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Photo: AFP/Mustafa Abdi Des Somaliens attendent l'aide alimentaire dans la région de Mogadiscio (21 juillet 2011). |
La situation politique risque de compliquer l'envoi d'aide humanitaire dans certaines régions de la Somalie, touchées par l'une des pires sécheresses depuis des décennies.
Les insurgés islamistes Al-Chabab, affiliés à Al-Qaïda et qui contrôlent des régions du sud de la Somalie, soutiennent non seulement que toutes les organisations humanitaires ne sont pas les bienvenues, mais qu'il n'y a tout simplement pas de famine.
« Il y a une sécheresse en Somalie, mais pas de famine, ce qui est déclaré par l'ONU est faux à 100 % », a déclaré jeudi soir le porte-parole des rebelles, Sheik Ali Mohamud Rage, sur une radio somalienne. Selon lui, « la déclaration de famine est politique ».
Les groupes interdits précédemment ne sont pas les bienvenus pour travailler dans les zones sous notre contrôle.
— Sheik Ali Mohamud Rage.
Mercredi, un haut responsable shebab, sous couvert d'anonymat, avait pourtant salué la déclaration des Nations unies sur l'état de famine dans deux régions du sud du pays. « La déclaration de famine dans des régions de Somalie par l'ONU est bienvenue et nous voudrions voir l'aide arriver jusqu'à la population », avait-il affirmé. Il faudra toutefois que l'aide soit « fournie purement sur des bases humanitaires » et que les « valeurs religieuses des Somaliens, musulmans, [soient] respectées », avait-il averti.
Ce revirement apparent des islamistes vient compliquer le travail des organisations humanitaires.
C'est le cas, notamment, du Programme alimentaire mondial (PAM), qui avait déjà dû se retirer de certaines zones du pays en 2009 en raison des menaces des insurgés. L'agence spécialisée des Nations unies a néanmoins été en mesure de poursuivre son travail dans la capitale somalienne, Mogadiscio.
Jeudi, le PAM a annoncé le lancement d'un pont aérien « dans les prochains jours » pour fournir une aide alimentaire spéciale aux enfants de Mogadiscio.
L'ONU a affirmé vendredi vouloir poursuivre son aide en dépit des insurgés, affirmant que les organisations humanitaires travailleraient « là où cela est possible ».
« Al Chebab n'est pas une organisation monolithique », a affirmé Emilia Casella, porte-parole du PAM.
L'agence onusienne pourrait ainsi ne pas être en mesure d'atteindre les parties du pays déclarées en état de famine.
Réunion d'urgence à Rome
Jeudi, l'ONU a convoqué une réunion d'urgence pour lundi à Rome pour discuter d'une aide aux victimes de la famine en Afrique de l'Est. La rencontre doit rassembler 191 pays, des banques de développement et des organisations non gouvernementales.
La ministre canadienne de la Coopération internationale, Bev Oda, présentement au Kenya, devrait annoncer vendredi le versement d'une aide d'Ottawa.
Radio-canada.ca









