premiers enregistrements au milieu des années 1960, pour la radio Barlavento. Deux 45-tours voient le jour, sans que sa vie modeste s'en voie affectée. Cesaria continue de vivre avec sa mère, élevant ses enfants dans le plus grand dénuement, tandis que sa réputation grandit au sein de l'archipel.

La morna, considérée comme une musique aux consonances coloniales, est supplantée. De la même manière que l'arrivée au pouvoir de Castro contraindra les musiciens de son cubain traditionnel à cesser d'en jouer, le nouveau régime pousse Cesaria Evora à arrêter de chanter. Son silence durera dix années. C'est d'ailleurs à l'occasion des célébrations liées à la première décennie de l'indépendance du Cap-Vert que Cesaria Evora remonte sur scène, le 8 mars 1985. La gloire n'est pas encore au rendez-vous, mais les perspectives semblent meilleures que jamais pour la quadragénaire. Deux ans après, elle confectionne son premier album solo et donne quelques concerts aux États-Unis. Les comparaisons avec les figures tragiques de Bessie Smith et, surtout, Billie Holiday abondent. Cesaria Evora monte souvent sur scène en état d'ébriété et l'absence d'entourage professionnel solide limite ses perspectives de carrière internationale véritable.

L'homme providentiel se nomme José Da Silva. Natif du Cap-Vert, exilé en France, cet agent de la SNCF entend Cesaria Evora chanter à Lisbonne. Sous le charme, il décide de l'aider. Après avoir gravé les titres de La Diva aux pieds nus, en 1988, il se heurte au refus des multinationales du disque, qui trouvent le physique de la chanteuse trop disgracieux. François Post, du label Celluloïd, sera son deuxième homme providentiel. Sa carrière explose d'abord à Angoulême, puis au New Morning de Paris en juin 1991. L'album Miss Perfumado vogue vers les 300 000 exemplaires lorsque le Théâtre de la Ville la consacre définitivement en décembre 1992. Au rythme d'un album tous les deux ans, «Cize», qui arrête de boire en 1994, devient une star planétaire. Madonna se dit fan, David Byrne ou Caetano Veloso se pressent pour chanter avec elle…

Pourtant, c'est pieds nus qu'elle continue de chanter sur les plus prestigieuses scènes mondiales. Les vingt dernières années de sa vie seront celles d'un succès qui ne se démentira jamais, au gré de disques toujours inspirés et de concerts régulièrement bouleversants. Ses colères sont légendaires et sa timidité complique parfois les interviews.

Pourtant Cesaria Evora honore toujours un engagement professionnel. Jusqu'à ce que ses années de mauvaise vie la rattrapent et la condamnent au silence…

Le Figaro

8ème édition de l'élection Miss Soninké 2011 : La Mauritanienne Koumba Camara élue reine de beauté

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Koumba Camara, une lycéenne en filière SET, a été élue Miss Soninké 2011 à Paris. Les première et deuxième dauphines sont respectivement Fati Mouskoura et Kandé Diallo. La soirée, qui a duré 3 heures d'horloge, a été animée par plusieurs artistes comme Oumou Sangaré, Mokobe et Fatoumata Diawara. Cette élection Miss était organisée par l'association Sya Yatabaré, qui regroupe les Soninké de plusieurs pays: Mali, Sénégal, Mauritanie, Gambie, pour ne citer que ceux-là.

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Intégration de l’horticulture urbaine au Sénégal

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7 décembre 2010, Dakar - Les urbanistes doivent faire de l'horticulture urbaine partie intégrante de leurs stratégies de développement et de planification afin de relever les défis de l'amélioration de la nutrition et de l'alimentation d'une population croissante dans un monde en urbanisation rapide, a déclaré M. Modibo Traoré, Sous-Directeur général de la FAO, au cours du Symposium international de Dakar sur l'horticulture urbaine et périurbaine. « Nous devons agir dès aujourd'hui afin que l'horticulture urbaine et périurbaine trouve sa place dans une politique de développement des villes plus vertes qui seront pour leurs habitants synonymes d'opportunités et d'espoir », a souligné M. Traoré.

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