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Etats Généraux de l’Education : La Commission saura-t-elle surmonter les difficultés ?

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Le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a procédé, la semaine dernière, à l’installation de la Commission nationale chargée de la supervision et de la préparation des Etats Généraux de l’Education (EGE). Cette commission de seize membres est présidée par le Pr d’Université Hamady Ould Hamoudi, et comprend des enseignants issus des secteurs du fondamental, secondaire et de l’Originel.

En procédant à la mise en place de la Commission, le Premier ministre a dit à ses membres « Nul doute que vous mesurez l'immense espoir que fonde le peuple mauritanien sur ces états généraux ». Ceci dit, la Commission saura-t-elle surmonter les difficultés ?

 

Si l’annonce de la tenue prochaine des EGE a été bien accueillie, il n’en reste pas moins que la manière dont les membres de la Commission ont été désignés ne fait pas l’unanimité. De nombreux acteurs du système éducatif national se sont sentis exclus, et s’en sont étonnés. Notamment les associations des parents d’élèves et d’étudiants, les Oulémas, les syndicats, et la société civile. Les autorités ont opté pour le choix d’enseignants du supérieur, secondaire, fondamental et de l’originel. Le supérieur est représenté par six éléments, dont le président, le secondaire a cinq, tandis que le fondamental a quatre, et enfin l’enseignement originel a un. Si la présence des enseignants est logique, le bon sens exigerait quand même que ceux qui  composent la Commission soient de formations multidisciplinaires. C’est la meilleure garantie pour le succès de la démarche. L’inadéquation entre l’enseignement, la formation et le marché du travail plaide aussi dans ce sens. Les termes de références (TDR) relatifs à la mission impartie à la Commission sont vagues. Ils méritent d’être clairs et exhaustifs.

Le Gouvernement a-t-il eu la présence d’esprit de commander d’abord un Audit du système éducatif avant de mettre en place la Commission de supervision et de préparation des EGE. Il semblerait que non ! Ce qui impliquerait que la Commission se chargerait elle-même de faire le diagnostic et élaborer un document. Ce n’est pas la bonne méthode. Sous la pression du temps, elle risque de voir son travail bâclé. Surtout que l’exclusion d’importants acteurs du système éducatif risque de ne pas lui faciliter la tâche.

Une évidence s’impose à la Commission. Il faut qu’elle sache d’avance que sa mission consiste à proposer un système éducatif à même de servir mieux le pays. L’agonie de celui-ci est telle que l’échec des EGE signerait la fin de tout espoir de revenir à un système éducatif porteur de valeur de progrès et de développement.

 

Mamadou THIAM pour GPS

 

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